Ce livre traînait dans ma PAL depuis près de 2 ans. J'ai décidé de l'en sortir pour donner une chance à l'auteur vu que j'avais été déçue par
L'empire des loups.
L'histoire, même si elle met du temps à s'installer, est à couper le souffle surtout 100 pages avant la fin. Je sais que ça fait un peu long pour voir arriver un peu d'action mais malgré tout on reste intrigué par tout ce qui se passe dans ces pages.
Vous n'aurez pas de surprise particulière ici car le but de l'ouvrage n'est pas véritablement de trouver le meurtrier mais bien de connaître sa façon d'opérer les actes barbares qui nous sont dévoilés.
En fait, Jacques Reverdi, le présumé tueur, est déjà sous les verrous lorsque la narration commence puisqu'il a été retrouvé "torse nu, recroquevillé près du seuil [d'une cabane], en transe. Au fond, de la hutte une femme est attachée sur un siège. Son corps n'est plus qu'une plaie ruisselante. L'arme du crime repose à ses pieds : un couteau de plongée sous-marine." (p. 12-13)
Ces indications nous sont fournies par Marc Dupeyrat, le narrateur qui est journaliste de faits divers envoyé à Kuala Lumpur pour l'occasion.
Du coup, cet homme n'aura de cesse de vouloir comprendre et connaître le modus operandi de Jacques Reverdi concernant tous ces meurtres et sa façon de passer entre les mailles du filet judiciaire. Même si pour les précédents crimes il a été arrêté, d'une quelconque manière il parvient à être relaxé.
Le narrateur trouvera une parade pour récupérer toutes ces informations mais d'une manière peu conventionnelle... Et là, j'ai trouvé que tout ça n'était pas très sain.
Le personnage de Marc est très ambigu. Il s'investit beaucoup mais on se demande quand même si ce sont pour les bonnes raisons. D'ailleurs, il n'en fournit que très peu et au compte goutte.
Reverdi, lui, est la perversion même. Au fur et à mesure que l'on apprend comment il agit avec les femmes, on se dit qu'il vaut mieux qu'il soit derrière les barreaux plutôt qu'en liberté. Il est froid, distant et même s'il parle peu on sent une certaine agression prête à exploser. Ces actes sont machiavéliques au point qu'il est difficile de les imaginer.
Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en commençant ce livre et j'ai eu du mal tout au long de ma lecture à y trouver un quelconque "plaisir" (comme avec d'autres thrillers que j'ai pu lire avant). Comme je le disais plus haut, par moment j'avais l'impression que l'ensemble n'était pas sain. J'étais oppressée et en même temps, dès que je le prenais, c'était pour lire facilement une centaine de pages sans m'en rendre compte.
On entre ici dans le Mal suprême. Un être qui fait tout ça consciemment, par pur plaisir même si on va chercher des explications psychologiques, c'est à vous donner la nausée.
Malgré tout, je me suis demandée si le véritable coupable était celui qu'on nous proposait ou celui qui cherchait à tout prix à apprendre le mode opératoire. Pourquoi Marc met-il tout en oeuvre pour parvenir à établir un contact, un lien, avec un meurtrier comme Reverdi ? Ses intentions ne sont pas forcément justes voire logiques.
La fin n'est pas exceptionnelle. Je m'attendais un peu à ce qui allait se passer. du coup, je n'arrive pas à savoir si j'ai aimé ou non ce livre. Mais
Jean-Christophe Grangé signe là un ouvrage effrayant, plus intéressant que
L'empire des loups. Néanmoins, l'absence de grand suspense m'a fait défaut. J'aurais aimé qu'il y en ait plus. Que ce soit plus trépidant.
Du coup, je pense qu'il faut que chacun le lise pour faire sa propre idée.
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