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ISBN : 2253175730
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.85/5 (sur 315 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Mathias Freire souffre d’une maladie étrange : il a des pertes de mémoire et, lorsqu’il revient à lui, il est un autre personnage. Pour savoir qui il est réellement, il doit remonter la piste de ses identités précédentes : clochard à Marseille, peintre fou à Nice, fauss... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par ianf, le 05 septembre 2011

    ianf
    Après le décevant "Miserere" et le mitigé "La forêt des Mânes", Grangé semble aujourd'hui avoir retrouvé cette indéniable patte qui m'avait fait dévorer "La Ligne noire" et, dans une moindre mesure, "Le Serment des Limbes". Comme d'habitude, cette habileté à emmener le lecteur dans des pistes tortueuses dont on a du mal à décider si elles sont une lumière ou bien au contraire une ombre au sein de l'intrigue. Et quelle intrigue ! Si, en elle même, elle ne révolutionne pas le genre, les circonvolutions dans lesquelles l'auteur s'amuse à nous semer pimentent l'oeuvre : mythologie, bioéthique, corruption, tout y passe.
    Malheureusement, il reste des éléments qui chagrinent un peu, quand on connait le talent que peut avoir Grangé. Si les métaphores sont parfois d'une beauté à couper le souffle, elles deviennent rapidement lourdes et exaspérantes, à tel point qu'on en vient à sauter la fin d'un paragraphe exclusivement constitué de phrases nominales sans grand intérêt. A trop vouloir donner un ton sec et brusque, Grangé perd une partie de l'économie de son récit. On note également cette habitude que j'ai de plus en plus de mal à apprécier, à savoir celle de tout expliquer à la fin, en quelques pages. La solution est assénée d'un bloc, si bien qu'on est inondé, débordé d'informations. La fin du "Passager" ne déroge pas à la règle : si, et c'est une bonne chose, elle est surprenante et déroutante, elle n'en demeure pas moins trop rapide à mon goût. Grangé est trop pressé d'en terminer, et cela lui est préjudiciable.
    Mais, excepté ces quelques reproches, j'ai beaucoup apprécié. Les sept cent cinquante pages, indispensables compte tenu de la complexité de la trame, se lisent vite, grâce à ce procédé du chapitre court qui laisse une ouverture. On a toujours envie de tourner la page. Les personnages, un peu stéréotypés et bénéficiant, surtout Freire, d'une chance tellement hallucinante que parfois on ne se laisse plus duper, sont tout de même bien traités et participent efficacement de l'intrigue.
    En résumé, un bon Grangé, un peu inférieur au "Serment des Limbes", mais bien supérieur à ses derniers ouvrages. Et, enfin, une dernière phrase bien trouvée... A lire pour les connaisseurs, à découvrir pour les autres.
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    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish, le 15 septembre 2011

    fee-tish
    Sitôt sorti, sitôt acheté, sitôt lu, ce nouveau livre de Jean-Christophe Grangé ! Un bon pavé de plus de 700 pages que j'ai lu rapidement pour la simple et bonne raison que j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher.
    Faire un résumé de ce roman serait déjà trop en dire. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'on entre dans le récit avec le meurtre d'un homme auquel on a ajouté une tête de taureau post-mortem. Sur les lieux, un homme visiblement choqué est retrouvé : il ne se souvient de rien et se voit confié au psychiatre Mathias Freire. Une belle entrée en matière qui nous apprend deux choses : ce livre sera davantage porté sur le psychologique que sur le gore habituel de certains thrillers. Cela donne une lecture très intéressante car elle aborde un sujet de psychiatrie fascinant, dont je ne peux pas parler ici sans dévoiler le mystère ! A vous de le découvrir.
    Quoiqu'il en soit, la force des thrillers se trouvent dans les personnages créés par l'écrivain. En ayant lu toute l'oeuvre de Grangé, on sait qu'il s'agit pour lui d'un sujet de travail très important que l'élaboration de ses protagonistes. Ici, ils sont deux : Mathias Freire et Anaïs Chatelet.
    - Mathias Freire est psychiatre à Bordeaux. Visiblement la quarantaine. Il est seul et a subit un traumatisme qui le bloque dans ses relations sentimentales.
    - Anaïs Chatelet est flic. Elle aussi est seul, torturée, en total déni de sa féminité qui ne l'intéresse plus. Il a vingt-huit ans et a une histoire familiale qui la gangrène littéralement. S'en sortir par le boulot, coûte que coûte.
    Ils ont deux personnalités finalement assez semblables, ce qui fait qu'en tant que lectrice, je les ai rapidement associé.
    Pour poser le cadre de son histoire, Jean-Christophe Grangé utilise bien une centaine de pages. Cela peut paraître interminable mais dans la lecture cela ne s'est pas ressenti pour moi. Disons que c'était nécessaire. Dans ce début, on découvre tout ce qu'il y a à savoir sur les personnages. Ensuite, le premier sursaut intervient et ce pour plus de 600 pages. Un rythme toujours haletant, incisif, brut qui se traduit immanquablement par des phrases courtes. Beaucoup de phrases interrogatives aussi : on suit les personnages dans leur(s) quête(s).
    J'ai été vraiment contente de cette lecture, j'y ai trouvé un thème vraiment intéressant et novateur. le lecteur est tenu en haleine tout au long du récit. La toute fin est un peu tirée par les cheveux. Grangé aurait pu faire plus simple et du coup peut-être plus crédible. Ce ne sera pas un coup de coeur pour cela. Mais quel livre encore une fois ! le plus dur maintenant, c'est d'attendre le prochain.
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    • Livres 4.00/5
    Par claire04130, le 20 février 2012

    claire04130
    Que dire de ce livre sans en raconter le mystère principal caché jusque dans les derniers chapitres et sans en faire une tonne ?
    Un début banal, avec un certain Mathias Freire, psychiatre à Bordeaux. Un soir, il recueille un homme qui a vraisemblablement perdu la mémoire. Et l'intrigue commence. de là, se succèdent des meurtres incompréhensibles, la fuite du psychiatre à Marseille, l'arrivée d'une capitaine de police tourmentée par son passé, qui accentue largement l'épaisseur du mystère. le livre parait faire des petites pauses, mais il reprend de plus belle avec un psychiatre devenu clochard. Et les identités se scuccèdent, à nous faire perdre la tête et c'est presque à se demander s'il va y avoir une fin à ce labyrinthe de personnalités. Les différentes personnalités de ce psychiatre de base sont drolement bien menées, ainsi que les personnages qui l'entourent.
    Mais je dois avouer que je suis restée un peu sur ma faim au dernier chapitre. Je m'attendais à une grande révèlation ( ce qui a été le cas) mais aussi à une fin fracassante, à peine imaginable. (Peut-être que je regarde trop de films :D )
    En tout cas, ce livre est bien trop compliqué à expliquer sans en révéler les secrets. Alors, assez de bla-blas, et place à la lecture ! :)
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    • Livres 5.00/5
    Par lestoile, le 11 juillet 2012

    lestoile
    Un pavé de 750 pages et Jean-Christophe Grangé remet les pendules à l'heure. Avec « Le passager » (Albin Michel), son neuvième roman, l'auteur des « Rivières pourpres » est de retour et démontre qu'il reste, à 50 ans, le boss du thriller à la française. L'un des seuls auteurs susceptibles de terrasser la concurrence anglo-saxonne et scandinave en cette rentrée littéraire foisonnante.
    Rentré de vacances, l'homme affiche d'ailleurs une franche satisfaction. « Oui, j'ai un peu le sentiment d'être le patron », confirme celui que ses fans appellent JCG. « Je possède mon savoir-faire au max et je n'ai pas l'impression d'être un vieux maître qui s'étiole. »
    On le guettait au coin du bois depuis le décevant « La forêt des Mânes » paru il y a deux ans. On redoutait que ses collaborations avec le cinéma (il a signé le scénario de « Switch », de Frédéric Schoendoerffer, sorti cet été) lui aient un peu gâté la main. Sur ce plan, « Le passager » nous rassure. Enfin, façon de parler! Car ce thriller truffé de crimes inexpliqués et de montées d'adrénaline constitue une effarante plongée dans les abîmes du cerveau humain.
    Consulté par la police après la découverte d'un vagabond frappé d'amnésie sur les lieux d'un crime rituel, le psychiatre Mathias Freire se rend compte qu'il est lui-même atteint du mal de son patient. Et que le tueur en série présumé, c'est peut-être lui. Il prend alors la fuite pour enquêter sur son propre passé. « L'idée du roman m'est venue d'un syndrome existant, reconnu aux Etats-Unis : la fuite psychique, qu'on appelle aussi le voyageur sans bagages », raconte l'auteur. « Ce type qui perd la mémoire et se construit une autre identité sans le savoir, par stress, parce qu'il a eu une crise conjugale ou croule sous les dettes, on a tous ça en nous. Vouloir effacer le tableau en cas de grosse galère, c'est une tentation qui nous guette. »
    Pour échafauder son roman, l'ancien grand reporter a mené des investigations minutieuses. Il a séjourné dans un hôpital psychiatrique, dialoguant longuement avec les psys. Il s'est immergé parmi les SDF de Marseille, un univers hostile dont il livre une description saisissante. Il a potassé ses ouvrages sur l'art brut, l'une de ses passions, et surfé abondamment sur les sites de rencontres Internet. « le speed dating me fascine. J'aurais aimé creuser ce point davantage, mais, étant solidement fiancé, je n'ai pas pu tester », sourit-il.
    Grangé s'est aussi replongé dans les recherches sur les manipulations du cerveau. Un domaine qui l'inspire autant qu'il l'effraie. « Pour soigner une dépression, il y a quelques années, j'avais dû prendre des antidépresseurs. C'est fascinant et vertigineux de se dire qu'avec une pilule votre perception du monde change à ce point. Ces molécules, c'est une aubaine pour les romanciers! » JCG a rapporté de ses périples une matière extrêmement riche et s'est attelé à la tâche. Tous les matins de 4 heures à 8 heures à son ordinateur, pendant un an et demi. « C'est à l'aube que je suis le plus efficace », détaille-t-il.
    A peine sorti des presses, « Le passager » intéresse déjà des producteurs. Sans doute deviendra-t-il une série télé. « La construction du livre s'y prête bien », précise l'intéressé. Son premier thriller, « Le Vol des cigognes », est actuellement en cours d'adaptation par le cinéaste Jan Kounen, en vue d'une fiction pour Canal +. Presque tous ses best-sellers ont donné lieu à des adaptations au cinéma. Avec un énorme succès pour « Les Rivières Pourpres » de Mathieu Kassovitz, puis plus ou moins de bonheur pour les suivants. « Je dois reconnaître qu'avec le cinéma je rame pas mal », observe JCG, un sourire en coin. Contrairement à d'autres écrivains, lui n'aspire pas à passer derrière la caméra. L'écriture, en revanche, il baigne dedans. Non-stop. Durant les vacances avec sa fiancée japonaise, son fils et sa fille, JCG a peu profité du farniente en tribu : « J'ai fini le prochain livre, 500 pages. Et j'ai déjà l'idée du suivant. »
    Le prochain Grangé sera un roman d'angoisse, l'histoire d'un flic marié à une Japonaise dont la maison subit des attaques mystérieuses. le suivant, une saga familiale, « mais une famille de flics ». C'est sûr, le virtuose du thriller a retrouvé la niaque.


    Lien : http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/grange-le-boss-du-thr..
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    • Livres 5.00/5
    Par emeralda, le 08 décembre 2011

    emeralda
    ça commence comme une histoire de fou et pour cela, le cadre est bien choisi. Tous les éléments sont là pour nous faire frissonner :
    - La nuit
    - le psychiatre de garde avec un lourd passé, seul
    - Les patients
    - le brouillard épais qui règne sur la ville depuis des heures, voir des jours entiers
    - La sonnerie stridente du téléphone
    - La police
    etc…
    En quelques lignes, on est dedans.
    Cependant, malgré ces détails qui nous plongent rapidement dans une atmosphère assez lourde, voir carrément inquiétante, j'ai esquissé plus qu'un sourire en lisant :
    "A Bordeaux, pas de vin, pas d'amis."
    J'y ai vu un beau remake à la sauce bordelaise de :
    "Pas de bras, pas de chocolats."
    C'est complètement immature comme réaction, je vous le concède bien volontiers, mais je suis ainsi parfois. D'ailleurs si cela se trouve, en écrivant cette phrase, Jean-Christophe Grangé y a pensé aussi ! C'est un auteur qui n'est pas dénué d'un certain humour quand même. Certes, il ne perd pas son temps pour vous plonger dans une ambiance des plus glaciale et à peine vous en sortez un orteil qu'il vous en rajoute une petite couche. Allez hop, on n'est pas là pour rigoler !!!! le thriller, c'est du sérieux !
    Tremblez !!!! Les occasions ne vont d'ailleurs pas manquer !
    Comme toujours avec Jean-Christophe Grangé, les chapitres sont relativement courts, mais fort nombreux. Il n'écrit pas des petits livres, mais cela ne me dérange pas du moment que l'ensemble reste agréable à lire. Peu importe le nombre de pages, pourvu que j'ai l'ivresse des frissons tout en restant chez moi sous ma couette.
    Ce type de découpage de l'intrigue en petites parcelles donne du rythme aux lecteurs et cela nous encourage souvent à en lire encore un de plus… C'est pour la route qu'on vous dit !!!
    Voilà donc une mécanique bien huilée et qui fonctionne à merveille.
    Cela reste aussi très visuel, presque comme dans un film, une série.
    Le style de sa plume est comme toujours limpide. le texte se déroule sans accroc, sans que l'on fournisse un réel effort non plus. J'apprécie parfois de ne pas trop me prendre la tête entre les mains pour tout bien suivre.
    Lecture de détente (sauf si vous vous crispez sous vos draps). Et j'en ai eu l'occasion avec un chapitre assez sanglant : un nez cassé, un rebord de lavabo, du sang, de la douleur… J'en avais des nausées tellement je voyais trop bien la scène…
    Les personnages sont torturés, avec des zones d'ombre et des secrets enfouis (très bien enfouis !!!).
    Ils se cherchent et nous, les lecteurs, nous en apprenons un peu plus sur eux en même temps qu'eux. Si, si cette phrase à un sens, mais pour bien la comprendre il faut lire ce roman… En tout cas, c'est agréable car on peut partager leur surprise, leur désespoir, leur colère, leur incompréhension…
    Voilà un beau tour de passe-passe de la part de l'auteur qui distille les informations selon son bon vouloir et les péripéties que vivent nos deux héros principaux.
    Un homme et une femme qui vont toucher le fond, vivre pire que l'enfer sur terre sans doute. Les rebondissements sont très nombreux. Certains diront que c'est presque trop, mais après tout si on ne peut plus pousser les limites dans une oeuvres de fiction alors où peut-on encore le faire ?
    Le final (que je ne vous révèlerai pas car je trouve que c'est criminel pour un thriller et même pour toutes autres lectures) est assez classique quand on a déjà lu Jean-Christophe Grangé : c'est une sorte de grande réunion au sommet avec les bons et les méchants, ça règle ses comptes et reste ceux qui restent. Surprise !!!!
    Ben oui, je ne vous dirai rien de plus, non n'insistez pas !!!! Lisez le livre et puis c'est tout ! Pffffffff
    C'est une lecture que j'ai véritablement apprécié. J'étais impatiente en journée de retrouver mon pavé pour avancer dans cette folle aventure. J'étais complètement prise par le suspens et pourtant je pense que je deviens de plus en plus difficile à surprendre à force de lire énormément.
    Et oui, le revers de la médaille pour les gros lecteurs, c'est qu'ils commencent par connaître presque toutes les ficelles donc il en faut toujours plus pour les faire trembler. Heureusement, le talent et le savoir-faire des auteurs est quand même là. L'écriture est un art !

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/12/le-passager-de-jean-c..
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Critiques presse (5)


  • LePoint , le 19 septembre 2011
    Loin des habiles niaiseries d'un Marc Levy ou d'un Guillaume Musso, Le passager est un vrai polar. Qu'il décrive la minutie des procédures policières ou le sous-monde des clochards marseillais, Grangé se distingue par la documentation, le réalisme et, finalement, une forme de séduction.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Lexpress , le 09 septembre 2011
    Dans son dernier ouvrage, Grangé réussit le tour de force de tenir en haleine le lecteur à travers la course contre la mort de ses personnages, diablement attachants.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 06 septembre 2011
    Polar efficace, comportant bien plus de rebondissements que de surprises, « Le Passager » tient le lecteur en haleine. Pas sûr pour autant que cette histoire mérite 750 pages, une mise en abyme si profonde qu'elle en devient un peu artificielle et autant d'arrêts en gare.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LeSoir , le 02 septembre 2011
    Dans le nouveau thriller de Jean-Christophe Grangé, chaque chapitre est conçu comme un épisode de série. L'auteur, abonné aux gros tirages, a le chic pour accrocher ses lecteurs. Même si, cette fois, le démarrage est un peu lent.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • LeFigaro , le 26 août 2011
    Avec Le Passager, l 'auteur des Rivières pourpres prouve une nouvelle fois qu'il est bien le chef de file des auteurs français de thrillers.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par ladesiderienne, le 13 mai 2013

    Anaïs connaissait ce paradoxe. Un taureau de combat n'est pas agressif. C'est son attitude de défense, anarchique, désordonnée, qui donne l'impression d'hostilité.

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  • Par LeaB, le 12 janvier 2012

    " Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort. " C'était une connerie. Du moins dans son acception banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. Freire était payé pour le savoir. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée.

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  • Par Aela, le 26 octobre 2011

    Il se rappela un ouvrage sur la mémoire qu’il avait étudié jadis – quand ? – signé par un philosophe et psychologue français du XIX ème siècle, Jean-Marie Guyau, mort à 33 ans de phtisie.
    Guyau écrivait :
    « Sous les villes englouties par le Vésuve on trouve encore, si on fouille plus avant, les traces de villes plus anciennes, précédemment englouties et disparues… La même chose s’est produite dans notre cerveau ; notre vie actuelle recouvre sans pouvoir l’effacer notre vie passée, qui lui sert de soutien et de secrète assise. Quand nous descendons en nous-mêmes, nous nous perdons au milieu de tous ces débris… »
    Janusz se leva et prit le chemin de l’hôtel. Il devait descendre dans ses propres catacombes. Pratiquer des fouilles archéologiques. Trouver des villes mortes au fond de sa mémoire.

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  • Par Aela, le 26 octobre 2011

    Les conclusions de Kubiela avaient surpris la communauté scientifique. Il rejetait dos à dos le principe fondateur de la psychanalyse (« on est ce qu’on a vécu dans l’enfance ») et le credo des nouvelles sciences neurobiologiques (« notre psyché se résume à une série de phénomènes physiques ». Sans nier la légitimité de ces tendances, Kubiela se référait, pour décrire et expliquer la personnalité de chaque être humain, à un petit quelque chose d’inné, de mystérieux qui provenait d’une machine supérieure – peut-être un mécanisme divin. Une théorie qui sortait délibérément des voies rationnelles et scientifiques.
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  • Par ladesiderienne, le 29 mai 2012

    Le médecin s' appuya sur l' encadrement de sa portière :
    - Vous faites tout pour être désagréable, mademoiselle, mais vous m' êtes tout de même sympathique. Vous êtes une gamine qui en veut au monde entier, comme tous ceux que je vois chaque semaine au dispensaire.
    Anaïs croisa les bras. Le ton compatissant, elle aimait moins encore.
    - Je vais vous confier un secret, dit-il en se penchant vers elle. Savez-vous pourquoi j' assure cette permanence au dispensaire alors que je reçois dans mon cabinet la clientèle la plus huppée de Bordeaux ?
    Anaïs restait immobile, tapant du pied, se mordant la lèvre. Parfaite dans sa posture de petit animal revêche.
    -Mon fils est mort d'une overdose à l' âge de 17 ans. Je n'avais même jamais soupçonné qu'il puisse fumer un joint. Ça vous suffit comme raison? Je ne peux rien rattraper ni rien effacer. Mais je peux aider quelques mômes en souffrance et c'est toujours ça de gagné.
    La portière claqua. Anaïs regarda la Mercedes disparaitre sous la masse des arbres et se fondre dans la nuit. Un souvenir lui revint. La voix de Coluche. Son sketch à propos des flics : " Oui, je sais, j' ai l' air un peu con." La phrase lui fit l' effet d' une sentence personnelle.
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