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ISBN : B009XFDU5K
Éditeur : Albin Michel (2012)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.91/5 (sur 688 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Chaque année, elles repartent pour leur fabuleuse migration jusqu'en Afrique. Cette année, elles ne reviennent pas. Le vieil ornythologue suisse qui étudiait leur migration est retrouvé assassiné, les yeux arrachés...
Louis Antioche, étudiant oisif et aventureux,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 04 octobre 2012

    Ellen-R
    Pour un premier roman, c'était prometteur … et la suite nous confirmera d'ailleurs les promesses. Alors ce n'est pas tant au niveau de l'écriture, du style, que je qualifie ce premier roman de prometteur. C'est en me plaçant dans la perspective « polar » et davantage encore « polar français ».
    Jean Christophe Grangé a certainement à la sortie de ce polar bousculé un peu le « ronron » du milieu. le style n'est pas à proprement parler caractéristique. C'est correctement écrit mais pas … littéraire pour autant. Je veux dire par là qu'on est dans la catégorie « histoire racontée » et que c'est au niveau de l'histoire et de la manière dont elle est racontée que c'est intéressant. de la complexité, de l'enchevêtrement d'intrigues, tout concourt à soutenir l'intérêt du lecteur et à conserver un minimum de surprise pour la fin. On se doute en réalité un peu de la conclusion mais J.C. Grangé parvient quand même à dépasser notre surprise ! C'est plaisant.
    Alors il y a les limites du genre. On pourrait lui reprocher une psychologie un peu sommaire qui fait que quelquefois l'avancée de l'intrigue se déroule un peu « à la hussarde » (il nous raconte réellement une histoire plus qu'il nous la laisse vivre).
    De quoi s'agit-il ? de cigognes. Des cigognes pour lesquelles un ornithologue suisse mandate, Louis Antioche, jeune docteur en histoire débarquant dans la vie. Il le mandate pour remonter le circuit de migration des cigognes à travers l'Europe de l'Est, la Bulgarie, la Turquie, Israël, le Centrafrique …Un sacré pélerinage, on en conviendra, tout ça pour finir à Calcutta … sans les cigognes !
    Beaucoup de violence (classique chez Grangé), du dépaysement (pas désagréable), et surtout, des intrigues intelligentes qui vous feraient presque penser qu'il est aisé d'écrire un polar, pourvu qu'on ait une idée de départ.
    Inutile de dire qu'il ne s'agira pas que de cigognes au final.
    Ingénieux … !
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 30 décembre 2011

    Seraphita
    Louis Antioche, 32 ans, jeune parisien au passé tumultueux et mystérieux, vient de finir sa thèse. Ses parents adoptifs l'ont mis sur la piste d'un emploi intéressant et bien rémunéré, mais à mille lieues de ses qualifications. Ils lui font rencontrer un étrange ornithologue, le suisse Max Böhm. Celui-ci lui confie une mission singulière : remonter Le Vol des cigognes, oiseaux migrateurs qui parcourent des milliers de kilomètres, à travers l'Europe et l'Afrique, afin d'élucider le mystère de la disparition de bon nombre d'entre elles au fil de leur périple, au printemps dernier. Or, peu avant de partir à la poursuite des cigognes, Louis Antioche découvre le corps sans vie de l'ornithologue. Il décide malgré tout de faire le voyage. Celui-ci qui le mène depuis les pays de l'Europe de l'est jusqu'à la république du Centrafrique va être parsemé de mystères, de découvertes macabres, de violence et… de cadavres. Un voyage jusqu'aux sources d'un passé trouble…
    Avec « Le Vol des cigognes », Jean-Christophe Grangé signe là son premier roman. J'affectionne particulièrement cet auteur dont j'ai déjà lu plusieurs œuvres : « Le Concile De Pierre », « la ligne noire », « Les Rivières pourpres », « Le Serment des Limbes » et, plus récemment, « La forêt des Mânes ». Je commence à connaître les marottes de l'auteur ainsi que certains de ses travers (à mon goût).
    Comme pour les autres romans de Grangé que j'ai lus, j'ai apprécié ici la documentation fouillée qu'expose le roman, dans les domaines de l'ornithologie, des diamants, de la cardiologie. L'auteur fait voyager son lecteur dans les pays de l'Europe de l'est, en Turquie et en Israël, dans les pays africains également. Malgré quelques longueurs, j'ai été transportée par l'action et le suspens.
    L'écriture se présente à cette image : vive, nerveuse, alerte, en somme efficace, ne laissant place à aucuns Temps morts. Je comparerais volontiers l'écriture de Grangé à celle d'Harlan Coben. Malgré tout, quelques descriptions sont présentes. le style n'est guère recherché, pas vraiment littéraire, mais cela ne m'a pas gênée.
    Par contre, comme dans tous les Grangé, et c'est ainsi que j'ôte une étoile à mon appréciation totale, la violence, l'horreur et les détails macabres sont au rendez-vous. le lecteur est confronté, à l'instar du narrateur, à quantité de cadavres, tous atrocement mutilés. L'auteur livre même, avec force détails, les comptes-rendus des autopsies. Vers le dernier tiers du roman, Grangé nous offre une esquisse de la vérité finale sur un plateau : cela dessert un peu le suspens et rend la fin trop prévisible. Je ne me doutais pas, avant cette révélation, de l'identité du principal suspect, mais j'en ai eu quelques intuitions.
    Le final, dont le schéma reste très classique, dans les normes du policier, est assez théâtral et macabre : je trouve que l'auteur ne soigne pas assez ses fins. Mais globalement, je reste sur une très bonne impression : action, suspens, mystère, agrémentés d'une solide documentation, rendent cette lecture agréable.
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    • Livres 5.00/5
    Par Paco, le 12 décembre 2011

    Paco
    Je ne pense pas avoir besoin de vous présenter Jean-Christophe Grangé. Si? Les Rivières Pourpres, L'empire des loups, Le Concile de pierre, etc... Cela vous parle? Si vous n'avez pas lu ses romans, vous avez certainement vu un jour leurs adaptations au cinéma? A l'image de Les Rivières Pourpres, de Mathieu Kassovitz, avec Jean Reno et Vincent Cassel. Il me semblait bien que vous connaissiez...
    Le Vol des cigognes est son premier roman et je ne voulais absolument pas passer à côté de cette oeuvre qui n'a plus besoin d'être mise en valeur. Ce roman est un vrai chef-d'oeuvre, une grande aventure semée d'embûches, où plutôt de cadavres mutilés. L'auteur nous emmène au côté de Louis Antioche - personnage principal - dans un univers cruel, inhumain, mais aussi dépaysant et fascinant. Des scènes qui dépassent l'entendement... du Grangé pur et dur. Un voyage qui vous fait traverser mille frontières, à savoir celles de la Slovaquie, la Bulgarie, la Turquie, Israël ainsi qu'une profonde immersion dans l'enfer vert du Centrafrique.
    Entre les tsiganes de Bulgarie, la force de leur communauté, leur vision des choses, ou alors les pygmées du Centrafrique, leur coutume, leur vie totalement opposée à la notre, ou encore le choc des civilisations en Israël, au milieu de leur guérilla urbaine et territoire occupé, l'auteur nous offre un panaché époustouflant de diversité culturelle, ethnique et géographique.
    Ce voyage édifiant et instructif va plonger le lecteur dans une machination abominable, cruelle, où le frémissement des ailes des cigognes n'est jamais loin... Beaucoup de rencontres invraisemblables, profondes, touchantes mais aussi mortelles. L'auteur touche des sujets sensibles et délicats tel que le trafic d'organes. Jean-Christophe Grangé ne nous ménage absolument pas et nous envoie des images effroyables en pleine face!
    Tout au long du roman, l'auteur nous lâche quelques indices, juste ce qu'il faut pour nous diriger vers un dénouement impensable. Tout se tient, c'est diabolique.
    Pour ce qui est de l'histoire, c'est effectivement tout un voyage... Louis Antioche, parisien de 32 ans, titulaire d'un doctorat en histoire, reçoit un jour une demande un peu particulière. Max Böhm, ornithologue suisse habitant à Montreux et spécialiste de la migration des cigognes, demande à Louis Antioche de l'aider à démêler un problème qui lui tient à coeur. En effet, depuis quelques temps, "ses" cigognes qui migrent vers l'Afrique disparaissent et ne reviennent plus à bon port. Louis, qui en a assez de sa vie monotone d'étudiant, accepte de partir sur le terrain et de suivre le parcours des échassiers, une course-poursuite qui va vite tourner au massacre.
    Mais juste avant son départ pour cette aventure, l'ornithologue suisse est retrouvé mort d'une crise cardiaque dans un nid à cigognes. Déterminé, Louis Antioche décide tout de même de partir pour remplir sa surprenante mission. Avant son grand départ, notre héros découvre au domicile de l'ornithologue décédé des documents pour le moins troublants. Des radiographies du coeur de Max Böhm qui semble avoir subi une greffe. Une photo de son épouse et de son fils que personne n'a jamais entendu parler, ainsi que des photos insoutenables qui dépassent l'entendement par leur cruauté...
    "Enfin j'ouvris la dernière enveloppe - et restai pétrifié. Devant moi, se déployait le spectacle le plus atroce qu'on puisse imaginer. Des photographies en noir et blanc, représentant une sorte d'abattoir humain, avec des cadavres d'enfants suspendus à des crochets - des pantins de chair, offrant des rosaces de sang à la place des bras ou du sexe; des visages aux lèvres déchirées, aux orbites vides; des bras, des jambes, des membres épars, poussés sur un coin d'étal; des têtes, brunâtres de croûtes, roulées sur de longues tables, vous fixant avec leurs yeux secs. Tous les cadavres, sans exception, étaient de race noire."
    Comme vous pouvez le constater, Jean-Christophe Grangé n'hésite pas à aller dans les détails pour nous immerger dans l'horreur humaine. Au côté de Louis Antioche, enquêteur malgré lui, le lecteur va découvrir petit à petit ce qui se trame derrière ce carnage. Avec une écriture dure, crue et amer, l'auteur nous démontre jusqu'où peut aller l'être humain, par son égoïsme et son fanatisme.
    L'évolution du personnage de Louis Antioche est assez intéressante, simple petit étudiant tranquille qui au fil de l'enquête deviendra un vrai combattant, courageux, audacieux et intrépide. Et je dois admettre qu'il aura besoin de toutes ces qualités pour surmonter cette épreuve morbide qui va le toucher au plus profond de son âme... Les histoires de famille font toujours mal... Bonne lecture.

    Lien : http://passion-romans.over-blog.com/article-le-vol-des-cigognes-de-j..
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    • Livres 4.00/5
    Par Tari, le 08 mai 2013

    Tari
    Après ma découverte (un peu tardive) de Jean-Christophe Grangé il y a quelques semaines grâce aux Rivières Pourpres, je me suis mise en tête de rattraper mon retard dans la bibliographie de cet excellent auteur français. Deuxième étape : Le Vol Des Cigognes.
    Louis Antioche, trente-deux ans, las de sa vie routinière d'éternel étudiant, est embauché par un célèbre ornithologue suisse, Max Böhm, qui lui confie la mission de suivre la migration des cigognes jusqu'en Afrique pour découvrir pourquoi, l'an passé, nombre ne sont pas revenues.
    Quelques jours avant le départ, Böhm est retrouvé mort. Louis, intrigué par certaines découvertes qu'il a faites sur son employeur au moment de sa mort, décide de partir tout de même. Il va découvrir que la route des cigognes est aussi la route du sang, des cadavres et d'horreurs qui dépassent l'entendement.
    Dès le début, ce roman sait nous intriguer : pourquoi Max Böhm tient-il absolument à savoir ce qui est arrivé à ses cigognes, au point de dépenser une somme colossale pour envoyer un étudiant sur leur traces, et pourquoi a-t-il choisi Louis, qui n'a aucune connaissance de ces oiseaux, plutôt qu'un véritable spécialiste ? On se doute tout de suite qu'il y a autre chose derrière ces simples cigognes. Et en effet, l'intrigue est beaucoup plus complexe. Mais les informations sont distillées au compte-gouttes, si bien que pendant une grosse partie du roman on reste, comme Louis, focalisé sur les cigognes avant que tous les éléments se relient entre eux pour amorcer un dénouement auquel finalement les cigognes n'étaient qu'un prétexte. Un procédé efficace et j'ai apprécié de voir l'intrigue se complexifier et s'écarter de plus en plus du point de départ, même si la fin reste quelque peu prévisible.
    La fin, c'est d'ailleurs ma grosse déception : je ne la trouve pas crédible, tant au niveau de la psychologie du personnage principal qui ne se souvient absolument pas de son passé avant son adoption alors qu'il a été adopté à l'âge de 6 ans, que des motivations du tueur. Et c'est dommage car tout le reste du roman est vraiment ancré dans la réalité, il y a beaucoup de documentation derrière sur les thèmes abordés comme l'ornithologie ou la cardiologie, et une volonté de la part de l'auteur d'ancrer son récit dans le contexte géopolitique et historique des pays qu'il traverse. Ce dénouement un peu (beaucoup) tiré par les cheveux vient en quelque sorte « casser » tous ces efforts et je trouve cela d'autant plus décevant.
    Du côté du personnage principal, Louis, je ne sais pas trop quoi en penser. Je ne peux pas dire que je l'ai apprécié, mais je ne peux pas dire non plus qu'il ne m'a pas plu. Disons qu'il m'a laissée complètement indifférente. Pourtant, c'est un personnage complexe, bien travaillé, avec un passé trouble, le genre de personnage qui me plaisent habituellement, mais là, non. J'ai l'impression que c'est quelque chose de récurrent avec Grangé d'ailleurs, parce que dans Les Rivières Pourpres non plus je n'avais pas réussi à m'attacher aux personnages pourtant là aussi bien développés. C'est peut-être dû au style de l'auteur, assez détaché, presque violent, qui ne laisse pas beaucoup de place aux ressentis et sentiments des protagonistes.
    C'est effectivement un roman assez violent, on a beaucoup de sang, beaucoup de cadavres qui s'accumulent au fil de pages, et Grangé ne lésine pas sur les détails macabres, les descriptions de cadavres mutilés et les rapports d'autopsie détaillés, le tout dans un style assez cru, très peu littéraire. Cela ne m'a pas vraiment gênée, mais pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude de ce genre de lecture, ce peut être un peu déroutant.
    En conclusion, un premier roman qui s'annonce très prometteur, et en effet, Grangé a confirmé par la suite. Ce fut un très agréable moment de lecture avec un thriller qui malgré quelques défauts plaira certainement à tous les amateurs du genre.

    Lien : http://i-read-therefore-i-am.blogspot.fr/2013/05/le-vol-des-cigognes..
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    1991, Paris, Louis Antioche achève une thèse de mille pages sur le concept de culture chez Oswald Spengler. Après des études largement financées par ses parents adoptifs, il se retrouve oisif et sans projet. Sur recommandation de Neilly, sa mère adoptive, il rejoint l'ornithologue Max Böhm en Suisse. Il accepte une mission sur la route des cigognes. Une grande partie d'entre elles n'est pas revenue de la dernière migration, et Max Böhm veut découvrir pourquoi. Quelques jours avant le début de son périple, Louis trouve Max dans un nid de cigognes, mort d'une crise cardiaque. Pour Louis, un mystère se cache derrière l'existence de l'ornithologue. Seul, il entreprend le voyage à la suite des oiseaux migrateurs. de Paris à Sofia et jusqu'en Centrafrique, Louis va marcher sur la trace des cigognes et partir à la découverte d'un odieux trafic qui va le mener à ses propres origines et au mystère de ses mains mutilées.
    Je ne suis pas friande des romans d'enquête, d'autant moins si le sujet du texte verse dans le macabre et le sanguinolant. Et c'est ce que je reproche à ce roman: une surabondance de détails crus et funestes. Voici un texte qui se prêterait sans aucun doute au jeu de l'adaptation cinématographique: il y a des images à exploiter pour réaliser un honorable film "gore", dans la veine de L'Empire des Loups de Chris Nahon, adapté d'un autre livre de Grangé. A mesure que je progressais dans la lecture, j'ai compris que l'affaire des cigognes n'était que le prétexte à une autre histoire bien plus noire. Mais j'ai également senti que l'enquête en général n'est qu'un prétexte à des scènes violentes, sanglantes ou faussement érotiques, d'un mauvais goût notoire.
    Toutefois, il n'y a pas que du mauvais. L'intrigue est plutôt bien ficelée. La course du personnage à travers les continents tient en haleine. L'auteur sait ménager ses effets. C'en est même frustrant. Trop peu d'indices! Un des plaisirs de la lecture de romans d'enquête, c'est de tenter de percer le mystère avant les dernières lignes. Là, il faut attendre les ultimes pages pour saisir toute l'étendue de la narration. Je passe sur l'ignominie familiale que découvre le protagoniste. C'est un "gros" pour moi. Un bon point pour les premières pages, in medias res: j'aime qu'un livre m'emporte immédiatement. Une autre réussite est la rédaction des fax que l'inspecteur Hervé Dumaz envoie à Louis Antioche. Ces quelques pages sont des morceaux d'exception, très bien ciselés, sur le mode du journalisme d'investigation.
    L'impression finale est la déception. Encore un roman d'enquête qui n'a pas su me séduire, ni me réconcilier avec le genre
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Citations et extraits

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  • Par SIWIKPatricia, le 24 mai 2013

    C'était un véritable hymne à la cigogne. Rajko notait tout : les passages des oiseaux, le nombre de nids, de petits, d'accidents... Il dressait des moyennes, s’efforçait de mettre en valeur des systèmes. Son carnet était criblé de colonnes, d'arabesques chiffrées, qui n'auraient pas déplu à Max BÖHM. Il notait aussi en marge, ses commentaires, dans un anglais maladroit. Des réflexions sérieuses, amicales, humoristiques. Il avait donné des surnoms aux couples qui nichaient à SLIVEN, livrant leur explication dans un index. Je découvris ainsi les "Cendres d'argent", qui nichaient sur un tapis mousse ; les "Becs de charme", dont le mâle avait un bec asymétrique ; les "Printemps pourpre" qui s'étaient installés lors d'un crépuscule rougeoyant.
    Rajko ponctuait également ses observations de schémas techniques, d'études anatomiques. D'autres croquis détaillaient les différents modèles de bagues : français, allemand, hollandais et, bien sûr, ceux de BOHM A côté de chaque dessin ,Rajko avait inscrit la date et le lieu d'observation. Un détail me frappa : les cigognes dotées de deux bagues portaient deux modèles différents. La bague indiquant la date de leur naissance était fine et d'un seul tenant. Celle que BOHM avait placée ensuite plus épaisse, et semblait s'ouvrir comme une tenaille. Je partis chercher les photographies et observai les pattes des volatiles. Rajko avait vu juste. Il ne s'agissait pas des mêmes bagues. Je méditai sur ce détail. Les inscriptions des anneaux étaient en revanche identiques : date et lieu de la pose, rien de plus
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  • Par SIWIKPatricia, le 29 mai 2013

    La forêt infinie se déroulait sous nos yeux. C'était une mer d'émeraude, immense et ondulante, qui se précisait à mesure que nous descendions. J'aperçus des chevelures ébouriffées, des crêtes moutonneuses, des cimes en effervescence. Les fleuves étaient jaunes, la terre rouge sang et les arbres vibraient comme des épées de fraîcheur. Tout était vif, acéré, lumineux. Il s'échappait parfois de cette liesse des nonchalances plus mates, des plages de repos, qui avaient l'indolence des nénuphars ou le calme des pâturages. Des cabanes apparurent, minuscules, plantée dans la jungle. J'imaginai les hommes qui vivaient là, qui appartenaient à ce monde exubérant. J'imaginai cette existence détrempée, ces matins de métal où les cris des animaux vous sifflent aux oreilles, où la terre s'enfonce sous vos pies, prenant l'empreinte de votre lente décrépitude. Durant toute la manoeuvre de l'attérrissage, je demeurai ainsi, englouti par la stupeur.
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  • Par AElise, le 03 février 2013


    - Marcel, dis-moi une chose: pourquoi les enfants roms sont-ils si sales?

    - Ce n'est pas de la négligence, Louis. C'est une vieille tradition. Selon les Roms, un enfant est si beau qu'il peut attirer la jalousie des adultes, toujours prêts à jeter le mauvais oeil. Alors on ne les lave jamais. C'est une sorte de déguisement. Pour masquer leur beauté et leur pureté aux yeux des autres.
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  • Par Cielo1984, le 15 janvier 2013

    Je marchais de plain-pied dans les photographies de Max Böhm. Au sein d'une salle de faïence, éclairée par des néons blancs, une véritable forêt de cadavre se déployait. Des corps pendaient à des crochets, dont les pointes acérées, transperçaient les joues, les cartilages faciaux, les orbites pour luire à leur extrémité d'un éclat maléfique. Tous les corps étaient ceux d'enfants indiens. Ils se balançaient légèrement, couinant doucement sur leur pivot, exhibant des meurtrissures démentes : cages thoraciques ouvertes, coupures zébrant les chairs, bouches d'ombre creusées aux articulations, tête d'os saillantes...
    Et partout du sang. ...
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  • Par SIWIKPatricia, le 26 mai 2013

    Je dois vous paraître cynique. Mais vous n'avez aucune idée du quotidien des Roms. Notre passé, notre présent, notre avenir ne sont que persécution, manifestations hostiles, négation. J'ai beaucoup voyagé, Antioche. Partout j'ai rencontré la même haine, la même crainte du nomade. Je lutte contre cela. J'allège les souffrances de mon peuple, dans la mesure du possible. Paradoxalement, le fait d'être un infirme m'a donné une terrible force. Dans votre monde, un nain n'est qu'un monstre, qui ploie sous le fardeau de sa différence. Mais moi, j'étais avant tout un Rom. Mon origine a été comme une grâce, une seconde chance, vous comprenez ? Le combat de ma différence s'est renforcé d'une autre cause, bien plus vaste, plus noble. Celle de mon peuple. Alors, laissez-moi suivre ma route. Si des sadiques ont décidé d'étriper leurs victimes - qu'ils s'en prennents désormais aux Gadjés -, je m'en moque.
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