> Hubert Tezenas (Traducteur)

ISBN : 2266157906
Éditeur : Pocket (2007)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 162 notes) Ajouter à mes livres
Tokyo is another of Mo Hayder's deliciously chilling criminal outings, but probably won't produce the frisson of disapproval that such novels as Birdman and The Treatment did. The days are gone when Hayder was identified as one of a cadre of women writers who did someth... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Chaplum, le 17 septembre 2011

    Chaplum
    Tokyo est un roman qui m'attire depuis longtemps, tant par le sujet que par un côté sulfureux que la rumeur lui colle. J'entendais tellement dire que c'était un roman difficile, qui décrivait des atrocités, qu'il était insoutenable qu'il m'attirait et en même temps me repoussait. Peu de romans ont une telle réputation que je m'imaginais les pires choses à son sujet, des pages et des pages de scènes que j'aurais du mal à lire, que je devrais passer. La curiosité a été la plus forte et Canel a répondu à mes attendes en me l'offrant dans le cadre du swap Frissons en N/B Pourtant, là encore, il aura fallu attendre une lecture commune pour que j'ose l'entamer.
    Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Grey, une jeune fille anglaise qui a vécu éloignée de tout ce qui peut nuire au bon développement d'un esprit sain, a pourtant été enfermée dans un hôpital psychiatrique suite à la lecture d'un épisode particulier de l'invasion japonaise à Nankin en 1937. Mais ses parents nient qu'une telle lecture ait jamais été faite et les médecins la traitent comme une affabulatrice, perverse qui plus est. Quand enfin, elle peut sortir, elle décide de se consacrer à la recherche universitaire sur l'épisode de Nankin et, enfin, trouvant un maigre indice qu'une vidéo puisse exister sur le sujet, part à Tokyo.
    Sur place, le professeur chinois sensé posséder le film refuse de lui parler. Grey se retrouve alors sans ressources financières, face à ses démons. Elle rencontre un jeune américain, Jason, qui lui propose un logement dans une maison délabrée et un emploi dans un bar à hôtesses. Grey prend alors ses marques et poursuit sa quête, sans se douter du danger dans laquelle elle risque de la plonger.
    Comment expliquer mon début de lecture ? Je m'attendais tant à découvrir l'horreur absolue que j'ai longtemps lu, presque la peur au ventre, tournant les pages, guettant ces passages si terribles ! Cela rend la lecture un peu désagréable finalement, car on croit toujours se retrouver face à des scènes qu'on pense ne pas pouvoir supporter et qui n'arrivent jamais. Surtout que la première partie du roman m'a paru un peu lente, peu palpitante.
    Par contre, quand enfin le suspense arrive, que le rythme s'accélère, qu'on comprend un peu ce qui se passe, je me suis retrouvée happée par l'histoire de Grey, à la fois par son passé, m'interrogeant sur ses cicatrices mais aussi par ce qui se déroule à Tokyo. Qui est ce vieillard en fauteuil ? Qu'a-t-il à voir avec Nankin ? Et la nurse ? Est-elle vraiment une femme ?
    Et l'histoire de Shi Chongming, ce survivant de Nankin ? Quelle est cette curieuse demande qu'il a faite à Grey ?
    Je n'ai plus pu lâcher ce roman jusqu'à la fin. Mo Hayder mélange plusieurs histoires qui se croisent pour finir par se rejoindre à la fin, dans une révélation, bien sûr horrible. Mais quelle image de chochotte est-ce que je donne aux lecteurs de ce blog ? Car j'avoue que si oui, certaines scènes sont atroces, jamais je n'ai trouvé cela insoutenable. Je pense que beaucoup doivent me penser plus sensible que je ne le suis. Je n'aime pas lire des récits de maladie, ni de cruauté sur les animaux, mais je ne suis pas spécialement sensible dans les thrillers.
    J'ai adoré l'écriture, la construction et l'originalité de ce roman. Alors même si il met du temps à démarrer, une fois mis en route, il est d'une excellente facture. Mo Hayder se sert d'une vérité historique pour écrire une fiction dont la chute m'a époustouflée. Les personnages, complexes psychologiquement, pèsent lourd dans la balance. Dont Grey, dont les blessures à vif ne s'apaiseront qu'avec la résolution de l'énigme. Mais aussi Jason, Shi Chongming et les autres. Sans oublier la tenancière du bar, si passionnée par Marylin Monroe qu'elle a eu recours à de la chirurgie esthétique pour lui ressembler.

    Lien : http://www.chaplum.com/tokyo-de-mo-hayder-5375
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par valeriane, le 26 août 2009

    valeriane
    Voici un des livres que j'avais reçu par surprise par SOLENN et je la remercie encore et encore!!! Tokyo est un thriller qui se déroule à... Tokyo. Grey arrive dans cette ville afin de retrouver un film mystérieux datant de l'invasion de la Chine par le Japon. Elle va tenter de rencontrer le seul survivant de ce massacre afin qu'il l'aide à accomplir sa quête. Arrivée les poches vides, elle va faire la rencontre de Jason. Ce dernier va lui proposer un toit et un boulot dans un club fréquenté par des Yakuzas. L'auteur m'a entraîné dans une spirale de lecture! Impossible de lâcher ce bouquin! le récit s'ouvre sur un texte issu du journal du survivant du massacre. Il s'agit du dernier jour de son journal. Ensuite, le lecteur est projeté dans le Japon contemporain au côté d'une jeune femme un peu troublée avec un but en tête : prouver qu'elle n'est pas folle. On passe dès lors d'un récit à l'autre, tous deux étant mêlés sans l'être, mais se donnant une raison mutuelle d'exister. L'atmosphère est malsaine dans les deux récits. On peut sentir la moiteur du décor, le malaise ou l'ambiguïté des personnages. L'écriture est souple, fluide, l'auteur va droit au but tout en laissant planer un suspense intense sur l'intrigue qui lie les deux protagonistes principaux. Il s'agit ici d'un très bon thriller, qui ne dévoile pas tous ses secrets avant la dernière page, entremêlé d'un récit historique. Les passages du journal donnent à voir les conditions de vie des habitants de Nankin lors de l'invasion japonaise, mais aussi permet de découvrir certaines croyances ou superstitions liées à la culture chinoise. Une très bonne lecture! Mo Hayder, Tokyo, Pocket, 2007, 474 pages, 4 étoiles.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Sandre, le 07 juin 2009

    Sandre
    « Tokyo me hante »


    Je ne l'ai pas fini, ce roman. Il me reste à découvrir le dénouement, quelques pages. Je n'ai pas envie de le finir, de le quitter et pourtant là, tout de suite, je meurs d'envie d'aller le chercher...

    Alors je fais diversion et je vous en parle.

    Moi qui n'avais aucune attirance particulière pour le Japon, je suis en train de connaître la même fascination que l'héroïne, une jeune femme anglaise, décalée, différente, et forcément solitaire.
    Elle a une obsession qui paraît si étrange et macabre qu'elle fait peur, qu'on la dit malsaine et folle. Adolescente, elle est tombée sur un livre qui évoquait l'invasion de la Chine par les troupes japonaises en 1937, et particulièrement le martyre de Nankin et de ses habitants, et d'un film montrant une scène d'une horreur telle qu'elle reste sans nom... Un homme, au Japon, possèderait une copie de ce film... Il faut qu'elle le voie, il faut qu'elle sache quel est ce degré ultime de la cruauté humaine.

    Quand on fait la connaissance de cette jeune femme, elle est déjà au Japon, à Tokyo où vit cet homme, un vieux professeur chinois. Quand elle l'aura rencontré, il nous livrera ses mémoires, à nous mais pas elle (pas encore, il ne peut pas) : le journal qu'il a tenu pendant ces quelques jours à Nankin en 1937... Elle, elle est obligée de patienter, de s'installer dans cette ville qui se refuse, qui cache ses secrets derrière ses mètres de verre, obligée d'y faire d'autres rencontres......

    Il faut que je m'arrête. Ce serait tellement dommage que j'en dise trop, tant le suspense dans ce roman est d'une rare intensité. Il est progressif et ne cesse de croître, au point que je vous écrive parce que cette histoire m'obsède et que je n'en peux plus d'imaginer la fin! Comme l'héroïne, je la pressens et, comme elle, je suis terrifiée... Les fils du passé et du présent, de l'Histoire et de l'histoire sont en train de se rejoindre...

    Ce n'est pas un polar au sens courant du terme, ou plutôt c'est plus qu'un polar.
    C'est aussi un roman profondément troublant et subtil, poétique, lyrique. Il a sur moi l'influence fascinante qu'ont les mythes mêmes qu'il raconte, ceux anciens et modernes du Japon et de la Chine.

    Bref, je suis sous influence...


    Lien : http://quedesromans.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    Grey a dans la vingtaine. Elle est obsédée par le massacre de Nankin en 1937. Quand je dis obsédée, c'est un euphémisme : son attirance pour cette période noire de l'histoire asiatique est viscéralement gravée dans sa chair. le jour où elle apprend qu'un survivant du massacre possède un film tourné lors de la prise de la ville, elle prend ses cliques et ses claques, direction Tokyo, où le témoin, bien que Chinois, travaille comme professeur. Sauf qu'avant de lui permettre de voir le film, le survivant confie à Grey une mission pratiquement impossible : infiltrer l'entourage d'un vieux yakuza afin de déterrer un lourd secret du chef mafieux. Grey devient donc hôtesse dans un bar fréquenté par ce yakuza afin de graviter autour de lui.
    Grey est en quelque sorte une cousine lointaine de Lisbeth Salander dans la trilogie Millénium (le génie du piratage informatique en moins). Son éducation très encadrée l'a rendue ignorante dans certains domaines. Elle n'est pas animée de mauvaises intentions, elle agit en fonction de son cadre de référence un peu étriqué dans le domaine du sexe. Ce qui la pousse dans une relation très étrange avec une sorte de maquereau à la belle gueule, avec qui elle joue un jeu dangereux. Et plus elle creuse dans les secrets du yakuza, plus l'horreur ambiante dévoile les squelettes que Grey transporte dans sa valise.
    Le roman alterne entre l'enquête de Grey à Tokyo et le journal intime daté de 1937 du survivant chinois qui consigne le massacre en temps réel. On glisse de l'horreur du sac de Nankin à l'irréel voyage de Grey dans sa vie d'hôtesse. Cette alternance est très efficace pour faire peser un poids lourd sur la lecture.
    Un conseil : ce n'est sans doute pas le meilleur bouquin à lire de retour de la maternité. Sans dévoiler la fin du roman, qui devient assez vite prévisible dans son inéluctabilité, les thèmes de ce thriller sont très malsains et assez dérangeants. Reste que le livre de Mo Hayder m'a incité à en apprendre un peu plus sur le massacre de Nankin. le bilan officiel est de "quelques morts" selon les Japonais, mais des études parlent plutôt de 200 000 à 300 000 morts. Et 20 000 viols. Les raisons de cette boucherie sont complexes, mais la théorie selon laquelle la bataille de Shanghai avait été difficile pour les Japonais et que Nankin ait servi d'exutoire semble dominer.
    Pour ce qui est des raisons qui font que le massacre de Nankin reste peu évoqué quand on aborde la seconde guerre mondiale, il y en a deux :
    - le front asiatique, ce n'est pas assez concernant pour les Européens,
    - les USA auraient eu des intérêts diplomatiques, après la guerre, à ne pas trop culpabiliser le Japon. D'où un regard discret sur cette action punitive de grande envergure.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2010/05/tokyo.html
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 06 octobre 2011

    zembla
    Grey débarque a Tokyo sans aucune ressources pour retrouver un mystérieux film sur l'invasion de la Chine par les Japonais dont l'existence est contestée. Un seul homme peut l'aider a le trouver car c'est un survivant du massacre de Nankin mais il refuse de répondre a ses questions. Refusant de capituler, elle rencontre Jason un garçon mystérieux qui la fascine et qui lui trouve un travail dans un club a hôtesses et un toit où dormir dans une maison abandonnée vouée a la démolition.
    Dans ce club très privé Grey y cotoiera des yakuzas et un étrange infirme accompagné d'une nurse monstrueuse. Et tout cela la remettra sur le chemin de ce mystérieux film.
    La première question que je me pose en lisant le livre: est que ce livre est vraiment un thriller? Pour moi non, c'est un livre d'atmosphère et une atmosphère plutôt lourde et oppressante. Tout les personnages cachent de très lourds secrets et nous emporte dans ce Tokyo underground où on a intérêt a avoir le coeur bien accroché.
    Mo Hayder nous happe des les premières pages dans un tourbillon de violence et ne nous lâche qu'au dénouement final . Malheureusement , une fin que l'on devine .
    C'est un livre dérangeant, dans le bons sens du terme, qui nous pousse a nous poser des questions .
    Pour avoir réussit a m'emporter dans cet univers baroque et me faire découvrir des personnages complexes et complètement barrés , je met un 7/10.
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Citations et extraits

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  • Par iti1801, le 18 décembre 2010

    En quelques semaines à peine jusqu'à trois cent mille civiles furent massacrés. Quand elle eut fini, dit-on, il n'était plus nécessaire de prendre le bateau pour passer d'une rive à l'autre du Yang-Tsé. Il n'y avait qu'à marcher sur les cadavres. Les Japonais firent preuve d'une grande créativité en ce qui concernait les façons de tuer. Ils enterrèrent des jeunes gens jusqu'au cou dans le sable et passèrent dessus avec leurs chars. Ils violèrent des femmes âgées, des enfants, des animaux. Ils décapitèrent, démembrèrent et torturèrent ; ils s'exerçaient à la baïonnette sur des nourrissons.
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  • Par line70, le 21 mars 2011

    Je suppose que, dans certains domaines, il faut simplement savoir être adulte. Savoir respirer un bon coup et se dire :
    « Je ne dois pas m'attendre à ce que cette chose-là fasse partie de ma vie. » Et que, à force de se le dire, on obtient des résultats surprenants, que ça finit par ne plus paraître aussi terrible.
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  • Par iti1801, le 18 décembre 2010

    Dans un recueil sur la Révolution culturelle, je trouvai une longue description de la coutume devenue désuète du ko ku – summum de la piété filiale, qui consistait à faire cuire en bouillon un morceau de sa propre chair afin de sauver de la maladie un parent aimé.
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  • Par iti1801, le 18 décembre 2010

    A Nankin, il n'y a que les plus chanceux à qui on a laissé un corps à enterrer...
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  • Par Chrisalaude, le 29 novembre 2011

    (...) si tu as appris quelque chose, c'est qu'en ce monde aucun de nous n'en a pour très longtemps.
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