> Jörg Stickan (Traducteur)
> Sacha Zilberfarb (Traducteur)

ISBN : 2917084170
Éditeur : Attila (2010)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
1933. Max, le fils bâtard de la pute Minna Schulz, s'enrôle dans les SS à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Affecté dans un camp d'extermination, où disparaissent son meilleur ami (juif) et toute sa famille, il décide à la fin de la guerre de se faire passer pour juif... e... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par smiroux, le 27 janvier 2012

    smiroux
    "Je me présente, Max Schultz, fils illégitime mais aryen pur souche, de Minna Schultz..." Ainsi débute Le Nazi et le Barbier, un roman tout à fait irrévérencieux, provocateur, cru et vulgaire, mais ô combien intelligent et salvateur... Un roman qui raconte l'extermination des juifs du point de vue du bourreau (Max Schultz), bien avant l'indigeste Bienveillantes de Jonathan Littel.
    Sous-titré "Histoire d'une vengeance" ; c'est exactement cela qui est mis en scène : la vengeance du fils de pute, et du boucher, ou du serrurier, ou du majordome, ou que sais-je encore ? mais pur aryen. le petit Max nait avec des yeux de grenouille, un nez crochu, des cheveux bruns... alors que son petit voisin, et pour un temps meilleur ami : Itzig Finkelstein, fils de Chaïm Finkelstein, pur juif, lui, nait blond, élancé et beau... C'est par cette première inversion que nous, lecteurs, nous rentrons de plein pied dans cette histoire de morts, de meurtres, de guerres, de marché noir ; dans L Histoire aussi : celle de l'Europe, de l'Allemagne à l'Ukraine en passant par la Pologne - forcément, la Pologne ! - mais aussi dans l'Histoire de la création d'Israël et du sionnisme.
    Alors comment en arrive-t-on jusque là ?
    Et bien en suivant le petit bonhomme de chemin de Max Schultz, génocidaire, fils illégitime mais aryen pur souche. Quand Minna, sa mère, se fait mettre à la rue par son employeur (parce que tout de même, cinq pères potentiels pour cet enfant c'est trop, "les bonnes choses vont par trois"), elle empoigne ses baluchons et le petit, se fait aider par les cinq géniteurs, et immédiatement rencontre le bon gros coiffeur Slavitski. (il parait que c'est lui qui a la plus grosse de la rue... Minna n'y résiste pas !) le petit grandit, parfois violé par son beau-père, souvent battu... il va à l'école, devient très ami d'Itzig et vagabonde souvent chez les Finkelstein. Quand vient l'heure de trouver un métier, il devient apprenti coiffeur chez Chaïm Finkelstein (parce qu'il est le meilleur coiffeur de la ville, parce que c'est lui qui a écrit la bible des nouveaux coiffeurs "La coupe moderne sans escaliers", et puis aussi un peu pour emmerder Slavitski...)
    Le temps passe, la crise fait rage, Hitler débarque... Par conviction Max s'enrôle dans les SS. Et il est bon ! En Pologne, il flingue à tout va, y compris son ami Itzig et les parents Finkelstein. Mais la vie est parfois cruelle... l'Allemagne perd la guerre, et Max devient alors criminel de guerre, recherché, très recherché...
    Qu'importe ! Il a grandit, élevé par la communauté juive ; il connait les prières, parle Yiddish, et connait quelques morts... c'est ainsi qu'il va usurper l'identité de son "ami" Itzig, devenir un bon barbier, et même émigrer en Palestine, afin de lutter pour la création de l'Etat d'Israël... un pur aryen sionniste...
    Je ne vous dis pas comment tout cela s'achève ; je vous laisse savourer ces 500 pages de pure parodie loufoque où perce tout de même la tragédie, l'horreur de la guerre, et ses cohortes de morts.
    Pourquoi est-ce que j'ai particulièrement aimé ce livre ? Pourquoi est-ce que je le mets tout en haut de mes chefs d'oeuvre ? Parce que c'est un livre brillant, intelligent, drôle - alors que le sujet ne s'y prête pas - ; parce que ce n'est pas juste une bonne farce bien grasse, mais un vrai livre sur la Shoah, sur les mécanismes de la destruction de masse ; parce que l'empathie que l'on ressent pour Max Schultz est dérangeante : ce monstre peut m'émouvoir... et puis aussi parce qu'il y a derrière l'apparente légereté, la description de l'horreur absolue, mais sans jamais rentrer dans la fascination morbide. Parce qu'il y a au bout du compte un appel à chacun d'entre nous, chaque lecteur, qui nous dit "n'oubliez pas" ; non, n'oubliez pas que cela est arrivé, que c'est arrivé aussi simplement que ça, que les clichés véhiculés, d'un côté comme de l'autre, sont toujours les mêmes : ceux-là qui vous font rire, ce sont ceux-là qui nous ont fait mourir.
    Je recommande la lecture de ce livre à tous ; même les plus sensibles, ceux qui pensent que l'on ne peut pas rire de tout. On peut ; et cela est salvateur de le faire. Cela permet de prendre une distance critique, qui manque souvent dans notre façon d'aborder L Histoire.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Wolland, le 31 août 2010

    Wolland
    La littérature ne sert pas toujours à caler un meuble ou à passer pour un bobo. Il arrive qu'elle soit aussi utile. Prenez le rasage par exemple. Une technique. Un art. Un savoir faire :
    "Très important : le savonnage.
    Menton savonné, à moitié rasé.
    On rase aussi bien dans le sens du poil qu'à rebrousse-poil.
    Voire les deux en même temps."
    Savoir raser, donc, dans les deux sens. Toute une maîtrise. De même, savoir tirer de haut en bas dans une fosse pleine de Juifs, quelque part en Pologne. Pas donné à tout le monde. Passer de l'uniforme blanc de barbier, celui d'apprenti du meilleur coiffeur du coin, un brave monsieur juif, à celui de SA, puis à celui de SS, parce que l'uniforme de SA, c'est marronnasse, et comme le dit la mère : "On dirait du chocolat au lait. Au début, j'aimais bien, mais maintenant, j'aime plus". Passer, donc, du chocolat au lait au chocolat noir. Pas une sinécure. Un goût acquis ?
    Savoir planter une seringue de phénol en plein dans le cœur d'enfants juifs dans un camp d'extermination. Ou bien planter une seringue de vitamines dans le bras d'enfants juifs, sur un bateau clandestin en partance pour la Palestine. Même coup à prendre.
    Savoir traverser une forêt polonaise en plein hiver 45 ou écouter parler les arbres de la forêt des six millions en plein cagnard israélien. Même talent.
    Changer de vêtements, d'uniformes, de vie, de métier, de nom, d'histoire, de race. S'appeler Max Schultz, génocidaire SS à gueule de caricature antisémite, assassin de 10 000 juifs, et prendre le nom, la vie même de son ami d'enfance, Itzig Finkelstein, après lui avoir fait exploser le caisson dans un camp. Et devenir, sous ce nom, un barbier respecté par la communauté, sioniste fanatique, dans une petite ville israélienne. Même ressort.
    C'est illisible, c'est paru en 1967. Mais on ne peut pas écrire ça, lire ça en 1967. Ni maintenant. Dans 1000 ans, à la rigueur, quand tout sera fini. En 1967. Avant Robert Merle et Jonathan Littell, se mettre dans la peau d'un bourreau nazi. Et faire de la Shoah, de l'Exodus, des Kibboutzim, une grande poilade. C'est La conjuration des imbéciles, mais nazie. Et des dialogues magnifiques qui tirent la note du récit vers un final impossible, qu'on ne peut désigner que par des grands mots pompeux : rédemption, rachat, expiation. Mais ça n'existe pas.
    "- J'ai vu un tas de choses, Hanna. Mais il me faut d'abord les digérer.
    - Tu as vu Jérusalem ?
    - Oui, Hanna.
    - le mur des Lamentations ?
    - Oui. Aussi. J'y ai même prié.
    - Mais, tu crois en Dieu ?
    - Parfois oui, parfois non, Hanna. Comme la plupart des gens. Je ne le prends pas au sérieux.
    - Alors, pourquoi tu as prié au mur des Lamentations ?
    - Par tradition, Hanna.
    - Par tradition ?
    - Oui, Hanna, par tradition.
    - Ça t'a fait quoi... le mur des Lamentations ?
    - J'ai pleuré, Hanna.
    - Pourquoi, Itzig ?
    - Par tradition, Hanna. Par tradition."
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 28 août 2011

    mariech
    Lecture assez déroutante , moi ce qui m'a frappé c'est la fin du livre où le ' héros ' si l'on peut dire ; a des remords , où il ne peut s'empêcher , arrivé à la fin de sa vie , à avouer aux personnes de son entourage son imposture , ce qui est bien typique de l'être humain qui veut en quelque sorte expier ses péchés avant sa mort ; et , bien sûr , la réaction de son entourage qui croit à une sénilité , car qui pourrait penser que ce commercant exemplaire , qui pratique consciencieusement , qui est aimé par toute sa communauté , a pu être un nazi . L'auteur nous fait percevoir à travers une fiction iconaclaste que l'homme est plus complexe que ce que nous voulons bien voir , l'homme n'est pas toujours blanc ou noir , mais de différentes nuances de gris .
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par KDO, le 21 février 2011

    KDO
    Un joyeux génocidaire SS usurpe l'identité d'un juif afin de ne pas etre poursuivi . Il se fait circoncire , tatoué comme tous les déportés. Au dé&but, on voit tres bien qu'il ne fait que jouer ce personnage à travers ses commentaires intérieurs SS( tres ironiques et burlesques). Mais au fil du livre, on voit le personnage évoluer embrasser la religion juive, la culture,la langue et la cause sioniste .Finalement il est devenu plus juif qu'un juif . Quand il prétendra etre un ancien SS, personne ne le prendra au sérieux.
    Ce livre soulève plusieurs interrogations: la 1ere sur son choix de devenir SS : en fait , il fallait choisir un camp. Il n'avait rien de personnel contre les juifs. Il a suivi comme beaucoup.
    La 2ème sur Dieu : Dieu n'est il pas tout aussi coupable que lui d'avoir laisser faire ?
    J'ai beaucoup aimé ce livre car parler d'un sujet aussi grave que l'holocauste n'est guère chose lfacile .A travers son style burlesque et ironique, M. Hilsenrath évite à ce livre d'etre un roman plombant . Malgrès quelques longueurs, ce livre vaut le coup d'etre lu jusqu'à la fin ( car la fin c'est la cerise sr le gateau!!! ; mais là je vous laisse le soin de la découvrir ). Bonne lecture !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par feanora, le 27 janvier 2012

    feanora
    Voici un très beau livre, plein d'humour pour un sujet très difficile puisqu'il s'agit du nazisme et de l'Holocauste.
    Max, enfant bâtard s'enrôle dans les SS.
    Il est affecté à la surveillance d'un camp de concentration et verra mourir celui qui fut son grand ami d'enfance et toute sa famille.
    A la fin de la guerre, changeant d'identité, il rejoint l'état d' Israël,devient barbier et sioniste.
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (10)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par annie, le 07 octobre 2010

    "quand j'ai vu le Führer pour la première fois, ça m'a fait un choc, parce que je croyais voir Slavitzki, mais je me suis tout de suite dit : Non ! ça ne peut pas être Slavitzki. Slavitzki, il a une grosse bite et il est carnivore, tandis que ce type-là, il a une petite bite et il est végétarien. Et Slavitzki, il a des yeux d'ivrogne et un regard vide, tandis que ce type-là, il a les yeux d'un prophète."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par mustango, le 02 juillet 2010

    C'est vrai que j'avais l'air d'un Juif.(...)Je devais donc en rajouter, tuer mieux que les autres. Pour leur montrer que je n'en étais pas un. Je veux dire, un Juif. Tu piges? (...) Mias tu peux me croire, Itzig. Jen n'étais aps antisémite. Je ne l'ai jamais été. J'ai suivi le mouvement, c'est tout.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par annie, le 07 octobre 2010

    Où je me suis réfugié ? Où voulez-vous qu’un juif se réfugie en Pologne ? Dans la forêt évidemment. Je me méfiais des Polonais, ils étaient encore plus antisémites que les nazis.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par mustango, le 02 juillet 2010

    Max Schulz! S'il ya une seconde vie pour toi, il faudrait que ce soit la vie d'un Juif! Après tout, cette guerre, c'est nous qui l'avons perdue. Et les Juifs qui l'ont gagnée.Et moi, Max Schulz, j'ai toujours été un idéaliste. (...) Un idéaliste qui sait changer son fusil d'épaule.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par annie, le 07 octobre 2010

    "Et puis, il me fallait plus qu'une seule victime. C'est vrai, ça, une seule victime, ça rime à quoi ? Moi, il m'en fallait une pour chaque blessure, chaque sourire narquois, que ce soit du bon dieu ou du voisin de palier, de qui vous voulez."
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Nazi et le Barbier par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (67)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz