> Jörg Stickan (Traducteur)

ISBN : 2757818023
Éditeur : Points (2010)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Tout juste débarqué aux Etats-Unis, Jacob Bronsky erre dans le New York miteux des années 1950, parmi les dodos et les putes. L'Américan Way of Life ? Comprend pas. Le rêve américain ? Encore moins. Enchaînant les jobs minables, Jakob Bronsky n'a que deux obsessions : s... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Wolland, le 03 septembre 2010

    Wolland
    Ce n'est pas la peine de monter sur ses grands chevaux à cause du titre, America, c'est le consul général des États-Unis, le vieux tas de fumier qui délivre les visas en 1939. Ou bien c'est vraiment l'Amérique, et son rêve américain. Un cauchemar.
    Ici, il est question de Jakob BRONSKY. A moins qu'il ne s'agisse de Jakob Birnbaum ou bien de Max Schultz ou bien d'Itzig Finkelstein ou bien de Roger McCormick. Non, il est question de Jakob BRONSKY. Jakob BRONSKY par ci, Jakob BRONSKY par là, Jakob BRONSKY fait ci, Jakob BRONSKY fait mi. Jakob BRONSKY et ses vêtements sales. Jakob BRONSKY et ses petits déjeuners. Jakob BRONSKY et son roman. Jakob BRONSKY et sa bite. Jakob BRONSKY rescapé des ghettos.
    Comment ça, rescapé ?
    Écoutez, si on commence à discuter sur chaque point, on ne va pas y arriver. Rescapé, ça veut dire que les yeux ont perdu leur éclat, vous comprenez ? L'éclat est parti, disparu, envolé. Pour aller où ? On n'en sait rien. On se doute bien que le ghetto y a eu sa part, mais on n'en parle pas. C'est le trou noir. La mort. "Juste après la guerre, j'ai rencontré une fille. Elle était jeune et belle. Je crois qu'elle avait pitié de moi. Nous avons couché ensemble. Mais il ne s'est rien passé. Rien du tout. Mon désir sexuel s'était éteint. J'étais en panne. Moi, Jakob Bronsky, j'étais fini."
    Un branleur. Lui, Jakob BRONSKY, est un branleur sans identité. Et le rêve américain, ce n'est pas fait pour les branleurs. Les femmes américaines non plus. Bouffer, baiser des putes, dormir, courir partout, il ne reste que ça quand on n'a plus de mémoire, c'est-à-dire quand on est mort. Vous êtes mort ? L'identité, la mémoire, la guérison, tout ce qui fait la vie, tout ce qui fait que, vous, Jakob BRONSKY, vous êtes vivant, c'est l'écriture. Quelqu'un d'autre a déjà dit ça. Lui, Jakob BRONSKY le répète, le gueule : "Mais quand j'ai fini le premier chapitre de mon livre sur le ghetto, j'étais guéri."
    Dialogue :
    "- Vous avez écrit, Monsieur Bronsky ?
    - Oui, Monsieur Grünspan.
    - Monsieur Selig m'a raconté que vous écriviez un roman.
    - Très juste, Monsieur Grünspan.
    - Il a parlé d'un trou. D'un trou dans votre mémoire.
    - C'est exact, Monsieur Grünspan.
    - Vous voulez combler ce trou. C'est bien ça ?
    - Oui. C'est bien ça.
    - C'est vous, le héros du livre ?
    - Ça se pourrait. Mais j'écris à la troisième personne, bien que le livre soit autobiographique.
    - Je comprends, dit Grünspan, A la troisième personne. Donc, le héros est un homme.
    - Évidemment. le héros est un homme.
    - Quel genre d'homme ?
    - Un homme solitaire.
    - Un branleur ?
    - Qu'est-ce que vous voulez dire ?
    - Un homme solitaire, c'est toujours un branleur, dit Grünspan.
    - Mais mon livre n'a rien à voir avec la branlette. C'est un livre grave.
    - Ça ne change rien, dit Grünspan, Si c'est un homme solitaire, c'est un branleur."
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    • Livres 3.00/5
    Par lotusmauve, le 23 décembre 2011

    lotusmauve
    Fuck America : avec un titre comme celui-ci, il est difficile de passer à côté du livre sans être interpellé. Ce titre sonne comme un cri. Rage, détresse, ras le bol, désespoir... Pourquoi cette interjection ? J'ai décidé que le meilleur moyen pour avoir la réponse était de lire ce roman!
    Alors, soyons clair, avec un titre qui utilise la pire injure en anglais, il ne faut pas être étonné de l'utilisation d'un vocabulaire familier dans l'ouvrage. le titre est à la hauteur du contenu. Mais l'auteur ne se contente pas de débiter des grossièretés de façon gratuite. Non, loin de là !
    Dans ce roman Jacob Bronsky, juif allemand vivant aux Etats-Unis raconte son histoire. Et tout commence par une lettre, celle que le père de Jacob a adressée au consulat Général des Etats-Unis en 1938 pour faire une demande d'immigration. Mais voilà, la demande d'immigration aboutie 13 ans plus tard, une fois la guerre terminée. Jacob Bronsky se retrouve donc parachuté dans un nouveau pays sans le sous. Il va se détacher de sa famille, vivre en marge de petits boulots en petits larcins et commencer à écrire son histoire.
    Dans ce roman, tout tourne autour de trois éléments : la volonté que Jacob Bronsky a d'écrire un livre en allemand, ses désirs et fantasmes sexuels et ses moyens pour survivre et répondre aux deux premiers besoins.
    Si la portée de l'œuvre est finalement grave : dénoncer l'aide insuffisante apportée aux juifs allemands lors de la seconde guerre mondiale, et décrire la vie dans les ghettos juifs, les moyens utilisés par l'auteur sont plutôt décalés. Dialogues absurdes, répétitions et phrases courtes ponctuent cet ouvrage.
    Bref, un livre à lire si on s'intéresse aux récits en lien avec la seconde guerre mondiale et si l'on ne craint pas le langage cru !
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 01 juillet 2011

    canel
    Juif allemand, Jakob Bronsky ne parvient à émigrer aux Etats-Unis qu'en 1953. Il vivote entre arnaques et petits boulots occasionnels, le strict minimum pour satisfaire son quotidien au service de l'écriture. Tout le récit tourne autour des combines de Jakob pour apaiser sa faim et sa libido : manger, écrire, b*te, tr*u, sont des leitmotivs... le "Fuck America" consiste à profiter de cette Amérique des années 1950 où l'intégration semble impossible à ce marginal. C'est cru, assez répétitif, mais l'autodérision du narrateur et quelques scènes amusantes (la discussion avec Shirley, notamment) viennent réveiller le récit et font passer de bons moments de lecture. L'émotion surgit quelques dizaines de pages avant la fin, lorsque Jakob évoque le sort des "six millions" de disparus et le sien en particulier dans l'Europe de la période nazie.
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    • Livres 4.00/5
    Par nomy, le 22 janvier 2011

    nomy
    Le titre donne une bonne idée du contenu tout en mentant sur l'objet du livre :
    les partisans des belles phrases sans insulte ou haine sont prévenus, il y a un flot d'injures et de grossièretés !
    Mais ce n'est pas un livre haineux envers les USA, non juste contre le consul américain qui a refusé un visa immédiat à la famille Bronsky ...
    Impossible de lâcher facilement ce récit qui raconte la vie, difficile, de Jacob Bronsky après la Seconde Guerre Mondiale.
    Le récit, à la première personne, plonge le lecteur dans sa vie, ses espoirs et ses obsessions.
    Les dialogues sont déjantés à souhait et Edgar Hilsenrath sait attiser la curiosité à chaque pages ...
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  • Par claracambry, le 26 avril 2010

    claracambry
    Avertissement : Amoureux du langage châtié s'abstenir de cette lecture.
    Je ne sais pas comment parler de ce livre. Dérangeant, iconoclaste, voilà les premiers mots qui me viennent à l'esprit.
    L'autobiographie occupe une place importante car Edgar Hilsenrath né en 1926 en Allemagne a connu les ghettos juifs avant de partir pour Israël puis pour New-York.
    Ce livre commence par un échange de courriers en guise de prologue. 1939 : Nathan Bronsky, juif polonais vivant en Allemagne demande pour sa famille un visa pour l'Amérique. La réponse du Consul Général des Etats Unis ne s'embarrasse pas de politesse ou de courtoisie : selon les quotas d'immigration, ils pourront venir en 1952 et en attendant qu'ils se démerdent !
    1952 : Jacob Bronsky, le fils de Nathan, est aux Etats Unis. A vingt-huit ans, il en fait déjà quarante comme fatigué de son passé. Il survit grâce des p'tits boulots minables dans un New-York sans strass et sans paillette. Ici, on est à l'opposé du rêve américain. Dans des quartiers malfamés, clochards et putains se côtoient. C'est là que Jacob traîne avec d'autres immigrés.. Il travaille quand il est vraiment fauché, il combine arnaques et mensonges pour manger à sa faim. Où est le héros gentil, vaillant et poli ? Pas dans ce livre. Obsédé par le sexe, Jacob aime les putes. Comme pour se souvenir ou se décharger du poids de l'Holocauste, il veut écrire un roman sur les ghettos juifs.
    La suite sur : http://fibromaman.blogspot.com/2010/04/edgar-hilsenrath-fuck-america.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/04/edgar-hilsenrath-fuck-america..
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Citations et extraits

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  • Par claracambry, le 26 avril 2010

    Avec le truc des toilettes, j’ai pu garder le tête hors de l’eau pendant une semaine.(…) Là, j’ai été à deux doigts de me faire prendre : quand, après le repas, je suis allé aux toilettes pour filer en douce, j’ai constaté que la fenêtre ne s’ouvrait pas. J’ai secoué comme un malade. En vain. J’ai commencé à taper sur le cadre à poings fermés, mais j’ai eu peur de faire trop de bruits. Bronsky, je me suis dit, essaie de voir aux toilettes pour dames. C’est ta dernière chance
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