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> Jörg Stickan (Traducteur)

ISBN : 2757818023
Éditeur : Points (2010)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 203 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Tout juste débarqué aux Etats-Unis, Jacob Bronsky erre dans le New York miteux des années 1950, parmi les clodos et les putes. L'Américan Way of Life ? Comprend pas. Le rêve américain ? Encore moins. Enchaînant les jobs minables, Jakob Bronsky n'a que deux obsessions : ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 12 mai 2013

    LiliGalipette
    Jakob Bronsky est un juif allemand, rescapé des ghettos, arrivé en Amérique au début des années 1950. Sans le sou, il vit de petits boulots et de combines plus ou moins légales. Au milieu des prostituées et des clochards des bas quartiers de New York, il ne pense qu'à écrire son roman sur son expérience de la guerre. « Quelque part dans mes souvenirs, il y a un trou. Un grand trou noir. Et c'est par l'écriture que j'essaie de le combler. » (p. 63) Outre sa plume, son sexe l'obsède et on le suit dans ses déambulations noctambules à la recherche d'une femme complaisante. « Mon besoin de sexe est directement lié à ma puissance créatrice, à la foi en mon génie artistique. » (p. 99)
    Le roman s'ouvre sur la correspondance entre Nathan Bronsky, le père de Jakob, et le consul général des États-Unis d'Amérique en 1938. En quelques lettres très protocolaires, mais particulièrement grossières, on fait comprendre au père de famille juif qu'il n'y aura de la place aux USA pour lui et les siens qu'en 1953 et que, après tout, on se moque bien de ses problèmes avec les nazis. Amérique, terre d'accueil ? Mon cul, oui ! « À l'époque où nous avions besoin de l'Amérique, les portes étaient fermées. Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'elle. » (p. 33) Pour Jakob, finalement accueilli légalement outre-Atlantique, le ressentiment est un mode de pensée. Il n'y a pas de rêve américain pour les juifs émigrés et l'Holocauste est loin de leur avoir ouvert toutes les portes et attiré toutes les sympathies. « J'ai compris qu'il ne suffit pas de survivre. Survivre ce n'est pas assez. » (p. 271) Encore et toujours, on attend des juifs qu'ils gagnent leur place au soleil, plus durement que les autres.
    Jakob est un sympathique baratineur et un charmant looser dont il est diablement agréable de suivre les errances malchanceuses dans la Grosse Pomme. Très solitaire, l'homme s'admoneste régulièrement et entretient des discussions imaginaires avec des personnalités réelles ou inventées. du fond de sa misère, il rêve à sa réussite en tant qu'homme de lettres et bête de sexe. Les dialogues sont percutants, du tac au tac, avec un aspect profondément théâtral. J'ai particulièrement apprécié l'originalité de la typographie, notamment l'emploi du haut de casse qui rythme le texte de phrases plus puissantes.
    Largement autobiographique, ce roman est cynique et porte un regard dérangeant et iconoclaste sur la question juive. Comme son titre le laisse supposer, Fuck America est un texte qui ne s'embarrasse pas de pudeur ou de politiquement correct. Foutraque, mais particulièrement bien foutu, le roman se grignote avec un plaisir glouton. N'oubliez pas de lâcher un rot sonore à la fin de votre lecture, vous ferez plaisir à l'auteur !
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 26 mars 2014

    Luniver
    En Allemagne en 1938, la famille Bronsky se sent menacée par les nazis, et demande un visa d'émigration d'urgence aux États-Unis. le consul refuse, arguant que le risque de mort ne remet pas en question les quota du pays, déjà largement atteints. Il leur promet tout de même une place pour 1953, avec la recommandation de bien préciser dans leur testament leur souhait de voir leurs cendres répandues au pays de l'Oncle Sam... le ton est donné !
    Contre toute attente, la famille survit, et décide de profiter de la place qui leur est réservée, plus par provocation que par réelle utilité. Les deux premiers mots d'anglais qu'ils prononcent sont significatifs : « Fuck America ! »
    La famille se sépare, et le fils, Jakob, vivote avec les autres laissés pour compte du rêve américain : des petits boulots, des combines foireuses et des escroqueries sans ambition lui permettent de gagner de quoi manger quelques jours. Jours dépensés à écrire son livre sur son expérience du ghetto, affectueusement titré« Le branleur », et à fréquenter les putes qui lui fournissent toute son inspiration.
    Sur un sujet où les autres écrivains mettent deux paires de gants avant de commencer la première ligne, Hilsenrath écrit à coups de massue. L'humour est noir, et sa vision de la société qui l'entoure très cynique. À noter aussi une utilisation de la typographie dans l'écriture : taille du texte qui varie, passages en gras, etc. Ce roman est aussi atypique dans sa construction que dans la manière d'aborder son sujet. À conseiller si vous avez envie d'être un peu bousculé.
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    • Livres 4.00/5
    Par basileusa, le 16 mars 2013

    basileusa

    Jacob Bronsky est un juif allemand qui arrive aux États-Unis en 1952 (trop tard pour les sauver du pire ) et qui entreprend d'écrire un livre sur ce qu'il a vécu . Jacob est un type un peu barré ,au langage cru ,aux envies bestiale, qui enchaine les boulots d'un soir .
    C'est un vrai régal ce livre ,autant pour les dialogues vraiment drôle que pour son personnage principal ,qui est vraiment un type à part . Au travers de son récit on découvre un peu l'Amérique des années 50 et bien sûr l'histoire des juifs en Allemagne nazie . On alterne les situations loufoques,drôle et les récits plus poignant.
    Un roman qui se lit d'une traite ,on en redemande !
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    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64, le 03 janvier 2012

    Beatrice64
    Attention, chaud devant ! Voici que déboule dans nos rayons un arrière-cousin d'Arturo Bandini (le double survolté de John Fante, si vous ne le connaissez pas venez sur le champ emprunter Demande à la poussière, qui trône en bonne place dans mon panthéon personnel), veuillez accueillir s'il vous plaît Jakob Bronsky, dans le rôle de l'immigré apprenti-écrivain et crève-la-faim, à New-York en 1952. Situations burlesques, ton cru, obsession du sexe et de le reconnaissance littéraire, tout y est. Mais Bronsky ne fait pas dans la dentelle : à la place de l'éloquence, de la fantaisie et de la chaleur d'un Bandini, on se coltine plutôt avec un verbe très cru et un humour très noir. C'est que si notre Bronsky est immigré, comme Bandini/Fante, l'endroit d'où il vient, lui, c'est pas l'Italie, c'est un ghetto ukrainien. Juifs persécutés pendant la guerre (pléonasme), les Bronsky/Hildenrath tentent d'émigrer vers les Etats-Unis (les lettres au consul (et leurs réponses par ledit consul) ouvrent le livre et donnent le ton, quelle rigolade, et quelle horreur). le souvenir de la Shoah est tout proche, mais Bronsky l'évoque sur le ton de la farce (“Ce matin-là, je n'arrivais pas à calmer ma bite. A la maison, j'ai pris une douche froide illico. Ça n'a servi à rien. J'ai pensé à Auschwitz. En vain.“), ce qui a choqué l'Allemagne de l'après-guerre et retardé la publication de ses livres. L'apprenti-écrivain, quand il n'est pas portier de Nuit ou serveur, ou en train de fantasmer sur une secrétaire de direction, travaille à la rédaction de ses souvenirs (dont on ne saura rien ou presque, sinon que lui ne fait pas partie des six millions, et qu'il essaie de survivre, parce que ce serait con quand même, alors que les nazis ont échoué), ses souvenirs, donc, un roman intitulé LE BRANLEUR et qui doit lui assurer une gloire mondiale.
    Bon, je me rends compte que je fais long et que j'en dis beaucoup. Tant pis. Lisez quand même Hildenrath, moi je vais acheter Le Nazi et le Barbier, qui a l'air d'y aller au bulldozer également, et raconte l'incroyable aventure d'un nazi usurpant l'identité d'un juif et finissant rabbin après la guerre.
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  • Par de, le 09 août 2012

    de
    Les toilettes pour hommes du Donald's Pub à Times Square comme université
    « Tu as fini de pisser. Tu es monté dans la baignoire et, sous le jet de la douche, tu as rincé les sueurs d'angoisse, les sueurs d'angoisse de ton réveil, les sueurs d'angoisse d'un cauchemar dont tu ne te souviens plus. »
    Se nourrir, survivre, trouver un logement, se marier et écrire le roman de son expérience du ghetto….
    Rêver d'être étendu sur le canapé d'une psychologue pour parler de ses problèmes, « les problèmes concrets d'un écrivain inconnu et crève-la-faim, mais surtout les problèmes d'un écrivain allemand d'origine juive dans un pays étranger, un pays que je ne comprends pas et qui ne me comprend pas », de lui et de son dédoublement, le mort et le survivant. Car Jakob Bronsky est vivant aux États-Unis et mort, comme six autres millions.
    Obsession du sexe, « Ce matin-là, je n'arrivais pas à calmer ma bite. A la maison, j'ai pris une douche froide illico. Ça n'a servi à rien. J'ai pensé à Auschwitz. En vain. » Obsession de la mort, « J'étais certain qu'ils allaient m'assassiner. Bronsky, je me suis dit. Là où les nazis ont échoué, ces mecs-là vont réussir ». Mais, pris au premier, au deuxième ou au troisième degré, le personnage ne semble qu'objectiver une image très dégradée des femmes…
    Une vision sarcastique et ricaneuse du monde par « le branleur ».
    Un livre fort.
    « Vous écrivez un livre ?
    J'écris un livre.
    Sur la vie dans le ghetto ?
    Sur la vie dans le ghetto ;
    Sur l'hécatombe ?
    Sur l'hécatombe.
    Sur le désespoir ?
    Sur le désespoir ;
    Écrivez-vous aussi sur l'espoir ?
    J'écris aussi sur l'espoir.
    Rien d'autre ?
    Rien d'autre… sauf la solitude que chacun de nous porte en lui. Moi compris… »
    Un livre grimaçant aussi pour ne pas oublier la civilisation mortifère européenne et la fermeture des frontières, le refus de visas aux Juifs/Juives d'Europe, l'Américan Way of Life pour les seuls Whasp (White Anglo-Saxon Protestant) « Fuck America », mais aussi, confère le titre de la note, « la bonne distance avec la langue allemande ».
    Un livre et un auteur « quelque part dans mes souvenirs, il y a comme un trou. Un grand trou noir. Et c'est par l'écriture que j'essaie de la combler ».
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Citations et extraits

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  • Par Liceal, le 09 février 2010

    Nathan Bronsky toucha sa femme pour lui montrer un clochard noir qui pissait derrière la Cadillac. Il demanda au riche parent:'C'est ça l'Amérique?'
    'Oui', dit le riche parent.'C'est ça l'Amérique.'

    'A vrai dire, j'avais plutôt envie de voir la Statue de la Liberté', dit Nathan Bronsky. 'Tout à l'heure, en nous apercevant, elle s'est cachée dans le brouillard.'
    'Elle s'est cachée?'
    'Elle s'est cachée.'
    ''Tu la verras bientôt', dit le riche parent.
    'C'est là qu'on va?'
    'Oui, c'est là qu'on va.'

    Lorsque Nathan Bronsky aperçut la Statue de la Liberté, pris de panique, un pet lui échappa, car il crut que c'était le Consul Général.
    'Qu'est-ce qu'il y a Nathan?', demanda sa femme.
    'C'est le Consul Général!', dit Nathan Bronsky.
    'Le Consul Général?'
    'Le Consul Général'.
    'Tu es certain?'
    'Absolument certain'.

    'Je voudrais toucher un mot au Consul Général', dit Nathan Bronsky.'Mais je ne parle pas anglais'.
    'Tu sais bien deux mots', dit sa femme.
    'Oui, très juste', dit Nathan Bronsky.'Je sais deux mots. Deux mots d'anglais'. dit sa femme.

    Nathan Bronsky regarda le Consul Général droit dans les yeux. En faisant cela, il pensa à l'an 1939 et à la lettre du Consul Général qui avait enterré toutes ses espérances. Il pensa également aux quelques centaines de milliers qui, comme lui, dans leur malheur, avait frappé à la porte de l'Amérique, le grand pays de la liberté qui ne voulait pas d'eux...à l'époque. Lui revint à l'esprit le mauvais prétexte du système de quotas.

    'Fuck America!'

    dit Nathan Bronsky au Consul Général. Et il le dit très haut.
    'Fuck America?', demanda le riche parent.
    'Fuck America!', dit Nathan Bronsky
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  • Par carbcarol29, le 28 mai 2013

    Je ne sais pas pourquoi, les jobs, ça ne marchait pas. Soit on me virait au bout de quelques heures, soit je gagnais si peu que le lendemain je n'y retournais même plus. Un jour, j'ai décidé d'avoir une franche explication avec Silberstein. Dès le matin, je me suis rendu à son agence à Warren Street. Bien que Mickey Silberstein m'ait vu entrer, il faisait évidemment celui qui n'avait rien remarqué. Même le matin, la pièce était bondée. Les clodos étaient comme toujours assis sur les longues banquettes, somnolents. Pourtant, il y avait quelque chose de changé. J'ai constaté qu'il n'y avait plus de bouteilles vides de whisky ou de gin sur le sol crasseux. Aucun des clodos ne semblait plus picoler aujourd'hui. Ils étaient assis là, pliés en deux, fumant, attendant. Puis, j'ai remarqué le grand panneau au-dessus du bureau de Mickey Silberstein : PAS DE JOB POUR LES POIVROTS !
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  • Par Luniver, le 12 mars 2014

    Je dis : « Vous pourriez manger un petit quelque chose. Peut-être un sandwich jambon-gruyère ? »
    « Je ne mange pas de jambon », dit Monsieur Selig.
    « Vous êtes pratiquant ? »
    « Non. Pas du tout. Mais je ne mange plus de jambon depuis que les nazis m'en ont fourré de force dans la bouche. »
    « Quand ça ? »
    « 1940. À Varsovie. En Pologne sous l'Occupation. »
    « Avant vous mangiez du jambon ? »
    « Bien sûr. Nous n'étions pas pratiquants. »
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  • Par Aurelilele, le 14 mai 2009

    Et pourtant, ce n'est pas tout à fait vrai, bien que je dise qu'il y a un grand trou dans ma mémoire, ou disons plutôt des vides. J'écris un livre, vous savez. Et en écrivant beaucoup de choses me reviennent.
    "vous écrivez un livre?"
    "J'écris un livre."
    "Sur la vie dans le ghetto?"
    "Sur la vie dans le ghetto."
    "Sur l'hécatombe?"
    "Sur l'hécatombe."
    "Sur le désespoir?"
    "Sur le désespoir."
    "Ecrivez-vous aussi sur l'espoir?"
    "J'écris aussi sur l'espoir."
    "Rien d'autre?"
    "Rien d'autre... sauf la solitude que chacun de nous porte en lui. Moi compris."
    "Vous écrivez sur tout ce que vous avez refoulé?"
    "J'écris sur tout ce que j'ai refoulé."
    "Vous avez besoin d'écrire ?"
    "J'ai besoin d'écrire."
    "Est-ce important?"
    "C'est très important."
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  • Par art-bsurde, le 19 décembre 2013

    Je m'imagine que je suis retourné en Allemagne,bien que je n'ai pas oublié.

    [...]

    Le secrétaire général de l'association Crime et Châtiment,qui avait une tête de nazi sans uniforme,pleura lorsqu'il me vit. 
    « Nous sommes heureux,Monsieur Bronsky,que vous soyez revenu parmi nous. »
    « J'en suis flatté. »
    « L’Amérique ne vous a pas plu ? »
    « Non. »
    « Voulez-vous rester ici ? »
    « Oui. »
    « Avez-vous oublié les six millions ? »
    « Non. »

    [..]

    « Puis,j'aime lire aussi »,dis-je, « Je pourrais aller en bibliothèque,mais je préférerais posséder les livres. »
    « Cela ne nous pose pas de problème non plus.Donnez-nous la liste des livres de votre choix et nous vous les enverrons."
    « J'ai besoin de femmes aussi »,dis-je, « Car en Amérique,c'était un gros problème. »
    « Des femmes,nous en avons plus qu'il n'en faut »,dit le secrétaire de l'association Crime et Châtiment, « Il s'agit de femmes d'anciens SS,mais nous avons aussi des femmes sans culpabilité personnelle mais qui croient à la culpabilité collective et souhaitent faire réparation au nom de nous tous. »
    « J'en suis sincèrement ravi. »
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