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ISBN : 2070130509
Éditeur : Verticales-Phase deux (2010)


Note moyenne : 3.37/5 (sur 303 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« À l'aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c'est un autre homme qui sort des bois, c'est un homme hors de lui, c'est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verr... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Fava, le 07 janvier 2011

    Fava
    J'ai un avis mitigé sur ce livre.
    D'un côté, j'ai été séduite par l'originalité du sujet. Raconter la construction d'un grand ouvrage d'art, montrer la complexité technique et humaine d'une telle entreprise, c'est un objectif inédit pour un roman, ambitieux, et traditionnellement peu féminin. Mais Maylis de Kérandal réussit son pari : elle arrive à nous en donner une vision qui ne manque ni de force, ni de justesse, ni d'intérêt, ni de poésie parfois. Cela vient de son écriture étrange, fascinante, audacieuse. Elle a une façon étonnante d'associer des mots qui ne vont pas ensemble (« une terre déserte baignée de nuit à engelures… »), d'alterner des phrases lapidaires (« Silence ») avec des phrases interminables entrecoupées d'un labyrinthe de parenthèses, d'oser des comparaisons inattendues (« laïc comme un cocotier »)… Bref, un style rocailleux et inimitable, qui sait rendre les mouvements de masse et la complexité titanesque de l'œuvre architecturale qui sort peu à peu de terre.
    J'aime assez, aussi, la découverte progressive des personnages et de leurs relations brutales et improbables, les imbrications multiples des difficultés rencontrées sur le chantier : les grèves, les accidents, les aléas climatiques…, et la force symbolique du pont.
    J'aime surtout beaucoup l'ironie latente qui filtre lorsque l'auteur s'amuse des préoccupations des écologistes, des ambitions du Boa, de l'état des avions d'Aéroflot, ou de la démesure des réalisations urbaines à Dubaï, par exemple. L'ironie transparaît dans les raccourcis et les ellipses : « Mineur car père et mère mineurs, mineur parce que rien d'autre… ». Elle perce dans les interventions inattendues de la narratrice (« Personne ne sait, sauf moi… »). Elle est perceptible aussi quand des expressions argotiques ou familières surgissent tout à coup au milieu d'une phrase au niveau de langue très soutenu (« Ils misaient sur l'ébriété pour avoir des idées de business puisque, putain, ils y étaient, dans la place ») : on passe sans crier gare, et de façon humoristique, du récit objectif aux pensées personnelles et au vocabulaire prosaïque d'un des personnages.
    Mais, d'un autre côté, une irritation sourde m'a accompagnée pendant toute ma lecture. Difficile de la résumer en peu de mots. Elle tient à plusieurs éléments sans doute :
    D'abord, c'est un livre difficile à lire (même pour les francophones, je rassure les non francophones !!) Il est agaçant de devoir relire 3 fois une phrase pour en saisir le sens ! La multiplication des phrases sans verbe, la suppression systématique des signes de ponctuation propres aux dialogues (ils ont été inventés pour faciliter la compréhension, non ?), tout ceci rend la lecture harassante. Pourquoi supprimer, aussi, les virgules et les pronoms personnels sujets ? N'est-ce pas créer volontairement de l'obscurité ? Que signifie, par exemple, une phrase comme : « La nuit sort dans les rues, marche ou se faufile… » ??? Pourquoi passer soudain du présent de narration au futur ou au passé simple ? Et je ne parle pas de mots tellement pédants qu'ils en deviennent risibles : les roses sont « immarcescibles », les femmes « callipyges », et Diderot est « dipsomane » ! le lecteur se sent pris en faute : je ne dois pas être assez cultivé… pas assez intelligent… !
    Et puis, à part quelques anecdotes qui accrochent (l'histoire de Soren par exemple), le roman manque d'intrigue, on éprouve par moment de la lassitude, de l'ennui, il faut s'accrocher pour ne pas poser le livre. Il est décevant, par exemple, à mon goût, que le principal protagoniste, le chef du chantier Georges Diderot (en voilà un nom ironique pour quelqu'un qui n'a rien d'un philosophe !) ne tienne finalement que peu de place dans le récit, son aventure avec Katherine paraissant finalement dérisoire, alors que l'auteure en avait fait un portrait très riche dans le 1er chapitre, et qu'on attendait donc davantage. De même, je trouve que les problématiques des Indiens ou des conflits sociaux ne sont qu'à peine effleurées, c'est dommage, alors que plusieurs chapitres s'égarent dans du « hors sujet »… J'imagine un Zola traitant le thème de ce livre, comment il aurait décrit l'épopée grandiose de la construction de ce pont, comment il en aurait souligné magistralement la symbolique, comment il nous aurait fait palpiter des drames individuels autant que sociaux…
    Mais soyons juste. Si je compare Maylis de Kérangal à Zola, c'est déjà bon signe ! Signe que nous sommes dans la cour des grands ! De ceux qui marquent leur époque !
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    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 05 mars 2012

    mariech
    Maylis de Kerangal imagine la construction d'un pont gigantesque dans une ville fictive des Etats - Unis , en 2007 . de tous les coins du monde arrivent des hommes et des femmes en quête de travail , ceux qui veulent participer à cette grande aventure , tous les métiers de la construction , cela va du chef de chantier , à la jeune ingénieur française qui sera responsable du béton au grutier jusqu'aux ouvriers du bâtiment mais aussi les cuisiniers , les prostituées , les dentistes ,les coiffeurs , les opérateurs mobiles ..... , enfin tous ceux qui gravitent autour de cet évènement exceptionnel .
    Nous rencontrons Diderot , Katherine , Diamentis , John Johnson dit le Boa, Shakira . L'auteur fait une critique du monde actuel où règne la mégalomanie , l'appât du gain , où la nidification des oiseaux est plus importante que le sort des minorités indiennes , où on est bien obligé de penser à l' 'écologie pour se faire bien voir , Coca jumelée avec Dubaï , devient Coca ville verte , productrice de Bio - Ethanol .
    Ce livre est un puzzle , toutes les pièces finissent par s'imbriquer l'une dans l'autre , mais un puzzle ardu .
    Une écriture déroutante , une lecture difficile mais qui a une certaine magie tout de même . , une auteur que je lirai encore .
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    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 23 février 2012

    MissG
    "C'est le premier jour du pont, le premier matin."
    Maylis de Kerangal propose au lecteur à travers son livre de vivre une aventure formidable : la construction d'un pont dans une ville fictive des Etats-Unis, du premier jour jusqu'à son inauguration.
    C'est aussi l'occasion de croiser tout un melting pot de personnages qui vont graviter autour de ce chantier, du plus simple ouvrier à l'ingénieur spécialiste du béton et au responsable des opérations tout en croisant les indiens plutôt hostiles à ce chantier.
    Plutôt que de laisser tous ces personnages venant de pays ou de cultures différentes noyés dans la masse, l'auteur a choisi de s'intéresser à certains personnages en particulier et à les faire apparaître et interagir dans son histoire à intervalles réguliers.
    Il y a ainsi une française, Summer Diamentis, ingénieur spécialiste en béton, qui se sent seule et est incomprise dans cet univers essentiellement masculin; Katherine Thoreau, une américaine qui tire le diable par la queue pour finir les fins de mois; Diderot qui coordonne tout le chantier et veille à faire respecter les délais; ou encore Sanche Cameron suivant le chantier du haut de sa grue.
    J'ai particulièrement aimé le choix de ces personnages et le travail de l'auteur sur eux, l'alternance ne m'a d'ailleurs absolument pas gênée car le livre est construit de façon intelligente.
    Il n'y a pas de chapitre à proprement parler, mais plus des parties qui coïncident avec l'état d'avancement du chantier.
    Le parallèle est intéressant à faire entre la construction du livre et la construction du pont.
    J'ai eu l'impression au fil de ma lecture que l'auteur avait pensé son livre comme un projet industriel, c'est en tout cas ce qui en ressort.
    De plus, je trouve qu'il y a un côté très réaliste à ce récit, avec les aléas de chantier, les retards, la pression du siège ou du maire de la ville, les revendications salariales, les accidents.
    C'est concret et bien ancré dans la réalité, et puis ce n'est pas un hasard si le maire de Coca se fait appeler le Boa, car ce pont va finir par engloutir Coca et Edgefront.
    J'ai d'ailleurs trouvé une critique quelque peu sous-jacente des Etats-Unis dans ce livre, déjà le nom de la ville est l'un des produits emblématiques de ce pays, et puis cette ville n'est pas sans rappeler San Franciso.
    L'auteur y montre quelques travers de ce pays qui n'est pas l'Eldorado comme il nous est si souvent présenté.
    Ce qui peut dérouter pendant les premières pages, c'est le style narratif de l'auteur qui emploie un vocabulaire très riche et fait souvent de très grandes phrases.
    Certains signes de ponctuation sont volontairement oubliés, sans doute pour renforcer la côté grandiose et foisonnant de ce chantier; tout comme certains dialogues ne sont pas écrits de façon traditionnelle, mais là aussi, c'est sans doute pour appuyer la déshumanisation d'un tel chantier où personne ne peut connaître tout le monde et où chacun s'attelle à sa tâche quotidienne.
    L'auteur dissèque l'histoire plus qu'elle ne la raconte, je n'ai pas l'habitude de ce style narratif mais j'ai été conquise.
    J'ai apprécié l'originalité du sujet, la précision avec laquelle l'auteur le traite, son style narratif, d'autant qu'il n'y a aucun temps mort même si parfois la lecture peut paraître lente.
    Si je n'avais qu'un reproche à lui faire, cela concernerait la fin que je trouve bâclée et qui ne termine pas vraiment une histoire qui avait pourtant si bien commencé.
    Le pont est achevé mais pas l'histoire de Maylis de Kerangal, c'est un peu dommage et cela vient quelque peu ternir ma bonne impression générale sur ce roman.
    Je remercie Babelio et les éditions Gallimard - Folio (maison d'édition d'origine : Verticales Phase Deux) pour ce livre reçu dans le cadre de l'opération Masse critique

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.com/2012/02/naissance-dun-pont-de-may..
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  • Par dovalecharles, le 22 juin 2013

    dovalecharles
    C'est au retour d'un voyage à Dubaï que John Johnson, fraichement élu maire de Coca, ville de Californie, entreprend de mener une politique de développement de l'urbanisme au sein de sa circonscription. Subjuguer par le chantier permanent qu'est la cité des émirats qu'il qualifie « d'espace ou la maîtrise se combine à l'audace » ce qui pour lui est « marque de puissance », il se lance dans un projet de restructuration infrastructurelle. Projet qui le conduit à faire bâtir un pont qu'il veut symbole de la nouvelle Coca. La naissance de ce pont va exiger l'intervention de professionnels du bâtiment et de bras en tout genre. Ces ouvriers venant d'un peu partout et ayant chacun leurs histoires personnelles vont se mêlés à la vie de Coca durant la longue période du chantier. Toute cette masse salariale va être dirigée par Diderot, célibataire endurci, dipsomane invétéré, et mordu du travail ayant pour principe « de toujours rendre un chantier dans les délais ». Pour résumer, le récit de « Naissance d’un pont » est celui de destins croisés participant, subissant, ou protestant à la construction d'un pont. de leurs passé, de celui de la ville et de leurs présents respectifs.A travers Naissance d’un pont Maylis de Kerangal aborde différents thèmes liées aux concepts de rapport, de cause et de conséquence le tout pouvant être rapporté au voyage. En racontant l'histoire de la construction d'un pont, elle ne se contente pas de nous abasourdir de donné techniques (biens qu'elle s'adonne à cette tâche avec brios), elle raconte également la vie des acteurs de cette construction. Leurs passés, celui de la ville (cause), leurs interactions (rapports), et de ceux qu'elles engendrent (conséquences). C'est donc bien de voyage dont il est perpétuellement question ici, voyages professionnel par le biais de personnages venus d'un peu partout pour travailler sur la construction d'un pont, partant et revenant chaque jours sur le chantier. de voyage temporelle, nous faisant au fil des chapitres faires de véritables bon dans le temps en narrant le passé de certains personnages, ou de la ville de Coca, de manière rythmée mais non chronologique. Ou bien encore de voyages à travers sois, quelle fait vivre à ses personnages en dépeignant les changements que la ville opère sur eux, un peu comme en réponse au changement qu'ils viennent effectuer sur le paysage de cette derniers.
    Bien que toute cette analyse soit seulement supposé, de manière implicite, par un narrateur qui est totalement détacher du récit, et n'y apporte aucun jugement direct, n'emploi jamais la première personne du singulier mais décris sans s'impliquer des actions et des situations. Quand elle vient saupoudrer un tant soit peu de philosophie ou de verves poétiques c'est toujours de manière courte, discrète, et aux travers des paroles ou pensées de l'un de ses personnages. Passages rare mais bien plaisant qui vienne alléger le rythme général du récit un peu lourd, à l'image du chantier ou de la ville où il se déroule. C'est en effet sans embellir, mais néanmoins sans non plus enlaidir la description de ses péripéties, que de Karengal nous offre le récit de la Naissance d’un pont. Ce qui donne à la lecture un coté terre à terre, directe et réelle. La description du décore constitue la majeur partie du récit, c'est un roman descriptif.
    A mon gout l'auteur a bien sue retranscrire l'ambiance remplie de contraste émanant de l'atmosphère d'un chantier de cette envergure, pouvant être à la fois froide et terne, ou bien chaude et électrique. Ainsi que les rapports humains si particuliers, s'y nouant paradoxalement entre distance profonde et rapprochement immenses, méfiance acerbe et éxcé de confiance. Elle nous fait voyager avec une bande de nomade sédentarisé pour l'accomplissement d'une œuvre, ce qui a dalleur été l'histoire de toute les populations de Coca. On voyage comme eux avec intérêt mais également avec un peu de peine parfois. En effet même si les phrases sont très joliment écrites et glisses avec superbe à l'orale, la complexité des mots qui les encombrent et en mêmes temps les embellisse, entrainent une certaine difficulté de lecture. le rythme parfois un peu lent en rebutera également plus d'un. Mais si l'on fait l'effort d'accompagner sa lecture par l'ouverture incessante d'un dictionnaire ce voyage au cœur de la vie de de Coca et de ses Hommes en vaut vraiment la chandelle.
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  • Par ManouParis, le 10 septembre 2014

    ManouParis
    Naissance : Moment où commence quelque chose (la naissance du jour). Fait pour quelque chose d'apparaitre, de commencer (la naissance d'une idée). Pont : Ouvrage par lequel une voie de circulation, un aqueduc, une conduite franchit un cours d'eau, un bras de mer, une dépression, une voie de circulation. Symbole d'une relation, d'un lien, d'une négociation possible entre deux personnes, deux groupes, etc. (couper les ponts) - in le Larousse.
    Rares sont les titres aussi explicites que celui-ci. Naissance d’un pont relate, dans une ville imaginaire de Californie baptisée Coca, la construction d'un pont suspendu entre les deux rives du fleuve. Ambition folle d'un maire en quête de grandeur, promesse de développement économique, manne financière pour les entreprises du bâtiment et fournisseur d'emploi, le pont rassemble... autant qu'il divise. Que deviendront les Indiens et leur espace "protégé" au delà du fleuve, jusqu'à présent inaccessible ? Les oiseaux, les espèces animales que le chantier pertubera fatalement ? Et tous ces hommes, ces femmes, qui vivront, se blesseront, mourront pour et autour du pont ? Maylis de Kerangal décortique avec finesse les enjeux sociaux, économiques, écologiques et humains de cette entreprise pharaonique. Son regard -et sa plume- aiguisé n'oublient rien. Elle expose les manoeuvres des patrons qui veillent à éviter toute solidarité entre ouvriers (limitant ainsi les risques de grèves) ; par exemple, en mélangeant les postes à temps plein et sécurisés, les intérimaires, les contrats renouvelables. Elle montre les tractations (appels d'offre, gain du "marché"), les contraintes de rentabilité (les délais drastiques à respecter pour finaliser l'ouvrage) ou les risques d'accident (des dommages collatéraux dont on ne se formalise pas tant que cela). On peut entrevoir par ailleurs la peur des habitants de Coca, qui redoutent une hausse de la délinquance due à la présence en ville d'une main d'oeuvre précaire, souvent étrangère...
    Il y a aussi toute une galerie de personnages, variés, dont Diderot, le chef de chantier solitaire. Ou Katherine Thoreau, une mère de famille poussée par la nécessité à se présenter sur le chantier, suite à l'accident de travail de son mari qui l'a laissé lourdement handicapé. Et d'autres ouvriers, comme Sanche, l'inquiétant Soren ou Summer Diamantis, la miss béton. Il y a autant de destins derrière chacun de ces noms, autant d'histoires personnelles que l'auteure esquisse, quitte à laisser le lecteur étourdi par la multitude de portraits.
    Complexe, Naissance d’un pont l'est et son écriture si particulière n'y échappe pas, bien au contraire. J'ai rarement lu roman (contemporain) plus écrit que celui-ci. La richesse du vocabulaire saute aux yeux dès les premières pages - j'ai pu relever des dizaines de mots qui m'étaient inconnus. Cette écriture foisonnante se traduit aussi par un excès de détails, un trop-plein de sujets abordés qui peuvent noyer le lecteur, dilluer son attention ; lui faire perdre le fil, en somme. Toujours sur la corde raide, Maylis de Kerangal réussit pourtant à forcer l'admiration, même quand elle prend le risque d'en faire trop. Quand elle aborde les conflits en Tchétchénie, ou insère un meutre sordide "à l'ours" (comprend qui a lu), je m'interroge ; est-ce bien utile au récit ? La question reste ouverte. Mais force est de constater que je n'ai pas regretté mon effort pour poursuivre ma lecture. Car ce roman reste un magistral travail d'écrivain. Une démonstration virtuose de ce que peut être l'exigence narrative. Jugez-en par vous-mêmes...
    http://manoulivres.canalblog.com/

    Lien : http://manoulivres.canalblog.com/
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Critiques presse (1)


  • LeSpectacleduMonde , le 14 juin 2011
    C’est la grande réussite de ce livre : maintenir dans toutes ces forces contradictoires un certain équilibre qui laisse à la vie, sous ses formes les plus diverses, la possibilité de s’épanouir, et offre au lecteur comblé de méditer sur le sens des entreprises humaines.
    Lire la critique sur le site : LeSpectacleduMonde

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Citations et extraits

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  • Par jack56, le 17 septembre 2014

    ...et que l'on reviendrait plus tard, et plus tard n'est toujours pas venu.

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  • Par jack56, le 17 septembre 2014

    C'est la fin de l'hiver et il fait un soleil froid.

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  • Par ChezLo, le 05 mars 2011

    La drague avance lentement dans le fil du fleuve, lourde et têtue, elle débarrasse, racle, aspire, décrasse le lit du fleuve de toute la merde qui s’y est déposée, qui s’y dépose, jour après jour; dérocte le chenal, saluée alors merveilleuse tâcheronne nécessaire bonniche, son énorme fraise à trois têtes – trois fois l’envergure et la puissance du bel outil de forage pétrolier en eau très profonde tout de même – fouraillant la roche pour conserver un passage aux coques des majestueux navires, cargos d’aventure, et pétroliers dernier cri. Les deux garçons marquent un recul devant les citernes où se déverse le fond du fleuve, vase noirâtre pâte sédimentaire remontée des profondeurs, alluvions sans âge, aucun scintillement là-dedans, rien, ils se mettent pourtant à y guetter la tranche d’une épave, un morceau de tôle, un débris humain, un os de crâne peut-être, (…) Ils s’excitent, rigolards, ne cherchent rien, n’espèrent rien, pas même la fortune, l’avenir n’a pas de forme pour ceux qui vivent au jour le jour, sans autre tension que celle de leur jeunesse, ils tendent les mains, paumes vastes et doigts habiles, toujours prompts à palper de quoi jour, de quoi se faire un peu de thune, toujours partant pour la première connerie.
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  • Par letilleul, le 17 novembre 2010

    C'est le premier jour du pont, le premier matin. L'aube polaroîde. Les noirs qui éclairent et les blancs qui foncent, la pigmentation progressive de tous les verts - fluo, émeuraude, pistache, vérinèse, amande, anis, absinthe, turquoise, hollywood chewing-gum, épinard et malachite, anglais, céladon -, bientôt fixé sur la rétine, et le fleuve est là, souple, les plis calmes, de longues herbes fluorescentes s'y étalent en surface, des taillis dérivent, des bidons, des bouteilles : l'eau est laiteuse et sale.
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  • Par Morgouille, le 03 janvier 2011

    On comprend que Summer, encouragée de la sorte, finisse par regarder les gamines de son âge comme des êtres mineurs. Elle s’empressa de fuir leur obsession de l’amour, leurs confidences interminables, leur lamento masochiste, la fragilité acidulée qu’elles endossaient si volontiers pour séduire. Se priva tout autant de leur peau, de leur rigolades, de leurs complicités nocturnes, de leur solidarité, se priva bêtement de leur douceur. Et décida pour elle-même, à treize ans, un jour où elle s’était laissé caresser au cinéma par un garçon qu’elle aimait mais qui se foutait d’elle, elle le savait – il lui pétrissait les seins sans vergogne, remontait la main entre ses cuisses, et lui raclait le palais d’une langue brutale –, décida que l’amour, d’accord, mais pas exagérément, pas à n’importe quel prix. Or décider ainsi quelque chose pour soi, le faire pour sa vie sans se goberger de balivernes comme quoi le cœur a ses raisons blablabla – l’amour autorisant toutes les conneries, que l’on y perde son temps, que l’on y laisse sa peau, que l’on se cogne pour se dévorer tout de suite après, que l’on hurle dans les cages d’escalier, que l’on se téléphone chaque heure de la nuit, que l’on roule bourré dans la campagne hostile, car c’est comme ça que ça se passe, pas autrement –, oui, statuer de la sorte, à froid les yeux en face des trous, chez une fille si jeune, avait de quoi surprendre.
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Remise du Prix Orange du Livre 2014 - la vidéo .
Mardi 27 mai 2014, Maison des Polytechniciens. Maylis de Kerangal reçoit le Prix Orange du Livre 2014 pour son livre "Réparer les vivants", éditions Verticales. le jury, présidé par Erik Orsenna, est composé de Karine Tuil, Véronique Olmi, Emilie Frèche, Thomas B. Reverdy, Pascal Thuot, Joel Hafkin et de 7 internautes sélectionés sur candidature.








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