J'ai fait la connaissance de Maylis de
Kerangal pas sa
Naissance d’un pont, qui ne m'avait pas séduite. Pour ne pas rester sur cette seule impression, j'ai lu sa
Corniche Kennedy, et le style si particulier qui m'avait laissée indifférente dans le premier livre a pris tout son sens dans celui-ci.
Peut-être la différence est-elle dans le rythme de l'histoire : la naissance du pont est une course folle, tandis que l'histoire de la Corniche est essentiellement statique. Il ne se passe rien pendant longtemps, juste l'expérience hédoniste d'une jeunesse pauvre mais dorée, malgré tout, de sel et de soleil.
Impossible d'échapper à la beauté des corps et du décor.
La fin m'a beaucoup plu, aussi : mes réflexes de lectrice me font attendre un terrible dénouement, la montée de la tension avant la chute finale, mais non, c'est beaucoup plus réaliste et ça m'a plu. Chaque personnage a ses côtés sympathiques et présente un petit quelque chose pas joli-joli, très réaliste ça aussi : Opéra pète les plombs, Eddy trahit et Mario dénonce, les garçons de la bande ne veulent pas de la fille du coin ... C'set touchant de vraisemblance.