> Martine Schruoffeneger (Traducteur)

ISBN : 2266022504
Éditeur : Pocket (1988)


Note moyenne : 4.46/5 (sur 733 notes) Ajouter à mes livres
Ce livre est sans conteste l'un des témoignages les plus bouleversants sur l'expérience indicible des camps d'extermination. Primo Levi y décrit la folie meurtrière du nazisme qui culmine dans la négation de l'appartenance des juifs à l'humanité. Le passage où l'auteur ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nanougo44, le 09 avril 2012

    nanougo44
    Monsieur Lévi,
    Voici la lettre que je vous aurais envoyé si vous étiez encore de ce monde.
    J'ai souvent, dans ma vie, rencontré des hommes de courage et face à des situations que je qualifierais d'insupportables et inhumaines, mais je dois dire que votre récit dépasse tout ce que j'ai pu entendre jusqu'à maintenant ou presque...
    Vous avez survécu à une situation que certains mots semblent trop faibles pour exprimer, mais comment avez-vous fait ?
    Comment avez-vous supportez d'être ôté de tout ce qui faisait de vous un homme ?
    On vous a déporté en 1944, sous prétexte que vous apparteniez à une communauté responsable de la déchéance du monde. On vous a enlevé votre famille, vos biens, vos vêtements, votre dignité et, même, jusqu'à votre nom pour ne plus garder de vous que votre capacité à travailler. Capacité primaire qui, tout compte fait, n'a pas servi à grand chose à part vous maintenir en vie et donner un sens à votre lutte contre le froid et la faim et votre utilité dans ce camp.
    Pour survivre. Survivre. Ce mot me laisse perplexe. Il y a le mot « vivre » et pour moi « survivre » ne voudrait-il pas dire « vivre au-dessus », « vivre plus », « vivre mieux »?
    Mais pour vous ce mot signifiait plutôt: « être au-dessus pour vivre »
    Je ne comprends pas et ne comprendrais jamais comment un homme a pu endoctriner, à une échelle nationale, autant de monde et les entrainer dans sa folie meurtrière engendrant haine et violence gratuite !
    Malgré l'horreur, on se rend compte, à travers votre récit, que l'Homme est prêt à tout pour lutter, en général. Marchandage, négociation avec l'ennemi pour une ration de pain supplémentaire, une place à l'infirmerie, à un travail moins pénible...
    Comment continuer lorsqu'on ne sait pas si notre journée, notre heure voire même notre minute en train de passée ne sera pas la dernière ?
    Lutter pour garder vos pieds au chaud et en bon état afin de continuer à travailler et donc d'essayer de rester en vie.
    Comment critiquez votre livre ? Comment pourrais-je me permettre de choisir un nombre d'étoiles pour classer votre histoire inclassable ?
    Par respect pour vous et tous ceux qui ont vécu cette horreur, je me demande, parfois, pourquoi l'on s'obstine à laisser en place ces lieux qui ont abrités ou exterminés des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants pendant toutes ces années de guerre ? Je trouve qu'il y a un côté voyeur à aller visiter les camps qui pour moi n'ont rien de musées et gardent en leur murs des souvenirs inimaginables et effroyables. Certaines personnes de ma famille ont visités Auschwitz et ont parlé de cette odeur de « mort » qui y subsiste. Mais peut-être est-ce nécessaire pour ne pas oublier ? Comment auriez-vous pu oublier ?
    Personnellement, je m'intéresse plus aux nombreux témoignages racontés par ceux qui sont revenus de l'Enfer des camps. Vous avez choisi de raconter le votre en 1947, pratiquement aussitôt et par besoin: « Le besoin de raconter aux « autres », de faire participer les « autres », avait acquis chez nous, avant comme après notre libération, la violence d'une impulsion immédiate, aussi impérieuse que les autres besoins élémentaires... »
    Pour montrer au monde que l'homme, qui est capable de grandes choses, est aussi capable de parquer les siens comme des bêtes d'élevage, de les maltraiter, les priver de nourriture et d'eau, de les rendre invisible aux yeux du reste de l'humanité et de trouver ça normal.
    Je connaissais votre nom et votre histoire et j'ai voulu en savoir plus. J'ai donc apprit qu'après Auschwitz vous avez vécu, aimé, êtes devenu un homme influent et avez continué à vous battre pour ne pas laisser les souvenirs des camps s'éteindre. Ils ne se sont jamais éteints et vous ont malheureusement hanté tout au long de votre vie.
    Merci pour votre témoignage vif, poignant et fort. Et c'est à nous, maintenant, de faire en sorte que personne n'oublie pour éviter que cela ne se reproduise, même si ces horreurs subsistent encore dans certains pays.
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 22 janvier 2012

    carre
    Ce récit devrait être lu, au moins une fois dans sa vie, pour ne jamais oublier ce que fut la barbarie nazie et l'abject négation du Judaisme. Primo Levi livre un témoignage essentiel, ou chaque page vous étreint avec une puissance dévastatrice, il mettra fin à ces jours bien des années plus tard rattrapés par les fantômes de l'épouvante. Dans nos périodes ou le nationalisme revient dans les consciences, le livre de Levi s'impose comme une piqure de rappel.
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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 14 avril 2012

    nastasiabuergo
    Il n'est pas nécessaire de dévorer des montagnes de livres pour comprendre l'atrocité, l'inhumanité, la cruauté viscérale d'une guerre. Un seul. Nul besoin d'entasser des définitions et d'émettre des cris pour comprendre ce qu'est un génocide organisé. Un seul. Inutile de collecter des milliers de témoignages pour se faire une idée du traumatisme vécu par ceux qui ont échappé in extremis au carnage des camps de la mort. Un seul. Pas la peine de faire de multiples schémas détaillés pour expliquer le processus de déshumanisation savamment médité pour anéantir toute trace de culture et faire de vous des bêtes aux abois. Un seul, oui, un seul ! Un seul livre... si c'est un livre ; un seul cri... si c'est un cri ; un seul témoignage... si c'est témoignage ; un seul document... si c'est un documentaire. Un seul et vous serez vacciné à jamais.
    Ce livre est d'une puissance évocatrice et didactique incalculable, une véritable bombe qui nous explose au visage. Un vibrant plaidoyer, à ma connaissance inégalé et probablement inégalable, qui devrait figurer, plus encore que les lieux mêmes d'Auschwitz, sur la liste du patrimoine mondial à préserver coûte que coûte. Avec ce livre on prend conscience plus qu'avec tout autre de la fonction de "mémoire" d'un écrit. Pour nos enfants, pour nos petits-enfants et pour les petits-enfants de leurs arrière-petits-enfants et bien davantage encore, pour ne jamais oublier, pour ne jamais recommencer. Jamais - JAMAIS !
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    • Livres 5.00/5
    Par Marcelline, le 29 janvier 2012

    Marcelline
    Cela fait longtemps que je voulais lire ce livre... très longtemps! J'attendais le bon moment... Maintenant que c'est fait, je sais que, malheureusement, il n'y a jamais de "bon moment" pour découvrir un tel récit mais qu'il fallait absolument que je me force à découvrir ce témoignage bouleversant d'un rescapé du camp d'Auschwitz.
    Arrêté en décembre 1943, l'auteur italien, Primo Levi, écrit son livre dès 1947 et, ce qui peut paraître incroyable à notre regard contemporain, est refusé par plusieurs éditeurs avant de pouvoir être publié.
    Par des chapitres courts, un langage sobre et dépassionné, sans haine, l'auteur nous décrit ce qu'il a vécu, ce qu'il a vu, ce qu'il a ressenti pendant sa période de captivité au camp d'Auschwitz.
    Pas un instant, je n'ai hésité à vouloir terminer ce texte qui m'a donné la nausée, m'a fait ressentir physiquement un mal-être comme aucun récit précédemment, mais j'ai dû fractionner ma lecture, j'ai décompté les pages en ayant hâte que ce soit terminé: j'aurais voulu l'avoir lu sans être obligée de passer par le moment présent de la lecture, très difficile... et j'ai un peu honte de dire cela alors que, de ma vie confortable et douillette, je parle de l'horreur qu'a réellement vécue cet homme!
    L'appendice, qui suit le récit à proprement parler et dans lequel l'auteur répond aux questions qui lui sont habituellement posées (et qui m'ont également taraudée lors de ma lecture), est extrêmement intéressant et complète très bien le récit.
    A lire et à faire lire, pour prendre conscience de ce que les choix et les aveuglements de chacun, dans une communauté, peuvent aboutir à des conséquences inimaginables et incompréhensibles...
    Pour comprendre que les débats et la réflexion valent mieux que l'attachement à un chef charismatique!
    Un sujet toujours actuel et universel!
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    • Livres 5.00/5
    Par meyeleb, le 12 août 2011

    meyeleb
    Comment parler d'un témoignage qui vous a secoué comme un raz de marée ?
    Cela vous arrive-t-il de relire une page pour sa beauté ? Une page de Si c'est un homme, vous la relisez en vous disant : ça ne peut pas être vrai, mais si, c'est vrai, comment est-ce possible! Je ne parle pas de beauté, mais de Vérité.
    Je veux le lire et le relire, devenir un passeur de temps, transmettre cette vérité. Pleurer, parfois. En silence et seule. de honte pour ce que les hommes sont capables de faire quand ils ne sont plus hommes. D'admiration pour ce qu'un homme est capable d'endurer quand il s'accroche à sa seule volonté de survivre.
    Le faire lire aux ados, qui ne savent souvent pas. Qui disent : c'était une idée abstraite, pour nous, les camps. On y croyait comme une leçon d'histoire apprise, comme ça. Cet ouvrage les remue, on en parle, ils ont pleuré parfois eux aussi.
    ...
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Citations et extraits

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  • Par Ninochka, le 26 mai 2012

    La mémoire est une bien curieuse mécanique : durant tout mon séjour au camp, ces deux vers qu’un de mes amis a écrits il y a bien longtemps me sont régulièrement revenus à l’esprit :

    ‘‘… infin che un giorno
    senso non avrà più dire : domani.’’
    (… jusqu’à ce qu’un jour
    dire ‘‘demain’’ n’ait plus de sens)

    Ici, c’est exactement comme ça. Savez-vous comment on dit ‘‘jamais’’ dans le langage du camp ? ‘‘Morgen früh’’, demain matin.
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  • Par MlleOceane, le 23 mai 2012

    On a parfois l'impression qu'il émane de l'histoire et de la vie une loi féroce que l'on pourrait énnoncer ainsi : il sera donné à celui qui possède, il sera pris à celui qui n'a rien.
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  • Par ninie-27, le 08 mars 2009

    Vous qui vivez en toute quiétude
    Bien au chaud dans vos maisons,
    Vous qui trouvez le soir en rentrant
    La table mise et des visages amis,
    Considérez si c'est un homme
    Que celui qui peine dans la boue,
    Qui ne connaît pas de repos,
    Qui se bat pour un quignon de pain,
    Qui meurt pour un oui ou pour un non.
    Considérez si c'est une femme
    Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
    Et jusqu'à la force de se souvenir,
    Les yeux vides et le sein froid
    Comme une grenouille en hiver.
    N'oubliez pas que cela fut,
    Non, ne l'oubliez pas :
    Gravez ces mots dans votre cœur,
    Pensez-y chez vous, dans la rue,
    En vous couchant, en vous levant ;
    Répétez-les à vos enfants,
    Ou que votre maison s'écroule,
    Que la maladie vous accable,
    Que vos enfants se détournent de vous.
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  • Par Sidou-69, le 20 janvier 2011

    J'ai donc touché le fond. On apprend vite en cas de besoin à effacer d'un coup d'éponge passé et futur. Au bout de quinze jours de Lager, je connais déjà la faim réglementaire, cette faim chronique que les hommes libres ne connaissent pas, qui fait rêver la nuit et s'installe dans toutes les parties de notre corps ; j'ai déjà appris à me prémunir contre le vol, et si je tombe sur une cuillère, une ficelle, un bouton que je puisse m'approprier sans être puni, je l'empoche et le considère à moi de plein droit. Déjà sont apparues sur mes pieds les plaies infectieuses qui ne guériront pas. Je pousse des wagons, je manie la pelle, je fond sous la pluie et je tremble dans le vent. Déjà mon corps n'est plus mon corps. J'ai le ventre enflé, les membres desséchés, le visage bouffi le matin et creusé le soir ; chez certains, la peau est devenue jaune, chez d'autres, grise ; quand nous restons trois ou quatre jours sans nous voir, nous avons du mal a nous reconnaître.
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  • Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    J’ai eu la chance de n’être déporté à Auschwitz qu’en 1944, alors que le gouvernement allemand, en raison de la pénurie croissante de main-d’ oeuvre, avait déjà décidé d’allonger la moyenne de vie des prisonniers à éliminer, améliorant sensiblement leurs conditions de vie et suspendant provisoirement les exécutions arbitraires individuelles.

    Aussi, en fait de détails atroces, mon livre n’ajoutera-t-il rien à ce que les lecteurs du monde entier savent déjà sur l’inquiétante question des camps d’extermination. Je ne l’ai pas écrit dans le but d’avancer de nouveaux chefs d’accusation, mais plutôt pour fournir des documents à une étude dépassionnée de certains aspects de l’âme humaine. Beaucoup d’entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente, que «l’étranger», c’est «l’ennemi». Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente; elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit, lorsque le dogme informulé est promu au rang de prémisse majeure d’un syllogisme, alors, au bout de la chaîne logique, il y a le Lager; c’est-à-dire le produit d’une conception du monde poussée à ses plus extrêmes conséquences avec une cohérence rigoureuse; tant que la conception a cours, les conséquences nous menacent. Puisse l’histoire des camps d’extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme.

    Je suis conscient des défauts de structure de ce livre, et j’en demande pardon au lecteur. En fait, celui-ci était déjà écrit, sinon en acte, du moins en intention et en pensée dès l’époque du Lager. Le besoin de raconter aux «autres», de faire participer les «autres», avait acquis chez nous, avant comme après notre libération, la violence d’une impulsion immédiate, aussi impérieuse que les autres besoins élémentaires; c’est pour répondre à un tel besoin que j’ai écrit mon livre; c’est avant tout en vue d’une libération intérieure. De là son caractère fragmentaire: les chapitres en ont été rédigés non pas selon un déroulement logique, mais par ordre d’urgence. Le travail de liaison, de fusion, selon un plan déterminé, n’est intervenu qu’après. Il me semble inutile d’ajouter qu’aucun des faits n’y est inventé. »
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Un siècle d'écrivains, une collection dirigée par Bernard Rapp, France 3, 1997. Un film de William Karel : "Primo Levi, écrivain italien". 1/8











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