> Martine Schruoffeneger (Traducteur)

ISBN : 2266022504
Éditeur : Pocket (1988)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 607 notes) Ajouter à mes livres
Ce livre est sans conteste l'un des témoignages les plus bouleversants sur l'expérience indicible des camps d'extermination. Primo Levi y décrit la folie meurtrière du nazisme qui culmine dans la négation de l'appartenance des juifs à l'hum... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Marcelline, le 29 janvier 2012

    Marcelline
    Cela fait longtemps que je voulais lire ce livre... très longtemps! J'attendais le bon moment... Maintenant que c'est fait, je sais que, malheureusement, il n'y a jamais de "bon moment" pour découvrir un tel récit mais qu'il fallait absolument que je me force à découvrir ce témoignage bouleversant d'un rescapé du camp d'Auschwitz.
    Arrêté en décembre 1943, l'auteur italien, Primo Levi, écrit son livre dès 1947 et, ce qui peut paraître incroyable à notre regard contemporain, est refusé par plusieurs éditeurs avant de pouvoir être publié.
    Par des chapitres courts, un langage sobre et dépassionné, sans haine, l'auteur nous décrit ce qu'il a vécu, ce qu'il a vu, ce qu'il a ressenti pendant sa période de captivité au camp d'Auschwitz.
    Pas un instant, je n'ai hésité à vouloir terminer ce texte qui m'a donné la nausée, m'a fait ressentir physiquement un mal-être comme aucun récit précédemment, mais j'ai dû fractionner ma lecture, j'ai décompté les pages en ayant hâte que ce soit terminé: j'aurais voulu l'avoir lu sans être obligée de passer par le moment présent de la lecture, très difficile... et j'ai un peu honte de dire cela alors que, de ma vie confortable et douillette, je parle de l'horreur qu'a réellement vécue cet homme!
    L'appendice, qui suit le récit à proprement parler et dans lequel l'auteur répond aux questions qui lui sont habituellement posées (et qui m'ont également taraudée lors de ma lecture), est extrêmement intéressant et complète très bien le récit.
    A lire et à faire lire, pour prendre conscience de ce que les choix et les aveuglements de chacun, dans une communauté, peuvent aboutir à des conséquences inimaginables et incompréhensibles...
    Pour comprendre que les débats et la réflexion valent mieux que l'attachement à un chef charismatique!
    Un sujet toujours actuel et universel!
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 22 janvier 2012

    carre
    Ce récit devrait être lu, au moins une fois dans sa vie, pour ne jamais oublier ce que fut la barbarie nazie et l'abject négation du Judaisme. Primo Levi livre un témoignage essentiel, ou chaque page vous étreint avec une puissance dévastatrice, il mettra fin à ces jours bien des années plus tard rattrapés par les fantômes de l'épouvante. Dans nos périodes ou le nationalisme revient dans les consciences, le livre de Levi s'impose comme une piqure de rappel.
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    Critique de qualité ? (27 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par meyeleb, le 12 août 2011

    meyeleb
    Comment parler d'un témoignage qui vous a secoué comme un raz de marée ?
    Cela vous arrive-t-il de relire une page pour sa beauté ? Une page de Si c'est un homme, vous la relisez en vous disant : ça ne peut pas être vrai, mais si, c'est vrai, comment est-ce possible! Je ne parle pas de beauté, mais de Vérité.
    Je veux le lire et le relire, devenir un passeur de temps, transmettre cette vérité. Pleurer, parfois. En silence et seule. de honte pour ce que les hommes sont capables de faire quand ils ne sont plus hommes. D'admiration pour ce qu'un homme est capable d'endurer quand il s'accroche à sa seule volonté de survivre.
    Le faire lire aux ados, qui ne savent souvent pas. Qui disent : c'était une idée abstraite, pour nous, les camps. On y croyait comme une leçon d'histoire apprise, comme ça. Cet ouvrage les remue, on en parle, ils ont pleuré parfois eux aussi.
    ...
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 14 novembre 2008

    chartel
    Il y avait bien longtemps que je souhaitais lire "Si c'est un homme" de Primo Levi, roman autobiographique sur l'expérience concentrationnaire dans le camp (plutôt le lager comme il dit) d'Auschwitz. Je comprends que cette œuvre ait marqué les esprits, car elle a permis et elle permet encore (c'est l'une des grandes forces de l'écriture sur support papier) de témoigner des atrocités subies par des millions de femmes et d'hommes de tous âges sans véritable raison. C'est un remarquable document historique offrant un éclairage salvateur sur cet effrayant système concentrationnaire allemand. Primo Levi a le don de rendre sensible la progressive descente aux Enfers d'hommes devenant en bout de chaîne de simples parasites, des bêtes immondes et répugnantes qu'il paraît, au bout du compte, logique d'exterminer. Ces métamorphosés sont confrontés à une sorte de sélection naturelle à la Darwin, où le plus volontaire, le plus malin et le plus chanceux (ce dernier facteur étant apparemment capital) passera entre les fourches caudines de la barbarie allemande. Et le plus terrible est l'abattement total de nombreux prisonniers, conscients de leur nouveau statut, conscients de ce que le sort leur réserve, mais qui ne peuvent plus réagir, car il est trop tard, ils sont trop isolés, coupés du monde et oubliés du plus grand nombre.
    Autre fait marquant, les principales causes des souffrances. Ce ne sont pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les coups et les mauvais traitements infligés aux détenus par des kapos brutaux et sadiques, mais la faim et le froid. Se faire taper par un abruti ne dure guère longtemps, on encaisse et ça passe, mais vivre par vingt degrés en dessous de zéro, avoir les doigts de pied gelés et ne plus tenir sur ses jambes à cause d'une faim tenace qui vous ronge le corps est plus qu'insupportable. Primo Levi fait partie des miraculés ayant survécu à cette horreur, peut-être parce qu'au fond de lui il voulait crier au monde ce qu'il avait vécu.
    Enfin, il est bon de rappeler que cette œuvre, la première de Primo Levi, écrite après la guerre, n'est pas irréprochable littérairement parlant. Contrairement à "Être sans destin" d'Imre Kertész, qui traite également d'une expérience à Auschwitz, où témoignage et littérature se complètent magnifiquement bien, l'intérêt de "Si c'est un homme" réside avant tout dans le témoignage.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 25 avril 2011

    cicou45
    Magnifique récit autobiographique de Primo Levi qui, en 1943, a été arrêté et déporté dans le camp d'extermination d'Auschwitz. Il raconte la quotidienneté au camp car, une fois avoir échappé à la mort, il est déporté au camp d'Auschwitz III qui est en réalité un camp de travail. Primo Levi raconte les désolations du camp, les amitiés qui se lient, la façons dont les kapos sont sélectionnées (prisonniers choisis en fonction de leur violence afin de faire régner l'ordre), la hiérarchie au sein du camp...Récit poignant dans lequel Primo Levi nous narre également le froid et la faim qu'il faut être capable d'endurer chaque jour si on veut avoir une chance de survivre.
    Heureusement pour lui (enfin, le mot heureusement est peut-être un peu sarcastique ici), l'auteur et le narrateur qui ne forment qu'une seule et même personne, va avoir la chance (?) d'avoir une place un peu plus protégée grâce à ses nombreuses connaissances en chimie.
    Primo Levi réchappera des camps de la mort lors de leur évacuation par les nazis à la fin de la guerre car il était malade de la scarlatine (peut-on encore une fois parler de chance ? ) à ce moment là.
    Récit dont la lecture ne laisse pas indemne car on se rend compte de ce que les hommes, mêmes les plus sains d'esprit, une fois enrôlés et transformés par la terrible machine nazie qui a sévi au cours de la Seconde Guerre mondiale, sont capables de faire. À découvrir !
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Citations et extraits

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  • Par ninie-27, le 08 mars 2009

    Vous qui vivez en toute quiétude
    Bien au chaud dans vos maisons,
    Vous qui trouvez le soir en rentrant
    La table mise et des visages amis,
    Considérez si c'est un homme
    Que celui qui peine dans la boue,
    Qui ne connaît pas de repos,
    Qui se bat pour un quignon de pain,
    Qui meurt pour un oui ou pour un non.
    Considérez si c'est une femme
    Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
    Et jusqu'à la force de se souvenir,
    Les yeux vides et le sein froid
    Comme une grenouille en hiver.
    N'oubliez pas que cela fut,
    Non, ne l'oubliez pas :
    Gravez ces mots dans votre cœur,
    Pensez-y chez vous, dans la rue,
    En vous couchant, en vous levant ;
    Répétez-les à vos enfants,
    Ou que votre maison s'écroule,
    Que la maladie vous accable,
    Que vos enfants se détournent de vous.
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  • Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    J’ai eu la chance de n’être déporté à Auschwitz qu’en 1944, alors que le gouvernement allemand, en raison de la pénurie croissante de main-d’ oeuvre, avait déjà décidé d’allonger la moyenne de vie des prisonniers à éliminer, améliorant sensiblement leurs conditions de vie et suspendant provisoirement les exécutions arbitraires individuelles.

    Aussi, en fait de détails atroces, mon livre n’ajoutera-t-il rien à ce que les lecteurs du monde entier savent déjà sur l’inquiétante question des camps d’extermination. Je ne l’ai pas écrit dans le but d’avancer de nouveaux chefs d’accusation, mais plutôt pour fournir des documents à une étude dépassionnée de certains aspects de l’âme humaine. Beaucoup d’entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente, que «l’étranger», c’est «l’ennemi». Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente; elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit, lorsque le dogme informulé est promu au rang de prémisse majeure d’un syllogisme, alors, au bout de la chaîne logique, il y a le Lager; c’est-à-dire le produit d’une conception du monde poussée à ses plus extrêmes conséquences avec une cohérence rigoureuse; tant que la conception a cours, les conséquences nous menacent. Puisse l’histoire des camps d’extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme.

    Je suis conscient des défauts de structure de ce livre, et j’en demande pardon au lecteur. En fait, celui-ci était déjà écrit, sinon en acte, du moins en intention et en pensée dès l’époque du Lager. Le besoin de raconter aux «autres», de faire participer les «autres», avait acquis chez nous, avant comme après notre libération, la violence d’une impulsion immédiate, aussi impérieuse que les autres besoins élémentaires; c’est pour répondre à un tel besoin que j’ai écrit mon livre; c’est avant tout en vue d’une libération intérieure. De là son caractère fragmentaire: les chapitres en ont été rédigés non pas selon un déroulement logique, mais par ordre d’urgence. Le travail de liaison, de fusion, selon un plan déterminé, n’est intervenu qu’après. Il me semble inutile d’ajouter qu’aucun des faits n’y est inventé. »
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  • Par Sidou-69, le 20 janvier 2011

    J'ai donc touché le fond. On apprend vite en cas de besoin à effacer d'un coup d'éponge passé et futur. Au bout de quinze jours de Lager, je connais déjà la faim réglementaire, cette faim chronique que les hommes libres ne connaissent pas, qui fait rêver la nuit et s'installe dans toutes les parties de notre corps ; j'ai déjà appris à me prémunir contre le vol, et si je tombe sur une cuillère, une ficelle, un bouton que je puisse m'approprier sans être puni, je l'empoche et le considère à moi de plein droit. Déjà sont apparues sur mes pieds les plaies infectieuses qui ne guériront pas. Je pousse des wagons, je manie la pelle, je fond sous la pluie et je tremble dans le vent. Déjà mon corps n'est plus mon corps. J'ai le ventre enflé, les membres desséchés, le visage bouffi le matin et creusé le soir ; chez certains, la peau est devenue jaune, chez d'autres, grise ; quand nous restons trois ou quatre jours sans nous voir, nous avons du mal a nous reconnaître.
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  • Par gaillard1, le 19 septembre 2010

    Celui qui tue est un homme, celui qui commet ou subit une injustice est un homme. Mais celui qui se laisse aller au point de partager son lit avec un cadavre, celui-là n'est pas un homme. Celui qui a attendu que son voisin finisse de mourir pour lui prendre un quart de pain, est, même s'il n'est pas fautif, plus éloigné du modèle de l'homme pensant que le plus fruste des Pygmées et le plus abominable des sadiques.
    p.185
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  • Par Nanne, le 09 juin 2009

    Plus rien ne nous appartient : ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures, et même nos cheveux ; si nous parlons, ils ne nous écouteront pas, et même s'ils nous écoutaient, il ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste.
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Vidéo de Primo Levi

Un siècle d'écrivains, une collection dirigée par Bernard Rapp, France 3, 1997. Un film de William Karel : "Primo Levi, écrivain italien". 1/8











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