En 1923, alors qu'il enquêtait sur le bagne de Guyane, Albert Londres avait fait la connaissance d'Eugène Dieudonné, jeune ébéniste condamné comme complice de la bande à Bonnot. Clamant son innocence, le prisonnier des î... > voir plus
Une aventure extraordinaire. Tout pour appeler l'attention : Dieudonné, la bande à Bonnot, Cayenne et une évasion-aventure tragique avec des surprises. Et le style de Londres, cette façon de nous faire admettre, toujours, que tous les personnages qu'il rencontre et interviewe, parlent le Londres.
Un plaisir,.
Pas vraiment une dénonciation là, mais un début de réflexion sur le bagne (à vrai dire assez peu, puisque l'important de ce texte est l'évasion), sur la justice et la formation d'une erreur judiciaire (du genre que l'on peut se flatter d'éviter à l'avenir.
Ah ! c’était curieux à voir, l’embarquement de Dieudonné pour Rio de Janeiro, c’est moi qui vous le dis ! Ce fut un événement. Le préfet de police me demande de ne pas m’évader pendant le voyage.
M.Poincaré ne gracia pas Dieudonné parce qu’il lui accordait des circonstances atténuantes. Il le gracia parce qu’il ne trouvait pas dans le procès la preuve de sa culpabilité. Mais que veut dire, en l’état de nos lois, ce mot de grâce ? Il veut dire que l’homme ainsi gracié ira au bagne pour toujours.
Vous pourrez l’écrire comme vous voudrez, le doute demeurera toujours dans les esprits. Les quarante-trois ans de ma vie honnête et souffrante n’effaceront pas la honte de la fausse condamnation. Les regards timides me fuiront toujours, les portes se fermeront.
Vous pensez, il y a des hommes comme Deverrer qui ont vendu la moitié de leur pain pendant deux ans pour rassembler la somme. C’est une affaire pour eux de les « lâcher ». C’est leur vie, ces cinq cents francs.
Nous sommes seuls au rendez-vous, le soir. Menœil, Deverrer, Brinot se sont fait reprendre par des chasseurs d’hommes, en longeant Remire, à quinze kilomètres de Cayenne...