Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2330012632
Éditeur : Actes Sud (2012)


Note moyenne : 4.44/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sa femme a été assassinée et violée. Waach se lance sur les traces du meurtrier, un Indien mohawk qui profane les plaies ouvertes dans le ventre de ses victimes, ainsi que fait le mâle de la termite, perforant l’abdomen des femelles pour les ensemencer. De cette poursui... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (17)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par zazy, le 31 août 2012

    zazy
    Comment parler d'un tel monument. J'ai pris un coup de poing dans l'âme à le lire.
    De retour à la maison, Wahhch retrouve sa femme morte, poignardée, la dépouille profanée d'une ignoble façon et c'est un doux euphémisme. Fou de douleur, Wahhch part à la recherche de son meurtrier, non pour le tuer mais pour le voir et être certain qu'il n'était pas, lui-même, le monstre. « Cet homme-là, si cela avait pu dépendre de sa volonté, aurait préféré confier sa raison à la démence au lieu d'être mesuré dans sa douleur comme il l'était » raconte le grand corbeau
    Les Animaux seront les grands témoins de cette fuite en avant et, tout à tour, se relaieront pour raconter l'histoire. Cette figure de style, ces voix hors champ servent de soupape de décompression tant, à certains moments, le livre côtoie l'insoutenable.
    Dans les premier et second actes, le titre des chapitres, en latin, est celui de l'Animal témoin. Nous croiserons toute une gente ailée, des insectes, des Animaux domestiques, sauvages, nocturnes…. Au 3ème, les titres sont ceux des villes traversées ou celles qui sont importantes pour son histoire. Ces villes ont des consonances connues : Oran, Jerusalem, Thebes, Cairo… Il y a là une inversion car c'est un dialogue à deux voix, celle de Wahhch et celle du canis lupus lupus, ce loup devenu chien, qui l'a sauvé d'une mort certaine et de l'enfer. En effet, il va retrouver les témoins de sa prime enfance. Il y a un parallèle entre son sauvetage par le loup-chien et ce qui a déterminé le reste de sa vie.
    Dans ce livre, nous passons de la guerre de sécession au martyr de Sabra et Chatila, des réserves indiennes à la Palestine, au Liban. Il faudra à Wahhch Debch traverser les Etats-Unis pour découvrir ce qui le hante, pour fermer les vannes des souvenirs, des questions et, surtout, comprendre. Il y trouvera des êtres immondes et violents, mais également des personnages qui le feront avancer, qui le soutiendront physiquement et moralement.
    Wahhch Debch est parti à la recherche de son Anima. Il y a sûrement perdu une partie de son âme, mais il a trouvé la vérité. La route de cette vérité se termine à Animas, petit village au sud du Nouveau-Mexique pour mieux repartir vers d'autres territoires.
    A certains moments, je ne pouvais plus quitter ce livre et, à d'autres, un ressort me sortait de ma chaise longue tant il fallait que je marche pour digérer ce que je venais de lire.
    C'est vraiment une belle œuvre. « le fleuve glissait dans son vêtement de khôl, la glace en plaques cadenassait sa puissance. Il était dans sa lenteur et nous dans sa fraîcheur » nous dit le goéland poète. Des phrases belles comme celle-ci, il y en a beaucoup dans ce livre que j'ai aimé car quelle écriture ! C'est un livre dur, quelque fois cruel mais jamais voyeur.
    J'avais aimé sa pièce de théâtre « Rêves » jouée, entre autres, par Coline. Dans ce livre, il y a toujours l'urgence, la violence, la réalité, le surréalisme, le fait de passer par des « voix off », mais multiplié par 100 et une telle force dans l'écriture. Oui vraiment un gros coup de cœur.
    Je ne suis pas certaine d'avoir réussi à vous parler convenablement de ce livre tant tout se bouscule en moi, mais je vous le recommande chaudement.


    Lien : http://zazymut.over-blog.com/article-wajdi-mouawad-anima-109359444.h..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Arakasi, le 04 janvier 2013

    Arakasi
    Oh, comme il est dur, noir, beau et glaçant, ce roman… Dès les premières lignes – le moment fatal où le personnage principal, Wahhch Debch, découvre sa femme assassinée – « Anima » nous prend aux tripes, une griffe d'acier qui s'enfonce dans notre estomac et nous entraîne de page en page, fascinés et révoltés à la fois. Lecture difficile donc, presque insupportable par moment dans sa brutalité sans fard, mais quelle épopée pourtant ! Quelle sanglante et magnifique odyssée !
    Mais commençons par le commencement. Et le début de toutes choses, c'est Wahhch tétanisé devant le corps monstrueusement massacré de son épouse, si assommé de douleur que plus rien ne semble pouvoir l'atteindre, ni la compassion des amis, ni la souffrance de la famille, ni les regards investigateurs de la police. Wahhch dans l'esprit duquel s'insinue un doute affreux : et si c'était lui ? Si c'était lui qui avait fait cela à Léonie ? Lui qui l'avait violée, tuée, avait assassiné l'enfant qu'elle portait dans son ventre ? Soupçon horrible qui le ronge jusqu'à la folie et dont le seul moyen de se défaire est de partir sur les traces du meurtrier, non pour se venger, ni même pour le livrer à la police, mais pour voir son visage et se prouver qu'il n'est pas responsable de la mort de sa femme. Commence alors une quête éprouvante qui mènera Wahhch à travers tout le nord de l'Amérique jusqu'à la mystérieuse ville d'Anima où violences passée et présente se mêleront dans un final aussi splendide que violent.
    Cette chasse sanglante ne nous sera pas contée par Wahhch lui-même, mais – et c'est là, l'idée géniale de Wajdi Mouawad qui hisse ce roman au statut de chef d'œuvre – par une multitude de narrateurs : les Animaux ! Chiens errants, goélands planant au dessus de la ville, lucioles dansant dans le crépuscule, chats, renards, mouches, chevaux… C'est par leurs yeux et leurs oreilles que le lecteur suit l'odyssée de Wahhch, partage ses peines et ses terreurs. Une intuition brillante, fabuleuse même, qui, loin d'alourdir le récit, lui donne une toute autre dimension et insuffle aux scènes les plus épouvantables une troublante beauté. Contrairement à ce que l'on pourrait craindre, ce procédé ne semble jamais artificiel : chaque scène et chaque point de vue Animalier s'enchaînent avec une étonnante fluidité et contribuent à rendre le roman impossible à lâcher.
    Brutalité candide du monde Animal et violence perverse des hommes, beauté brulante des paysages et immobilité glaçante des villes… « Anima » est un roman tout de contrastes, d'échos et de subtilité : un merveilleux voyage aux confins de la bestialité et de la sauvagerie, parsemé d'éclats de tendresse et de douceur parfois plus cruels que les pires des crimes. C'est beau, poétique, effrayant, incontournable. Je n'aurais pu trouver meilleur livre pour débuter cette année 2013 !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Laurence64, le 24 septembre 2012

    Laurence64
    Baudelaire avait pris de la boue pour en faire de l'or. Wajdi Mouawad est le nouvel alchimiste. Les plus extrêmes violences du XX° siècle se métamorphosent en un récit poétique qui donne voix aux animaux qui nous entourent, nous hommes aveugles à eux.
    Peu à peu, l'acte de sang individuel va céder la place aux tueries collectives (guerre de Sécession, guerre d'Algérie, massacre de Sabra et Chatila) pour revenir à un nouvel acte individuel, acte ultime qui unit Wahhch l'humain au chien monstre.
    Il en faut des voix pour relater la quête de Wachhch et de sa douleur. de la fourmi au corbeau, du cheval d'abattoir au chat domestique, de la blatte à la colombe, chacun a une perception propre, tous ont une voix singulière.
    Jamais Wajdi Mouawad ne cède à la facilité. Chaque phrase vibre, la beauté sourd de partout. Chaque évènement résonne. La violence est partout.
    Et dire que ce livre fait partie de la rentrée littéraire 2012 et que l'on ne parle pas de lui...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par tynn, le 02 février 2013

    tynn

    Attention , les animaux vous observent!
    C'est le chat Pitô qui voit son maitre découvrir la cadavre de sa femme enceinte, sauvagement assassinée.
    Et c'est ensuite un bien étrange bestiaire, domestique ou sauvage, qui regarde, analyse, accompagne la chasse à l'homme que va entreprendre Wahhch, fracassé par ce deuil.
    Par son désir de comprendre et non de se venger, c'est une quête d'identité qu'il entamera, jusqu'aux traces les plus noires de ses origines familiales.
    Géniale idée que d'avoir utilisé le regard, la sensibilité et la réflexion supposée du règne animal pour observer les comportements humains. On se demande qui domestique qui, qui utilise qui.
    C'est tragique, sans empathie, sans concession, entre introspection humaine et animale et visions d'apocalypse comme ce incroyable carambolage de voitures et de chevaux sur une autoroute.
    Un polar brut, sauvage, un billet pour l'enfer dans les milieux mafieux amérindiens, porté par une écriture riche et puissante. Une incroyable trouvaille stylistique!
    Un livre magnifiquement animal, qui confirme que l'homme est bien le pire des prédateurs. Je referme ce livre, enthousiasmée par sa forme mais lessivée par le propos.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 14         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par miriam, le 23 octobre 2012

    miriam
    Le roman, Anima, s'ouvre sur un crime atroce. Cela aurait pu être un roman policier. Qui peut être capable d'une telle sauvagerie? On découvre dans les premières pages l'identité du meurtrier. Cela aurait pu être le roman noir de la traque du mari, traque dans les Forêts canadiennes, les grands espace de l'Ouest américain, Illinois, Missouri, Nouveau Mexique....road movie...
    C'est un roman choral. Les voix des témoins, les Animaux, nommés par leur nom latin, Animaux sauvages, moufette ou corbeau, Animaux domestiques, chien, chats mais aussi, abeille araignée ou luciole, s'entremêlent et racontent la traque. L'intervention des Animaux m'a interpellée. J'ai d'abord vu un regard diffracté, un peu comme l'œil à facettes des insectes, une manière de faire intervenir des odeurs, l'odeur de la peur colorée pour le chien, les signaux de détresse perceptibles par les Animaux, auxquels nous sommes insensibles/

    Puis, j'ai pensé que ces Animaux répondaient à la forêt canadienne, à la culture des Mohawks.
    "
    Cette explication ne tient pas longtemps, la plupart des Animaux qui interviennent sont des Animaux domestiques (si une araignée ou une abeille peut être considérée comme domestique....)
    Enfin, cherchant une explication au titre Anima, l'âme, en contrepoint, j'y ai trouvé la présence des Animaux, dont nous nions la possession d'une âme (sauf les Indiens justement). le corbeau qui dévore les entrailles et les embryons d'un rongeur écrasé sur la route, la mouffette qui protège l'homme en projetant ses sécrétions puantes, sont-ils moins doués d'une âmes que les humains qu'on rencontre dans le roman? le loup, qui choisit de deviner chien de l'homme qu'il a sauvé, est-il l'âme d'autres "loups pour l'homme" bien bipèdes et capable de parole?
    Anima est un roman borderline, entre humanité et Animalité, entre crimes monstrueux et solidarité, traversant les frontières géographiques comme celles des civilisations ou des religions, des exils indicibles. Fraternité inattendue des nations autochtones et des Palestiniens de Sabra et Chatila. Il traverse aussi les langages, passant du français canadien, qu'on a envie de lire avec l'accent québécois, à l'anglais et à l'arabe libanais.

    Le meurtre a réveillé le souvenir d'autres meurtres, d'autres massacres, et par delà la poursuite s'ensuit une quête de la mémoire de l'exilé. Il n'est pas possible de résumer en quelques lignes ce roman complexe : il faut le lire.

    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique


Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 05 novembre 2012
    Anima est une réussite majeure parce que jamais la thèse n'écrase la fiction. On redoute le roman à clef, et c'est exactement l'inverse qui nous est offert : fluidité, limpidité, lumière crue jetée sur la part d'ombre de chacun.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 28 août 2012
    […] L'action évolue de manière très subtile, et l'ensemble devient proprement fascinant et bouleversant - notamment dans une troisième partie, un peu différente, et dans l'épilogue, terriblement puissant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Arakasi, le 01 janvier 2013

    À quoi tu décides de tenir ? Et pourquoi ? Tu n'en sais rien. L'enfant, lui, tient à un morceau de tissu. C'est rien, mais il y tient. Un morceau de tissu, une chevelure, une peau. Une femme. Des yeux. Un regard. Une femme avec des mots et une façon de mettre tous ces mots-là ensemble. Une façon de se taire et d'hésiter puis de marcher, d'embrasser. Tu crois t'être habitué à la beauté de son visage, et puis, des années plus tard, en rentrant, ça te surprend. Dans le reflet du miroir, un profil en contre-jour et tout ressurgit comme au premier instant quand ça t'est apparu la première fois et que ton coeur a chaviré et s'est mis à battre et que tu ne voulais plus que la vie soit différente de ce qu'elle était à ce moment-là. À quoi tu tiens et à quoi tu décides de tenir et ce que tu perds à la fraction de seconde où tu la perds. Je l'aimais. Elle était libre, brillante. Elle était belle, elle était drôle. Je l'aimais.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Arakasi, le 02 janvier 2013

    Nous, les chiens, percevons les émanations colorées que les corps des vivants produisent lorsqu'ils sont en proie à une violente émotion. Souvent, les humains s'auréolent du vert de la peur ou du jaune du chagrin et quelquefois de teintes plus rares : le safran du bonheur ou le turquoise des extases. celui-là, fatigué, épuisé, englouti par l'opacité opaline du chemin, exhale, depuis le centre de son dos, le noir de jais, couleur de la dérive et des naufrages, apanage des natures incapables de se départir de leur mémoire et de leur passé.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par zazy, le 31 août 2012

    L’humain est un corridor étroit, il faut s’y engager pour espérer le rencontrer… L’humain et un corridor et tout humain pleure son ciel disparu. Un chien sait cela et c’est pour cela que son affection pour l’humain est infinie

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par zazy, le 31 août 2012

    Les humains sont seuls. Malgré la pluie, malgré les animaux, malgré les fleurs et les arbres et le ciel et malgré le feu. Les humains restent au seuil. Ils ont reçu la pure verticalité en présent, et pourtant ils vont, leur existence durant, courbés sous un invisible poids

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par adaoulardeur, le 06 novembre 2012

    Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque.

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

> voir toutes (28)

Videos de Wajdi Mouawad

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Wajdi Mouawad


Auteur, metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad est l'inivté de Christophe Bourseiller dans La matinale sur France Musique. Il publie Anima, un roman paru le 5 septembre 2012 chez Actes Sud.








Sur Amazon
à partir de :
21,85 € (neuf)
18,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Anima par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (104)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz

    Voyages, Valises et Vacances

    Je voyage à motocyclette avant de faire la fin de mon voyage à pied. Révolutionnaire dans l'âme, j'ai écrit mon Carnet de voyage. Je suis...

    •   Fidel Castro
    •   Toussaint Louverture
    •   Ernesto Che Guevarra
    •   Olivier Besancenot

    10 questions - 58 lecteurs ont répondu
    Thème : voyages

    Créer un quiz sur ce livre.