> Corinne Atlan (Traducteur)
> Karine Chesneau (Traducteur)

ISBN : 2020686252
Éditeur : Seuil (2004)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 115 notes) Ajouter à mes livres
Un beau jour, la vie de Toru Okada, jeune banlieusard sans emploi, bascule pour de bon. Tout commence avec les coups de téléphone équivoques d'une mystérieuse inconnue ; puis le chat, qui s'échappe ; et le chant hypnotisant d'un oiseau perché non loin de là.
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par joedi, le 04 février 2012

    joedi
    Haruki Murakami n'a pas fini de m'étonner. Toru Okada a donné sa démission au Cabinet d'Avocats et se retrouve « homme au foyer » sans emploi, situation qui laisse sa femme indifférente. Un matin, Kumiko, son épouse, part travailler mais en fait Toru Okada ne la reverra plus, elle est partie sans donner d'explication à son geste.
    Débute la vie étrange de Toru Okada, vie émaillée de faits divers tous plus mystérieux les uns que les autres. Haruki Murakami est spécialiste des narrations d'existences dans lesquelles les sujets s'entrecroisent de façon, telle que l'on pourrait penser être, sans queue ni tête. Mais c'est méconnaître l'auteur qui, de ces imbroglios, tel un maître, réussit toujours à m'éblouir par son imagination débordante et son style. Un critique dit de l'auteur «Les écrits de Haruki Murakami ont la précision des rêves ».
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 30 mars 2010

    Chouchane
    Un choc. Un vrai plaisir. Dès les premières pages je me suis dit "Enfin !" - Subtilement la réalité déraille et ça fait un bien fou de voir se troubler les limites si contraignantes du quotidien. Tout est dans tout, tout semble permis entre le passé et le futur. On respire même si Murakami nous enterre vivant au fond d'un puit, nous arrache la peau et nous libère finalement au milieu d'une traverse déserte. Il me faudrait le relire mais en prendrai-je le temps ?
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 27 mai 2011

    brigittelascombe
    Lorsque l'homme reste au foyer et que la femme travaille, ça donne des chroniques surréalistes, chapitres-nouvelles tournant en vrille autour de Toru Okada axe central du tourbillon, oisif -oiseau au chomage qui médite sur ses choix de vie remonté par les ressorts de rencontres impromptues. Où est passé son chat? Qui est inconnue lui soutirant dix minutes de sexe au téléphone? Et cette jeune voisine à moitié nue qui l'invite à partager une gorgée de bière? Et ce puits sec contient il un quelconque cadavre? Entre réel et imaginaire sur un lourd pavé de 900 pages, Haruki Murakami construit l'histoire à la manière d'un puzzle dont la pièce manquante serait l'épouse du narrateur partie on ne sait où, ou si oui on sait. Enfin ça bande beaucoup, ça éjacule aussi, sans contact, du cru mais non vulgaire, beaucoup de pulsions à maitriser. C'est en celà très japonais lorsque le sadisme se mêle au plaisir, l'amour à la mort, le ressort tendu écrit à lui seul ses expériences au delà du réel pour nous emporter sur les vagues de son imaginaire débordant.
    Ouf! le chat réapparait! Zut il a changé de nom!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Yantchik, le 24 mars 2011

    Yantchik
    Sur la quatrième de couverture on peut lire « Les écrits d'Haruki Murakami ont la précision des rêves. », c'est particulièrement vrai pour Chroniques de l'oiseau à ressort qui pourrait s'apparenter à un long rêve irrationnel peuplé de sens cachés. de fait il ne faut pas s'attendre à une histoire cousue de fil blanc mais plutôt à une suite de situations étranges habitées de personnages qui ne le sont pas moins. On peut d'ailleurs faire un vrai rapprochement entre ce roman de Murakami et les œuvres de David Lynch dans lesquelles on retrouve ce côté onirique légèrement désaxé.
    La force de Murakami est qu'il arrive à ancrer ces situations étranges dans un quotidien des plus banals, un simple puits chez ses voisins suffit par exemple à faire changer la perception du monde du personnage principal (et la notre par la même occasion), il faut peut-être y voir là une version plus moderne (et plus adulte) d'Alice aux pays de merveilles.
    Dans le même style j'ai pourtant préféré La Fin des temps (qui reste pour l'instant mon préféré de Murakami), peut-être parce que Chroniques de l'oiseau à ressort se rattache au final trop peu à la réalité et demeure donc plus le rêve de Murakami que le notre.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Manjacaprini, le 20 octobre 2011

    Manjacaprini
    Un livre avec un titre pareil ne peut pas etre mauvais...
    Il se trouve qu'il est pour ainsi dire excellent, jouissif et profond. Une ecriture d'une densite incroyable, qui tord la realite, pour mieux la melanger a l'imaginaire.
    L'humour etant bien sur, comme toujours, au-rendez vous.
    Murakami a ecrit beaucoup de bons livres, celui-ci vous restera longtemps, longtemps en memoire.
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Citations et extraits

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  • Par joedi, le 30 janvier 2012

    Tout à coup, ça me revint : ce que j'avais fait hier était étrangement proche de l'activité de call-girl dont Creta Kano m'avait parlé. Se rendre au rendez-vous indiqué, pour coucher avec un inconnu et recevoir une rétribution en échange. Pour ma part, je n'avais couché avec personne (il y avait bien des taches de sperme sur mon pantalon, mais c'était tout), mais, à ce détail près, c'était la même chose. J'avais laissé des inconnus disposer de mon corps, sous prétexte que j'avais besoin d'une certaine somme d'argent. Je réfléchis à cela en finissant mon thé. Un chien aboya au loin. Un avion à réaction vrombit quelque part. J'avais du mal à rassembler mes idées. Je m'assis à nouveau sur la véranda, contemplai le jardin sous la lumière de l'après-midi. Quand j'en eu assez, je me mis à regarder mes mains. Je suis devenu une pute ! me dis-je, le regard fixé sur mes mains. Qui aurait pu imagnier qu'un jour j'en arriverais à vendre mon corps ? Et que la première chose que j'achèterais avec l'argent gagné ainsi serait une paire de baskets ?
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  • Par joedi, le 30 janvier 2012

    Je regardai la femme :
    - Il n'y a pas de nom ?
    Elle esquissa un sourire pour la première fois, puis secoua lentement la tête.
    - Tout ce qu'il vous faut, c'est l'argent, n'est-ce-pas ? Depuis quand l'argent a-t-il un nom ?
    Je secouai la tête à mon tour. Naturellement, l'argent n'a pas plus de nom que d'odeur. Si l'argent avait un nom, ce ne serait plus de l'argent. Ce qui lui donne son sens, c'est justement cet anonymat pareil à une nuit d'encre. Cette suffocante aptitude à être interchangeable.
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  • Par joedi, le 27 janvier 2012

    L'aube en Mongolie était un spectacle extraordinaire. En un instant, l'horizon tout entier se muait en un rai de lumière, s'élevant dans les ténèbres et s'étendant peu à peu, comme si une main de géant avait du haut du ciel soulevé lentement le rideau de la nuit. La grandeur de ce spectacle dépassait largement les limites de la conscience d'un être humain ordinaire tel que moi et, tandis que je le contemplais, il me semblait que ma propre existence se dissolvait dedans peu à peu.
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  • Par joedi, le 26 janvier 2012

    Je gardai de ma première rencontre avec lui un arrière-goût désagréable. On m'avait fourré d'un coup dans la bouche un insecte à l'odeur désagréable : j'avais aussitôt recraché cette punaise, mais mon palais avait conservé la sensation.
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  • Par joedi, le 26 janvier 2012

    L'obscurité derrière mes paupières ressemblait à un ciel nuageux, mais d'un gris un peu plus foncé. De temps en temps, un peintre invisible venait ajouter une pointe de couleur au gris derrière mes paupières. Parfois c'était un gris avec une pointe de doré, ou bien un gris mêlé de vert, ou de rouge. J'étais admiratif devant la quantité de nuances de gris qui existaient en ce monde. C'est étrange, la condition humaine, pensai-je : il suffit de rester immobile dix minutes pour pouvoir contempler une incroyable palette de gris.
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Trailer du film "Norvegian Wood", soit "La Ballade de l'Impossible", première adaptation cinématographique de l'un des romans d'Haruki Murakami.








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