ISBN : 2742756418
Éditeur : Actes Sud (2005)


Note moyenne : 3/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Cette nuit Lili n'entend plus le bruit des animaux. Dans un demi-sommeil elle se lève. Accroupie dans l'herbe, protégée par les feuillages du jardin, elle voit soudain passer les girafes, les éléphants, les tatous. Immobile sous la lune, Lili observe puis retourne se co... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Sous forme de conte cruel, dans une atmosphère teintée de fantastique qui nimbe d'un voile de légèreté les histoires douloureuses de trois femmes victimes de la perversité, la violence et la lâcheté des hommes, ce livre parle de la condition féminine.
    A travers l'histoire de cette lignée de femmes condamnées à subir le même destin, l'auteur dissèque les relations des femmes avec les hommes, des mères avec leur fille ou encore avec leur petite-fille.
    D'une plume légère et poétique, non dénuée d'humour, Véronique Ovaldé s'attaque à des sujets aussi noirs que la prostitution, le viol, l'inceste, la maladie, sans pour autant tomber dans le pathos.
    C'est sur une île tropicale imaginaire saturée d'odeurs et de couleurs, et dans une ambiance étonnament sensuelle et envoûtante, qu'elle met en scène des personnages hauts en couleurs comme la belle, fière et libre Rose Bustamente, pierre angulaire de cet étrange matriarcat.
    L'héroïne du roman, la candide Véra, nourrie par l'amour et les enseignements de sa grand-mère, trouvera quant à elle le courage de quitter cette contrée délétère pour que l'enfant qu'elle porte échappe à la malédiction qui semble frapper sa famille.
    Elle y découvrira la vraie vie et y rencontrera l'amour en la personne d'un jeune journaliste, le seul homme digne de respect de ce roman.
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    • Livres 2.00/5
    Par kathy, le 25 novembre 2011

    kathy
    « Je suis sortie de prison un lundi. Samuel est venu me chercher ; il a tant oeuvré pour me libérer.
    Maintenant je vis avec lui. Mais sa présence, réconfortante, saura-t-elle me libérer de la prison (sans barreaux) que je me suis construite durant mon enfance ?
    J'ai longtemps cru que Yoïm, mon ancien amant, pourrait, quant à lui, me libérer de la prison paternelle dans laquelle je m ‘étais emmurée ? Un père militant au « Parti », qui vénérait Dodolphe et l'uniforme gris. Un père qui a opéré pendant des années, sur mon petit frère et moi-même, un travail de sape en insistant sur l'hostilité du monde et sur la méchanceté des gens…
    Je n'avais alors que quatorze ans. Je suivais les consignes de mon père et restais enfermée dans l'appartement. Je ne savais pas désobéir… Sortir, c'eût été pénétrer en des domaines inconnus, c'eût été violer des territoires ennemis, je n'étais pas sûre de ce que je trouverais au-delà de la terrasse et des cactus, j'imaginais des échangeurs d'autoroute, des humains carnassiers de toutes les couleurs, des enfants armés, et bien sûr personne pour comprendre ma langue, personne pour me donner à manger, des loups partout des loups…
    Tant d'hostilité m'inquiétait…
    Yoïm me rassurait ; je me suis donc tournée tout naturellement vers lui ; avec ses trois cents livres et les petits cachets blancs qu'il me confiait, il a su m'apprivoiser. Et aujourd'hui, après ma sortie de prison et malgré le fait qu'il m'ait emprisonnée et empoisonnée, je crois encore en lui : sa douceur et l'attraction que je sens quand il rôde autour de chez moi et quand il m'épie, continuent à m'aimanter…
    Serais-je à nouveau prisonnière ? »
    Un livre qui nous plonge dans le destin tragique de Lili. Une jeune fille, - « abandonnée » trop tôt par sa mère (son unique planche de salut) et malmenée par son père-, qui aura toutes les peines du monde à s'affranchir de ses blessures d'enfance pour se construire en tant qu'adulte libre et autonome.
    Une fin qui m'a laissée un peu dubitative…, mais un livre bien écrit qui a le mérite de nous faire réfléchir sur la maltraitance, la dépendance, la liberté et les processus possibles de résilience.
    Un livre douloureux qui interroge…
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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 28 août 2011

    Zazette97
    Publié en 2003, "Les hommes en général me plaisent beaucoup" est le troisième roman de la romancière française Véronique Ovaldé, notamment auteure de "Déloger l'animal", "Et mon coeur transparent" ou encore de "Ce que je sais de Vera Candida".
    Lili vit avec Samuel depuis 5 ans. Alors qu'il manifeste son envie de fonder une famille, Lili retrouve Yoïm, l'homme qu'elle a aimé à l'adolescence et qui l'a sauvée d'un père tyrannique et initiée au sexe, au vol, à la drogue pour l'abandonner en prison.
    Lili se souvient de ces années folles, dures, incertaines. Est-elle prête à renoncer définitivement à Yoïm ou va-t-elle rompre cet équilibre construit avec l'homme qui l'a sortie de prison ?
    Saisissant ! Rédigé à la première personne, ce court roman nous plonge dans l'univers sombre de Lili, une jeune femme ébranlée par la mort de sa mère, une femme subversive, opposée au fanatisme antisémite de son mari.
    Après le décès de celle-ci, son frère devient muet et son père décide de les enfermer tous dEux à double-tour afin de les préserver de toute menace extérieure.
    Mais le danger rôde juste au dessus de leur tête, à l'étage où vit une gentille petite famille indienne ainsi qu'un homme, Yoïm, dont Lili tombe instantanément amoureuse.
    Alors qu'elle se croyait libre et sortie du cauchemar familial, Lili se sent dépendante de Yoïm et se laisse entraîner dans une spirale infernale qui l'expédiera en prison.
    J'ai eu, au départ, beaucoup de mal à comprendre cette femme et ses fantômes. Mais petit à petit, alors que son histoire est dévoilée au travers de flashbacks, j'ai miEux saisi son fantasme de libérer les animaux du zoo près de chez elle.
    Véronique Ovaldé brosse le portrait d'une femme sans cesse confrontée à l'enfermement, d'abord durant l'enfance, passée auprès d'un père fan de "Dodolphe".
    Ensuite à l'adolescence, période durant laquelle elle s'enlise dans une relation malsaine avec Yoïm, puis durant son séjour en prison et enfin, dans sa vie présente, alors qu'elle vit avec un homme qui prend les décisions pour le couple sans la consulter.
    Les personnages masculins, Yoïm et Samuel, passent tour à tour de sauveur à bourreau. Si Lili éprouve envers Eux un sentiment de reconnaissance, elle est en proie à des émotions négatives qui lui dictent la fuite.
    L'ambiance dépeinte ici m'a énormément fait penser à l'univers chimérique, torturé de Joyce Carol Oates : pour ses personnages masculins qui font figure d'autorité supérieure, pour cette héroïne féminine dépendante et incapable de savoir où est son bien et pour cette écriture vive, singulière, parfois crue mais toujours juste.
    A lire !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/07/les-hommes-en-general-me-p..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par le-mange-livres, le 29 décembre 2011

    le-mange-livres
    Encore un OVNI signé Ovaldé.
    "J'ai repassé des milliers de fois la façon dont les évènements se sont combinés, j'ai cherché à quel moment tout était parti en vrille, pourquoi j'avais fini par baigner dans mon sang dans une absolue solitude, j'arrivais juste à me dire, c'est parce que j'ai été mauvaise mauvaise que les choses se sont mal goupillées et j'ajoutais pour me meurtrir un peu plus, c'est une histoire avortée, c'est une histoire qui pisse le sang et je grimaçais de me revoir sur la paillasse de Yoïm gouttant sur le plancher avec une régularité de métronome".
    Dans ce récit à la première personne, Lili décrit sa vie tranquille avec le beau Samuel dans une jolie banlieue pavillonnaire arborée. Mais déjà, quelque chose ne va pas, et l'anormalité pointe sous la banalité du réel lorsque Lili, en pleine nuit, se lève pour observer l'étrange et poétique défilé-ballet des animaux quittant le zoo en catimini (scène d'ouverture).
    C'est que Lili n'est pas une femme au foyer comme les autres. La structure du roman interdit d'en révéler beaucoup plus. On peut seulement dire que, lorsque le lendemain elle se rend au zoo pour démêler le mystère de la fuite nocturne des animaux, Lili croit apercevoir une ombre massive et terrifiante qui fait ressurgir son passé sordide, entre un père sévère et rigide, une mère - "prairie", un petit frère semi-muet, une vieille demoiselle inquiétante et un premier amant douteux.
    Et comme toujours avec Véronique Ovaldé, il s'agit de comprendre comment - pourquoi en est-on arrivé là, au sein d'une galerie de personnages assez sérieusement azimutés. Moins triste que Ce que je sais de Vera Candida et moins mystérieux que Et mon coeur transparent, Les hommes en général me plaisent beaucoup est marqué par le même genre de nostalgie. L'écriture reste incisive, avec des phrases longues mais rythmées comme le flux et le reflux des vagues en suivant les méandres embrouillés de la conscience de Lili. Une certaine violence et une certaine brutalité, aussi, pour ce roman qui dérange, étonne ... et plaît encore une fois !

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.com/2011/12/les-hommes-en-general-me..
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    • Livres 2.00/5
    Par yoshi73, le 16 mars 2010

    yoshi73
    C'est avec ce roman que je découvre Véronique Ovaldé, cet auteur dont on parle beaucoup ces derniers temps sur la blogosphère.
    Lili et Samuel vivent dans une petite maison, à côté d'un zoo et d'un centre commercial. Si Samuel est fou amoureux de Lili, cette dernière lui montre juste un certain attachement. Elle a du mal à s'engager plus loin dans leur relation. Car Lili semble essayer de cacher un passé compliqué. Et, lorsque Yoïm, son premier amant refait surface dans sa vie, la petite vie tranquille qu'elle s'est construite avec Samuel s'effrite. L'auteur nous replonge dans l'enfance de Lili (ou plutôt dans son absence d'enfance) : une mère aimée et aimante partie trop tôt, un père admirateur du national socialisme et d'Adolf qui ne s'occupe pas de ses enfants et les enferme dans leur appartement lors de ses déplacements. Puis, la rencontre de Lili et Yoïm. Cet homme qui va l'entraîner sur la mauvaise pente.
    Je me suis assez vite plongée dans ce livre. J'avoue avoir apprécié l'écriture de Véronique Ovaldé. J'avais l'impression d'être en plein mois d'août sous une chaleur moite. Par contre, j'ai eu un peu de mal avec la relation qui se crée entre Lili et Yoïm. Si ce dernier est un adulte, Lili n'a que 14 ans lors de leur rencontre. Bref, une relation qui m'a dérangée, d'autant plus que certaines scènes (très courtes il est vrai) sont assez crues.
    Une impression générale plutôt positive avec ce court roman qui se lit très rapidement!
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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 24 novembre 2011

    Quand ma mère est morte, il y avait juste mon petit frère à la maison. Elle a fait une attaque, quelque chose dans le cerveau qui a explosé en laissant se répandre de précieux liquides, quelque chose qui aurait ressemblé à une bombe sous-marine, beaucoup de bruit et de tremblements dans la fosse, des bulles par milliards qui remontaient à la surface, ne désirant qu'une chose, s'échapper absolument et monter monter en bousculant tout ce qu'il y avait de vivant alentour pour enfin accéder à l'air et disparaître.
    Je me suis dit, quel foutoir ça doit être là-dedans, toute cette mémoire en vrac et les neurones sans dessus dessous.
    C'est ce que j'ai pensé quand je l'ai vue dans sa robe à fleurs jaune, sa robe d'intérieur.
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  • Par kathy, le 24 novembre 2011

    Je suis sortie de prison un lundi. Samuel est venu me chercher, il avait tant oeuvré pour me libérer... Et moi qui n'avais pas pensé sortir un jour de cet enfer, qui m'étais simplement laissé porter par sa volonté, moi qui croyais encore que le monde était pour l'essentiel carnassier, que je n'avais rien à y faire, et que les hommes étaient tout particulièrement dangereux.
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  • Par kathy, le 24 novembre 2011

    Maman était affalée dans le couloir.... Mon petit frère a alors senti que quelque chose ne tournait pas rond, alors il s'est allongé sur elle - elle dans sa belle robe d'intérieur à fleurs jaunes que nous aimions tant mon petit frère et moi parce que, cette robe - qui ressemblait à une vraie prairie - elle nous disait simplement, ici c'est votre maison.
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  • Par le-mange-livres, le 29 décembre 2011

    J'ai repassé des milliers de fois la façon dont les évènements se sont combinés, j'ai cherché à quel moment tout était parti en vrille, pourquoi j'avais fini par baigner dans mon sang dans une absolue solitude, j'arrivais juste à me dire, c'est parce que j'ai été mauvaise mauvaise que les choses se sont mal goupillées et j'ajoutais pour me meurtrir un peu plus, c'est une histoire avortée, c'est une histoire qui pisse le sang et je grimaçais de me revoir sur la paillasse de Yoïm gouttant sur le plancher avec une régularité de métronome.
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  • Par kathy, le 24 novembre 2011

    Samuel saurait-il me consoler?, et m'endormant finalement sur le canapé, avec la voix de Samuel répétant à sa mère l'itinéraire de l'expédition imaginaire dont je revenais, sa voix, comme la pluie de mars, qui me pénétrait et me promettait une floraison tardive.
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