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> Marc Buhot de Launay (Traducteur)

ISBN : 2070327884
Éditeur : Gallimard (1993)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.14/5 (sur 264 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A un jeune homme qui lui demande s'il doit consacrer sa vie à la poésie, Rainer-Maria Rilke, âgé de vingt-huit ans, adresse un véritable " guide spirituel ". De 1903 à 1908, il revient inlassablement sur les questions essentielles qui se posent au poète, au créateur. Ce... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 27 avril 2012

    Malaura
    Peut-on imaginer plus louable manifestation de respect et d'amitié que celle que le poète Rainer Maria Rilke a offerte au jeune Franz Kappus ? En 1902, ce dernier, alors tout jeune élève de l'école militaire de Sankt Pölten, apprend par hasard que Rainer Maria Rilke a lui aussi fréquenté cette même institution une quinzaine d'années auparavant.
    Le jeune homme n'a pas encore 20 ans, se tient au seuil de l'âge adulte, dans cette période charnière et difficile de la vie, où les doutes, les inquiétudes, les inclinations profondes et les interrogations sur l'avenir taraudent et corrodent l'esprit de mille petits tourments.
    Il décide d'envoyer ses tentatives poétiques au célèbre poète dans l'espoir de solliciter son jugement sur la qualité de ses vers. Il y joint une lettre d'accompagnement où il se livre entièrement, révélant l'état de trouble, de solitude et d'incertitude dans lequel se débat sa conscience.
    Quel écho dans sa propre existence Rilke trouva-t-il à la lecture de ces lignes l'incitant à répondre au courrier du jeune homme ? Sans doute fut-il touché par la grande sincérité avec laquelle ces lettres furent écrites ? Sans doute se souvint-il d'un temps pas si lointain où lui aussi subissait ce même égarement et ces choix douloureux qu'il faut effectuer et qui décident de toute votre existence ?
    C'est ainsi que de 1903 à 1908, l'homme de lettres renommé entama une relation épistolière avec le jeune garçon inconnu Franz Kappus. Jamais les deux hommes ne se rencontrèrent autrement que par ces mots couchés sur le papier et que Franz Kappus, conscient de la beauté du geste autant que de la valeur littéraire des lettres du poète, décida de partager avec le grand public en les faisant publier à l'aube des années 1930.
    Dix lettres, dix réponses, dix superbes textes qui dépassent les seules considérations poétiques pour éclore sur des interrogations universelles et intemporelles comme la solitude, la création artistique, Dieu, la nature ou l'amour.
    Et c'est un véritable bonheur de découvrir ces missives écrites par Rainer Maria Rilke avec toute la franchise et la bienveillance d'un guide spirituel attentif aux troubles et aux questionnements d'un être en quête d'identité et de sens.
    La plume déliée, lyrique, sensible et compatissante du poète allemand, s'écoule avec la force d'une eau vive au gré des pensées et des méditations, se faisant le réceptacle de toute une jeunesse en proie aux incertitudes lors du ô combien difficile passage à l'âge adulte.
    Conseiller, berger, accompagnateur, Rilke l'est tout entier dans ces lettres éblouissantes de profondeur et de chaleur amicale mais il est aussi l'homme qui, de part son statut de poète, a fait le choix d'une existence solitaire vouée à l'écriture et à la poésie.
    En effet, pour l'écrivain allemand, il n'est pas d'expérience artistique authentique qui ne se manifeste autrement que dans la nécessité, la solitude, l'immersion au plus loin de son intériorité et l'attention portée à la nature.
    Cependant, cette expérience artistique ne s'exprime nullement par la seule pratique d'un art. Elle s'inscrit selon lui, dans tous les aspects de la vie, pour peu que chaque chose soit vécue avec loyauté et rigueur, dans la compréhension d'un monde où s'embrassent le tangible et l'immatériel.
    L'art est ainsi une manière de vivre ; le poète est celui qui puise son inspiration dans toutes les manifestations de la vie et de la nature, aussi infimes soient-elles. Sa perception, allant bien au-delà du commun des mortels, le désigne naturellement à une solitude qui ne doit pas être subie mais au contraire choisie et désirée quand bien même elle serait quelquefois douloureuse.
    Solitaire à l'instar d'un Dieu créateur, le poète renferme en lui un univers par lequel l'acte de création jaillit après une longue germination.
    Les deux courtes nouvelles qui suivent la Correspondance de Rilke le conduisent à la genèse de la condition du poète, avec l'apparition des premières manifestations poétiques et l'évocation du surgissement de son inspiration.
    Si ces lettres permirent à Franz Kappus de franchir le passage entre adolescence et âge adulte et de s'épanouir ailleurs que dans le domaine de la poésie et de l'écriture, les mots de Rilke vont toutefois bien au-delà d'une source d'apaisement et de réconfort.
    Ils renferment une aura d'éternité et un caractère universel qui fait que chaque lecteur en quête de sens ou de beauté peut s'en imprégner, y puiser matière à réflexion et a même l'impression que ces mots pourraient ne n'adresser qu'à lui. C'est en partie cette universalité, cette réceptivité du poète allemand faisant fi des barrières du temps qui ont valu à « Lettres à un jeune poète » l'engouement d'un large lectorat.
    Un livre tout en beauté et en profondeur …« plus on le lit et plus il semble qu'il contienne la totalité de la vie ».
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    • Livres 5.00/5
    Par Nanouxy, le 23 mai 2012

    Nanouxy
    Ah lala !!! Comment voulez-vous que MOI, j'écrive une critique correcte après celle de Malaura ??? C'est comme si vous demandiez à une 2CV de rouler à 280 ! Donc, Malaura, j'espère que tu me pardonneras ? :)
    Magnifique !!!
    Ce livre est une pure merveille. Je ne suis pourtant pas experte en poésie, j'en suis même très loin. La première fois que j'ai entendu parler de ce livre, j'avais 17 ans et c'était dans un film. Un film où une fausse nonne va essayer de faire d'un groupe d'élèves difficiles, une chorale. Vous voyez de quel film je parle ?
    Souvenez-vous donc de ce passage où Sœur Mary Clarence( Woopy Goldberg ) explique à cette jeune fille qu'elle ne doit pas se demander si elle est ou non une chanteuse mais que si la seule chose qu'elle ait envie de faire lorsqu'elle se lève le matin c'est de chanter et que c'est la seule chose qui la fait vibrer dans la vie, alors oui, elle est une chanteuse (il y a sûrement et malheureusement certains pseudos chanteurs et chanteuses qui ont lu ce livre...).
    Franz Kappus est élève dans une école militaire et découvre par hasard que l'auteur, du livre qu'il est en train de lire, Rainer Maria Rilke, était élève dans ce même établissement, quelques années auparavant.
    Kappus se sentant l'âme d'un poète, va écrire à son aîné, afin de lui demander son avis sur les vers qu'il a écrit et lui fait part de ses doutes en ce qui concerne sa vocation.
    Ce récit représente les dix lettres du poète en réponse à son jeune admirateur. Dix lettres magnifiques, humbles, justes. Il n'y a aucun conseil dans ses lettres car, comme le dit l'auteur, la poésie n'est pas une science, la poésie est en chacun de nous, qui sommeille.
    Ce livre m'a beaucoup touché et je ne sais pas exactement comment vous en parler, il m'a donné des frissons et m'a même amené les larmes aux yeux de par sa beauté. Il traite de poésie mais pas que. Rainer Maria Rilke touché par l'admiration et la remise en question de ce jeune élève, va lui dévoiler ses influences (Jacobsen, Rodin) et lui parler de tous les grands thèmes importants de la vie: l'amour, la solitude, la mort, la vie... Il va l'amener à travailler sur lui-même tout en restant ouvert aux sentiments qui l'entourent et l'assaillent.
    « Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre coeur; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit; me faut-il écrire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s'il vous était donné d'aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple "il le faut", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion. »
    Franz Kappus n'a jamais rencontré Rainer Maria Rilke, mais il a décidé, après sa mort de publier ses lettres, en un respectueux hommage.
    Un véritable guide spirituel tout en délicatesse et en finesse et vous fera voyager en vous-même.
    Un livre à lire et à relire, une perle de littérature.


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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 06 juin 2011

    cicou45
    Les dix lettres qui sont reproduites ici sont celles de Rainer Maria Rilke, poète allemand de renpm qui a été sollicité par l'un de ses tout jeune confrère, âgé de 20 ans, afin que celui-ci le conseille et lui apporte sa science. Les réponses que Rilke apporte à ce jeune poète, Franz Xaver Kappus ,ne sont pas purement techniques et n'apportent pas de méthode précise pour écrire un bon poème meis concernent plutôt l'étzt d'esprit dans lequel le poète doit se retrouver pour écrire. Il s'agit en réalité d'une recherche d'une vérité intime qui est différente pour chacun d'entre nous. Ces lettres sont donc empreintes de philosophie puisque pour que le poète puisse écrire, il faut avant tout qu'il accomplisse un gros travail sur lui-même.
    Ces lettres sont suivies de quelques poèmes de Rilke.
    Magnifique ouvrage où même les lettres que Rilke adresse à ce jeune poète sont empreintes de poésie et le lecteur se laisse facilement evoûter par elles puisqu'elles lui permettent également de réfléchir sur sa propre condition et sur cette envie, qui est souvent intrinsèque à la plupart d'entre nous : celle d'écrire...
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    • Livres 5.00/5
    Par Palimpseste, le 27 décembre 2012

    Palimpseste
    Tel un guide spirituel, Rilke offre une sorte de manuel de la vie créatrice de portée universelle. Il explore la raison intime qui détermine les choix d'existence que tout un chacun peut découvrir en soi. Sous sa plume, la création artistique apparaît comme l'acceptation de ce que l'on est véritablement.
    Ces "Lettres à un jeune poète" sont avant tout un essai sur la création littéraire.
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    • Livres 5.00/5
    Par AmandineMM, le 02 septembre 2011

    AmandineMM
    Lettres à un jeune poète est un court recueil assez connu que je souhaitais relire depuis longtemps, jusqu'à ce que le challenge « le nez dans les livres » me pousse à réaliser cette envie. Malheureusement, j'ai dû mal choisir mon moment, car j'ai la désagréable impression d'avoir manqué mon rendez-vous avec ce livre. Je me souvenais de celui-ci comme d'une révélation, d'une œuvre qui avait su me toucher au plus profond de moi, mais aucune de ces sensations ne m'est revenue lors de cette relecture qui fut banale, presque indifférente.
    Ce recueil est constitué des dix lettres de Rainer Maria Rilke au jeune Franz Kappus, de février 1903 à décembre 1908 : à sa demande, il lui prodigue quelques conseils sur la poésie, mais surtout les moments de doute et de détresse qu'il peut ressentir en tant que poète. Selon lui, cette carrière particulière exige une grande solitude qui s'avère douloureuse par moments : « Seule est nécessaire la solitude : une grande solitude intérieure. Rentrer en soi-même et, des heures durant, ne rencontrer personne – voilà ce à quoi on doit pouvoir parvenir. Être solitaire comme, enfant, on a été solitaire quand les adultes allaient et venaient, pris dans l'entrelac de choses qui leur paraissaient importantes et sérieuses parce que les grandes personnes avaient l'air si affairées et qu'on ne comprenait rien à leurs affaires. » C'est notamment cet éloge de la vie solitaire qui m'avait particulièrement marquée lors de ma première lecture : je suis tout à fait d'accord avec Rilke lorsqu'il considère celle-ci comme l'une des essences de l'art poétique (et de l'art en général, d'après moi). Les souffrances dont elle est accompagnée façonnent l'artiste et participent elles aussi à sa créativité, écrit-il.
    Contrairement à ce que pourrait laisser penser mon paragraphe précédent, ce livre ne s'adresse pas uniquement aux écrivains (bien que je leur recommande vivement la lecture de ce chef-d'œuvre), mais bien à tous les lecteurs : à travers ses recommandations, Rilke évoque également une série d'autres domaines de la vie qui nous concernent tous, comme la foi, l'enfance, la sexualité, l'amour, et d'autres encore. Chacun peut donc y trouver un message qui le touche et qui correspond plus ou moins à ses propres ressentis.

    Lien : http://www.passion-bouquins.com/lettres-a-un-jeune-poete-rainer-mari..
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Citations et extraits

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  • Par Piatka, le 11 mai 2013

    L'amour d'un être humain pour un autre est peut-être le plus difficile qui nous soit imposé, l'absolu, l'ultime épreuve, l'ultime probation, le travail dont tout autre travail n'est que préparation.
    Apprendre à aimer.

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  • Par brigetoun, le 14 avril 2010

    Presque toutes nos tristesses sont, je crois, des états de tension que nous éprouvons comme des paralysies, effrayés de ne plus nous sentir vivre. Nous sommes seuls alors avec cet inconnu qui est entré en nous, pouvant vous être de quelque secours ou utilité. De grandes et multiples tristesses auraient donc croisé votre route et leur seul passage, dites-vous, vous a ébranlé. De grâce, demandez-vous si ces grandes tristesses n’ont pas traversé le profond de vous-même, si elles n’ont pas changé beaucoup de choses en vous, si quelque point de votre être ne s’y est pas proprement transformé. Seules sont mauvaises et dangereuses les tristesses qu’on transporte dans la foule pour qu’elle les couvre. Telles ces maladies négligemment soignées et sottement, qui ne disparaissent qu’un temps
    pour reparaître ensuite plus redoutables que jamais.
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  • Par tamara29, le 23 décembre 2012

    Décrivez vos tristesses et vos désirs, les pensées qui vous traversent l'esprit et la croyance à une beauté quelle qu'elle soit - décrivez tout cela en obéissant à une honnêteté profonde, humble et silencieuse, et, pour vous exprimer, ayez recours aux choses qui vous entourent, aux images de vos rêves et aux objets de vos souvenirs. Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l'accusez pas ; accusez-vous plutôt ; dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour en convoquer les richesses. Pour celui qui crée, il n'y a pas, en effet, de pauvreté ni de lieu indigent, indifférent. Et quand bien même vous seriez dans une prison dont les murs ne laisseraient rien percevoir à vos sens des bruits du monde, n'auriez vous pas alors toujours à votre disposition votre enfance, sa richesse royale et précieuse, ce trésor des souvenirs ? Portez là votre attention. Cherchez à éveiller les sensations englouties de ce lointain passé ; votre personnalité en sera confortée, votre solitude en sera élargie pour devenir cette demeure à peine visible loin de laquelle passera le vacarme des autres.
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  • Par Malaura, le 22 avril 2012

    Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous plutôt, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour en convoquer les richesses.
    Pour celui qui crée, il n'y a pas, en effet, de pauvreté ni de lieu indigent, indifférent.

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  • Par Topaze, le 04 mai 2010

    L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large. Dans l'amour, quand il se présente, ce n'est que l'obligation de travailler à eux-mêmes que les êtres jeunes devraient voir. Se perdre dans un autre, se donner à un autre, toutes les façons de s'unir ne sont pas encore pour eux. Il leur faut d'abord thésauriser longtemps, accumuler beaucoup. Le don de soi-même est un achèvement : l'homme en est peut-être encore incapable.
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