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François Maspero (Traducteur)
ISBN : 2253114863
Éditeur : Le Livre de Poche
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.13/5 (sur 5050 notes)
Résumé :
Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.
Un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.

L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange ri... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (575) Voir plus Ajouter une critique
manU17
manU1702 mars 2012
  • Livres 5.00/5
Je n'avais jamais entendu parler de Carlos Ruiz Zafon avant de le découvrir partout, sur tous les blogs et c'est une citation affichée sur mon site adoré www.pochetroc.fr qui a achevé de me convaincre. Je me suis donc intéressé à ce livre, son sujet, son ambiance. Il a donc fini par arriver dans ma boite à lettre, je me suis lancé, j'ai lu L'Ombre du vent.

Sur mon édition, de poche bien sûr, on peut lire « Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de ce roman, vous n'avez aucune chance de lui échapper». La citation est extraite du magazine Lire. Je l'ai commencé un soir en allant me coucher. Avant de m'en être rendu compte, j'avais déjà lu quarante pages et quand j'ai éteins la lumière, j'en avais lu cent.

En même temps que Daniel Sempere, le héros accompagné par son père, j'ai découvert le cimetière des livres oubliés. Cet endroit poussiéreux et encombré duquel Daniel va devoir sauver un livre, oublié, bien sûr. de là va partir toute l'histoire, de cette rencontre du jeune homme avec ce livre et de l'intérêt que va susciter en lui son auteur, Julian Carax…

Cette découverte va également mettre sur son chemin Fermin Romero de Torres et toute une galerie de personnages tous plus pittoresques et attachants les uns que les autres. Chaque personnage est prétexte à l'évocation de son histoire, de sa vie, de ses particularités. Ces petites histoires enrichissent la grande, la nourrissent sans jamais en ralentir ou en alourdir le rythme malgré moult détails. On suit ces différents personnages à travers une succession de péripéties, de rebondissements, de coups de théâtre à travers une Barcelone d'ombres, nombreuses, et de lumières, plus rares, en cette période assez trouble de son histoire…

Sans rien dévoiler de l'intrigue, pour ne pas gâcher le plaisir des futurs lecteurs, on peut tout de même dire qu'il est question de quête de vérité et de quête d'identités au pluriel…

C'est foisonnant et rocambolesque comme un roman feuilleton, c'est parfois drôle, souvent émouvant notamment grâce au truculent Fermin Romero de Torres. Personnage secondaire plein d'humour et de spontanéité, il finit par voler la vedette aux personnages principaux, grâce à sa personnalité, sa délicatesse, sa prévenance, sa folie et ses fêlures qui en font le personnage le plus attachant du roman mais aussi le plus mémorable. Pour ma part, s'il me reste en mémoire un personnage de ce roman ce sera lui et pas le tourmenté Daniel Sempere, l'énigmatique Julian Carax ou le terrifiant policier Francesco Javier Fumero…

Pour moi, L'Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon est un roman friandise à déguster, comme Fermin dégusterait un sugus, c'est-à-dire avec gourmandise…


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Chrisdu26
Chrisdu2611 février 2013
  • Livres 5.00/5
Cher Carlos Ruiz Zafon,
Comme j'aurai aimé vous écrire cette lettre en espagnole, cette langue maternelle si chère à mon coeur. Les mots me manquent et me font défauts aujourd'hui, car j'oublie peu à peu. Avec le temps, avec le temps va…
J'ai reçu votre livre par un ami et c'est avec joie que je découvre un nouvel auteur et de surcroît un compatriote. Quel voyage barcelonesque ! Au fil des pages, de fabuleux clichés me reviennent en mémoire et me replonge dans la capitale catalane de mon enfance. Souvenirs de vacances sous le soleil barcelonais, encore réchauffés par les voix chaudes de Montserrat Caballe et Freddy Mercury. C'est l'Espagne de mes parents que je redécouvre à travers les pages de votre roman, celle de Franco, une Espagne ravagée par la colère et la haine.
Vous dépeignez une ville que j'ai tant arpentée, ma petite main dans celle de mon père, comme le faisait Daniel. Tout y est, il ne manque rien : La caravelle la «Santa Maria» de Cristobal Colomb dans le vieux port, Las Ramblas, avenue mythique qui sépare cette ville en deux et qui s'échoue à la mer. le quartier Montjuïc où il fait si bon pique-niquer et puis vous avez même pensé à ces célèbres Sugus qui guérissent de tout. Enfant, j'en avais plein mes poches. Vous faites un clin d'oeil à Antonio Machin, crooner cubain en pleine gloire, l'idole de ma mère. Elle me chantonnait ses chansons en souvenir de son adolescence. Même Manolete, Dieu que j'en ai entendu parler de ce grand matador qui succombera sous les cornes de ce puissant taureau «Islero».
L'histoire démarre dans une Espagne ravagée par la guerre. Bien souvent mon père me contait cette période de souffrance et de misère, qui a obligé mes grands-parents à fuir leurs racines. le général Franco va jeter en pâture son peuple à des fascistes, anarchistes, communistes et vont mettre le pays de Sancho Panza à feu et à sang. C'est dans cette ambiance que nous découvrons, le personnage principal : Daniel Sempere le narrateur, un jeune homme délicieux de tendresse et de romantisme.
Un jour, son père le conduit au cimetière des livres oubliés et c'est le roman de Julian Carax «L'ombre du vent» qui vient à lui comme une évidence. Ce livre va bouleverser sa vie et dès lors il n'aura de cesse de 1945, âgé de 10 ans, à 1966 de partir sur les traces de Julian Carax. Il va, contre vents et marées, essayer de reconstituer son histoire et redonner un second souffle à cet auteur que la vie a trop vite oublié.
Julian Carax, personnage étrange et mystérieux, Julian ce «J» majuscule, cette «Jota» fricative. Ce son guttural si nostalgique et délicieux dans ma gorge. Que j'aime ce son vibrant ! Juuulian… Julian, écrivain déchu et musicien à ses heures perdues pour survivre, disparait de Barcelone. Pourquoi, comment, où est sa pénélope, est-il toujours en vie ? Pourquoi son livre est-il condamné au cimetière des livres oubliés au risque d'être détruit par les flammes ?
C'est à toutes ces interrogations que Daniel va essayer de répondre. Durant ce long pèlerinage, Daniel sera porté par l'amour que lui voue son père, un homme honnête et intègre, et Fermin, un personnage sage, loquace, drôle et tellement attachant. Tous deux vont l'aider dans cette recherche et le porter vers la vérité.
Je vous remercie humblement, Monsieur RUIZ ZAFON, pour ce voyage intemporel au plus profond de mon âme et de mes souvenirs. Vous mêlez à merveille, suspense, amour, amitié, haine mais aussi le pardon et le secret de famille avec ces dits qui libèrent, ces non-dits qui mutilent et ces contre dits qui tuent.
Et comme il est de coutume de dire en Espagne, que Dieu vous protège !
Bien à vous et à très bientôt…
Votre lectrice dévouée.
Cristina

A mi Padre Miguel, mi Madre Carmen, Michel y José.....

A Toi, MERCI de m'avoir confié ce livre, cette rencontre, ce voyage dans mon Barcelona ensoleillé, et puis ces Sugus au goût si doux et acidulés dans ma bouche, un moment de grâce. Prépare ton sac à dos et allons sur les traces de Daniel, Fermin et Juuuuulian. Allons nous perdre dans ces ruelles gothiques et ces cimetières et puis nous enivrer avec ces merveilles qui guérissent de tout ;)
«Dale limosna mujer que no hay en la vida nada como la pena de ser ciego en Barcelona»



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Eve-Yeshe
Eve-Yeshe09 juillet 2013
  • Livres 5.00/5
C'est le premier roman de Carlos RUIZ ZAFON que je lis et c'est une découverte fantastique. Je viens juste de le refermer et j'avoue que j'ai du mal à m'en détacher.
Ce livre nous raconte l'histoire de Daniel SEMPERE qui se déroule dans Barcelone et débute en 1945. Il est orphelin de mère depuis qu'il est tout petit et aide son père qui tient une librairie. Ils s'aiment profondément tous les deux mais ont du mal à communiquer.
Son père l'emmène dans une maison étrange, un vieil hôtel particulier, de style gothique, où se trouve un endroit appelé « le cimetière des livres oubliés ». Là, son père lui demande, comme c'est la tradition dans la famille, de choisir un livre, et de l'adopter en prenant soin de lui durant son existence. Après avoir erré dans un labyrinthe de couloirs, touché plusieurs ouvrages, sous l'oeil bienveillant d'Isaac, gardien des lieux il trouve « son livre » : « l'ombre du vent « de Julian Carax. Il a dix ans et ce livre va bouleverser sa vie.
Il le lit et fasciné par l'auteur autant que par le roman, il va essayer d'en savoir plus. Qui est Julian Carax ? a-t-il écrit d'autres romans ?
Dans sa quête, il va rencontrer des personnages parfois truculents comme Fermin Romero de Torres, clochard rencontré dans la rue dont l'histoire est touchante et qui va venir travailler dans la librairie du père de Daniel, mais parfois horribles comme le sinistre policier Francesco Javier Fumero qui a collaboré dans toutes les affaires louches pendant la 2ème guerre mondiale et la guerre civile espagnole. Tout lui est prétexte à torturer.
Peu à peu, on découvre cet homme mystérieux qu'est Julian, romancier et pianiste la nuit pour vivre. On découvre les amis d'enfance, son grand amour Pénélope, les petites trahisons des uns et des autres et on se rapproche du secret monstrueux qui a bouleversé sa vie et au fur et à mesure des découvertes, on se rend compte de certaines similitudes entre la vie de Daniel et celle de Julian. Leurs histoires se ressemblent, s'emmêlent parfois.
On avance peu à peu avec Daniel dans sa recherche, ses rencontres dans des lieux bizarres que je vous laisse découvrir.

Ce que j'en pense :
Ce livre est remarquablement écrit, Carlos RUIZ-ZAFON entretient le suspens, il nous décrit l'évolution de Barcelone, les ramblas, les bâtiments anciens, l'architecture, la magie de cette ville qu'il aime et qui joue un rôle important dans le livre.
Il se lit comme on déguste une friandise, telle celle que distribue Fermin aux personnes dans le chagrin, il se savoure avec gourmandise, chaque page amenant un autre évènement, un autre personnage et on le laisse avec regret, le temps passe si vite, qu'on ne voit pas passer les cinq cent pages. Certains pourraient être amputés de quelques pages car le récit s'étire, se perd dans des détails sans trop d'intérêt, celui-là non. Rien n'est superflu, tout est plaisir.
L'idée qui sert de trame au roman est superbe, on est embarqué avec les personnages, on sent l'odeur de livres anciens, l'amour des personnages pour les livres. Bref, c'est un livre magnifique et je vais continuer à explorer l'univers de cet auteur que je ne connaissais pas et dans lequel les fidèles de Babelio m'ont donné envie de plonger.
Si vous ne l'avez pas déjà lu, vous aurez compris que je vous le conseille vivement.
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TheWind
TheWind18 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
Magnifique ! Sublime ! Du grand art...
J'ai retrouvé dans l'écriture de Carlos Ruiz Zafon un je-ne-sais-quoi de Stefan Zweig et cela m'a enchanté.
Ce livre tient en haleine du début à la fin et émerveille par sa poésie et la finesse psychologique de ses personnages.
Vous raconter l'histoire serait impossible...Et puis, il n'y a pas qu'une seule histoire. Ce sont des histoires qui s'entremêlent les unes aux autres dont les vérités s'entrechoquent et qui finissent par se réunir en un parfait bouquet final !
Sachez seulement que "L'ombre du vent" est le titre d'un livre qu'un jour, Daniel, alors petit garçon, découvre dans un lieu mystérieux de Barcelone : le Cimetière des Livres Oubliés. Un livre qui semblait être là depuis tant de temps et qui l'attendait, lui, et personne d'autre. Un roman qu'il fait sien.
Roman dont il tentera de percer le mystère en voulant en savoir plus sur son auteur. De ce livre découleront maintes questions, maints secrets, maintes aventures...
J'ai tellement adoré ce livre qu'à peine fini je me plonge dans le deuxième roman de la trilogie, " le Cimetière des Livres Oubliés". C'est cet endroit mystérieux, perdu dans les sombres ruelles de Barcelone qui tient lieu de fil rouge aux trois romans de cette trilogie. Univers dont rêveraient tous les lecteurs passionnés et où chacun doit venir y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Je me suis demandée, bien sûr, quel livre j'aurais pu adopter dans la même situation. Un livre oublié qui t'emmène bien au-delà de toutes tes espérances, qui t'aide à grandir, qui te murmure des secrets dans le creux de ton oreille, que toi seul sembles comprendre...
Un roman qui envoûte !
Si l'Ombre du Vent est loin d'être un roman oublié par les lecteurs, de par son succès, il est sans nul doute un de ces livres sublimes qui murmurent à l'oreille du lecteur !
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babounette
babounette24 mai 2014
  • Livres 4.00/5
Passionnant, c'est le seul mot que j'utiliserai pour décrire ce livre, une plongée dans la ville de Barcelone après la guerre 40-45, à la fois historique et fantastique, ce roman ne se lâche pas avant la fin, et on se surprend à vouloir lire la suite immédiatement. Ce que j'ai fait avec le jeu de l'ange et le prisonnier du ciel.
Je n'ai qu'un mot à dire à ceux qui ne les ont pas lus, allez-y, vous resterez scotchés jusqu'au bout.
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Citations & extraits (686) Voir plus Ajouter une citation
ElyseElyse03 novembre 2008

«Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s'ouvre vraiment un chemin jusqu'à notre coeur. Ces premières images, l'écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais ou tôt ou tard - et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d'univers nous découvrons-, nous reviendrons un jour.»
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Chrisdu26Chrisdu2603 février 2013
Il y a des rustres qui s'imaginent que s'ils mettent la main au cul d'une femme et qu'elle ne proteste pas, l'affaire est dans le sac. Ce sont des ignares. Le coeur de la femme est un labyrinthe de subtilités qui défie l'esprit grossier du mâle à l'affût. Si vous voulez vraiment posséder une femme, il faut d'abord penser comme elle, et la première chose est de conquérir son âme.

Le reste, le réduit douillet et chaud qui vous fait perdre les sens et la vertu, vous est donné de surcroît.
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soniamoreasoniamorea26 février 2014
-Abrégez, je vous en prie, protesta Fermin, parce qu'avec tous vos envols métaphoriques vous allez finir par me donner la colique.

-Ne faites pas attention à cet animal, monsieur le professeur, s'interposa Merceditas, moi j'aime beaucoup comme vous causez. On dirait les actualités du cinéma.

-Merci ma fille, mais je ne suis qu'un humble enseignant. Donc, je vais au fait, sans détour, préambule ni fioritures. Il semble que l'horloger, qui au moment de son arrestation se produisait sous le nom de scène de " la Nina De los Peines , a déjà été arrêté dans des circonstances similaires en plusieurs occasions qui figurent dans les annales criminelles des gardiens de la paix.

- Dites plutôt des malfrats galonnés, cracha Fermin.

- Je ne me mêle pas de politique. Mais je puis vous dire qu'après l'avoir descendu de scène à coups de bottes bien ajustés, ils l'ont conduit au commissariat de la rue Layetana. En d'autres circonstances et la chance aidant, les choses ne seraient probablement pas allées plus loin que quelques claques et/ou vexations sans gravité, mais un funeste coup du sort a fait que, hier soir, le célèbre inspecteur Fumero se trouvait là.

...

-Lui même. comme je le disais, le champion de la sécurité de cette cité, revenant tout juste d'une rafle triomphale dans un tripot illégale de Paris sur les courses de cafards sis rue Vigatans, a été mis au courant des faits par la mère éplorée d'un des dévoyés de l'hospice, cerveau présumé de la fugue, Pepet Guardiola. Là dessus, le célèbre inspecteur, qui semble-t-il, s'était envoyé derrière la cravate douze cafés arrosés d'anis depuis le diner, a décidé de prendre l'affaire en main. Après avoir étudié les circonstances aggravantes du délit, Fumero a notifié au sergent de garde qu'une telle (et malgré la présence d'une demoiselle , je cite le vocable dans sa plus stricte littéralité à cause de sa valeur documentaire dans mon exposé des faits) tantouzerie méritait un châtiment exemplaire et que l'horloger (...) devez pour son bien et celui de l'âme immortelle des garnements mongoloïdes dont la présence dans l'affaire était accessoire mais déterminante, passer la nuit dans la cellule commune des sous-sols de l'institution en compagnie d'une assemblée choisie de voyous. Comme vous le savez probablement, ladite cellule est célèbre dans l'élément criminel pour ses conditions sanitaires inhospitalières et précaires, et l'intrusion d'un citoyen respectable au milieu de ses hôtes habituels y est toujours un motif d'allégresse par ce qu'elle comporte de ludique et d'inédit dans la vie carcérale .
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WolandWoland15 mars 2015
[...] ... Un an plus tard, les trois architectes se présentèrent dans la suite somptueuse de l'hôtel Colón pour lui soumettre leur projet. Jausà, en compagnie de la mulâtre Marisela, les écouta en silence et, au terme de leur exposé, demanda quel serait le prix à payer pour effectuer les travaux en six mois. Frederic Martorell, l'associé principal de l'atelier d'architecture, toussota et, pour ne pas perdre la face, nota un chiffre sur un bout de papier qu'il tendit au potentat. Celui-ci, sans sourciller, signa sur le champ un chèque représentant le montant total et congédia le trio d'un geste absent. Sept mois plus tard, en juillet 1900, Jausà, son épouse et la servante Marisela s'installaient dans la maison. En août de la même année, la police trouvait les deux femmes mortes et Salvador Jausà agonisant, nu et ligoté au fauteuil de son bureau. Le rapport du sergent chargé de l'affaire indiquait que les murs de toute la maison étaient couverts de sang, que les statues des anges qui entouraient le jardin avaient été mutilées - leurs visages peints à la manière de masques tribaux - et qu'on avait découvert des traces de cierges noirs sur les piédestaux. L'enquête dura huit mois. Pendant tout ce temps, Jausà ne prononça pas un mot.

Les recherches de la police aboutirent aux conclusions suivantes : tout semblait indiquer que Jausà et son épouse avaient été empoisonnés avec un extrait végétal administré par Marisela, dans les affaires de qui l'on découvrit plusieurs flacons de cette substance. Pour une raison inconnue, Jausà avait survécu au poison, mais les séquelles étaient terribles : ayant perdu momentanément l'usage de la parole et de l'ouïe, en partie paralysé, il était condamné à vivre le reste de ses jours dans une perpétuelle agonie. Mme Jausà avait été trouvée dans sa chambre, sans autres vêtements que ses bijoux et un bracelet en diamants. La police supposait que Marisela, une fois le crime accompli, s'était ouvert les veines avec un couteau et avait parcouru la maison en répandant son sang sur les murs des couloirs et des pièces, jusqu'au moment où elle était tombée morte dans sa chambre du premier étage. Le mobile, selon la police, était la jalousie. Au moment de sa mort, la femme du potentat était enceinte. On disait que Marisela avait dessiné un crâne sur le ventre nu de celle-ci avec de la cire fondue. ... [...]
+ Lire la suite
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JessoyaJessoya25 juin 2010
Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui.
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Vidéo de Carlos Ruiz Zafón
Livres mentionnés dans la vidéo : - The Catcher in the Rye (JD Salinger) - le Mystère de la Patience (Jostein Gaarder) - Candide (Voltaire) - Belle du Seigneur (Albert Cohen) - L'Ombre du vent (Carlos Ruiz Zafon)
Ma vidéo sur Jostein Gaarder : https://www.youtube.com/watch?v=w2NaoVC-TtI
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