ISBN : 270730056X
Éditeur : Editions de Minuit (1957)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
"Comme dans ces rêves où l'on passe subitement d'un endroit à l'autre, sans transition", Antoine Montès se retrouve un matin dans la ville que quitta sa mère, trente-cinq ans plus tôt, fuyant un mari indigne. Cet étrange fils prodigue, à l'allure invraisemblable, mélang... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 2.00/5
    Par cicou45, le 11 juin 2011

    cicou45
    Cette Histoire raconte celle de Pierre Montès, venu dans une ville qui lui est inconnue ou très peu car c'est cette même ville que sa mère avait quitté 35 ans plus tôt afin de s'éloigner de son mari qui, soit dit en passant, ne méritait pas une telle appellation. Si Pierre se retrouve ici aujourd'hui, cest simplement pour toucher l'héritage de son père. Ce n'est pas simplement cette douleur que l'on découvre après la mort d'un proche ou encore celle d'une famille déchirée qui font réellement l'entité de ce roman, c'est plutôt la découverte par le protagoniste de cette ville étrange et qui s'étonne de tout, et particulièrement de ce vent violent omniprésent. Pierre s'installe ici, du moins pour un temps, sans trop savoir pourquoi et sans que le lecteur ne le sache non plus.
    J'ai eu beaucoup de mal à rentre dans ce livre car j'ai trouvé qu'il manquait d'intrigue bien que certains passages soient émouvants et que le lecteur comprend que le l'auteur exprime ici des douleurs qui ne sont pas toujours évidentes à gérer. Cependant, j'ai également eu du mal avec l'écriture de Claude Simon car j'ai trouvé qu'il employait des phrases extrêmement longues, ce qui induit une sorte de lourdeur sur le livre en lui-même.
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    • Livres 4.00/5
    Par Couperine, le 19 avril 2010

    Couperine
    Bien que s'étant toujours défendu d'appartenir à un courant littéraire, on ne peut cependant pas s'empêcher de penser que Claude Simon est en lien direct avec le Nouveau Roman. Imbrication d'histoires, "style coriace", on a quand même du mal à rentrer dans l'oeuvre.
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  • Par AlainL, le 16 décembre 2011

    AlainL
    Repenser à cet ouvrage, que je n'ai pas relu depuis plusieurs années, c'est me rappeler sa dernière page.
    J'étais encore moins assuré de ma vocation qu'aujourd'hui et l'avoir lue m'a plutôt découragé. Je ne serai jamais Claude Simon, ni même à la hauteur de ses semelles, me suis-je dit. Sotto voce, cette constatation ne m'a pas empêché d'admirer;
    Un concentré de lyrisme au service d'une avancée inexorable vers la fin, dont chaque pas annonce la venue. Et quand le livre s'achève on ne reste pas indifférent, comme on le serait avec d'autres plus prévisibles. Non plus soulagé, ce qui nous arrive malheureusement avec les mauvais récits.
    A ce moment, le livre s'accomplit. Par son talent, continu tout du long, et la grâce d'une page qui réussit le paradoxe de le clôturer en le déployant.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 03 septembre 2011

    brigetoun
    Comme Les Géorgiques, et par rapport à ses plus grands livres, une ligne romanesque presque linéaire.
    Mais un très beau livre pour lequel j'ai de la tendresse. Pour les personnages bien entendu et d'abord le héros ce Saint François très laïque et apparemment paumé, bien entier. Pour les notations précises mais sans insister, en ambiance, sur la société de la ville. Pour la présence de celle-ci et du vent, toujours, du vent. Pour le partage vent/argent au gouvernement de la ville.
    Pour la souplesse sensuelle de l'écriture. Comme toujours
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 03 septembre 2011

    lorsque je l'ai vu là, assis en face de moi, avec cette figure d'épouvantail à moineaux, cette tête de noyé qu'on aurait tout juste repêché l'heure d'avant à la plage et amené ici directement sans même prendre la peine de l'essuyer, ou plutôt de le rincer, ou plutôt de l'essorer, avec ces cheveux noirs trop longs de dix centimètres et cet appareil de photo d'au moins cent mille francs accroché sur son ventre alors qu'aucun clochard de la ville n'aurait seulement voulu, si vous le lui aviez donné, de cet imperméable qui doit lui servir à la fois de tenue de sortie et de chemise de nuit probablement, à moins qu'il ne dorme pas, ne se couche pas, promène toute la nuit dans les rues cette dégaine de rescapé de Buchenwald simplement pour rendre service aux mères de famille dont les enfants ne veulent pas dormir, quoique même pour ça il ne serait probablement d'aucune utilité puisque, paraît-il, il 'y a qu'aux gosses qu'il ne réussisse pas à faire peur à en juger par les trois ou quatre qui sont toujours à courir derrière lui pour qu'il les photographie et leur donne une de ces sucettes dont il fait sans doute provision le matin avant de sortir comme d'autres font provision de cigarettes ou de petite monnaie. Oui, les enfants et les femmes.
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  • Par brigetoun, le 03 septembre 2011

    Il y avait toujours, près de la pompe, une femme en train de laver, comme il y avait toujours, suspendues en permanence à plusieurs fenêtres, des lessives multicolores dansant sur leurs cordes, et le soir la place s'animait de nouveau, se peuplait encore une fois avant la nuit de cris, d'enfants se poursuivant, de femmes aux tabliers et aux cheveux ébouriffés par le vent, et parfois un groupe de joueurs de boules, et aussi les gitans avec leurs pantalons effrangés, leurs costumes élimés, ou même loqueteux, mais toujours arrogants, dédaigneux, parés de foulards aux teintes suaves et claires sous leurs visages bruns, et encore les quatre ou cinq éternels arabes affamés, doux, lugubres, nostalgiques, hors du temps supprimé, sortis des lointaines et ombreuses avenues de l'Histoire où semblaient passer les cortèges de visages guerriers aux mêmes sombres moustaches, aux mêmes regards ardents et tristes, indifférents, sur le fond verdoyant et fertile des pays conquis, de cette même et rouge campagne arrosée de sang fertile et de fertile sueur.
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  • Par brigetoun, le 03 septembre 2011

    Et il me raconta qu'il pouvait sentir, respirer toute cette chair de femme, et percevoir la secrète pulsation du sang sous la peau transparente aux fines veines bleues, et encore l'éclatante lumière de midi pénétrant pas la fenêtre ouverte avec le vent qui faisait battre le rideau de fausse dentelle, comme si lumière et vent n'étaient qu'une seule et même chose...
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  • Par brigetoun, le 03 septembre 2011

    comme si l'élan pris sitôt qu'il avait tourné le dos au zinc l'avait projeté directement dans la chambre où il se tenait maintenant, apparemment décontenancé derrière son masque sombre, comme s'il ne se rappelait plus très bien ce qui l'avait poussé là, le col déboutonné, le noeud de cravate descendu, tandis que peu à peu se répandait autour de lui la violent odeur du Pernod.
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  • Par brigetoun, le 03 septembre 2011

    assis là dans le temps aboli à coté de Rose morte, enfermé, enfoui dans cette chair, ce lourd parfum de lilas en train de se fâner, de se flétrir lentement, il se trouvait ramené à un état en quelque sorte foetal, lové dans la douloureuse et torturante (dit-on) quiétude d'une vie ultra-utérine
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Colloque "Claude Simon géographe" :Claude Simon : le temps dans l'espace / Alastair B. Duncan Université Toulouse II-Le Mirail, 26-27 mai 2011.








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