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> Bernard Lortholary (Traducteur)

ISBN : 2253057835
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 279 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste.


Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancœurs du musicien e... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 29 juin 2012

    lecassin
    Bien moins connu que « Le Parfum », et pourtant… « La contrebasse » est un monologue retraçant les états d'âme d'un contrebassiste frustré et amoureux de son instrument - et accessoirement d'une soprano - comme on peut l'être d'une femme. Sans tomber dans un symbolisme de café du commerce, la comparaison n'est pas surfaite.
    De l'avis même du « récitant », une contrebasse, dans une maison, ce n'est pas un meuble, comme peut parfois l'être le piano. Mieux…dans l'orchestre, si on peut se passer de chef, on ne peut pas se passer de contrebasse… On y revient…
    Le contrebassiste en question entretient avec son instrument une relation quasi charnelle, avec ses moments d'attirance… et ses accès de haine. Parfois on a le sentiment qu'il en vient à le détester. Change-en est-on tenté de lui crier dans ces moments là… Facile à dire…
    Un texte d'une sensualité et d'une profondeur peu commune. Cette petite pièce de théâtre sera donnée pour la première fois à Munich en 1981. Elle sera publiée en 1984 et sera magistralement interprétée par Jacques Villeret.
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    • Livres 3.00/5
    Par cicou45, le 05 novembre 2012

    cicou45
    Le narrateur, trente-cinq ans, est un fonctionnaire mais pas un fonctionnaire comme les autres puisqu'il est contrebassiste dans l'Orchestre National.
    La contrebasse, un instrument très imposant par sa taille mais que, paradoxalement, personne ne remarque ou n'applaudit dans un orchestre.
    Les spectateurs admirent la prouesse du chef d'orchestre, du premier violon ou de la soprane mais rarement du contrebassiste.
    Dans ce long monologue où le narrateur chante les éloges de son instrument sans lequel aucun orchestre ne serait possible sans lui car tout bon orchestre digne de ce non a obligatoirement besoin de basses, il nous décrit également ses goûts musicaux, n'hésitant pas à rabaissez Mozart ou Wagner et à porter au premier plan, celui qu'il estime le plus, Schubert.
    Il nous parle également de son amour pour la jeune et belle soprane Sarah qui fait parti de son orchestre mais qui ne sait même pas qu'il existe car qui aurait l'idée de remarquer un contrebassiste, si doué soit-il, alors que tant d'autres musiciens, placés, eux, au-devant de la scène, composent l'orchestre...à moins qu'il ne fasse une chose insensée pour se faire remarquer, non seulement d'elle mais également de la salle entière...
    Un ouvrage très court, agréable à lire mais pour lequel je me suis sentie parfois inculte en matière de grands compositeurs du XIXe ou XXe siècle, ce qui ne m'a certainement pas permis d'apprécier ce livre dans toute sa grandeur. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 02 novembre 2013

    JacobBenayoune
    Que dire de cette magnifique pièce de théâtre!
    Premièrement, l'auteur a choisi un instrument grossier, encombrant, le plus gros et le plus inaperçu de tous! La contrebasse, qui ne peut donner de solo! (sauf un certain morceau de Sait-Saëns) . C'est comme tous ces gens qui sont toujours là, qui sont indispensables à la bonne démarche d'un mécanisme et que personne ne remarque! On ne peut se passer de Contrebasse dans un orchestre.
    Deuxièmement, on vit ce temps par lequel tout le monde passe, mais sans lui accorder d'attention, sans jamais le vivre vraiment: celui de la préparation pour aller au travail! c'est le temps de la pièce. On est tellement préoccupé par ce travail et ce moment d'intermezzo s'éclipse.
    Troisièmement, on est bien informé sur la musique, l'histoire de la musique, et certains morceaux célèbres (que j'ai cherché après la lecture à écouter ou réécouter).
    Quatrièmement, on s'identifie à cet homme "sans qualité" car l'auteur, avec cette existence individuelle, a touché l'universel. D'où la popularité de cette pièce. C'est la tragédie de l'homme moderne avec la machinerie de la société et l'hiérarchie sociale, la solitude, la recherche de reconnaissance.
    Cinquièmement, c'est une pièce sur la révolte de cet individu casanier, frustré et marginalisé qui veut être remarqué, avoir son heure de gloire! Et surtout être remarqué de la fameuse chanteuse d'opéra qui sera du groupe pour la représentation. (Il pensera à une tentative audacieuse pour ce faire, aussi audacieuse que celle d'Erostrate mais moins dangereuse)
    Finalement, on notera l'humour de cette pièce qui s'ajoute à sa profondeur. Un comique original dans ce monologue.
    Si vous avez lu Le parfum, La contrebasse ne vous décevra point! du grand Süskind.
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    • Livres 5.00/5
    Par NRJ, le 15 décembre 2014

    NRJ
    Ce petit livre est une véritable pépite littéraire. Il raconte les hauts, et surtout les bas d'un contrebassiste qui, sur son sort, sur son rôle, sur son instrument, tour à tour, rêve puis se lamente, puis rêve et se lamente à nouveau dans une valse à deux temps de désespoir et d'espoir. Sublime, incontournable. Un grand regret, ne pas avoir vu la pièce de théâtre avec le très regretté Jacques Villeret. Il est facile de l'imaginer, sans nul doute est-il parfait dans ce rôle, "taillé sur mesure de La Contrebasse".
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    • Livres 4.00/5
    Par louisef, le 23 mars 2014

    louisef
    Le style n'a rien à voir avec Le parfum. Ce n'est pas le même registre. Dans ce long monologue,l'unique personnage nous parle de son instrument de musique, La contrebasse,et se dévoile peu à peu.
    C'est très agréable à lire. le personnage,anti héros par excellence s'adresse directement au lecteur. "De quoi aurait-il l'air,je vous le demande?" " Là! vous entendez ça?"
    Il y a beaucoup d'humour et de spontanéité. Il passe parfois du coq à l'âne et on le suit avec bonheur. Les phrases sont courtes, n'ont pas de verbe parfois. C'est drôlement bien écrit, rien n'est en trop et rien ne manque. Il me donne envie d'écouter de la musique, le son de La contrebasse.
    Au début du roman le personnage vante son instrument . " Un orchestre peut toujours se passer de son chef, mais jamais de La contrebasse" " Ce que je peux dire, c'est qu'il est évident que La contrebasse est de très loin l'instrument le plus important."
    Il se sert de sa contrebasse pour se mettre en valeur. " Moi, j'ai du body, ou du moins mon instrument a du body."
    On a droit à un cours pompeux mais marrant sur tous les atouts de son instrument.
    C'est le personnage parfait pour "le dîner des cons". Il fait de nombreuse disgressions qui donnent du rythme au récit. le lecteur ne peut pas se lasser. " Mais je suis en train de dévier. Cela n'a rien à voir avec le problème que je vous expose."
    Il parle aussi des musiciens. " Schubert n'aurait pas fait de mal à une mouche"; "Mozart n'était pas toujours très convenable"; " Beethoven piquait des crises de fureur"; " le Wagner. Il était odieux cet homme".
    Puis progressivement on sent monter un énervement accompagné d'une consommation croissante d'alcool. Les louanges se transforment en critiques. " L'instrument n'est pas précisément maniable. Une contrebasse, c'est plutôt comment dire, un embarras qu'un instrument.
    Que ça fait du bien au moral! " Elle est plantée là avec un air si bête." J'adore.
    Puis après avoir bien critiqué sa chère contrebasse, il nous fait des confidences. Il ouvre son coeur.
    " ça fait deux ans que je n'ai pas eu de femme et la faute à qui ? A elle!"
    Ce monologue est rempli de phrases cultes
    " si jamais j'ai encore une femme...mais il y a plus moche que moi et malgré tout je suis fonctionnaire"
    Il fait également une interprétation psychanalytique des musiciens joueurs de contrebasse désopilante et émouvante à la fois. Ce personnage est malheureux, souffre de la solitude." Moi personne ne m'aimait". Mais c'est aussi un pauvre type misogyne, homophobe....
    Deux heures de lecture non stop prodigieusement hilarantes.
    C'est un florilège de phrases cocasses.
    " vous ne tirez pas un son de cette saleté de caisse, sans même parler d'un son qui soit beau"
    " c'est ce qui existe de plus laid comme bruit"
    " quand vous êtes contrebassiste, vous êtes pardonnez moi l'expression ni plus ni moins que de la crotte."
    Je ne suis pas d'accord avec l'analyse de la quatrième couverture. le personnage ne plonge pas dans la folie. Bien au contraire, il fait preuve d'une grande lucidité sur sa vie et se livre sans tricherie.
    Le lecteur peut aussi se poser des questions sur sa propre existence, le pourquoi de ses passions...
    A lire absolument.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 18 décembre 2014

    Planant très au-dessus de tout le monde, il y a d’abord le chef, directeur général de la musique. Puis vient le premier violon, puis le premier second violon, puis les autres premiers et seconds violons, les altos, les violoncelles, les flûtes, les hautbois, les clarinettes, les bassons, les cuivres… et tout à la fin la contrebasse. Après nous, il y a juste encore le percussionniste avec ses timbales ; mais ce n’est que théorique, parce que lui est seul et en hauteur, si bien que tout le monde le voit. Quand il intervient, ça s’entend jusqu’aux derniers rangs et chacun se dit : tiens, les timbales. Quand c’est à moi, personne ne dit : tiens, la contrebasse ; parce que, n’est-ce pas, je me perds dans la masse. C’est pourquoi, pratiquement, le percussionniste vient avant le bassiste. Bien qu’à strictement parler la timbale ne soit pas un instrument, avec ses quatre notes. Mais il y a des solos de timbale, par exemple dans le cinquième concerto pour piano de Beethoven, fin du dernier mouvement. Alors tous les gens qui ne regardent pas le pianiste regardent le percussionniste, et dans une grande salle ça fait bien douze à quinze cents personnes. Ils ne sont pas autant à me regarder dans toute une saison.

    N’allez pas croire que c’est la jalousie qui me fait parler. La jalousie est un sentiment que je ne connais pas. Car je sais ce que je vaux. Mais j’ai le sens de la justice et, dans le monde de la musique, il y a des choses totalement injustes. Le soliste a droit à des avalanches d’applaudissements, le public se sent aujourd’hui brimé si on ne le laisse pas applaudir tout son soûl ; le chef récolte des ovations ; puis il se tourne vers le premier violon et lui serre la main au moins à deux reprises ; parfois, l’orchestre tout entier se lève… Quand vous êtes contrebassiste, vous ne pouvez même pas vous lever. Quand vous êtes contrebassiste, vous êtes – pardonnez-moi l’expression – ni plus ni moins que de la crotte !
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  • Par le_Bison, le 16 décembre 2014

    Un mot encore, à propos d’érotisme. Cette petite chanteuse, une merveille. Elle est plutôt petite, avec des yeux tout à fait noirs. Peut-être qu’elle est juive. Personnellement, je m’en fiche. En tout cas, elle s’appelle Sarah. Ce serait une femme pour moi. Vous savez, jamais je ne pourrais tomber amoureux d’une violoncelliste, ni davantage d’une altiste. Bien que (je parle point de vue instrument) la contrebasse a des harmoniques qui se marient merveilleusement à l’alto : symphonie concertante de Dittersdorf. Le trombone va bien aussi. Ou le violoncelle. D’ailleurs, la plupart du temps, contrebasse et violoncelle jouent à l’octave. Mais humainement, ça ne marche pas. Pas pour moi. En tant que bassiste, il me faut une femme qui représente tout l’opposé de moi : la légèreté, la musicalité, la beauté, la chance, la gloire, et il faut qu’elle ait de la poitrine…
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  • Par Nadael, le 06 septembre 2011

    Une destinée de contrebassiste typique (…) : un père dominateur, fonctionnaire, aucun sens artistique ; une mère faible, jouant de la flûte et passionnée par tous les arts ; l'enfant que j'étais idolâtrait sa mère ; ma mère n'avait d'yeux que pour mon père ; mon père adorait ma petite sœur ; et moi personne ne m'aimait... (…). Par haine pour mon père, je décidai de n'être pas fonctionnaire, mais artiste ; mais pour me venger de ma mère, je choisis l'instrument le plus grand, le plus encombrant, le moins fait pour jouer en solo ; et pour la vexer quasi mortellement, tout en faisant un pied de nez à mon père dans sa tombe, voilà que je deviens tout de même fonctionnaire : contrebassiste à l'Orchestre National, troisième pupître.
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  • Par pasiondelalectura, le 29 avril 2013

    De la haine de la contrebasse: [...] l’instrument n’est pas précisément maniable. Une contrebasse, c’est plutôt, comment dire, un embarras qu’un instrument. Vous ne pouvez guère la porter, il faut la traîner; et si vous la faites tomber, elle est cassée. Dans une voiture, elle ne rentre qu’à condition d’enlever le siège avant droit. A ce moment- là, la voiture est pratiquement pleine. Dans un appartement, elle se trouve sans cesse sur votre chemin. Elle est plantée là…avec un air si bête, vous voyez…mais pas comme un piano . Un piano, c’est un meuble. Vous pouvez le fermer et le laisser là où il est. Elle, non. Elle est toujours plantée là…
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  • Par cicou45, le 05 novembre 2012

    "Car la musique est le propre de l'homme. Par-delà la politique et l'histoire. Un élément constitutif de l'humanité universelle, une composante innée de l'âme humaine et de l'esprit humain."

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Bande-annonce du film Le parfum (2006) réalisé par Tom Tykwer et tiré de l’œuvre de Patrick Süskind











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