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> Bernard Lortholary (Traducteur)

ISBN : 2253057835
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 237 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste.
Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancœurs du musicien et de l'homm... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par cicou45, le 05 novembre 2012

    cicou45
    Le narrateur, trente-cinq ans, est un fonctionnaire mais pas un fonctionnaire comme les autres puisqu'il est contrebassiste dans l'Orchestre National.
    La contrebasse, un instrument très imposant par sa taille mais que, paradoxalement, personne ne remarque ou n'applaudit dans un orchestre.
    Les spectateurs admirent la prouesse du chef d'orchestre, du premier violon ou de la soprane mais rarement du contrebassiste.
    Dans ce long monologue où le narrateur chante les éloges de son instrument sans lequel aucun orchestre ne serait possible sans lui car tout bon orchestre digne de ce non a obligatoirement besoin de basses, il nous décrit également ses goûts musicaux, n'hésitant pas à rabaissez Mozart ou Wagner et à porter au premier plan, celui qu'il estime le plus, Schubert.
    Il nous parle également de son amour pour la jeune et belle soprane Sarah qui fait parti de son orchestre mais qui ne sait même pas qu'il existe car qui aurait l'idée de remarquer un contrebassiste, si doué soit-il, alors que tant d'autres musiciens, placés, eux, au-devant de la scène, composent l'orchestre...à moins qu'il ne fasse une chose insensée pour se faire remarquer, non seulement d'elle mais également de la salle entière...
    Un ouvrage très court, agréable à lire mais pour lequel je me suis sentie parfois inculte en matière de grands compositeurs du XIXe ou XXe siècle, ce qui ne m'a certainement pas permis d'apprécier ce livre dans toute sa grandeur. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 29 juin 2012

    lecassin
    Bien moins connu que « Le Parfum », et pourtant… « La contrebasse » est un monologue retraçant les états d'âme d'un contrebassiste frustré et amoureux de son instrument - et accessoirement d'une soprano - comme on peut l'être d'une femme. Sans tomber dans un symbolisme de café du commerce, la comparaison n'est pas surfaite.
    De l'avis même du « récitant », une contrebasse, dans une maison, ce n'est pas un meuble, comme peut parfois l'être le piano. Mieux…dans l'orchestre, si on peut se passer de chef, on ne peut pas se passer de contrebasse… On y revient…
    Le contrebassiste en question entretient avec son instrument une relation quasi charnelle, avec ses moments d'attirance… et ses accès de haine. Parfois on a le sentiment qu'il en vient à le détester. Change-en est-on tenté de lui crier dans ces moments là… Facile à dire…
    Un texte d'une sensualité et d'une profondeur peu commune. Cette petite pièce de théâtre sera donnée pour la première fois à Munich en 1981. Elle sera publiée en 1984 et sera magistralement interprétée par Jacques Villeret.
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    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 02 novembre 2013

    JacobBenayoune
    Que dire de cette magnifique pièce de théâtre!
    Premièrement, l'auteur a choisi un instrument grossier, encombrant, le plus gros et le plus inaperçu de tous! La contrebasse, qui ne peut donner de solo! (sauf un certain morceau de Sait-Saëns) . C'est comme tous ces gens qui sont toujours là, qui sont indispensables à la bonne démarche d'un mécanisme et que personne ne remarque! On ne peut se passer de Contrebasse dans un orchestre.
    Deuxièmement, on vit ce temps par lequel tout le monde passe, mais sans lui accorder d'attention, sans jamais le vivre vraiment: celui de la préparation pour aller au travail! c'est le temps de la pièce. On est tellement préoccupé par ce travail et ce moment d'intermezzo s'éclipse.
    Troisièmement, on est bien informé sur la musique, l'histoire de la musique, et certains morceaux célèbres (que j'ai cherché après la lecture à écouter ou réécouter).
    Quatrièmement, on s'identifie à cet homme "sans qualité" car l'auteur, avec cette existence individuelle, a touché l'universel. D'où la popularité de cette pièce. C'est la tragédie de l'homme moderne avec la machinerie de la société et l'hiérarchie sociale, la solitude, la recherche de reconnaissance.
    Cinquièmement, c'est une pièce sur la révolte de cet individu casanier, frustré et marginalisé qui veut être remarqué, avoir son heure de gloire! Et surtout être remarqué de la fameuse chanteuse d'opéra qui sera du groupe pour la représentation. (Il pensera à une tentative audacieuse pour ce faire, aussi audacieuse que celle d'Erostrate mais moins dangereuse)
    Finalement, on notera l'humour de cette pièce qui s'ajoute à sa profondeur. Un comique original dans ce monologue.
    Si vous avez lu Le parfum, La contrebasse ne vous décevra point! du grand Süskind.
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    • Livres 3.00/5
    Par Marcelline, le 14 mai 2012

    Marcelline
    Bel exercice de style de Patrick Süskind que ce long monologue d'un contrebassiste face à son instrument!
    Si la lecture ne m'a pas "fait rire aux larmes", comme promis par la quatrième de couverture, j'ai admiré la façon dont l'auteur sait nous mener où il veut: dans le même souffle, le contrebassiste commence par encenser son instrument, pour terminer en l'insultant et en lui attribuant toute la responsabilité des frustrations qu'il vit.
    Clairement, pour moi, cette pièce doit prendre toute sa mesure sur scène, en fonction de l'interprétation qu'en fait le comédien.
    Lue, elle ne reste qu'une performance d'écrivain qui aurait vite fait de friser l'ennui!...
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    • Livres 4.00/5
    Par louisef, le 23 mars 2014

    louisef
    Le style n'a rien à voir avec Le parfum. Ce n'est pas le même registre. Dans ce long monologue,l'unique personnage nous parle de son instrument de musique, La contrebasse,et se dévoile peu à peu.
    C'est très agréable à lire. le personnage,anti héros par excellence s'adresse directement au lecteur. "De quoi aurait-il l'air,je vous le demande?" " Là! vous entendez ça?"
    Il y a beaucoup d'humour et de spontanéité. Il passe parfois du coq à l'âne et on le suit avec bonheur. Les phrases sont courtes, n'ont pas de verbe parfois. C'est drôlement bien écrit, rien n'est en trop et rien ne manque. Il me donne envie d'écouter de la musique, le son de La contrebasse.
    Au début du roman le personnage vante son instrument . " Un orchestre peut toujours se passer de son chef, mais jamais de La contrebasse" " Ce que je peux dire, c'est qu'il est évident que La contrebasse est de très loin l'instrument le plus important."
    Il se sert de sa contrebasse pour se mettre en valeur. " Moi, j'ai du body, ou du moins mon instrument a du body."
    On a droit à un cours pompeux mais marrant sur tous les atouts de son instrument.
    C'est le personnage parfait pour "le dîner des cons". Il fait de nombreuse disgressions qui donnent du rythme au récit. le lecteur ne peut pas se lasser. " Mais je suis en train de dévier. Cela n'a rien à voir avec le problème que je vous expose."
    Il parle aussi des musiciens. " Schubert n'aurait pas fait de mal à une mouche"; "Mozart n'était pas toujours très convenable"; " Beethoven piquait des crises de fureur"; " le Wagner. Il était odieux cet homme".
    Puis progressivement on sent monter un énervement accompagné d'une consommation croissante d'alcool. Les louanges se transforment en critiques. " L'instrument n'est pas précisément maniable. Une contrebasse, c'est plutôt comment dire, un embarras qu'un instrument.
    Que ça fait du bien au moral! " Elle est plantée là avec un air si bête." J'adore.
    Puis après avoir bien critiqué sa chère contrebasse, il nous fait des confidences. Il ouvre son coeur.
    " ça fait deux ans que je n'ai pas eu de femme et la faute à qui ? A elle!"
    Ce monologue est rempli de phrases cultes
    " si jamais j'ai encore une femme...mais il y a plus moche que moi et malgré tout je suis fonctionnaire"
    Il fait également une interprétation psychanalytique des musiciens joueurs de contrebasse désopilante et émouvante à la fois. Ce personnage est malheureux, souffre de la solitude." Moi personne ne m'aimait". Mais c'est aussi un pauvre type misogyne, homophobe....
    Deux heures de lecture non stop prodigieusement hilarantes.
    C'est un florilège de phrases cocasses.
    " vous ne tirez pas un son de cette saleté de caisse, sans même parler d'un son qui soit beau"
    " c'est ce qui existe de plus laid comme bruit"
    " quand vous êtes contrebassiste, vous êtes pardonnez moi l'expression ni plus ni moins que de la crotte."
    Je ne suis pas d'accord avec l'analyse de la quatrième couverture. le personnage ne plonge pas dans la folie. Bien au contraire, il fait preuve d'une grande lucidité sur sa vie et se livre sans tricherie.
    Le lecteur peut aussi se poser des questions sur sa propre existence, le pourquoi de ses passions...
    A lire absolument.
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 06 septembre 2011

    Une destinée de contrebassiste typique (…) : un père dominateur, fonctionnaire, aucun sens artistique ; une mère faible, jouant de la flûte et passionnée par tous les arts ; l'enfant que j'étais idolâtrait sa mère ; ma mère n'avait d'yeux que pour mon père ; mon père adorait ma petite sœur ; et moi personne ne m'aimait... (…). Par haine pour mon père, je décidai de n'être pas fonctionnaire, mais artiste ; mais pour me venger de ma mère, je choisis l'instrument le plus grand, le plus encombrant, le moins fait pour jouer en solo ; et pour la vexer quasi mortellement, tout en faisant un pied de nez à mon père dans sa tombe, voilà que je deviens tout de même fonctionnaire : contrebassiste à l'Orchestre National, troisième pupître.
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  • Par pasiondelalectura, le 29 avril 2013

    De la haine de la contrebasse: [...] l’instrument n’est pas précisément maniable. Une contrebasse, c’est plutôt, comment dire, un embarras qu’un instrument. Vous ne pouvez guère la porter, il faut la traîner; et si vous la faites tomber, elle est cassée. Dans une voiture, elle ne rentre qu’à condition d’enlever le siège avant droit. A ce moment- là, la voiture est pratiquement pleine. Dans un appartement, elle se trouve sans cesse sur votre chemin. Elle est plantée là…avec un air si bête, vous voyez…mais pas comme un piano . Un piano, c’est un meuble. Vous pouvez le fermer et le laisser là où il est. Elle, non. Elle est toujours plantée là…
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  • Par mandarine43, le 08 août 2011

    [ Incipit ]

    LA CONTREBASSE

    Une chambre. Quelqu'un passe un disque, la Deuxième Symphonie de Brahms, et la fredonne en même temps. Bruits de pas qui s'éloignent et reviennent. Ce quelqu'un ouvre une bouteille et se verse de la bière.
    Attendez... Ça va y être... Là ! Vous entendez ça ? Là ! Maintenant ! Vous entendez ? Ça va revenir une seconde fois, le même passage, attendez.
    Là ! Là, vous entendez ? Je veux parler des basses. Des contrebasses...
    Il relève le bras de la platine, la musique s'arrête.
    ... C'est moi. C'est nous, si vous préférez. Mes collègues et moi. Orchestre National. La Deuxième de Brahms, il faut avouer que c'est impressionnant. Nous étions six, en l'occurrence. Effectif moyen. Au total, on est huit. Quelquefois, on nous envoie du renfort et on se retrouve à dix. Ou même à douze, ça s'est déjà vu : ça fait du bruit, c'est moi qui vous le dis, beaucoup de bruit. Douze contrebasses, si elles s'y mettent (en théorie, je veux dire), vous ne pouvez pas leur damer le pion, même avec l'orchestre au complet. Ne serait-ce qu'en décibels. Les autres n'ont plus qu'à aller se rhabiller. Mais si on n'est pas là, rien ne va plus. Posez la question à n'importe qui.
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  • Par cicou45, le 05 novembre 2012

    "Car la musique est le propre de l'homme. Par-delà la politique et l'histoire. Un élément constitutif de l'humanité universelle, une composante innée de l'âme humaine et de l'esprit humain."

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  • Par cicou45, le 05 novembre 2012

    "Mais, vous voyez, c'est souvent comme ça. Les meilleures choses sont éliminées, parce que la marche du temps leur est contraire. Le temps marche en écrasant tout sur son passage."

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Vidéo de Patrick Süskind

Bande-annonce du film Le parfum (2006) réalisé par Tom Tykwer et tiré de l’œuvre de Patrick Süskind











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