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Bernard Lortholary (Traducteur)
ISBN : 2253057835
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 387 notes)
Résumé :
La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste.


Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancœurs du musicien et de l'homme. Et peu à peu la haine d'abord refoulée de cette encombrante compagne s'exprime, se déchaîne et explose jusqu'à la folie...


Ce monologue tragique et drôle, par l'au... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
le_Bison31 décembre 2014
  • Livres 4.00/5
Devenir contrebassiste n'est pas un choix de carrière. Plus un hasard de la vie, la rencontre entre deux êtres, un musicien pas assez bon pour faire un instrument plus noble et une grosse caisse en bois. Parce qu'au final, ce n'est que ça : de vulgaires planches découpées, assemblées et bombées mises en forme pour provoquer un bruit sourd et vibrant au fond d'une salle de concert. D'ailleurs, qui regarde le contrebassiste. On l'entend mais on ne n'y prête pas la moindre attention. Gros et laid diraient certains. Pourtant, les intentions étaient belles au départ. Ces courbes si harmonieuses que l'on dirait le corps d'une femme, des courbes que l'on caresserait délicatement de sa main si cette dernière n'avait pas de la corne si dure à force de marteler ces cordes. Et puis ce son, gros et guttural, dont aucun orchestre ne peut se passer. INDISPENSABLE, mais tellement gros qu'on l'a remisé dans un fond de salle, là où personne ne le voit même cette belle soprano avec sa voix enchanteresse et ce corps si divin.
Parce que le voilà le problème essentiel du contrebassiste : l'amour. Ou le désamour. Tu as déjà essayé d'emballer une nana avec ce gros machin qui traîne au milieu de la pièce, qui te regarde, te scrute et que tu ne peux n'y déplacer ni cacher. Elle en fait fuir plus d'une, cette contrebasse. Pas étonnant de fait que le contrebassiste devienne cet être solitaire et aigrie, du genre à finir les soirées, seul, une bière à la main. Ou deux. Même plusieurs, c'est fou ce que cela donne soif de réciter un long monologue sur la contrebasse, encore plus que décrire une chronique ici.
« Vous permettez qu'en même temps je prenne un peu de bière, c'est dingue ce que je peux me déshydrater… »
Grand succès des théâtres parisiens – et d'ailleurs, certainement – de Jacques Villeret à Clovis Cornillac. Je comprends qu'un acteur soit séduit par ce texte et sa transposition scénique. Musicien ou pas, le type se retrouve seul sur scène avec ce lourd et imposant instrument aux courbes féminines qui ne lui répondent pas et qui par conséquent passe son temps à boire de la bière. Un petit coin de paradis sur scène. Rien que pour ça, cela motiverait les plus grands acteurs. S'il le faut, moi-même je peux jouer le rôle de la contrebasse silencieuse pour pouvoir, dès que le contrebassiste a le dos tourné pour mettre un disque de Schubert ou de Wagner, tremper mes lèvres dans cette bière blonde et allemande – il en va de soi pour un texte de Süskind.
Honnêtement, il me faut certainement presqu'autant de temps de boire une pinte de Paulaner que de lire ce court texte et même si parfois, il me manque un peu de termes techniques et musicologues pour apprécier les états d'âme du contrebassiste à sa juste pensée, le plaisir d'imaginer cette bière blonde et dorée couler le long d'une contrebasse et embrasser ses contours charnus est bien là. Mais il ressort un léger sentiment de frustration : cela discute de Wagner ou de Dittersdorf mais je n'ai rien à mettre qui y ressemble sur ma platine-disque.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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lecassin
lecassin29 juin 2012
  • Livres 5.00/5
Bien moins connu que « le parfum », et pourtant… « La contrebasse » est un monologue retraçant les états d'âme d'un contrebassiste frustré et amoureux de son instrument - et accessoirement d'une soprano - comme on peut l'être d'une femme. Sans tomber dans un symbolisme de café du commerce, la comparaison n'est pas surfaite.
De l'avis même du « récitant », une contrebasse, dans une maison, ce n'est pas un meuble, comme peut parfois l'être le piano. Mieux…dans l'orchestre, si on peut se passer de chef, on ne peut pas se passer de contrebasse… On y revient…
Le contrebassiste en question entretient avec son instrument une relation quasi charnelle, avec ses moments d'attirance… et ses accès de haine. Parfois on a le sentiment qu'il en vient à le détester. Change-en est-on tenté de lui crier dans ces moments là… Facile à dire…
Un texte d'une sensualité et d'une profondeur peu commune. Cette petite pièce de théâtre sera donnée pour la première fois à Munich en 1981. Elle sera publiée en 1984 et sera magistralement interprétée par Jacques Villeret.
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cicou45
cicou4505 novembre 2012
  • Livres 3.00/5
Le narrateur, trente-cinq ans, est un fonctionnaire mais pas un fonctionnaire comme les autres puisqu'il est contrebassiste dans l'Orchestre National.
La contrebasse, un instrument très imposant par sa taille mais que, paradoxalement, personne ne remarque ou n'applaudit dans un orchestre.
Les spectateurs admirent la prouesse du chef d'orchestre, du premier violon ou de la soprane mais rarement du contrebassiste.
Dans ce long monologue où le narrateur chante les éloges de son instrument sans lequel aucun orchestre ne serait possible sans lui car tout bon orchestre digne de ce non a obligatoirement besoin de basses, il nous décrit également ses goûts musicaux, n'hésitant pas à rabaissez Mozart ou Wagner et à porter au premier plan, celui qu'il estime le plus, Schubert.
Il nous parle également de son amour pour la jeune et belle soprane Sarah qui fait parti de son orchestre mais qui ne sait même pas qu'il existe car qui aurait l'idée de remarquer un contrebassiste, si doué soit-il, alors que tant d'autres musiciens, placés, eux, au-devant de la scène, composent l'orchestre...à moins qu'il ne fasse une chose insensée pour se faire remarquer, non seulement d'elle mais également de la salle entière...
Un ouvrage très court, agréable à lire mais pour lequel je me suis sentie parfois inculte en matière de grands compositeurs du XIXe ou XXe siècle, ce qui ne m'a certainement pas permis d'apprécier ce livre dans toute sa grandeur. A découvrir !
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JacobBenayoune
JacobBenayoune02 novembre 2013
  • Livres 5.00/5
Que dire de cette magnifique pièce de théâtre!
Premièrement, l'auteur a choisi un instrument grossier, encombrant, le plus gros et le plus inaperçu de tous! La contrebasse, qui ne peut donner de solo! (sauf un certain morceau de Saint-Saëns) . C'est comme tous ces gens qui sont toujours là, qui sont indispensables à la bonne démarche d'un mécanisme et que personne ne remarque! On ne peut se passer de Contrebasse dans un orchestre.
Deuxièmement, on vit ce temps par lequel tout le monde passe, mais sans lui accorder d'attention, sans jamais le vivre vraiment: celui de la préparation pour aller au travail! c'est le temps de la pièce. On est tellement préoccupé par ce travail et ce moment d'intermezzo s'éclipse.
Troisièmement, on est bien informé sur la musique, l'histoire de la musique, et certains morceaux célèbres (que j'ai cherché après la lecture à écouter ou réécouter).
Quatrièmement, on s'identifie à cet homme "sans qualité" car l'auteur, avec cette existence individuelle, a touché l'universel. D'où la popularité de cette pièce. C'est la tragédie de l'homme moderne avec la machinerie de la société et l'hiérarchie sociale, la solitude, la recherche de reconnaissance.
Cinquièmement, c'est une pièce sur la révolte de cet individu casanier, frustré et marginalisé qui veut être remarqué, avoir son heure de gloire! Et surtout être remarqué de la fameuse chanteuse d'opéra qui sera du groupe pour la représentation. (Il pensera à une tentative audacieuse pour ce faire, aussi audacieuse que celle d'Erostrate mais moins dangereuse)
Finalement, on notera l'humour de cette pièce qui s'ajoute à sa profondeur. Un comique original dans ce monologue.
Si vous avez lu le parfum, La Contrebasse ne vous décevra point! du grand Süskind.
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Prudence
Prudence24 juin 2016
  • Livres 4.00/5
Cette courte nouvelle est un long monologue, comme une interview sans intervieweur. En toute honnêteté je me contrefous des contrebasses et pourtant Patrick Süskind a su me passionner avec ce personnage qui parle de contrebasse. Plus que de contrebasse, c'est de lui qu'il parle... derrière sa contrebasse. Une relation passionnelle et frustrée, une attirance et une haine mêlée.
Un autre livre étonnant et décrivant bien les paysages émotionnels de Patrick Süskind et qui me donne envie d'en découvrir d'autres.
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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison18 décembre 2014
Planant très au-dessus de tout le monde, il y a d’abord le chef, directeur général de la musique. Puis vient le premier violon, puis le premier second violon, puis les autres premiers et seconds violons, les altos, les violoncelles, les flûtes, les hautbois, les clarinettes, les bassons, les cuivres… et tout à la fin la contrebasse. Après nous, il y a juste encore le percussionniste avec ses timbales ; mais ce n’est que théorique, parce que lui est seul et en hauteur, si bien que tout le monde le voit. Quand il intervient, ça s’entend jusqu’aux derniers rangs et chacun se dit : tiens, les timbales. Quand c’est à moi, personne ne dit : tiens, la contrebasse ; parce que, n’est-ce pas, je me perds dans la masse. C’est pourquoi, pratiquement, le percussionniste vient avant le bassiste. Bien qu’à strictement parler la timbale ne soit pas un instrument, avec ses quatre notes. Mais il y a des solos de timbale, par exemple dans le cinquième concerto pour piano de Beethoven, fin du dernier mouvement. Alors tous les gens qui ne regardent pas le pianiste regardent le percussionniste, et dans une grande salle ça fait bien douze à quinze cents personnes. Ils ne sont pas autant à me regarder dans toute une saison.

N’allez pas croire que c’est la jalousie qui me fait parler. La jalousie est un sentiment que je ne connais pas. Car je sais ce que je vaux. Mais j’ai le sens de la justice et, dans le monde de la musique, il y a des choses totalement injustes. Le soliste a droit à des avalanches d’applaudissements, le public se sent aujourd’hui brimé si on ne le laisse pas applaudir tout son soûl ; le chef récolte des ovations ; puis il se tourne vers le premier violon et lui serre la main au moins à deux reprises ; parfois, l’orchestre tout entier se lève… Quand vous êtes contrebassiste, vous ne pouvez même pas vous lever. Quand vous êtes contrebassiste, vous êtes – pardonnez-moi l’expression – ni plus ni moins que de la crotte !
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le_Bisonle_Bison16 décembre 2014
Un mot encore, à propos d’érotisme. Cette petite chanteuse, une merveille. Elle est plutôt petite, avec des yeux tout à fait noirs. Peut-être qu’elle est juive. Personnellement, je m’en fiche. En tout cas, elle s’appelle Sarah. Ce serait une femme pour moi. Vous savez, jamais je ne pourrais tomber amoureux d’une violoncelliste, ni davantage d’une altiste. Bien que (je parle point de vue instrument) la contrebasse a des harmoniques qui se marient merveilleusement à l’alto : symphonie concertante de Dittersdorf. Le trombone va bien aussi. Ou le violoncelle. D’ailleurs, la plupart du temps, contrebasse et violoncelle jouent à l’octave. Mais humainement, ça ne marche pas. Pas pour moi. En tant que bassiste, il me faut une femme qui représente tout l’opposé de moi : la légèreté, la musicalité, la beauté, la chance, la gloire, et il faut qu’elle ait de la poitrine…
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EmilieDMEmilieDM14 janvier 2016
Et je la regarde. Et alors je pense : quel instrument hideux ! Je vous en prie, regardez-la. Non, mais regardez-la ! Elle a l'air d'une grosse bonne femme, et vieille. Les hanches beaucoup trop basses, la taille complètement ratée, beaucoup trop marquée vers le haut, et pas assez fine ; et puis ce torse étriqué, rachitique... à vous rendre fou. C'est parce que, d'un point de vue historique, la contrebasse est le résultat d'un métissage. Elle a le bas d'un gros violon et le haut d'une grande viole de gambe. La contrebasse est l'instrument le plus affreux, le plus pataud, le plus inélégant qui ait jamais été inventé. Le Quasimodo de l'orchestre.
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NadaelNadael06 septembre 2011
Une destinée de contrebassiste typique (…) : un père dominateur, fonctionnaire, aucun sens artistique ; une mère faible, jouant de la flûte et passionnée par tous les arts ; l'enfant que j'étais idolâtrait sa mère ; ma mère n'avait d'yeux que pour mon père ; mon père adorait ma petite sœur ; et moi personne ne m'aimait... (…). Par haine pour mon père, je décidai de n'être pas fonctionnaire, mais artiste ; mais pour me venger de ma mère, je choisis l'instrument le plus grand, le plus encombrant, le moins fait pour jouer en solo ; et pour la vexer quasi mortellement, tout en faisant un pied de nez à mon père dans sa tombe, voilà que je deviens tout de même fonctionnaire : contrebassiste à l'Orchestre National, troisième pupître.
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EmilieDMEmilieDM14 janvier 2016
Et voilà ce qu'on appelle la puissance de choc de cet instrument. Cela tient aux basses fréquences. Une flûte, si vous voulez, ou bien une trompette a davantage de timbre, à ce qu'on se figure. Mais c'est pas vrai. Elles n'ont pas de puissance. Pas de portée. Pas de body, comme disent les Américains. Moi, j'ai du body, ou du moins mon instrument a du body. Et c'est tout ce que je lui trouve. Sinon, il n'a rien pour lui. Sinon, c'est une catastrophe intégrale.
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Adaptation #26 : Le Parfum
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