> Bernard Lortholary (Traducteur)

ISBN : 2253044903
Éditeur : Le Livre de Poche (2006)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 1743 notes) Ajouter à mes livres
L'histoire abominable et drolatique de Jean-Baptiste Grenouille a déjà fait rire et frémir, en quelques mois, des centaines de milliers de lecteurs allemands et italiens. La voilà, en somme, réimportée en France, puisque c'est ici qu'elle se passe, à Paris et en Provenc... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 11 octobre 2011

    lehane-fan
    Livre à la fragrance millésimée.
    Cueillez-le , sentez-le , humez-le à vous en étourdir .
    Ayez du flair , du nez , du tarin , ne passez pas à coté !
    J'ajouterais qu'à ce prix , un tel parfum , dont l'arome n'a d'égal que la générosité , en est presque indécent...
    La perfection olfactive a un prix et pour ce faire , votre vie , aux yeux de Grenouille , n'en a aucun !
    Critique de qualité ? (57 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 25 juillet 2011

    Eric75019
    Inclassable, ce livre est devenu… un classique ! Inclassable car d'une grande originalité : pour la première et peut-être unique fois dans un roman, la description des lieux, des objets, des personnes, est d'abord rendue par les odeurs. le personnage principal, Jean-Baptiste Grenouille, est doté d'un odorat d'exception qui fait de lui un quasi surhomme (un super-héros dirait-on aujourd'hui, si l'action n'était pas située au XVIIIème siècle). Son fabuleux odorat lui permet en effet de se diriger dans l'obscurité et de « voir » à travers les murs et les placards, il pourrait presque être aveugle, tant ses autres sens lui sont devenus inutiles. Mais cet étrange héros a bien entendu plusieurs défauts dans la cuirasse. Son intelligence est mise au service exclusif de son besoin d'accaparer et de mémoriser de nouvelles odeurs, et il passe donc auprès de ses semblables pour un parfait idiot, même doué de ce talent unique. Grenouille s'accommode parfaitement de cette situation (rien ne l'intéresse en dehors des odeurs). Rien ne peut l'émouvoir, tout lui est indifférent y compris la beauté et la vie humaine, et il ira donc jusqu'à devenir un tueur en série pour capturer l'odeur des jeunes femmes qu'il cherche à collectionner.
    Ce roman est inclassable, car il est à la fois un roman historique, un roman fantastique, un polar et un conte philosophique. le héros est un monstre mais on finit par l'accompagner dans sa folie meurtrière et à comprendre sa quête qui correspond à la construction d'un idéal. L'auteur mène son idée très loin en opérant à notre insu une inversion des systèmes de valeurs, il nous entraîne vers l'acceptation de l'ignominie, la chosification des victimes et la transformation inattendue de son antihéros en personnage quasi-divin, finalement capable après une condamnation et une résurrection spectaculaire de prendre le pouvoir absolu sur ses congénères et de choisir lui-même l'heure de sa disparition.
    Il va sans dire que certaines scènes du roman et son épilogue procureront un sentiment de malaise à certains, car malgré son édifiant parcours olfactif, Jean-Baptiste Grenouille n'est certes pas un personnage en odeur de sainteté !
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    Critique de qualité ? (40 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par jwpack, le 02 avril 2012

    jwpack
    L'odorat est l'un des seuls sens qu'on ne peut contrôler, même de force. Se faire équivaudrait à cesser de respirer, donc à mourir. C'est ce qui en fait une faiblesse, une faille dans notre humanité, mais qui demeure, tout de même, souvent sous-estimée, voire oubliée. Dans ce roman, c'est le sujet principal, le héros, pourrait-on presque affirmer.
    À la fermeture du livre, j'en restais incertain. Ce sentiment qu'il y a quelques choses qui transcendent les mots et les pages, une morale qui nous semble rapidement simple et vague nous apparaît, à force de questionnements, beaucoup plus intense qu'on se l'imaginait. Comment, Patrick Süskind, a-t-il réussi à bâtir autour du thème de l'odorat une histoire aussi philosophiquement prenante? Je l'ignore. le fait est qu'après quelques minutes, voire quelques heures, j'en suis encore en pleine réflexion. En fin de compte, ce roman consiste en une introspection sur nos valeurs, sur notre compréhension du bien et du mal.
    Jean-Baptiste Grenouille est un humain insolite, tout comme son nom d'ailleurs. Dès sa naissance, sa mère ayant tenté de l'assassiner aussitôt qu'il fut sorti de son antre, il est différent, étrange et mystérieux. Il deviendra, bien assez vite dans sa vie, un tueur en série. Son but est simple : capturer les odeurs de jeunes femmes, qui sont toutes en puberté et parmi les plus jolies, pour en faire un parfum parfait qui lui donnerait une puissance sur les gens. Lui, qui déteste les humains, qui est un mal-aimé, un rejet et qui désire se faire accepter.
    Vous conviendrez que c'est là une histoire plus qu'originale. La dernière partie, qui m'a paru plus que surréaliste, m'a un peu déplu. Sans vouloir dévoiler des éléments qui pourront freiner votre lecture, il s'agit d'une explosion, autant émotive que sexuelle, qui m'a laissé un peu perplexe. C'est d'ailleurs le seul point négatif du bouquin, ces instants d'excès énormément trop intenses nous font décrocher de par le ridicule de la situation. Par moment, c'est un peu trop tiré par les cheveux. Süskind se rattrape merveilleusement bien grâce à l'épilogue qui, elle, nous laisse à réfléchir et pour longtemps.
    Lorsque je lis, généralement, j'ai la note finale de mon appréciation bien ancrée, vers le dernier quart de l'oeuvre. À moins que les dernières phrases me marquent profondément, ce résultat tient habituellement la route. Pour celui-ci, je lui donnais un 7 jusqu'à arriver à cette finalité. Là, tout bascula. Il y a des excès, une certaine sexualité et violence présentée dans ce livre, mais nullement comparée à American Psycho. Sans aller dans la grossièreté ou dans les descriptions beaucoup trop imagées, l'auteur ici laisse au lecteur le loisir de se forger ses propres scènes, sans trépasser dans la limite du vulgaire. Parce qu'il réussit ce tour de force et grâce à une finalité qui nous tombe dessus comme une brique, j'émets un : « Chapeau! » bien senti.
    D'un 7, il obtient finalement un 9 sur 10. Ce n'est pas peu dire, car je ne permets que très peu de place à ce haut du palier dans mes classements. Ce n'est pas tant pour l'écriture, mais surtout pour le message qui s'y dégage et l'intensité de la réflexion qu'il procure.
    C'est un livre que je vous conseille fortement de lire. Vous en serez des heures à méditer.
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    Critique de qualité ? (26 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par florencemullot, le 17 avril 2011

    florencemullot
    J'ai lu le livre lorsque j'étais en seconde (oui, ça remonte !) et j'en garde encore un souvenir mitigé. Je ne me souviens plus de tous les détails de l'histoire, mais la première chose qui me vient à l'esprit lorsqu'on me parle de ce livre c'est le mot "dégoutant". Je m'explique. Patrick Süskind arrive à vous décrire des scènes, des odeurs avec un réalisme et une minutie incroyable, dérangeante même... J'avoue que certains passages m'ont écœurée mais dans un bon sens. Je ne connais pas beaucoup d'auteur capable de faire cela, d'être aussi réaliste, aussi pointilleux. Il est même fascinant de voir comment Patrick Süskind a su entrer dans l'esprit de Grenouille, car l'auteur devait vraiment être "proche" de son personnage pour pousser autant la complexité de sa psychologie.
    Parlons un peu de l'histoire. Je dois avouer que je n'ai sûrement pas dû apprécier le livre comme il se le doit. 15/16 ans, je ne dirais pas que ce soit le bon âge pour lire un tel livre. Mais dans l'ensemble, l'histoire est incroyable. La psychologie de Grenouille est terrifiante, malsaine, effrayant, abjecte même. Qui aurait cru qu'un tueur en série pourrait utiliser un don comme l'odorat pour tuer. Cela n'est pas forcément très crédible et pourtant ça fonctionne très bien, cela en est même effrayant à souhait. Grenouille passe à la fois pour un anti-héros incompris et aussi comme un monstre sans âme. Est-ce dû à son enfance malheureuse, ou bien est-ce qu'il est juste un psychopathe. Sa complexité est absolument intrigante et passionnante à la fois.
    Tout le long du roman, je me souviens avoir ressenti du malêtre car je n'arrivais pas à comprendre comment un tel monstre pouvait exister. J'étais encore jeune, et il faut bien l'avouer très loin de croire que les Hommes pouvaient être aussi cruel envers leurs semblables. Avec le recul, ses actes me paraissent moins insensés, dans le sens où je sais parfaitement que l'horreur se profile à tous les coins de rues. Mais je n'arrive pas à comprendre comment on ne peut pas ressentir un amour vrai, pas morbide ou obsessionnel. Comment est-ce qu'on ne peut pas ressentir juste une once de compassion ? Comment quelqu'un peut être le mal incarné. Et pourtant Grenouille a un don extraordinaire qu'il "salit" du début à la fin.
    La fin est d'ailleurs épouvantable, écœurante. Elle rappelle bien sûr le tout début du roman, la naissance de Grenouille, mais elle a quelque chose de risible en soit. L'homme qui n'avait pas d'odeur et qui cherchait à en trouver une parfaite (pour avoir enfin une identité, et donc exister - voire être parfait selon ses idées), se retrouve dépecé par les criminels des alentours et disparaît complètement... Une fin tragique mais qui a des airs de "tout ça pour ça".
    Je n'ai mis que trois étoiles car je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai aimé ou pas le livre. J'en garde un souvenir dérangeant et en même temps une curiosité morbide. Mais en tout cas, je conseille ce livre.
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 16 janvier 2009

    annie
    Encore un très bon souvenir de lecture...
    dommage que Suskind ne nous donne pas d'autres romans... du moins, à ma connaissance.

    Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s'appellera Grenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l'emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité.
    C'est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier.
    Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d'abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique.
    Dans ce voyage jusqu'aux confins de l'imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l'ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique.
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    Critique de qualité ? (28 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par arpigny, le 25 mai 2012

    Je dois bien être une des rares personnes a n'avoir pas aimé ce bouquin! Mais c'est le cas, je me suis forcée à le lire pour la forme mais j'ai du me faire violence! Pourtant, je ne reproche rien au style, à l'écriture ... C'est indiscutablement un très bon bouquin! Moi aussi, j'ai senti les odeurs avec une précision remarquable, c'est vraiment phénoménal ... Mais le manque de sentiment des personnage, le manque d'humanité de Grenouille m'ont totalement coupée du récit. Je n'ai ressenti aucune empathie pour lui ou ses victimes, aucun sentiment ... Je sais très bien que c'est là une des qualités de l'auteur, et un exercice de style tout à fait réussi .. Quoiqu'il en soit, je pense être passée complètement à coté du livre. Vraiment.
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  • Par Sesheta, le 28 novembre 2009

    Maintenant il sentait qu'elle était un être humain, il sentait la sueur de ses aisselles, le gras de ses cheveux, l'odeur de poisson de son sexe, et il les sentait avec délectation. Sa sueur fleurait aussi frais que le vent de mer, le sébum de sa chevelure aussi sucré que l'huile de noix, son sexe comme un bouquet de lis d'eau, sa peau comme les fleurs de l'abricotier... et l'alliance de toutes ces composantes donnait un parfum tellement riche, tellement équilibré, tellement enchanteur, que tout ce que Grenouille avait jusque-là senti en fait de parfums, toutes les constructions olfactives qu'il avait échafaudées par jeu en lui-même, tout cela se trouvait ravalé d'un coup à la pure insignifiance.
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    Citation de qualité ? (41 votes positifs)
  • Par Sesheta, le 28 novembre 2009

    A dater de ce jour, en revanche, il lui semblait savoir enfin qui il était vraiment : en l'occurrence, rien de moins qu'un génie ; et que sa vie avait un sens et un but et une fin et une mission transcendante : celle, en l'occurrence, de révolutionner l'univers des odeurs, pas moins ; et qu'il était le seul au monde à disposer de tous les moyens que cela exigeait : à savoir son nez extraordinairement subtil, sa mémoire phénoménale et, plus important que tout, le parfum pénétrant de cette jeune fille de la rue des Marais, qui contenait comme une formule magique tout ce qui fait une belle et grande odeur, tout ce qui fait un parfum : délicatesse, puissance, durée, diversité, et une beauté irrésistible, effrayante.
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  • Par Sesheta, le 28 novembre 2009

    Et comme tous les scélérats de génie à qui un évènement extérieur trace une voie droite dans le chaos de leur âme, Grenouille ne dévia plus de l'axe qu'il croyait avoir trouvé à son destin. Il comprenait maintenant clairement pourquoi il s'était cramponné à la vie avec autant d'obstination et d'acharnement : il fallait qu'il soit un créateur de parfums. Et pas n'importe lequel. Le plus grand parfumeur de tous les temps.
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  • Par Sesheta, le 28 novembre 2009

    Et plus tard, quand il apprit par des récits combien la mer était grande et qu'on pouvait voyager dessus pendant des jours sur des bateaux, sans voir la terre, rien ne le séduisit tant que de s'imaginer sur l'un de ces bateaux, perché à la cime du mât de misaine et voguant à travers l'odeur infinie de la mer, qui de fait n'était nullement une odeur, mais un souffle, une expiration, la fin de toutes les odeurs, et dans ce souffle il rêvait de se dissoudre de plaisir.
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