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> Serge Soupel (Éditeur scientifique)
> Charles Mauron (Traducteur)

ISBN : 2080703714
Éditeur : Flammarion (1999)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 94 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Grand roman moderne du XVIIIe siècle anglais, considéré comme l'un des sommets de la littérature universelle, à l'égal des œuvres de Rabelais ou de Cervantès, et curieusement mal connu en France, Tristram Shandy - littéralement Tristram Tête-Fêlée - renaît aujourd'hui d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lolo71, le 18 juin 2009

    lolo71
    « La vie et les opinions de Tristram Shandy » porte mal son nom. Car de la vie de Tristram, le narrateur, on apprend très peu de choses, et un peu plus de ses opinions il est vrai. Sa naissance ne survient qu'au tiers du livre environ, et à la fin il n'est encore qu'un enfant. Les véritables héros en sont le père de Tristram, Gauthier Shandy, et le frère de celui-ci, Tobie. Leurs discussions, réflexions, faits et gestes, et les retours sur leur vie constituent autant de digressions qui freinent la progression du récit. Mais cela semble le cadet des soucis de Laurence Sterne, qui prend plutôt plaisir à dynamiter la forme académique du roman.
    Au final, le récit se présente comme un collage de commentaires philosophiques, de gloses religieuses, d'allusions graveleuses, de discussions sur d'absurdes points de droit, d'analyses scientifiques, de dissertations sur l'art militaire. La science des fortifications est le « dada » (ou « califourchon ») de Tobie, ancien officier blessé à la bataille de Namur, homme bon et doux dingue, qui reconstitue dans son jardin, en miniature, places fortes ou autres villes afin de rejouer avec son fidèle serviteur L'Astiqué les batailles qui s'y sont déroulées. Tout cela sous l'œil mi-amusé mi-agacé de son frère, excentrique d'un autre genre, homme fantasque, singulier et imprévisible, à la grande culture livresque parfois mal digérée, « dont la méthode constante était de faire cadrer de force chaque événement au monde avec une de ses hypothèses » et qui professe les théories les plus extravagantes sur la procréation, l'accouchement, la forme du nez, ou encore l'influence du nom de baptême. Théories qu'il entend bien appliquer à l'éducation de son fils Tristram, même si la fortune semble prendre un malin plaisir à contrarier ses plans.
    « Tristram Shandy » est rempli de références aux penseurs et écrivains qui ont influencé Sterne : Locke, Swift, mais surtout Cervantès et Rabelais. On retrouve de ce dernier un goût certain pour la fantaisie verbale, avec ces savoureux archaïsmes (ou néologismes ?) : « éplapourdi », « patafioler », « embabouiné », « emberlucoqué », « coquefredouille », « niquedouille », « entrefesson », « dilapidéchargé », « débagoulage », « fougadeux », « turlutaine », etc. Hommage et satire, éloge de la singularité et dénonciation des idées reçues, récit et parodie de récit, ce texte iconoclaste contient tous les genres, il est tous les textes, il est le « livre des livres ».
    Laurence Sterne s'amuse avec son lecteur, qu'il apostrophe parfois pour lui exposer ses propres réflexions sur la littérature et la vie. Ecrire et vivre sont une seule et même chose pour Sterne le tuberculeux. Lutter contre la mort qui rôde revient donc à combattre le mortifère esprit de sérieux en littérature : « […] j'écris sans plus m'en faire ce parfait livre du dessouci : d'une honnête courtoisie et d'une extravagance absolue, facétieux en diable mais sans malice aucune, bref, shandéique jusqu'à la moelle des os, qui ne manquera point de vous faire le plus grand bien au cœur. Et à la tête également, à condition que vous y compreniez quelque chose. » Grand bien nous fasse en effet.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2009/06/18/la-vie-et-les-opinions..
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    • Livres 5.00/5
    Par Ceache, le 02 mars 2011

    Ceache
    Un sommet absolu de littérature selon moi. Un roman que je n'ai pas fini de lire, relire, explorer dans toutes ses traductions et dans sa langue originale qui n'est pas la mienne. La traduction des éditions Tristram est une des plus récentes. Cette édition est particulèrement à recommander pour son appareil de notes et de commentaires. Une édition était même prévue en quatre tomes avec abondance de notes en fin de volume. Je l'attends avec impatience, s'il est toujours prévu qu'elle puisse paraître. La traduction de Charles Mauron, plus ancienne, moins Rabelaisienne, plus britannique au sens où l'entendent les français (mais que comprennent les français des britanniques ?) est aussi une excellente version, c'est celle par laquelle j'ai découvert ce roman foisonnant, très favorable à l'imagination. J'ai dû cocher une case sur Babelio, j'ai donc coché "lu", mais pour traduire mon approche de ce roman il faudrait créer une case où l'on puisse trouver à la fois "lu et relu" "à lire absolument" "à relire sans modération" "à offrir"... Bref, je ne peux que vous le recomander.
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    • Livres 5.00/5
    Par AlineMarieP, le 26 août 2014

    AlineMarieP
    Une lecture qui a profondément touché et chamboulé ma vie étudiante. de quoi ça parle? de rien, de tout, de ci et de cela... Que répondre à l'examen? Une histoire de naissance, de tabac, de routes et surtout d'un monde littéraire qui raconte l'Europe du XVIIIe, qui raconte l'Homme.
    Un vrai roman à tiroir (qu'aucun héritier français n'a jamais réussi à égaler), un brin donquichottisant, plein de philosophie et d'humour. A savourer et à rêver de relire un jour quand on aura vieilli et que Tristram et l'oncle Toby nous apprendrons encore de nouvelles et belles choses sur nous.
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  • Par nathalie_MarketMarcel, le 05 août 2014

    nathalie_MarketMarcel
    Foin du prétexte narratif, l'essentiel est la liberté de l'écrivain qui tresse les digressions avec un art tout particulier. Ce roman est un long discours dialogué où la pensée de l'auteur va par monts et par vaux, entrecoupée d'énergiques tirets. On s'y moque des gens sérieux, des théologiens et de beaucoup d'autres. Les misogynes, les esclavagistes et tous ceux qui ont le goût des discours et de la morale (cela fait beaucoup de monde) y sont ridicules. Les jeux de mots les plus graveleux sont les bienvenus dans la lignée de Rabelais, Cervantes et Montaigne.
    En dépit de ses 900 pages bien comptées, j'ai eu la surprise de lire ce roman avec une certaine rapidité, beaucoup de joie et d'étonnements. L'inattendu abonde au fil des pages, l'inventivité et le talent de l'auteur pour sans cesse repousser son fil narratif sont réjouissants (même si j'ai connu quelques passages à vide, avouons-le).

    Lien : http://chezmarketmarcel.blogspot.fr/2014/08/jai-une-furieuse-envie-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par chapochapi, le 27 février 2010

    chapochapi
    Ce roman est un pur délire. si l'on s'attend à un roman conventionnel dans lequel on découvrira la vie de Tristram, on risque d'être très déçu !
    la trame romanesque est sans cesse entrecoupée d'histoires parallèles ou d'anecdotes sur la vie des personnages secondaires. De fait, il n'y a pas de fil à suivre, mais un texte constitué de ces multiples faits qui sont rapportés de la manière la plus anarchique possible, par les réflexions d'un pseudo auteur (Tristram) sur les difficultés à écrire une autobiographie etc.
    un peu long sur la fin mais extrêmement savoureux !
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Citations et extraits

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  • Par MonsieurChat, le 19 juillet 2012

    Au très honorable Mr. PIT T.
    Monsieur,
    jamais pauvre diable dédicaçant ne mit en sa dédicace moins d’espoir que moi aujourd’hui; c’est que j’écris dans un coin retiré du royaume, sous le chaume de la maisonnette solitaire où je ne cesse de me défendre par la seule gaieté contre les assauts de la maladie et autres misères de l'existence, persuadé que je suis en effet qu’un homme s’il sourit - et s’il rit mieux encore - ajoute quelque chose à la portion de vie qui nous est accordée.
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  • Par ugo23, le 15 février 2013

    - N'en déplaise à Votre Honneur, dit Trim, le roi William pensait que tout est prédestiné dans notre existence, il disait même souvent à ses soldats que "chaque balle a son billet".
    - Un grand homme ! dit mon oncle Toby
    - Je suis convaincu pour ma part, poursuivit Trim, qu'à la bataille de Landen la balle qui me brisa le genou me fut adressée tout exprès pour m'ôter du service de Sa Majesté et me placer à celui de Votre Honneur afin que j'y sois mieux soigné dans mes vieux jours.
    - Rien ne démentira cette explication, Trim, dit mon oncle.
    Maître et soldat avaient un coeur également sensible à des flots soudain d'émotion ; un bref silence s'établit.
    - D'ailleurs, sans cette simple balle, reprit le caporal sur un ton plus joyeux, n'en déplaise à Votre Honneur, je n'eusse jamais été amoureux
    - Tu l'as donc été une fois, Trim ? demanda mon oncle souriant
    - J'ai fait le plongeon, dit Trim, et, n'en déplaise à Votre Honneur, j'en avais par-dessus la tête.
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  • Par kristolikid, le 11 août 2013

    Je suis ce mois-ci plus âgé d'un an que je ne l'étais l'année dernière à pareil jour ; et étant parvenu, comme vous voyez, presque au milieu de mon troisième volume - mais pas au-delà du premier jour de ma vie - il est évident que j'ai trois cent soixante-quatre jours de ma vie de plus à écrire que quand j'ai commencé ; en sorte qu'au lieu d'avancer, comme un écrivain ordinaire, dans mon ouvrage en proportion de ce que j'en ai fait - au contraire, me voici justement d'autant de volumes en arrière - si chaque jour de ma vie devait être aussi affairé que celui-ci - Et pourquoi pas ? - et si ces faits et opinions devaient exiger autant de description - Et pour quelle raison les tronquerais-je ? comme de ce train-là je vivrais 364 fois plus vite que je n'écrirais - Il en résulte, n'en déplaise à Vos Honneurs, que plus j'écrirai, plus j'aurai à écrire - et par conséquent plus Vos Honneurs liront, et plus Vos Honneurs auront à lire.
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  • Par ugo23, le 15 février 2013

    C'était, je l'ai déjà dit à Votre Honneur, un dimanche après-midi
    Le vieux paysan et sa femme étaient sortis
    Il régnait dans la maison la quiétude et le silence de minuit, pas un canard, pas un caneton dans la cour. La belle Béguine entra.
    Ma blessure était en bonne voie de guérison : à l'inflammation, disparue depuis quelques jours, avait succédé au-dessus et au-dessous du genou une démangeaison si insupportable que je n'avais pu fermer l'oeil de la nuit;
    - Faites voir, me dit-elle, en s'agenouillant sur le sol parallèlement à ma jambe et en posant la main sous ma blessure ; il n'y faut qu'une petite friction. Couvrant ma jambe du drap, elle se mit à la frictionner sous le genou d'un index que guidait la bande de flanelle qui maintenait mon pansement ; cinq ou six minutes plus tard, je perçus le frôlement du médius, qui bientôt se joignit à l'autre ; cette friction circulaire se poursuivit un bon moment ; l'idée me vint alors que je devais tomber amoureux. La blancheur de sa main me fit rougir ; de ma vie, n'en déplaise à Votre Honneur, je n'en verrai une aussi blanche.
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  • Par nathalie_MarketMarcel, le 05 août 2014

    C’est que « le genou est à une grande distance du corps principal de la place –––– tandis que l’aine, Votre Honneur le sait, est carrément située sur la courtine de ladite place ».

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