> Zéno Bianu (Préfacier, etc.)
> Pierre Léon (Traducteur)
> Ève Malleret (Traducteur)

ISBN : 2070403602
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
LE CIEL BRÛLE suivi de TENTATIVE DE JALOUSIE [1999], trad. du russe par Pierre Léon et Ève Malleret , préface de Zéno Bianu, 288 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Poésie/Gallimard (No 338), Gallimard -poés. ISBN 9782070403608

Résumé
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM
    Le ciel brûle (4 étoiles) : une très belle découverte. L'univers très sombre de cette poétesse m'a beaucoup plu dans ce recueil. La nuit y semble omniprésente, de même que les ténèbres, la mort et la guerre, dans certains poèmes. La poétesse est comme les enfants du premier poème : elle est effrayée, mais affronte sa peur et sait bien plus de choses que les adultes du jour monotone. Un univers assez particulier et très séduisant.
    Tentative de jalousie (2 étoiles) : j'ai beaucoup moins aimé ce recueil-ci. Les grands thèmes, comme la guerre et la mort, sont toujours présents, mais le style est très différent. Autant que j'ai pu en juger à partir de la traduction, il m'a semblé qu'elle jouait des sonorités dans certains poèmes ou cherchait dans d'autres à créer une ambiance, à partir d'images, en utilisant des mots isolés, sans former de phrases cohérentes et complètes. Cette manière d'écrire me plaît moins et me rend son œuvre plus hermétique que Le ciel brûle.
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Citations et extraits

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  • Par Lali, le 07 février 2011

    Les nuits sans celui qu’on aime — et les nuits
    Avec celui qu’on n’aime pas, et les grandes étoiles
    Au-dessus de la tête en feu et les mains
    Qui se tendent vers Celui —
    Qui n’est pas — qui ne sera jamais,
    Qui ne peut être — et celui qui le doit…
    Et l’enfant qui pleure le héros
    Et le héros qui pleure l’enfant,
    Et les grandes montagnes de pierre
    Sur la poitrine de celui qui doit — en bas…

    Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera,
    Je connais ce mystère sourd-muet
    Que dans la langue menteuse et noire
    Des humains — on appelle la vie.
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  • Par nadejda, le 25 mars 2012

    Il s’approcha, ailé,

    Et tes paupières mirent le voile sur ton regard

    radieux.

    Tu mourus – flamboyante

    A l’heure la plus terne.

    Que pourront donc expier

    Ces deux dernières larmes brèves ?

    Il réfléchit – Quatre heures

    Sonnèrent.

    Il partit sans être vu,

    Emportant le mot le plus précieux.

    Mais personne n’entendit

    Ton dernier appel.

    Et s’est perdu dans la mer des bruits

    Le cri qui déchira ton sein et ton âme.

    Rose, tu te noyais

    Dans le matin trouble…

    Moscou, 1912
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  • Par Lali, le 07 février 2011

    La lettre

    On ne guette pas les lettres
    Ainsi — mais la lettre.
    Un lambeau de chiffon
    Autour d’un ruban
    De colle. Dedans — un mot.
    Et le bonheur. — C’est tout.

    On ne guette pas le bonheur
    Ainsi : — mais à la fin :
    Un salut militaire
    Et le plomb dans le sein —
    Trois balles. Les yeux sont rouges.
    Que cela. — C’est tout.

    Pour le bonheur — je suis vieille!
    Le vent a chassé les couleurs!
    Plus que le carré de la cour
    Et le noir des fusils.

    (Que le carré de l’enveloppe :
    Encre et attraits!)
    Pour le sommeil de mort
    Personne n’est trop vieux.
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  • Par Junie, le 05 avril 2012

    J'aimerais vivre avec vous
    Dans une petite ville,
    Aux éternels crépuscules
    Aux éternels carillons.
    Et dans une petite auberge de campagne-
    Le tintement grêle d'une pendule ancienne-goutte à goutte de temps.
    Et parfois le soir, montant de quelque mansarde_une flûte,
    Et le flûtiste lui-même à la fenêtre.
    Et de grandes tulipes sur les fenêtres.
    Et peut-être ne m'aimeriez-vous même pas....
    Au milieu de la chambre- un énorme poêle de faïence,
    Sur chaque carreau - une image;
    Rose, coeur et navire.
    Tandis qu'à l'unique fenêtre_
    Il neige, neige, neige.
    Vous seriez allongé tel que je vous aime; paresseux,
    Indifférent, léger.
    Par instant, le geste sec
    D'une allumette.
    La cigarette brûle et se consume
    Et longuement à son extrémité,
    _Courte colonne grise_ tremble
    La cendre.
    Vous n'avez même pas le courage de la faire tomber_
    Et toute la cigarette vole dans le feu.
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  • Par Cath36, le 28 avril 2011

    Que d'ardeur, que de fougue donnée
    Pour une ombre soudaine ou un bruit...
    Et mon coeur, vainement enflammé,
    Dépeuplé, retombant en cendres.

    O, les trains s'envolant dans la nuit
    Qui emportent nos rêves de gare...
    Sauriez-vous tout cela, même alors,
    Je le sais, vous ne pourriez savoir

    Pourquoi ma parole est si brusque
    Dans l'éternelle fumée de cigarette
    Et combien de tristesse noire
    Gronde sous mes cheveux clairs.
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