ISBN : 2226176098
Éditeur : Albin Michel (2007)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
C'est le livre de bonne foi d'un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d'œuvre de création religieuse, a pu, entre 300 et 400, s'imposer à tout l'Occident. A sa manière inimitable, érudite et impertinente, Paul Veyne retient trois raisons.... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Walktapus, le 12 mars 2011

    Walktapus
    Après le pamphlet de Stemmelen qui mettait les boeufs de l'honnêteté derrière le soc de l'anticatholicisme, cet livre m'a fait l'effet d'une bouffée d'air frais et intellectuellement honnête.
    Cet essai de 250 pages qui se lit très vite et très bien est centré sur Constantin. Petit rappel : au début du 4ème siècle, les chrétiens représentent une faible proportion de la population de l'empire romain, 10% peut-être. C'est le ralliement de l'empereur Constantin au christianisme qui va ouvrir la voie à la transformation "par le haut" de l'empire en un empire chrétien.
    Veyne ose une idée originale, bizarrement : et si Constantin en se convertissant officiellement n'avait pas une de ces arrière-pensées plus ou moins avouables qu'on lui prête généralement, mais était simplement guidé par la foi. Libre penseur dans le vrai sens du terme, c'est à dire sans se soucier aucunement des modes ou des débats partisans et/ou haineux, l'auteur repose sainement les questions de la conversion de Constantin et apporte une explication plausible : sincère dans sa conversion, habile dans sa mise en place mais sans jamais perdre son sens politique, Constantin a pu lancer le mouvement du remplacement des croyances et des cultes traditionnels par le christianisme dans le peuple, mouvement dont le résultat n'était cependant pas acquis, même à sa mort.
    Dans sa conclusion, Veyne aborde également la question des "racines chrétiennes" de l'Europe, et de la genèse du monothéisme dans une annexe. A noter, effet désagréable des nombreuses et très longues notes de bas de page.
    Au final, un essai très libre, intelligent, avec des comparaisons hardies, et des avis pouvant être à contre pied de tout ce que j'ai pu lire avant, et bien écrit qui me donne l'envie d'en lire plus de cet auteur.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 14 août 2011

    Bigmammy
    Absolument éclairant pour tous les passionnés de l'histoire de la civilisation et de la pensées occidentales. Comment le christianisme s'est imposé face aux dieux du Panthéon romain et aux divinités orientales très en vogue, ce qu'il a apporté d'espérance à un monde en fin de course et confronté aux dangers extérieurs. Livre court, dense, parfaitement argumenté. Une approche indispensable.
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 27 août 2011

    Bigmammy
    Pourquoi en 312, l'empereur Constantin décide-t-il de se faire chrétien, alors que cette religion, durement persécutée de 303 à 311, n'a convaincu que 10% de ses sujets ? Pourquoi choisit-il cette religion ? Parce que face aux dieux païens, cette religion, lui apparaît comme une religion d'avant-garde, apportant l'espérance de la vie éternelle, est structurée grâce à son clergé, parce qu'elle parle d'amour…entre autres. Toujours est-il que, sans remettre en cause la religion officielle dont il demeure le grand Pontife, Constantin se met à prêcher le christianisme, aide l'Eglise à s'organiser, pratique la plus grande tolérance envers ses officiers, ses vassaux. La seule chose qu'il interdit, ce sont les sacrifices d'animaux. Cette tolérance va durer plusieurs siècles, elle ne sera pas remise en cause pas certains de ses successeurs revenus temporairement au paganisme….

    Lien : http://www.bigmammy.fr
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par hmathon, le 20 septembre 2010

    hmathon
    (GB 17/4/2008)
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  • Par Gromovar, le 25 octobre 2010

    Gromovar
    Un livre très intelligent qui est en même temps très agréable à lire. Paul Veyne décrit avec force détails ce 4ème siècle qui a vu l'empire romain basculer vers le christianisme.

    Lien : http://quoideneufsurmapile.blogspot.com/2007/06/ite-missa-est.html
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Citations et extraits

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  • Par Walktapus, le 05 mars 2011

    Le succès du christianisme peut être comparé à celui d'un best-seller (et d'un chef d'oeuvre mondial, aux yeux de l'incroyant que je suis). Il "prend aux tripes" ses lecteurs, sinon dans les foules, tant que règne la religion coutumière précédente, du moins auprès d'une élite spirituelle ou éthique venue de toutes les classes de la société, riches et pauvres, ignorants et lettrés ou demi-lettrés, dont un certain empereur... Je ne prétends pas, bien au contraire, que le christianisme était immanent à l'âme humaine, ou bien qu'il était attendu par la société. Son succès s'explique autrement : un best-seller (La Nouvelle Héloïse ou Werther) révèle à quelques-uns une sensibilité qui était insoupçonnée avant lui ; cette sensibilité nouvelle qu'il a fait naître (dans le cas considéré, celle d'une religion qui parlait d'amour) fait en retour son succès, dont il crée lui-même les causes.
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  • Par Walktapus, le 05 mars 2011

    Cela dit, il est douteux que la supériorité de cette religion d'élite ait été plus propre que celle de la grande musique ou de la grande littérature à s'imposer à toute une population, qui était habituée à sa religion coutumière, le paganisme. L'autorité de l'Empire et celle de l'Eglise ont pesé plus lourdement, pour la victoire de la nouvelle religion, que ses mérites propres. Ajoutons que le christianisme a une saveur si originale qu'elle ne peut plaire à tous les goûts : le néoplatonisme était moins mélodramatique aux yeux de certains lettrés. Telle fut l'histoire de la christianisation : seule une autorité extérieure a pu faire supplanter une coutume par une autre coutume. Par là, le rôle de Constantin a été décisif.
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  • Par Walktapus, le 05 mars 2011

    C'est par cet amour, par le rayonnement de son Seigneur et par une conception sublime du monde et de l'homme que la nouvelle religion s'est imposée. Et non pas, je crois, par son monothéisme douteux, ce laborieux point d'honneur de théologiens. Le monothéisme, par lui-même, n'a rien de particulièrement excitant. C'est du reste un mot trompeur qui recouvre des espèces fort différentes et qui est trop vague pour être une des clés de l'histoire des religions.
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  • Par Walktapus, le 12 mars 2011

    Cessons de ne voir Constantin que par le petit bout de la lorgnette. Cet esprit chrétien d'une stature exceptionnelle avait dans l'esprit un vaste projet où se confondaient piété et pouvoir : faire qu'existe un vaste ensemble qui soit tout entier chrétien et, donc, qui soit un, politiquement et religieusement ; cet idéal millénaire de l'Empire chrétien fera encore rêver au siècle de Dante. Constantin l'a réalisé délibérément, par piété, non par intérêt ou distraitement. Dans un mandatement adressé en 325 à ses nouveaux sujets orientaux, dont le préambule est une longue prière personnelle, Constantin dit à son Dieu : "Je prends sur mes épaules la tâche de restaurer Ta très sainte Demeure", c'est à dire l'Eglise universelle.
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  • Par Walktapus, le 12 mars 2011

    Cette Eglise aura quelquefois une imagination charitable et prophétique qu'on dirait vraiment chrétienne, mais, comme toute corporation, institution ou syndicat, son souci principal sera de se conserver précieusement et prudemment, même en temps de génocide nazi, et de déployer un faste en rapport avec sa puissance ; dès le IVe siècle, le luxe d'un évêque de Rome, l'orgueilleux Damase, scandalisera les païens et les humbles chrétiens. Dans toute organisation il y a des conflits de pouvoir ; l'élection du même Damase étant contestée, ses partisans donnèrent l'assaut à ses adversaires et on releva 137 cadavres. Ce sont les moeurs des puissants de cette époque.
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