> Vanessa Bell (Illustrateur)
> Charles Mauron (Traducteur)
> David Garnett (Préfacier, etc.)

ISBN : 2358730157
Éditeur : Le Bruit du Temps (2010)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
C'était le paysage humain qui l'émouvait. II semble que la Beauté, pour toucher les sens de Flush, dût être condensée d'abord, puis insufflée, poudre verte ou violette, par une seringue céleste, dans les profondeurs veloutées de ses narines ; et son extase, alors, ne s'... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Titine75, le 01 février 2011

    Titine75
    Cet ouvrage est peu connu en France car il a longtemps été indisponible. Fort heureusement ce manque est aujourd'hui comblé car chaque livre de Virginia Woolf est indispensable et d'une originalité formidable.
    Lorsque Virginia Woolf se mit à écrire “Flush”, elle venait de perdre un ami très cher, Lytton Stratchey. Ce dernier était notamment célèbre pour ses biographies de “Victoriens éminents”. Pour lui rendre hommage, Virginia décida donc d'écrire à son tour une biographie, celle de Flush. Mais qui est ce Flush me direz-vous ? C'est là que l'auteur nous montre son audace car Flush est un épagneul ! Respectant l'art de la biographie, Virginia Woolf ouvre son livre sur l'arbre généalogique de Flush. Comme tout bon aristocrate, notre épagneul fait partie d'une longue lignée se perdant dans la nuit des temps. Flush naquit dans une famille assez pauvre, les Mitford vivant près de Reading, dans la première moitié de 1842. Il grandit à la campagne grâce aux bons soins de Miss Mitford. cette dernière aimait beaucoup son épagneul mais elle avait aussi un grand coeur. Afin de rompre la solitude dans laquelle vit une de ses amies, Miss Miford décide de lui donner son chien. Cette amie n'est pas une inconnue puisqu'il s'agit de la poétesse Elizabeth Barrett.
    La vie de Flush permet à Virginia Woolf de nous raconter celle de Elizabeth Barrett. La poétesse vit en recluse à Londres dans la maison de son père. Elle passe toutes ses journées dans sa chambre pour cause de maladie. Il semble plutôt qu'elle souffre d'un manque de joie de vivre, d'une claustration forcée. Son père, très possessif, garde précieusement sa fille à domicile. Miss Mitford pense apporter un peu de vie à son amie par l'intermédiaire de Flush. Tous deux se plaisent d'emblée : “Ils se ressemblaient. (…) le visage de la jeune fille avait la pâleur fatiguée des malades, coupés du jour, de l'air, du libre espace. Celui du chien était le visage rude et rouge d'un jeune animal respirant la santé et la force instinctive. Séparés, clivés l'un de l'autre et cependant coulés au même moule, se pouvait-il que chacun d'eux, complémentaire, vînt achever ce qui dormait en l'autre sourdement ?” La vie de Flush sera celle d'Elizabeth Barrett. A Londres, il est contraint à l'enfermement de la chambre, à la sévérité de cette vie cloîtrée. Heureusement pour notre héros canin, la vie d'Elizabeth Barrett est l'une des plus romanesques de la littérature anglaise. Malgré sa maladie, elle rencontre l'écrivain Robert Browning, se marie avec lui dans le plus grand secret et fait une fugue. le couple s'installe ensuite en Italie où Elizabeth et Flush revivent. L'un et l'autre perdent de leur intimité, mais leur évolution est similaire : Elizabeth découvre le bonheur de la maternité, Flush découvre un monde de sensations inconnues et de liberté absolue.
    A travers ce double portrait, Virginia Woolf nous parle également de la société victorienne. Deux mondes apparaissent nettement. Tout d'abord celui où évolue Elizabeth Barrett, où les maisons sont joliment alignées et où la respectabilité prédomine. Mais c'est également un monde totalement corseté et Flush le ressent très fortement :”Contraindre, refouler, mettre sous le boisseau ses plus violents instincts - telle fut la leçon première de la chambre (…)”. C'est ce refoulement de la vie que fuit Elizabeth Barrett mais également Virginia Woolf qui a souffert de l'éducation stricte et sévère de son père. C'est Flush également qui nous montre le versant sombre du Londres victorien puisque par trois reprises il se fait kidnapper. Là Elizabeth Barrett découvre la pauvreté de Whitechapel. Les maisons qui s'entassent les unes sur les autres, la misère et la saleté. La description qui nous en est faite n'est pas sans rappeler un certain Charles Dickens
    Enfin “Flush” permet à Virginia Woolf de parler de littérature, d'écriture. L'auteur se questionne durant ce court roman. On le sait, le souci majeur de Virginia est de rendre les sensations, les impressions fugitives. Ce projet ambitieux demande beaucoup de travail, de recherche sur les mots. Dans ce livre, Virginia Woolf semble douter de la puissance évocatrice des mots : “A bien considérer les choses, pensa-t-elle peut-être, les mots disent-ils vraiment tout ? Disent-ils même quelque chose ? Les mots ne détruisent-ils pas une réalité qui dépasse les mots ?” Il est vrai qu'il semble difficile de rendre les multiples sensations ressenties par Flush à Florence mais Virginia Woolf ne peut bien entendu se mettre totalement dans la peau d'un épagneul ! le doute habita toujours Virginia Woolf mais pour le lecteur ce doute n'existe pas : son écriture est brillante, d'une beauté et d'une finesse inégalées. En voici un dernier exemple : “C'était le paysage humain qui l'émouvait. Il semble que la Beauté, pour toucher les sens de Flush, dût être condensée d'abord, puis insufflée, poudre verte ou violette, par une seringue céleste, dans les profondeurs veloutées de ses narines, et son extase, alors, ne s'exprimait pas en mots, mais en silencieuse adoration. Où Mrs Browning voyait, Flush sentait ; il flairait quand elle eût écrit.”
    Flush” n'est pas une oeuvre mineure, il me semble d'ailleurs qu'il n'y en a pas chez Virginia Woolf. Je rejoins totalement la conclusion de Lilly, ce texte est vraiment magnifique, l'écriture est sublime et notre Flush très attachant.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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  • Par Emma-saru, le 27 avril 2010

    Emma-saru
    http://bibliobs.nouvelobs.com/20100422/19110/wouaf-wouaf
    Wouaf wouaf !
    Par Didier Jacob
    Dans Les années 1930, Virginia Woolf consacra une biographie au cocker de la poétesse Elizabeth Browning. Cela donna cette vie de chien, jusqu'ici introuvable
    Vie de chien, c'est le cas de le dire. Comment Virginia Woolf a-t-elle conçu le farfelu projet d'écrire une biographie de Flush, le cocker de la poétesse Elizabeth Barrett Browning ? A 50 ans, elle vient de terminer son chef-d'oeuvre, « Les vagues ».
    « J'étais si fatiguée que je m'étais étendue au jardin pour lire les Lettres d'amour des Browning, et la figure de leur chien m'a fait rire au point que je n'ai pu résister à l'envie de faire une "Vie".» Ouvrage de dame, donc. Sauf que le livre, introuvable depuis ses premiers aboiements en français, et qui gambade à nouveau comme au premier jour grâce à la perspicacité de l'éditeur Antoine Jaccottet, sera en Angleterre l'un des plus grands succès de Virginia, avec un tirage de 13 000 exemplaires, épuisé quelques semaines après la sortie.
    Il est vrai que, pour avoir elle-même vécu avec plusieurs de ces attachants quadrupèdes dont celui, prénommé Pinka, que lui avait offert Vita Sackville-West, Virginia Woolf a su, comme personne, pister la Weltanschauung de l'animal. Et qui pouvait mieux que la romancière du regard vague s'imaginer cocker à la place du cocker, humant l'air au cours de ses promenades, soudain alertée par un bruit suspect, un fumet, un feuillage ? Magnifiques échappées métaphoriques qui ne surprendront pas le fan-club de Virginia :
    « Soudain arrivait sous le vent une odeur plus aiguë, plus forte, plus déchirante qu'aucune autre - une odeur qui lui labourait le cerveau, soulevant un millier d'instincts, mettant en branle un million de souvenirs - une odeur de lièvre, une odeur de renard. Et voici Flush filant, en un éclair, comme un poisson dans un rapide vers une eau toujours plus profonde.»
    Mais la splendeur du livre tient surtout dans la manière dont humains et animaux, sous la plume de la romancière, sont au fond tous du même poil : « Flush était digne de Miss Barrett ; Miss Barrett était digne de Flush » Comme dans la société humaine, Virginia distingue, chez nos frères chiens, plusieurs couches sociales. Il en est qui parlent argot, d'autres un idiome supérieur :
    « Quand il entendait la voix grave de sa maîtresse articuler des sons innombrables, il languissait après le jour où son rude et rauque gosier pourrait émettre à son tour les petits sons chargés de sens mystérieux. Et tandis qu'il considérait ces mêmes doigts toujours occupés à faire courir le roide bâtonnet sur une page blanche, il languissait après le temps où, lui aussi, pourrait noircir du papier sans relâche.»
    Ainsi naît, sous la plume ensorcelante de Virginia Woolf, le premier chien écrivain de l'Histoire.
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 14 mars 2011

    zohar
    Virginia Woolf donne dans ce roman une forme tout à fait inattendue de la biographie.
    « Flush » est une biographie imaginaire dont le sujet est un épagneul, propriété d'une certaine poétesse Elizabeth Barrett Browning.
    Parallèlement, au portrait de Miss Barrett, se dessine celui de Flush : Virginia Woolf retrace la généalogie du chien, sa naissance, ses premiers apprentissages, et son adoption.
    Mais, au fur et à mesure des pages incongrues et légères, Flush manifeste petit à petit des sensations tout à fait particulières et des réflexions saisissantes…
    Plus précisément, nous voyons la vie citadine et un certain mode de vie, à travers le regard d'un chien (c'est V.W, elle-même) qui se révolte par moments, qui se terre dans la solitude aussi, ou qui rumine son désarroi. Puis réfléchit. Et mûrit.
    Il prend du recul, et découvre l'inconstance des hommes (dans ce récit, V. W critique surtout de l'oppression des hommes dont les femmes, dans la société victorienne, peinent à se libérer !). Rien n'échappe à son regard critique et à sa pensée qui se résume à son odorat ! Les odeurs sont pour Flush ce que les mots sont pour Elizabeth.

    Flush est comme une fugue où V.W sait admirablement bien jouer les contrepoints : derrière la vie peu ordinaire d'un chien, c'est aussi celle d'Elizabeth Browning (que Virginia Woolf essaie de reconstituer minutieusement sa vie, mais à travers la biographie du chien).
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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 02 février 2011

    ay_guadalquivir
    Pour ceux qui doutaient encore de la fantaisie de Virginia Woolf, laissez-vous convaincre par son petit cocker, Flush. Car ce Flush n'est pas le moindre des quadrupèdes urbains. Il observe avec passion la société des hommes, aux moeurs parfois étranges, il renifle les changements, il cherche l'amour, et finit par devenir philosophe. Quelle vie incroyable qui prend ses libertés sur l'éducation londonienne, pour assumer pleinement sa vie de chien.
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 06 juillet 2010

    MarianneDesroziers
    Succulent petit livre qui se savoure avec recueillement, délectation et en plusieurs fois, comme un bonbon anglais qui n'a l'air de rien comme ça mais qui est redoutable si l'on n'a pas de bonnes dents - aux vieilles dames à dentier je conseille de s'abstenir et les autres, vous pouvez vous régaler !
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Citations et extraits

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  • Par ay_guadalquivir, le 28 janvier 2011

    "Flush n'avait jamais clairement perçu les principes de la société humaine. "Il va hurler, gémir toute la nuit, j'en suis sûre", écrivait Miss Barrett à Mr Browning dans l'après-midi du 1er septembre. Mais tandis que Miss Barrett écrivait ainsi à Mr Browning, Flush traversait la plus terrible épreuve de son existence. Son esprit dérouté erait dans les ténèbres."
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  • Par ay_guadalquivir, le 31 janvier 2011

    "Flush, cependant, fut bientôt averti des différences plus profondes qui séparent Pise de Londres. Les chiens surtout étaient différents. [...] Ici, à Pïse, quoique les chiens fussent en abondance, cette hiérarchie avait disparu : tous les chiens - était-ce possible ? - oui, tous les chiens étaient bâtards."
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  • Par ay_guadalquivir, le 26 janvier 2011

    "Flush ne pouvait lire ce qu'elle écrivait ainsi, à un pouce ou deux de sa tête. Mais, aussi bien que s'il avait lu chaque mot, il connaissait l'étrange agitation qui avait saisi sa maîtresse et les désirs contraires qui la secouaient - qu'avril vînt ; qu'avril ne vînt pas - qu'elle pût voir sur l'heure cet homme inconnu ; qu'elle pût ne le voir jamais."
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  • Par MarianneDesroziers, le 06 juillet 2010

    Il est naturel qu'un chien toujours couché avec la tête sur un lexique grec en vienne à détester d'aboyer ou de mordre; qu'il finisse par préférer le silence du chat à l'exubérance de ses congénères et la sympathie humaine à toute autre.
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  • Par ay_guadalquivir, le 02 février 2011

    "Ainsi Flush prit la clé des champs, ras tondu à la ressemblance d'un lion, mais délivré des puces. "Flush, écrit à sa soeur Mrs Browning, Flush est sage." Peut-être pensait-elle aux Grecs qui ne plaçaient le bonheur qu'au terme des souffrances. Tel est le véritable philosophe : privé de robe; mais libre de puces."
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La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2
Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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