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ISBN : 1090724187
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (02/10/2015)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Quand Jonathan A. se retrouve à l'arrière d'une voiture avec une petite vieille qui en a après son caleçon, il prend conscience qu'il a peut-être un problème avec l'alcool. Sa première cuite l'avait pourtant initié au charme éphémère de la bière : une potion magique qui rend plus beau, plus cool... mais le laisse sur le carreau. Un avertissement qui ne l'a pas empêché de mener une double vie pendant des années : premier de la classe la semaine, dernier des alcoolos ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  13 décembre 2016
Jonathan se réveille péniblement, la tête endolorie et jette un oeil autour de lui. Que fait-il ici dans cette voiture à se faire draguer par une naine qui semble avoir, plus que jamais, envie de lui ? Que s'est-il donc passé pour qu'il se mette encore dans de sales draps ?
Revenons en arrière... 1979, Jonathan a 15 ans. Jeune garçon naïf, il n'a encore jamais bu une seule goutte d'alcool. Jusqu'à ce fameux soir où, après une première gorgée de bière dégoûtante, il s'enfile plusieurs bouteilles. Il se sent plutôt bien, un peu moins moche que d'habitude, un peu moins ringard aussi. Avec son ami Sal, qu'il connaît depuis l'âge de 2 ans, ils décident de picoler tous les week-ends. Et c'est ce qu'il font. Et ce, même si Jonathan, ne supportant pas l'alcool, est toujours malade et que Sal doit s'occuper de lui. Un soir, alors que les deux amis éclusent chez Sal, ses parents étant absents, Jonathan se réveille dans le lit et Sal est sur lui. Ils décident de taire cet épisode. Étonnamment, ses parents ne se rendent compte de rien, ses notes sont excellentes et il se débrouille plutôt bien en sport. Malheureusement, ce n'est pas la vie et ses coups durs qui vont l'aider à surmonter son alcoolisme...
Jonathan Ames se met à nu dans cet album et témoigne, sans faux-semblant mais avec une sincérité confondante, de ses problèmes d'alcool. Dans ce récit autobiographique, l'auteur parle sans détours de sa première cuite à sa dépendance à l'alcool mais aussi de la manière dont il a su gérer tout cela dans sa vie quotidienne. Des vomissements aux problèmes intestinaux en passant par les situations embarrassantes dans lesquelles il s'est embourbé et ses déboires, il ne cache rien. Des coups durs, il en a connus, l'alcool était là, telle une drogue. Conscient de sa maladie mais aussi de son mal-être, il aura bien tenté de suivre des cures de désintox. Dans cette quête existentielle, Jonathan Ames, essayiste, scénariste et écrivain, nous offre un témoignage parfaitement maîtrisé, captivant et touchant, ponctué ici et là de moments plus légers. le dessin en noir et blanc de Dean Haspiel, tout en élégance et sobriété, accompagne à merveille ce récit étoffé et riche.
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carre
  30 juillet 2016
« Alcoolique » raconte l'addiction de Jonathan A., double littéraire de l'auteur. Maniant avec talent, humour et regard sans concession sur les causes de cette auto-destruction. J'ai été énormément touché par ce choix narratif qui vient nous cueillir au moment ou la légèreté semblait s'imposer. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, des malheurs Jonathan A. en collectionne déjà un bon paquet, c'est le lot de toute vie, mais chacun réagit à sa manière. L'auto-dérision permet à Jonathan Ames tout excès de pathos ou scènes lacrymales. Ces dé(boires) sexuelles étant une exemple parfait pour se moquer des conséquences collatérales de ses beuveries.
Notre plaisir est renforcé par le dessin en noir et blanc de Dean Haspiel, qui vient parfaitement en complément de l'ambiance du roman.
Un vrai coup de coeur pour ce très beau roman graphique (même l'objet livre en lui même est des plus réussit).
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manU17
  19 janvier 2016
"Je vomis presque à chaque fois. C'est comme de la boulimie mais avec l'alcool."

Ce jour-là, Jonathan A. refait surface à l'arrière d'une voiture qu'il ne connait pas, en compagnie, d'une vieille dame, naine, qui en veut à son entrejambe ! le réveil est brutal et pour le moins déstabilisant. Comment a-t-il bien pu en arriver là ? le malaise est à son comble quand la police frappe aux carreaux. Profitant d'un instant de confusion, Jonathan A. prend la fuite et se réfugie sous un ponton en bordure de mer. Il s'enterre, seule sa tête dépasse du sable, espérant ainsi échapper à la police.
La situation, si elle est inconfortable, s'avère propice à un nécessaire moment d'introspection. Nous voilà embarqués dans les pensées du héros qui nous fait découvrir sa vie, ses années à la fac, ses premières cuites chaque weekend, ou sa découverte de Las Vegas Parano d'Hunter Thompson qui va lui donner l'envie de devenir écrivain. Un écrivain influencé par des auteurs tels que Chandler, Hammett, Fitzgerald ou Hemingway, et surtout un écrivain sous une autre influence, terrible celle-ci, celle de l'alcool…
"Mon égo voulait que je sois un de ces écrivains gros buveurs, un mythe. Mais je dois me rendre à l'évidence, il n'y a rien de grandiose dans mon alcoolisme."

C'est un vrai coup de coeur de j'ai eu pour ce premier roman graphique publié aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. J'irai même plus loin en disant qu'Alcoolique donne tout son sens au roman graphique.
Je m'explique. le texte est vraiment riche et fort. L'histoire est à la fois touchante et pleine d'humour. Jonathan Ames donne une vraie profondeur à son histoire et à son double littéraire, un certain Jonathan A. Toute ressemblance n'est pas fortuite et confère une vraie authenticité à son héros. de plus, il fait preuve d'une autodérision féroce à ses dépens et évite ainsi tout pathos en dépit du sujet. Il nous fait partager son alcoolisme, ses problèmes de côlon irritable, ses piètres performances sexuelles et ses histoires d'amours foireuses sans jamais plomber son récit, bien au contraire.
Le noir et blanc de Dean Haspiel illustre parfaitement le propos de l'auteur et la ressemblance avec entre Jonathan Ames et son double est saisissante.
J'en termine avec le livre lui-même, un objet magnifique, une couverture cartonnée et toilée, d'un rouge superbe, couleur d'un bon Bordeaux, qui nous montre un homme et son ombre, ambrée comme le serait un bon whisky, buvant comme pour laisser entendre que cet homme n'est plus que l'ombre de lui-même.
Alcoolique, le récit d'une inexorable dérive qui ne tombe jamais dans le pathétique…

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Ambages
  21 décembre 2015
Alors, voilà... J'émerge doucement d'une nuit difficile. C'est déjà l'après-midi, mais heureusement il y a un rayon de soleil. C'est le moment de faire cette critique. En décembre, un rayon de soleil ça ne se refuse pas. Tout comme un verre. Un ? Allez, un second. Juste pour se sentir mieux et avoir l'inspiration. Heureusement il ne neige pas. Si en plus il y avait autour de moi une poudreuse blanche... Décembre, c'est le mois difficile. Le mois de la solitude et des souvenirs. Alors Jonathan A. il me rappelle bien des choses.
Il a commencé à boire à l'adolescence, avec son copain Sal. Pour faire ''genre''. Ça lui plaisait bien. Et puis toutes les fins de semaine il se mettait à terre, à se rendre malade. Mais Sal le ramenait toujours chez lui. Les parents ? Ils voulaient pas voir, pas comprendre. Après tout, l'école marchait bien, alors on fait comme si de rien n'était. Le vomi, on le lave et on s'en lave les mains. Et puis il a grandi Jonathan et sa soif aussi. Sal est parti dans une autre fac, et il est resté, sale. Il arrive à avoir son diplôme, devient écrivain. « La fille perdue, une enquête de Max Irwin » se vend bien, il a l'argent qui permet d'oublier les morts - ses parents dans un accident de voiture. Il fait des conquêtes. Sa vie sexuelle, cahotique douloureuse, progresse avec les années, mais il attend l'amour. Est-ce qu'il sait ce qu'est l'amour ? Il y a bien sa grand-tante, la seule parente qui lui reste. Elle l'aime comme l'enfant qu'elle n'a jamais eu. Il ne va pas la décevoir en lui avouant son addiction. Il se tait, il lutte seul, il entame des cures de désintoxication. Et il y a toujours la rechute, toujours plus profonde et noire.
Cet album est noir. En noir et blanc les dessins annoncent l'ambiance. L’alcoolique le jour et l'alcoolique la nuit. Un dessin a retenu mon attention. Un homme allongé sur la plage, seul son visage émerge. Il se cache en se recouvrant de sable, à l'ombre des planches du ponton qui strient son regard. L'alternance de rais noirs et blancs donnent le ton : les parties noires de la vie de Jonathan sont ses nuits d'alcool (et plus si affinité) qu'il évite de regarder en plein jour. J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui narre la vie de Jonathan A. et ses déboires.
Finalement, décembre c'est aussi le mois des cadeaux. Alors je tiens à remercier pour ce très joli cadeau Babelio et les éditions Toussaint Louverture car ce livre est de très belle facture. Habituée aux livres de poche, j'ai adoré toucher, effleurer cette couverture de toile et carton. Mes yeux se sont régalés des couleurs chaudes de cet homme qui est suivi par son ombre, troublée par l'ivresse. Comme il est inscrit in fine, le papier composant cet ouvrage est « capable d'absorber un peu du trop-plein de tristesse qu'il renferme » et m'a apporté un joli moment de lecture.
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boudicca
  01 avril 2016
« Je ne boirai plus jamais une goutte ! » Combien de fois Jonathan A. se l'est répété, cette phrase. Mais chaque fois la dépendance est plus forte et le fait replonger. Il faut dire aussi que le personnage, alter-égo fictif de l'auteur, n'a pas franchement eu de chance dans la vie. Il y a d'abord la rupture de son amitié avec Sal, son ami d'enfance avec lequel il entretenait pourtant une relation presque fusionnelle. Et puis il y a la disparition tragique de ses parents dans un accident de voiture, une déception amoureuse plus difficile à digérer que les autres, une carrière qui stagne... : autant de facteurs qui le poussent jour après jour à continuer à boire, quant bien même l'alcool le rend systématiquement malade. D'abord consommée pour se désinhiber et avoir l'air « cool » aux yeux de ses camarades, la boisson devient au fil des années un moyen de se détacher de ses problèmes, de les mettre de côté le temps de l'ivresse. Jonathan Ames décrit avec justesse le processus autodestructeur enclenché par cet homme incapable de remonter la pente et de mettre un frein à ses pulsions morbides. le récit est volontiers cru, le narrateur n'hésitant pas à revenir sur des épisodes particulièrement embarrassants de son parcours et qui sont loin de le mettre en valeur : des expériences sexuelles médiocres, des black-out au terme desquels il se retrouve dans des situations qu'il juge honteuse, des occasion ratées d'avouer ses sentiments à ses proches...
Si le personnage porte sur lui-même un regard très dur, le roman laisse de côté toute idée de jugement de valeur : Jonathan A. se juge lâche, faible, peu attractif mais tout ce que voit le lecteur c'est un homme malheureux et surtout profondément seul. Une solitude qui, évidemment, ne fait que renforcer son addiction, malgré son désir de se confier : combien de fois espère-t-il au cours de son adolescence que ses parents se rendent compte que quelque chose cloche ? Combien de fois croit-t-il s'en être enfin sorti avant de replonger aussi sec en mêlant cette fois à l'alcool drogue et sexe ? Bien que l'auteur ait clairement affirmé que le récit n'était pas autobiographique (malgré la similitude entre le nom du héros et le sien), on sent bien que certains événements ou réactions sont de l'ordre du vécu. C'est le cas notamment de tout ce qui touche aux attentats du 11 septembre qui bouleversent complètement le protagoniste et le laissent encore plus seul et désespéré qu'avant. Si l'ouvrage marque autant le lecteur, c'est aussi en grande partie grâce aux graphismes en noir et blanc de Dean Haspiel qui a parfaitement su retranscrire par ses dessins l'émotion qui ne manque pas de saisir le lecteur à la lecture du témoignage de ce Jonathan A. Les deux artistes avaient déjà collaboré et cela se ressent : le duo fonctionne à merveille, les graphismes pleins de sobriété de Haspiel se mêlant parfaitement au ridicule ou au tragique des événements relatés par la plume incisive d'Ames.
Avec « Alcoolique », Jonathan Ames signe un roman graphique touchant dans lequel il met en scène son double littéraire se débattant avec une tenace addiction à la bouteille. Malgré l'humour et la dérision dont fait preuve le narrateur tout au long du récit, le lecteur ne s'y trompe pas : les confessions de cet alcoolique en mal d'amour n'ont rien de drôles et mettent au contraire le doigt sur la solitude et la détresse des victimes de cette addiction.
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critiques presse (7)
Sceneario   08 février 2016
Jonathan Ames livre un portrait de vie dense, épais, rugueux, au couteau, aussi noir et tranché que le trait comics de Dean Haspiel dans un écrin de papier dont seul Monsieur Toussaint Louverture a le secret.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Telerama   28 octobre 2015
Une mise à nu simple et touchante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   21 octobre 2015
Jonathan Ames met en scène son double accro à la bouteille. Féroce.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
BDZoom   07 octobre 2015
Voilà un album qui tord une nouvelle fois le cou aux idées préconçues et aux clichés bien installés.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest   06 octobre 2015
Grâce à une écriture précise et un ton faussement désinvolte, Alcoolique offre une exploration pleine d'esprit et sans concession de cette addiction.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   02 octobre 2015
Un véritable « page turner », provoquant l’empathie au fil d’une narration rythmée, impeccable.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LeSoir   03 septembre 2015
«Alcoolique» est le roman graphique de la rentrée, d’une bouleversante sincérité.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   13 décembre 2016
Je découvre que boire de la vodka m'épargne la gueule de bois. C'est pour moi une révélation et une explication plausible quant au nombre sacrément élevé d'alcooliques en Russie.
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carrecarre   20 juillet 2016
Il y a aussi dans l'alcoolisme, cette addiction purement physique. Je n'ai jamais réussi à m'arrêter à un ou deux verres. Une fois que j'ai goûté à un alcool ou une drogue, j'en veux toujours plus.
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SuperPommeSuperPomme   13 décembre 2015
Les mots de Tante Sadie résonnent en moi. Je prends conscience que jai cessé d'aimer Seattle depuis un bon moment déjà. Je la désire, et c'est loin d'être la même chose. Tout cela n'est qu'une question d'ego, au fond. Je n'arrive pas à accepter le fait qu'elle me rejette et je voudrais qu'elle revienne. Ce n'est pas de l'amour, c'est juste de l'égoïsme. J'ai lu un jour que l'égoïsme se définit par le manque. Et donc, avec le temps, c'est par égoïsme et non par amour, que je la désire. Je ne l'aime pas, je veux la posséder.
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marina53marina53   13 décembre 2016
Cette histoire mêle les bribes d'un passé récent et d'un passé plus lointain. Ainsi va la vie, non ? Elle avance cahin-caha mais coûte que coûte, tout en déroulant la bobine des souvenirs.
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colimassoncolimasson   15 février 2016
[Après avoir vomi toute la nuit après une cuite, et expliquant à sa mère qu’il a sans doute mangé trop de pizza]

C’est dingue… elle marche, comme mon père. Pourtant, je voudrais qu’ils comprennent que quelque chose ne va pas. Que j’ai un problème avec l’alcool. Car c’est bel et bien un problème. Je ne leur en veux pas, mais mes parents ne voient pas ce qui se passe, et je suis incapable de m’arrêter seul.
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