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EAN : 9782824602738
192 pages
Éditeur : City Editions (06/03/2013)
3.53/5   17 notes
Résumé :

Je m'appelle Anina, j'ai 22 ans et je suis Rom.

J'ai connu la misère, les insultes, les camps sordides. En France, je n'ai pas toujours mangé à ma faim, j'ai dû faire la manche dans la rue pour survivre. J'en suis humiliée à jamais.

Mais je voudrais aussi vous raconter mon autre histoire. J'ai appris le français avant d'obtenir mon bac et j'étudie à la Sorbonne pour devenir magistrat. Quand on a surmonté ce que j'ai connu, c'e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Annette55
  02 août 2018
Anina Cuiciu a vécu en Roumanie jusqu'à l'âge de 7ans .
En juillet 1997 , par l'intermédiaire d'un passeur, ses parents et ses deux soeurs, Anita et Maria atterrissent à Casilina , en Italie , un camp de Roms surpeuplé, sans hygiène , ni électricité , une misére à l'état pur, pas d'eau potable.......
Elle fait la manche dans la rue avec sa maman pour survivre , elle en est honteuse ! , un camp qu'ils doivent bientôt quitter.
" Si les Roms en Roumanie étaient considérés comme des sous - hommes, ici, en Italie, nous étions assimilés à de la vermine " , écrit - elle ..........
Cet ouvrage conte les pérégrinations de sa famille arrivée ensuite en France où elle apprend le Français aprés avoir connu la misére le rejet absolu, la méfiance , les insultes, l'insécurité , la pauvreté , le découragement , l'humiliation d'avoir dû faire la manche pour survivre .......

Heureusement une famille d'enseignants les La-Fontaine et les Gimet , des personnes au coeur d'or , dévouées, vont les aider ........
C'est un témoignage bouleversant et positif, engagé, un parcours fort, où Anina répète plusieurs qu'elle a eu honte de faire la manche, qu'elle n'a pas toujours mangé à sa faim........
Aujourd'hui elle a tout surmonté, a fait des études à la Sorbonne pour devenir juriste , reconnaît qu'elle a eu de la chance et n'abdique rien .......
Au contraire elle rend hommage à sa famille, assume avec courage ses souffrances ,ses humiliations , plaide pour la culture Rom, leur esprit de famille , leur respect des Anciens et la solidarité entiére et ineffable , pleine, de la famille , au sein de cette communauté .
Elle écoute de la musique Rom et admire la danse Rom .
Quel parcours !
Il ne faut pas avoir peur des roms , mais essayer de leur donner une chance , au delà des préjugés.
Les roms ne sont pas seulement "des voleurs de poules" .
" Quand demain, dans la rue, vous croiserez une dame au dos courbé, affichette en carton sur les genoux, quand vous verrez qu'assise à côté d'elle, il y a une petite fille aux longs cheveux noirs, ne la jugez pas, ne l'insultez pas, ne la frappez pas. "
Un récit émouvant qui fait réfléchir !
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Apoapo
  18 février 2016
La discrimination des Roms en Roumanie, provoquant le licenciement de son père à l'instar de tous ceux dont une délation sur leurs origines ethniques dissimulées suffit à l'exclusion sociale et professionnelle, est la raison qui conduit la famille de la jeune Anina Ciuciu, âgée alors de 7 ans, à se mettre dans les mains de passeurs pour émigrer clandestinement. Les péripéties de cette famille de Roms sédentaires comportent : un voyage inhumain en passant par le Kosovo jonché de mines antipersonnel, un transit par un campement rom à la périphérie de Rome situé en plein milieu de la décharge urbaine, dans les relents des détritus et parmi les rats, la mendicité, puis un nouveau passage clandestin vers la France, l'expulsion des foyers, la violence ordinaire des forces de police, une scolarisation dans l'humiliation interrompue encore par la mendicité – humiliation suprême, la rencontre providentielle, à Bourg-en-Bresse, avec une institutrice retraitée qui prend en charge l'alphabétisation de la petite fille et les démarches administratives de ses parents, un premier rejet de leur demande d'asile, une longue attente toujours caractérisée par l'interdiction de travailler faite aux adultes, enfin une régularisation temporaire leur permettant d'acquérir des revenus par voie légale, d'accéder à un logement décent, de scolariser normalement les quatre fillettes, jusqu'à ce que la seconde d'entre elles, Anina la narratrice, par un cursus d'excellence, parvienne au seuil de la Sorbonne pour un master en droit pénal et à l'ambition d'une carrière dans la magistrature, à la condition, encore incertaine à l'époque de la rédaction de ces mémoires, de l'obtention de la nationalité française.
Cet ouvrage est sans doute le fruit d'un entretien-fleuve avec Frédéric Veille, ou peut-être d'une rédaction à quatre mains. Il est hélas toujours impossible, dans ces conditions, de savoir quelle est la part de la narratrice dans l'exposé de son récit autobiographique et laquelle doit être attribuée au co-auteur, ne serait-ce que par ses questions. Lors de la rédaction, Anina a 22 ans et elle vient juste de « monter à Paris ». Pour cette raison, on peut avoir des curiosités inassouvies ou nourrir des réserves sur tel ou tel autre aspect de la vie de la protagoniste que l'on estime insuffisamment traité, comme par ex. les souvenirs d'enfance en Roumanie ou les moments où les migrations ont été les plus dures, et se demander si c'est dû à la pudeur ou au refoulement. Inversement, on peut estimer que certaines considérations d'ordre plus général sur la vie, sur les valeurs, sur les affects familiaux ou sur les relations de couple relèvent de la candeur d'un jeune âge entraînant encore son lot de certitudes...
Peut-être un approfondissement sur les conditions historiques des discriminations à l'égard du peuple rom aurait-il servi la cause qui est explicitement embrassée par la narratrice dans sa motivation à se conter, mais il est certain que la force du témoignage, pour le fait même d'être une prise de parole outre le parcours exceptionnel qu'il décrit, suffit à rendre audible, pour les oreilles et les coeurs ouverts, l'imploration qui constitue la chute du livre :
« Alors, je vous en supplie, quand demain, dans la rue, vous croiserez une dame au dos courbé, affichette en carton sur les genoux, quand vous verrez qu'assise à côté d'elle, il y a une petite fille aux longs cheveux noirs, ne la jugez pas, ne l'insultez pas, ne la frappez pas. »
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celine85
  25 janvier 2015
A travers son témoignage sur son parcours des camps de réfugiés Roms jusqu'à la Sorbonne", Anina veut rentre hommage à ses parents, montrer que les roms ne sont pas que des personnes qui volent, font la manche.. et donner une lueur d'espoir aux Roms de Roumanie.
J'ai trouvé qu'Anina est restée très pudique et ne semble pas avoir dit ses réelles conditions de vie par honte ou par respect.
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Cielo1984
  14 juillet 2014
Une histoire vraiment touchante et intéressante.
Cependant ce livre qui n'est pas très épais, a paru être interminable. L'histoire est parfois tirés en longueur.
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meknes56
  10 mai 2019
Un excellent témoignage que nous lisons avec beaucoup d'émotion...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   02 août 2018
"Nous étions exclus de la société .
Nous n'avions évidemment pas les moyens de visiter quoique ce soit et ne pouvions pas aller au centre- ville à cause de la police.
Nous étions entrés en Italie de façon clandestine, nous n'avions pas le droit d'asile, nous n'avions aucun droit en fait comme des" êtres humains qui n'existent pas . "
Au moins , en Roumanie, nous avions des cartes d'identité et une existence légale.
Des " Microbes" , disaient les Italiens qui ne voulaient qu'une chose: que l'on nous "chasse" pour les plus modérés , que l'on nous "extermine "pour les plus extrémistes , le chef du camp nous disait souvent : " Faites confiance à Dieu , pas aux hommes .... "
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celine85celine85   25 janvier 2015
Les Roms ont évidemment exactement les mêmes capacités que les autres être humains. Je dirais même qu'ils en ont plus , du fait justement des difficultés de leur quotidien, des épreuves qu'ils ont eues à subir depuis des siècles. Cette dureté de vie qui a forgé leur caractère au fer rouge, qui leur donne ce courage, ce gout de l'effort, cette soif de réussir et de se dépasser. C'est ce qui les fait peut être aussi autant aimer la vie, l'instant présent, car le futur est toujours incertain pour les Roms
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rkhettaouirkhettaoui   26 mars 2018
Il paraît que la plus belle des récompenses pour une mère et un père, c’est de voir que leur enfant est devenu quelqu’un et qu’il s’est battu pour cela.
Tout au long de ma jeune existence, mes parents n’ont voulu que cela. Et, aujourd’hui encore, ils n’aspirent qu’à cela. Toute leur vie, ils ont affronté des montagnes, ils se sont retrouvés face à des murs, des portes closes. Souvent aussi, ils ont pris ces portes en pleine figure, ne sont pas parvenus à franchir ces murs ni à gravir ces montagnes. Mais ils n’ont jamais renoncé, pour nous, pour eux.Ma vie, comme celle de mes parents et de mes sœurs, n’a pas toujours été facile, et je sais parfaitement que mon avenir et celui de mes proches ne s’annoncent pas non plus sans nuages.
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rkhettaouirkhettaoui   26 mars 2018
Jamais les filles de mon école n’ont voulu jouer avec moi. Je ne comprenais pas pourquoi elles me rejetaient et ne voulaient pas de moi.
Quand j’en parlais à mes parents, je sentais bien qu’eux aussi étaient blessés,mais ils me disaient que ce n’était pas grave, que les autres étaient jalouses parce que j’avais un plus joli cartable qu’elles, qu’elles n’étaient pas meilleures que moi…
Malgré les efforts, même si j’étais toujours bien habillée et travaillais bien en classe, elles me rejetaient systématiquement, simplement parce qu’elles soupçonnaient mon appartenance à la communauté rom.
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rkhettaouirkhettaoui   26 mars 2018
C’est notre destin ; nous y sommes préparés depuis notre naissance. Certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche et n’ont qu’à demander pour obtenir : ce ne fut pas mon cas.
Ma vie et celle de mes racines furent, sont et resteront un éternel combat
contre l’injustice et les préjugés : je suis rom, rom de Roumanie.Je suis rom, et aujourd’hui je suis fière de l’être et de le dire. Mais cela n’a pas toujours été le cas.
Et si aujourd’hui je vis en France, pays des droits de l’homme, mon combat –mon sacerdoce –, comme celui de mes proches, est quotidien, pour gommer notre soi-disant différence avec les autres et pour que ce texte rédigé en 1789 par les Représentants du Peuple français soit respecté à notre égard.
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Quand la francophonie s'engage au féminin - Anina Ciuciu, rom et juriste, pour sortir de l'injustice.
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