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EAN : 9782246804826
608 pages
Éditeur : Grasset (15/10/2014)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Rideau de fer raconte, comme cela n'a jamais été fait, la manière dont les " terres de sang " - essentiellement trois pays emblématiques : Allemagne, Hongrie et Pologne - ont été soviétisées (réparations économiques, nettoyages ethniques systématiques que l'on associe rarement à cette période de l'Histoire, récupération partielle de l'appareil policier hérité du nazisme, etc.).
S'interrogeant sur le " Haut Stalinisme " (1944-1956), soit les douze années de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Florel
  23 novembre 2014
Quel livre ! Quel travail magistral ! A la fin de cet avis vous allez vite vous rendre compte que je ne dirai rien de plus que la quatrième couverture. Il n'est en effet pas exagéré de dire qu'Anna Applebaum a fait un travail remarquable et un livre qui se lit comme un roman. Sur une base riche et variée, et d'un point de vu large et impartial, l'auteur qui a passé 6 ans sur ce livre, va faire découvrir aux lecteurs toute la dimension du régime communisme à l'est après 1945. Elle va pour se faire, aborder le sujet sous divers aspects : matériel, politique mais aussi psychologique, et va ainsi de page en page dresser un portrait au plus proche de la réalité. Et pour que cela soit plus complet elle ne va pas hésiter à remonter aux années 20, 30 pour bien situer la pensée soviétique et ses vues sur l'Europe.

Pour en revenir à 1945, nous savons généralement que le communisme s'est imposé de force dans les pays libérés du joug allemand par l'armée rouge, mais ce qu'on ignore souvent c'est de la manière dont l'idéologie soviétique marxiste-léniniste s'est imposée et de quelle manière cela a été vécu par les populations ; c'est donc à partir de ces deux questions principales que l'auteure va élaborer tout son travail.
Pour se faire, elle va dans un premier temps décrire l'avancée de l'armée rouge sur l'Europe-orientale, et montrer comment par les massacres (des résistants polonais par exemple), les pillages, les réparations sauvages, les viols… du statut de libérateur cette armée est passée au statut d'envahisseur. Pour ensuite expliquer comment petit à petit et derrière les apparences qui étaient pluralistes - il y avait encore l'église et les autres partis politiques autorisés à l'époque -, le système politique de l'URSS a pris le pouvoir en occupant les plus hautes places des institutions clés - politique, jeunesse, éducation, radio – dans les pays nouvellement occupés, et comment à partir de là, ce système à méthodiquement annihilé toute résistance à son régime, par la menace, la propagande, les faux procès, etc, etc....
D'ailleurs ce que j'ai apprécié découvrir là-dedans, c'est que cela donne à voir le côté vicieux de ce régime qui n'hésitaient pas à mentir, à manigancer, pour entretenir l'illusion que le communisme était supérieur au capitalisme, bon ce n'est pas une découverte la propagande du stalinisme on l'a tous appris au collège, mais là c'est étonnant de découvrir comme beaucoup d'entre eux croyaient vraiment à cette supériorité malgré toute l'horreur de ce régime ; faut savoir que c'est entre autre pour ça qu'il y avait encore au début le pluralisme politique. Les communistes étaient réellement persuadés qu'ils avaient une aura fabuleuse qui faisait qu'ils allaient automatiquement gagner le coeur de la population. Je ne sais pas vous, mais personnellement tant de confiance aveugle moi ça me laisse admirative.

Bon la prise du pouvoir c'est une chose, mais l'auteure va aussi développer en parallèle à cela, le système politique communisme, comme la mise en place des plans quinquennaux, la construction des villes, le nettoyage ethnique et même dans le parti, les inégalités au sein de la population, et j'en passe. Elle va ainsi nous faire découvrir les effets de cette politique sur les peuples soumis, comme par exemple la course au mérite sans fin des employés, cet ennui qui avait pris possession des habitants et des ouvriers (loin des images joyeuses et pleines de vie de la propagande), le manque de vivres, les exodes de toutes les populations, la fatigue de l'illusion, etc… Et là l'auteure a vraiment tapé fort, car c'est à partir de témoignages et d'archives écrites, qu'elle donne la réalité du terrain, et qu'on découvre toute la détresse vécue dans cette partie de l'Europe après la guerre. Bien plus qu'un simple livre d'histoire froid et logique, ces pages ont un côté douloureux qui ne laissent pas indifférent.
A côté de ça c'est quand même étonnant de voir comment avec l'énergie du désespoir le régime socialiste essayé coûte que coûte de sauver les apparences du bonheur communiste, en entretenant les haines - qui aujourd'hui encore posent problème car ça a conduit à des crimes -, en accusant des saboteurs imaginaires, ou encore les dirigeants locaux, pour expliquer le désamour de la population. Jamais ils n'auraient admis – même si certains s'en sont aperçus - que le problème venait de leur système politique et non des autres, même s'ils ont changé régulièrement de plan, sans changer le fond, pour garder le pouvoir sur les populations si promptes à s'enflammer.
Néanmoins il faut savoir que dans ce malheur la population a fait de la résistance et n'a pas accepté son sort sans réagir. du soutien suicidaire aux opposants lors des élections, en passant par la mode, le cinéma, et les révoltes plus sanglantes après la mort du dictateur Staline, jamais les populations ont plié entièrement à ce régime malgré les apparences. D'ailleurs elles ne manquaient pas d'un certain sens de l'humour aussi, voici une blague hongroise des années 50 que l'auteur fait partager : Définition du socialisme : un combat sans relâche contre des difficultés qui n'existeraient dans aucun autre système.

Pour faire court, de toute manière s'est impossible de résumer la totalité de ce livre et d'aborder tout ce qu'il aborde, je conseille ce livre pour découvrir l'histoire de cette Europe dominée et la vivre de l'intérieure, même si Anne Applebaum ne s'attarde réellement que sur 3 pays de l'Europe de l'Est. Je précise en passant que ce bouquin ne parle que du régime soviétique, si à côté dans des interviews l'auteure fait le parallèle avec la Russie de Poutine, il n'en est rien dans ici, elle reste sur son sujet sans digresser avec la Russie actuelle.
Lien : http://voyagelivresque.canal..
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Latias
  21 août 2017
Fruit de six ans d'interviews et d'analyse d'archives dans différentes langues, l'ouvrage très documenté d'Anne Applebaum traite de l'histoire des pays de l'Europe de l'Est (RDA, Pologne et Hongrie principalement) de 1944 à 1956. Un travail impressionnant !
N'ayant auparavant que très peu de connaissances de cette période, sa lecture m'a beaucoup appris. Cependant, un ouvrage plus synthétique mais mettant plus l'accent sur les aspects économiques et sociologiques (130 pages seulement sur les 800) aurait mieux correspondu à mes attentes.
Texte très clair, d'une lecture facile.
Abondante bibliographie.
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Nikoz
  23 avril 2015
Une excellente plongée dans cet univers meurtri qui s'est petit à petit glacé et figé.
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critiques presse (4)
NonFiction   19 janvier 2015
Une synthèse magistrale sur la mise en place de la dictature soviétique en Europe de l’Est.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress   03 novembre 2014
La remarquable enquête d'Anne Applebaum ouvre des horizons sur l'écrasement de l'Europe orientale par les Soviétiques.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   20 octobre 2014
Ce livre est l’histoire tragique et révélatrice d’une implacable prise en main dans l’indifférence des Occidentaux, comme aujourd’hui face à l’Ukraine.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   15 octobre 2014
Ce Rideau de fer est le formidable et dramatique roman d'une Europe remodelée.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   20 mars 2016
Un des mythes que le mouvement communiste international propagea sur son propre compte fut celui de son indifférence aux distinctions nationales et ethniques. Les communistes étaient par définition des internationalistes, les " soldats d'une seule armée internationale", sans divisions nationales entre eux.
Fils d'un militant communiste britannique et lui-même membre du parti par la suite, Raphael Samuel a ainsi qualifié d' "universaliste" le communisme de son enfance :
Tout en admettant l'existence de singularités nationales (nous n'y croyions qu'à moitié), nous pensions que la transition du capitalisme au socialisme avait partout un contenu "identique". Le communisme, comme la chrétienté médiévale, était un et indivisible, une communion de la foi internationale...
En réalité, il n'y eut pas de chef de guerre aussi avide de manipuler et d'encourager les conflits nationaux que Staline, à l'exception de Hitler lui-même. Lénine avait nommé Staline "Commissaire aux nationalités" en 1917, et le futur généralissime acquit dès lors pour la question une expertise et un intérêt qu'il ne perdit jamais. A compter des années 1930, il lança des vagues de terreur contre les minorités ethniques qui vivaient en URSS, dont les Polonais, les Tchétchènes, les Tatars de Crimée, les Allemands de la Volga et, dans les dernières années avant sa mort, les Juifs. A la suite de l'invasion nazie en 1941, il exploita aussi massivement des symboles nationaux et nationalistes russes - uniformes militaires traditionnels, Eglise orthodoxe - pour inciter les citoyens soviétiques "internationalistes" à combattre les Allemands.
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fanfanouche24fanfanouche24   22 août 2018
Après l'insurrection du 17 juin
Le secrétaire de l'Union des écrivains
Fit distribuer des tracts dans la Stalinallee.
Le peuple, y lisait-on, a par sa faute
Perdu la confiance du gouvernement
Et ce n'est qu'en redoublant d'efforts
Qu'il peut la regagner. Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d'en élire un autre ? ---- Bertolt Brecht, "La Solution "
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Video de Anne Applebaum (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne Applebaum
Les Matins - L?Europe est-elle naïve face à Poutine ? .http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-l%E2%80%99europe-est-elle-naive-face-a-poutine-2014-10-15 Anne Applebaum, journaliste américaine A été longtemps correspondante de The Economist à Varsovie Editorialiste au Washington Post et à Slate Historienne spécialiste de l?ex-URSS Vient de publier chez Grasset : Rideau de fer, l?Europe de l?est écrasée 1944-1956
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