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ISBN : 2818017076
Éditeur : P.O.L. (14/02/2013)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
X heures, Y minutes. Décembre neige dans mes os. Décembre neige et toi, Mamie, toi, tu....
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
bibliothequedebracieux
  18 mars 2013
Décembre m'a ciguë est un livre étrange, le titre nous l'annonce d'emblée. La 4 ième de couverture aussi
"X heures, Y minutes. Décembre neige dans mes os. Décembre neige et toi, Mamie, toi, tu..."
La narratrice attend. Elle voudrait tant ne pas attendre. Ce téléphone qui va sonner, cette mauvaise nouvelle qu'elle ne voudrait pas entendre... L'écriture est volontairement étrange, difficile de s'accrocher aux mots. Les phrases tapent, sans cesse. de temps en temps cela s'apaise un peu. Il y a des souvenirs heureux, des souvenirs avec -de- cette grand-mère qui est en train de mourir. Il fait froid, si froid. Et on le comprend.
Et ce téléphone qui sonne...Répondre? Ne pas répondre? le faire taire surtout. Car à un moment il dira ce que la narratrice refuse.
Les phrases sont coupées, écrites dans le désordre, des mots ont disparus. On avance difficilement quelquefois. On a du mal à suivre cette histoire chaotique à cause de cette langue hachée. Et puis on attrape le fil, c'est doux d'un seul coup avant que l'angoisse nous soulève brutalement. La narratrice nous entraîne dans ses tourments, dans sa peur.
L'écriture se fait poétique, souvent. Ce sont mes moments préférés. On pense à Valérie Rouzeau quand elle rend hommage à son père dans le long poème de son recueil "Pas revoir".
Dans ce roman c'est plus difficle à suivre, les chapitres sont très courts mais il y a peu de respiration et les mots se pressent.
Ce roman est rythmé par une histoire de quelques lignes qui revient sans cesse. Celle du chevalier Bran qui fut capturé par les anglais lors de la bataille de Kerlouan, en Bretagne, et qui attend l'aide de sa mère pour le libérer. Histoire que lui racontait sa mamie. Nous l'aurons en entier à la fin de ce livre.
La fin....
Le téléphone a fini par sonner. Un livre de douleur et de colère. Comme la vie?
.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   15 juin 2017
 
 
Je voudrais écrire un poème. J’y songe
depuis plusieurs jours multipliés par un
désir qui fait tourner les jours encore.
Un poème, une forme simple, le bon
lieu où : disparaître. Il serait en octo-
syllabes. Nul n’aurait à le lire, il serait
là, c’est tout. Il serait un poème que
l’on suivrait des yeux comme on suit
les oiseaux. Je voudrais écrire un poè-
me, non, je voudrais devenir un oiseau.
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coco4649coco4649   15 juin 2017
JE DIS LE MOT : MOURIR…


Extrait 2

Balcon, je happe l’air à m’y noyer et mon cœur qui s’ouvre partout. J’en ai jusqu’au bout des orteils de mon cœur, de sa : déchirure. Toute ma chair palpite de ta voix qui me vient, ou qui : ne me vient pas. C’est à devenir fou. Je happe, happe, je happe l’air. Regarde les étoiles, le parc : ne vois rien, fais simplement les gestes que fait un corps malade. De l’aide : je veux de l’aide pour mes poumons, de l’aide pour la cicatrice qui me gangrène le langage, de l’aide, oui, j’en veux pour mon cœur qui traîne jusqu’à terre, de l’aide un peu : je n’en peux plus. J’étouffe je hoquette… et puis c’est con comme la nuit, lentement, sans un bruit, je pleure… Alors enfin ta voix m’arrive : à la bonne place le Chevalier, au bon endroit : ― Au village de Kerloan, au bord de la mer, un grand chêne domine le rivage. Sur ce chêne, au clair de lune, des oiseaux s’assemblent. Des oiseaux de mer, au plumage blanc et noir.
Dans mon corps, quelque chose se rompt. Je ne sais quoi exactement. C’est une sensation délicieuse, fluide. Comme un vertige. J’espère que je meurs, que je : me débarrasse.
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coco4649coco4649   15 juin 2017
JE DIS LE MOT : MOURIR…


Extrait 1

Je dis le mot : mourir, et me fais la promesse de lui faire la peau. Je le tordrai, ce mot, essorerai s’il le faut tout le vocabulaire. Rien de nous ne vivra jamais dans ce mot-là. Devant mon bol, tisane fume, et moi je hurle de la fumée, et ton nom m’ébouillante. Alors soudain, soudain je cours à la fenêtre, non je cours à toutes les fenêtres, des unes aux autres, sans m’arrêter. Je fais mille mètres à la seconde, de grands bonds qu’on dirait : qui me secouent la tonne parce que je n’en peux plus. Pleins poumons j’ai ta voix qui m’étouffe, ta voix immatérielle qui me signe le corps. Alors oui, les fenêtres, parce que je flambe comme un champ de bataille. C’est l’enfer je me dis, je traverse l’enfer. Alors courir courir : pour avancer, tenir debout. Ne savoir du combat que la simple notion de survie parce que… Parce qu’il n’y a plus un gramme d’air dans la pièce ; parce que ta voix me troue la peau.
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JuinJuin   17 mars 2013
Je reste assise sur le parquet, balance d’une planche à l’autre, en écoutant mes os qui rouillent à l’intérieur, qui méticuleusement : se déglinguent. Le corps : de la tôle froissée, des morceaux de ferraille qui volent en éclat.
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coco4649coco4649   15 juin 2017
 
 
La seule certitude réside dans l’étrange sensation
d’un déplacement, de ce qui jusqu’alors dessinait :
la limite. Aimer réside dans cet effort-là : écrire,
autrement dit se vivre. Et quoi ? Quoi, rien, je
regarde la lune, je sais vers qui elle va, et de ta
chambre aussi, cela j’en suis certaine, tu as dû
lui faire signe. Je me demande combien nous
sommes à faire cela, ce petit rituel nocturne,
et depuis combien de siècles il perdure.
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Vidéo de Edith Azam
Édith Azam Caméra éditions P.O.L : Où Édith Azam lit le début de Caméra , à l''occasion de sa parution au éditions P.O.L, à Paris, le 8 juin 2015
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