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EAN : 9782072785474
120 pages
Gallimard (15/03/2018)
4.3/5   5 notes
Résumé :
Ce recueil est une manière de récitatif en vers libre, fruit d'une expérience singulière et d'une belle sensibilité poétique, comme une façon de penser/lorsque l'attente a rejoint l'infini/et que l'été n'est plus. Cest à l'heure où les ombres s'accumulent que Silvia Baron Supervielle, plutôt que de dresser un bilan de sa vie, interroge ce que l'avenir lui propose : un autre Loin, un autre Seuil, un autre Vide, un autre Verbe. Elle en a tiré quatre chants qui témoign... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
coco4649
  28 mai 2018
 
 
Cet ouvrage contient quatre parties,
où le rêve s'entremêle avec le réel.
" UN AUTRE LOIN
" UN AUTRE SEUIL
" UN AUTRE VIDE
" UN AUTRE VERBE
Aucune ponctuation, autre que celle de la fin des chapitres,
fait ressortir une certaine narration flottante, hors du temps.

Dans la première partie " UN AUTRE LOIN "
des questions essentielles sont posées
– sans point d'interrogation – des réponses
effleurent et affluent .
" où s'en va ce qui manque
p.12
" où irais-je comme ça
p.13
" Où aller sans commencement
et peut-être sans fin
p.14
" combien de temps faut-il
pour s'habituer à la nuit
p.15
Quelques réponses surgissent de
nulle part.
" j'essaie de retrouver les étoiles
p.14
" je perds la vue à l'intérieur des yeux
p.15
" l'encre se verse sur des mondes ignorés
p.17
" je cherche la sortie de la mer
p.18
" je réapparais dans une ville
p.20
Plus loin – UN AUTRE LOIN – ,
une réponse-trouvaille
lyrique :
" je suis au bord du brisement
par-delà la transparence
trompeuse des ouvertures
p.21
Cette première partie est aussi le livre
des comments, de la mort et du rêve :
" comment s'habiller pour partir

" comment perdre la peur désunie

" lorsque la mer atteint la table
je fais le trajet d'ici à un autre loin
je cherche à repérer la mort
avant qu'elle ne me frappe
p.26
" se rapprocher lorsque la nuit
ouvre des voies pour le rêve
ou lorsque le jour se dégage
de l'arrogance de l'aube
p.27

Dans la deuxième partie " UN AUTRE SEUIL " se figent :
* les constatations de fatalité presque " oxymoresques ".
" Je suis arrivée loin et je me trouve près
de ton visage
p.56
" je vais vers s'en aller plus loin
plus tard et plus au fond
p.59
* les " il faudrait "
" Il faudrait que j'arrive à entrer
dans le chant de la distance
p.66
" il faudrait changer la position du ciel
p.67
" il faudrait être debout sur l'horizon comme l'éclair
p.67
" il faudrait une force plus forte
pour que la récitation inaccessible
s'arrête devant moi
p.68
* Des observations poétiques ornent
cette seconde partie :
" la distance s'allonge la peur est en danger

" l'hiver coupe en morceaux le vide
p.68
* Et toujours ce rêve omniprésent
" un jour sans brûlures ni blessures
p.68
" dans la brise légère des vaincus
le vide a remplacé l'absence
p.69
" un jour on s'expose à perdre la musique
à se figer de travers sur la scène
p.69
* le tard
" Il se fait tard de tous les côtés
l'heure se replie

" il est trop tard et il est trop tôt
p.71

Dans la troisième partie " UN AUTRE VIDE " :
" le vide" rejoint "il faudrait"
" le vide s'échappe du vide

" le vide préserve la brume
p.80
" il faudrait un autre vide
qui dirait l'atmosphère

qui ferait jaillir l'amour

un autre vide en liberté
où pourrait survenir une écriture
qui dessinerait ton visage
p.81
* les "faut-il"
" faut-il choisir les moments du passé
" faut-il se déprendre de la mer
" faut-il un autre vide pour vivre
p.82
* la fin de vie
Viendra le jour
" Viendra le jour de faire cesser l'extase

" Viendra le jour de mettre au feu

" le jour de débarrasser l'armoire

" le jour de sauver l'inconnu

" de jeter les symboles au panier
p.88-89
" viendra le jour de respirer un autre vide
p.90
Dans la dernière et quatrième partie " UN AUTRE VERBE " :
" Un autre verbe de chair et de sang

" un verbe engendré par les mouvements
de la mémoire et de l'oubli
p.93
" le seuil de l'espace tourne sur lui-même

" au loin un autre loin m'attend debout sur mon passage
p.96

CONCLUSION
" Une langue orpheline de significations
qui aurait la faculté de jaillir
des papiers comme le miroir
d'un paysage fabriqué
par la passion
qui pourrait tomber amoureuse
d'un être ou d'un livre…
p.103
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Marech20
  18 novembre 2018
C'est surtout le titre qui m'a attiré dans ce recueil de poésie.
Je dois avouer que j'ai mis un peu de temps à entrer, à comprendre ce que l'auteur voulait dire...en fait, toute la première partie, qui donne justement son titre au recueil.
Je me lui beaucoup plus laissée séduire par les trois suivantes.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   28 mai 2018
UN AUTRE LOIN


V
Extrait 2

Je réapparais dans une ville
aux ponts recommencés
[…]

ici seul le silence est visible
comment désirer sans te voir
à travers un filet jeté sur la distance

la douleur dormante altère la mémoire
sur la fenêtre à l'abandon
au creux de la main et des papiers
parmi les ratures et les blancs
déchirés

ici il n'y a pas de port où accoster
seulement de hautes falaises

lorsque l'amour s'aggrave
le vide autour de moi se sépare
et loin au large il s'étend
et se couche sur une épave
vivante


p.20-21
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Marech20Marech20   15 novembre 2018
C’est un autre paradis perdu
que je voudrais connaître
en fermant les yeux pour retenir
le réveil dans le foyer
des paupières

il faudrait se défaire des fragments
blancs qui flottent sur la table
retrouver les portes et les rues
sans noms de la ville imaginaire
et ne pas s’arrêter de marcher
en écoutant les pas retentir
sur le pavé pour ne rien dire
ni conduire ni se retourner
ni quitter le départ

ne pas prendre le risque d’oublier la trajectoire
ne pas sortir de l’ombre au repos
sur le trottoir en raison du soleil qui l’appelle
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   27 mai 2018
UN AUTRE LOIN


I

comme un réflexe de l’âme abandonnée
le souvenir d’attendre

la pièce s’ouvre à l’espace
la fenêtre me retient dans une allée étroite

je ne peux pas m’écarter
tout glisse à l’intérieur de l’ombre
qui effleure à peine les vitres
et me laisse ensemble sans moi
près de la vie et de la mort
pendant que le soleil s’éloigne
alors qu’il manque toujours
le paysage du matin

l’été plane sur les arbres
une route avance par saccades
entre les toits et les poteaux
rattrape la montée dévale la descente
entre les pas qui retombent
et se redressent à moitié

je marche contre l’été
contre la mer qui n’arrête pas de venir
de tirer vers le large mes yeux
usés de ne pas voir

p.10
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coco4649coco4649   27 mai 2018
UN AUTRE LOIN


II
Extrait 2

on arrêtera les mains qui tâtent les murs froids

on arrêtera le désir continuel de l’âme
et son corps dans le mien

nul rêve ne m’appartient
des sons circulent dans ma tête
j’entends la cime des arbres m’appeler
des images vraies m’enlèvent
séparées des saisons

nulle âme ne m’aperçoit
je sens la disparition à mes côtés
rien ne presse son passage inachevé
rien ne décide son destin

où s’en va ce qui manque

il me semble entrevoir un pays
derrière une parole évanouie
qui émerge des joncs de la lagune
au bord d’un souvenir changé
d’une terre et d’un nom dévastés
par l’éloignement

p.12
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   27 mai 2018
UN AUTRE LOIN


II
Extrait 3

c’est une route qui s’abandonne au pas
comme la marée montante
à son espoir de la plage

je suis au fond de la mer
les vagues suscitent des flammes
des ombres éclatent sur mon visage
produisant une symphonie
que renouvellent mes lèvres closes
et l’oscillation de mon torse
qui suit le va-et-vient

où irais-je comme ça

l’obscurité jaillit de ce qui dure et n’est pas

je vogue à la dérive par tremblement d’absence
par signes et habitudes et par mémoire
de naufrages

comment rejoindre le centre
j’essaie d’approcher un rivage familier
qui s’étend dans la brume

p.13
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Videos de Silvia Baron Supervielle (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Silvia Baron Supervielle
L’émission « Poètes en pied », série d’été de « For intérieur », par Olivier Germain-Thomas, diffusée le 27 juillet 1996. Invitée : la poétesse en personne.
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