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Diniz Galhos (Traducteur)
ISBN : 2207134202
Éditeur : Denoël (12/01/2017)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 79 notes)
Résumé :
L'histoire d'Euridice Gusmao, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à qui on explique qu'elles ne doivent pas trop penser. Et qui choisissent de faire autrement.
"Responsable de l'augmentation de 100 % du noyau familial en moins de deux ans, Euridice décida de se désinvestir de l'aspect physique de ses devoirs matrimoniaux. Comme il était impossible de faire entendre raison à Antenor, elle se fit comprendre par les kilos qu'elle... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  28 janvier 2017
Un truculent premier roman sur la condition féminine, mais pas un nième.....il nous vient du Brésil, dont la primadonna est un personnage particulier, "une originale" à "la tête bien sur les épaules, et bien au-dessus de la plupart d'entre nous."
Un couple dans le Brésil des années 50, Antenor et Euridice.
Euridice, femme aux mille talents, débordant d'énergie, "coincée" dans le rôle d'épouse au foyer mène une seconde vie invisible......titre original du livre -"La vie invisible d'Euridice Gusmao"-. Optimiste, elle relève le défi de sa condition, allant toujours de l'avant et triomphant du personnage de "Quelque Chose en Eurídice Qui Ne Voulait pas Qu'Eurídice Soit Eurídice"; personnage qui l'attend au tournant de chaque nouvelle tentative qu'elle fait, pour s'en sortir. Son histoire s'enchevêtre avec celles des membres de sa famille, de sa soeur Guida, son beau-frère Marcos, son mari Antenor........, -comme l'auteur aime elle-même à le préciser - toutes fortement colorées de scènes à la "radionovela", ces séries brésiliennes dont la version televisée est chérie dans le monde entier. Mais ce n'est pas pour autant du tout du chick lit ou autre.
Une prose lumineuse à l'image de sa superbe couverture colorée et un sens de l'humour incroyablement astucieux.
Une écriture presque orale, où l'auteur interpelle le lecteur par intermittence; son rythme, sa musicalité renforçant l'énergie d'Euridice qui nous entraîne tambour battant à sa suite.
Sous couvert d'une histoire loufoque, facile à lire, l'auteur égraine aussi subtilement des réalités universelles sur la condition féminine et la société en général, aussi valable dans les années 40-60 au Brésil, que de nos jours chez nous.
Il paraît que c'est un bestseller dans son pays, une nomination qui ne m'est pas du tout sympathique, mais ici on est face à un excellent roman qui divertit tout en faisant réfléchir et où la frustration disparaît sous l'humour et la tendresse....je me suis régalée.
Une lecture qui fait du bien, ne passez pas à côté.

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marina53
  01 juin 2017
Une cérémonie simple unit Eurídice Gusmão et Antenor Campelo, une jeune fille de bonne famille et un homme à la situation stable. S'ensuivit une fête tout aussi simple. Certains se demandaient même pourquoi ils s'étaient mariés. La lune de miel, elle, fut plus compliquée : la jeune femme ne saigna pas. Après quelques « trainée » criées ici et là et quelques larmes, la situation s'apaisa. D'autant que neuf mois plus tard, Cécília naquit, suivie, l'année suivante, par Afonso. La situation de la petite vie de la petite famille se stabilisa ensuite avant que ne s'installa une certaine routine. Antenor allait travailler tous les matins, les enfants, d'abord restés à la maison, fréquentaient l'école tandis qu'Eurídice restait à la maison. Faire le ménage et les courses, laver, repasser, cuisiner. Inlassablement. Tous les jours. Sa condition de femme au foyer était telle que son mari n'envisageait même pas qu'elle puisse travailler. Pourtant, Eurídice pensait et réfléchissait, voulait occuper ses mains et son esprit. Aussi s'essaya-t-elle à la cuisine avant de se passionner pour la couture...
Dans ce roman choral, l'on fait la connaissance d'Eurídice, une jeune femme au foyer qui supporte mal cette condition, d'Antenor, son mari traditionnaliste mais aussi de Guida, la soeur d'Eurídice qui a fui le foyer familial, de Marcos, son mari pendant un court laps de temps, de Zélia, la voisine qui adore les commérages, d'Antônio, le libraire amoureux d'Euridíce, d'Eulália, la mère de ce dernier.... Toute une galerie de personnages, tantôt loufoque, tantôt touchante et très attachante qui gravite autour des deux soeurs. Martha Batalha nous plonge dans une société où la position de la femme ne se résume qu'à son foyer. Mais Eurídice ne veut pas se cantonner à ce seul rôle. Tour à tour cuisinière hors-pair, couturière aux doigts de fée, lectrice boulimique, écrivain sans oublier mère et épouse modèle, cet esprit malicieux, curieux, ouvert et intelligent continuera d'apprendre, de découvrir et d'approfondir moult sujets. N'en déplaise à Antenor, ce mari obtus, parfois naïf mais aimant. Dans ce Rio de Janeiro des années 40-60, il n'était pas toujours facile, pour les femmes, de vivre comme bon leur semblait mais l'auteur apporte suffisamment de sel et de piment pour relever ce quotidien parfois morose. Un roman piquant, drôle et touchant, bercé de joie et de drame, servi par une écriture dynamique et enjouée.
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jeunejane
  13 février 2017
Le roman se passe dans les années 1960 au Brésil.
Euridice Gusmao et Guida sont les personnages principaux du roman de Martha Batalha.
Leurs parents tiennent une épicerie et les filles les aident régulièrement.
Euridice est douée dans de nombreux domaines comme les études et la musique.
Elle se marie à Anténor et doit mener une vie traditionnelle dévouée à ses enfants et à son mari. Chaque fois qu'elle développe une activité comme la couture ou la cuisine, elle se fait rappeler à l'ordre par Anténor, son époux. Elle rentre donc dans les rangs.
Sa soeur Guida quitte le domicile familial, rompt les liens avec ce milieu qu'elle renie et se marie à un gars d'un milieu riche qui ne vaut pas tripette. Elle revient après de multiples mésaventures chez sa soeur Euridice avec son petit garçon où elle est très bien accueillie.
Tout cela semble bien insipide mais l'originalité de l'écriture, l'humour, le style décalé en font un roman atypique qui vaut la peine qu'on continue la lecture jusqu'au bout.
La traduction du portugais par Diniz Galhos n'a pas dû être une mince affaire car le récit est très couleur locale.
Ah oui, j'oubliais, la couverture est remarquable.
C'est une belle découverte !


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AudreyT
  15 février 2017
Euridice Gusmao vit au Brésil, entourée de son mari et de ses deux enfants. Sa petite vie tranquille de femme au foyer ne lui suffit pas et comme elle possède tous les talents du monde, tout ce qu'elle entreprend est un succès. Qu'elle s'adonne à la cuisine ou qu'elle se prenne de passion pour la couture, seul son mari est capable de la freiner. Et il ne lassera jamais de le faire !! Mais c'est sans compter sur la ténacité d'Euridice...
Quel sympathique premier roman brésilien que celui de Martha Batalha !!! J'ai passé un moment fort agréable dans les rues de Rio aux côtés de cette famille. L'écriture est enjouée, plein d'humour et malgré le peu de rebondissements, on ne s'ennuie jamais... Euridice est une femme qui gagne à être connue : exceptionnelle et entière, elle est l'amie dont nous rêvons toutes !!! Partez à sa rencontre, vous ne serez pas déçus...
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traversay
  24 janvier 2017
Pourquoi la littérature devrait-elle nécessairement être sombre, triste et désespérante ? Force est de constater qu'ils sont plutôt rares les romans qui cultivent la fantaisie, la gaieté et l'optimisme. Ce ne sont d'ailleurs pas les plus faciles à écrire car il faut trouver le juste équilibre, ne pas tomber dans un ton melliflu et écoeurant. On trouve un certain de bons exemple parmi les romancières contemporaines qui ont ce talent : Véronique Ovaldé, Audur Ava Olafsdottir, Ito Ogawa, par exemple. Mais Les mille talents d'Euridice Gusmao, premier livre et best-seller de la brésilienne Martha Batalha, fait plutôt penser à Isabel Allende, celle des premiers temps. Ce n'est pas tant du réalisme magique, formule galvaudée, qu'une sorte d'enchantement du quotidien, aussi frustrant celui-ci puisse t-il être dans le Brésil des années 40 et 50. Les mille talents d'Euridice Gusmao (La vie invisible, si on traduisait le titre original, est bien plus adapté) raconte l'existence d'une carioca qui a du mal à s'épanouir dans le rôle de femme au foyer imposé par la société et les convenances. Ce n'est pas une rebelle, non, mais elle essaie tant bien que mal d'esquiver le conformisme ambiant en se lançant dans des dérivatifs motivants où elle excelle : la cuisine, la couture, l'écriture. Qu'il est compliqué de trouver sa voie entre un mari traditionnel, mais aimant, et des enfants qui ont du mal à comprendre cette mère singulière avec ses "lubies". le livre est un portrait d'Euridice mais il n'est pas que cela. Il lui suffit d'évoquer un nouveau personnage et hop, Martha Batalha nous offre sa biographie complète, et pas vraiment façon wikipédia, mais avec un sens du pittoresque qui rend même les destins tragiques amusants. La romancière brésilienne est une conteuse d'histoires hors pair même si, parfois, ses digressions font perdre le fil de la trame principale. Mais qu'importe, elle retombe sur ses pieds et l'intrigue d'avancer dans ce Rio si bien décrit avec ses quartiers très différents selon l'appartenance sociale. Un roman plein de malice et de verve, facile à lire mais pourquoi cela devrait-il être un défaut ?
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   28 janvier 2017
Pour Feliciano, il était toujours aussi surprenant de constater que le chaos qu’il trouvait en rentrant chez lui était pire que celui qu’il quittait chaque matin pour aller travailler. Le salon était jonché de langes sales, de peaux d’orange, de petites voitures en bois, de bébés à la dérive et de bavoirs maculés. Les lits étaient dans le même état que toujours, à faire. La cuisine était sous la domination des blattes, qui trottinaient sur la vaisselle incrustée de restes. Dans le seul fauteuil qui ne faisait pas office de penderie, il retrouvait Maria Rita, encore en chemise de nuit,absorbée par les vers qu’elle écrivait dans son petit carnet.......Le couple se disputait chaque jour à cinq heures quarante et à dix-sept heures.
"Tu ne me comprends pas, je suis une poétesse, une artiste ! Un esprit libre qu’on a enchaîné à cette vie.
-Maria Rita, je te soutiens dans ton art, mais ce bébé a les fesses aussi rouges que celles d’un babouin ! Et regarde un peu les cheveux de notre fille, il va falloir les lui couper ras la nuque, avec tous ces nœuds."
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marina53marina53   01 juin 2017
On peut encore les [Eurídice et Guida] croiser. On les retrouve la nuit de Noël, où elles passent le plus clair de leur temps assises, serviette à la main. Ce sont les premières à arriver, et les premières à partir. Elles parlent des croquettes de morue, de la canicule ou de la pluie de la journée, du vin que certaines d'entre elles boivent encore, mais pas beaucoup, rien qu'un tout petit peu. Elles demandent si le mari va bien, si la petite-nièce a déjà un amoureux, si le petit-neveu est déjà en chemin. Certaines ont besoin d'aide pour quitter le sofa et s'asseoir à la table du dîner. Beaucoup ont perdu l'appétit, et considèrent la dinde avec détachement. D'autres s'animent à l'heure du dessert, parce que du pain perdu, ça ne se refuse jamais. Elles retournent s'asseoir sur le sofa et regardent les plus jeunes ouvrir leurs cadeaux, avec l'air de celles qui ne parviennent plus qu'à voir le passé.
Préface
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BookycookyBookycooky   28 janvier 2017
Ces fornications en famille engendrèrent des hommes et des femmes qui se ressemblaient singulièrement............Il arrivait parfois qu’un Godoy ou un Moraes parvienne à se libérer de cette malédiction de la ressemblance, par la grâce de Dieu et de sa mère, qui avait senti sous sa jupe brûler un feu incontrôlable, dûment éteint au fil des siècles par deux curés, trois médecins, un explorateur perdu dans les anciennes forêts de Rio et cinq jeunes mulâtres. C’était justement le cas de Marcos, qui était né plus grand et plus blond que prévu, confortant la foi de sa famille en une évolution de l’espèce, et celle de sa mère dans le théâtre brésilien. C’était en effet dans un couloir du théâtre João Caetano qu’elle avait connu un acteur svelte, responsable du peu d’émotions qu’elle éprouva passé trente ans.
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BookycookyBookycooky   28 janvier 2017
Antenor savait ce qu’il était. C’était un jeune homme de vingt-trois ans, sorti du collège Pedro-II, nanti d’un diplôme de comptabilité, fraîchement engagé par la Banque du Brésil, avec un air de jeune premier (c’étaient là les mots de Dalva), et sans la moindre alliance au doigt. Il ne pouvait boire un café, entrer dans une boutique ou acheter un journal sans que ses mains ne soient examinées par toutes les jeunes filles et mères de jeunes filles se trouvant à proximité. Elles ne s’intéressaient pas à Antenor, mais à l’idée d’Antenor. Elles s’apprêtaient et se maquillaient non pour qu’Antenor s’intéresse à elles, mais pour l’idée qu’il se ferait d’elles.
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marina53marina53   01 juin 2017
« Tu te souviens du jeu de la queue de l'âne ?
- Quoi ?
- Le jeu de la queue de l'âne. L'enfant a les yeux bandés et doit coller la queue qu'il tient au dessin d'âne accroché au mur ? On y jouait à la kermesse de l'église.
- Oui, je m'en souviens.
- La vie, c'est comme ce jeu, Euridíce. Des fois, on croit bien faire, mais on finit par se rendre compte qu'on a les yeux bandés, et on n'arrive plus à rien. »
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Videos de Martha Batalha (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Martha Batalha
Les Mille Talents d?Eurídice Gusmão de Martha Batalha et Diniz Galhos aux éditions Denoël
L?histoire d?Euridice Gusmao, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à qui on explique qu?elles ne doivent pas trop penser. Et qui choisissent de faire autrement. « Responsable de l?augmentation de 100 % du noyau familial en moins de deux ans, Euridice décida de se désinvestir de l?aspect physique de ses devoirs matrimoniaux. Comme il était impossible de faire entendre raison à Antenor, elle se fit comprendre par les kilos qu?elle accumula. C?est vrai, les kilos parlent, les kilos crient, et exigent ? Ne me touche plus jamais. Euridice faisait durer le café du matin jusqu?au petit déjeuner de dix heures, le déjeuner jusqu?au goûter de quatre heures, et le dîner jusqu?au souper de neuf heures. Euridice gagna trois mentons. Constatant qu?elle avait atteint la ligne, cette ligne à partir de laquelle son mari ne s?approcherait plus d?elle, elle adopta à nouveau un rythme alimentaire sain ».
Vous pouvez commander Les Mille Talents d'Euri?dice Gusma?o sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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