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ISBN : 2882504918
Éditeur : Noir sur blanc (04/01/2018)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 16 notes)
Résumé :
C'est le printemps, dans une petite ville côtière de l'Irlande. Le narrateur de cinquante-sept ans est cabossé par la vie. Trop vieux pour prendre un nouveau départ et trop jeune pour baisser tout à fait les bras, il traîne sa solitude de plus en plus difficilement. Quand il croise la route d'un chien borgne et famélique, il n'hésite pas longtemps : il en fera son compagnon de misère. Leur amitié, d'abord fragile, deviendra indéfectible. Jusqu'à ce que les habitants... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  24 février 2018
A l'image de son personnage, voilà un roman bien atypique. Il ne semble pas y avoir d'enjeu au départ, on est simplement témoin du désarroi, des angoisses paranoïdes de cet homme qui n'est plus dans la première jeunesse. Et cela suffit pour créer la connivence. La relation fusionnelle qui s'installe avec ce chien bien abimé aussi par la vie, nettement plus proche de Rantanplan que de Lassie, est accrocheuse. Mais on n'est pas au bout des surprises : c'est peu à peu, alors que le narrateur nous dévoile des bribes de son itinéraire que le sens apparaît. Mais chut…il serait bien inconvenant d'en dire plus. Ajoutons cependant que la nature, les paysages et la flore de l'Irlande sont là, bien présents et créant un décor précieux dans la grisaille globale.
C'est paradoxalement presque un huis-clos, malgré la fuite qui occupe une bonne partie du récit. car les personnages qui gravitent autour du narrateur ne se matérialisent que dans ses pensées et ses projections.
C'est très certainement à la magie de cette écriture que l'on doit d'adhérer immédiatement à l'histoire, malgré l'ambiance lourde et menaçante. Il y a de la poésie dans l'itinéraire de ce couple bancale et dans l'immense force qui les lie.
C'est suffisamment court pour qu'à aucun moment l'attention ne se relâche. Et jusqu'aux dernières pages , les secrets sont bien gardés.
Un très bon moment de lecture dont je remercie les éditions Notabilia et Babelio , dont les masses critiques sont autant d'occasion d'explorer des territoires nouveaux .

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Crossroads
  22 janvier 2018
Bienvenue en terre inconnue.
Sujet du jour : Ray
Dans la baie fauve ou l'anti conte de fée par excellence.
La rencontre de deux êtres désabusés avides de pas grand- chose.
L'humain et le canidé.
Ray et One Eye.
Le premier choisira le second, au hasard d'une affiche placardée sur une vitrine, pour tromper sa solitude.
Plus rien à perdre. C'est déjà fait.
Un premier roman étonnant de justesse et de force.
Le récit d'une amitié se tissant peu à peu pour finalement devenir indissoluble, n'en déplaise à tous ces voisins bien attentionnés rêvant d'un monde affranchi de leur complicité toute balbutiante.
Dans la baie fauve se veut tour à tour poétique, mélancolique, foutraque, générateur de moult adjectifs en "que" qui ne me viennent pas forcément sur le moment.
Sara Baume égrène les saisons une à une. Un condensé de vie, l'histoire d'une rencontre.
Pas de dialogues à se mettre sous les babines puisqu'un chien, par définition, ne parle pas.
Ray monologuera longuement, ardemment, avide d'écoute attentive et compatissante, fusse-t-elle celle d'un chien, néo best friend for ever.
C'est un beau roman, c'est une belle histoire.
Porté par une plume travaillée et captivante, Sara Baume fait dans le road movie initiatique.
De ceux dont on n'attend rien et dont on ressort le coeur un peu plus lourd mais paradoxalement transporté à l'idée d'avoir assisté à la naissance d'une toute grande.
Et puis avec un nom pareil...
Merci à Babelio et aux éditions Notabilia pour la balade.
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zabeth55
  17 janvier 2018
Et bien, pour un premier roman c'est un coup de maître.
C'est beau et triste, magnifique et désespérant.
C'est long et lancinant.
Un homme de cinquante-sept ans qui se définit comme vieillard prend un chien dans un chenil.
Entre eux vont se nouer des liens forts, de partage, de tendresse. de gaieté, de désespoir.
Tout au long de ma lecture, j'ai tenté de le définir.
Attardé mental ? Mais non, il sait tant de choses.
Asocial ? Oui mais par la force des choses
Simplet ? Un peu, à sa manière de rabâcher
Fada ? Si peu
Le ravi de la crèche ?
Un homme différent, tout simplement.
En tout cas, c'est un homme attachant, qui fut un enfant pas comme les autres, ne connut pas sa mère, n'alla pas à l'école, fut élevé par son père…… et se retrouva bien seul à la mort de celui-ci.
D'où sa décision de prendre ce chien qui a perdu un oeil, est agressif avec les autres animaux.
Mais quelle belle vie ils s'organisent tous les deux. Quelles belles ballades ils font dans la baie fauve proche du village irlandais où est la maison de son père. Quelle complicité lors de leur long périple en voiture.
Une parfait maîtrise du récit. Les situations s'éclaircissent au fur et à mesure pour cerner ce mystérieux personnage.
Une lecture envoutante qui plonge dans un univers des plus particuliers.
Pas évident de reprendre le fil de ses activités après avoir fermé la dernière page.
Un grand merci à babelio et aux éditions Noir sur blanc
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maevedefrance
  20 janvier 2018
Traduit par France Camus-Pichon
Un homme de cinquante-sept ans, seul et solitaire, lit une annonce sur une vitrine de brocante, entre "une veste de peau de mouton, un tambourin en bois d'hévéa, un canard empaillé et un kit de calligraphie" : "CHERCHE MAITRE COMPATISSANT ET TOLERANT, SANS AUTRE ANIMAL DE COMPAGNIE, NI ENFANT DE MOINS DE QUATRE ANS." En guise de photo, une tête de chien estropié. La photo est la moins nette et la plus sinistre de toutes. Néanmoins, l'homme fond complètement pour cette bouille et fonce le récupérer au refuge. Ce chien a la particularité d'être borgne. Son nouveau maître dit ressembler tantôt à un indien, tantôt à un troll.
"A quoi je peux ressembler, vu de ton oeilleton solitaire ? Tu m'arrives tout juste au mollet et je suis massif comme un rocher. Mal fagoté, avec une barbe mitée. Les traits passés au rouleau compresseur, le poil pareil à de la limaille de fer. Quand je reste immobile, je me voûte sous le poids de mon propre bloc de peur. Quand je marche, je clopine sur mes pieds de cul-terreux et mes jambes mal proportionnées. Mes rotules cailleuses sortent par les déchirures de mon jean".
"A une époque, sous certaines lumières et certains angles, j'avais des cheveux noirs corbeaux aux reflets d'un bleu électrique, mais ils sont maintenant mouchetés de gris comme une corneille ébouriffée. J'en fais une tresse qui descend sur la bosse de mon dos de rocher, et parfois je me dis que, si j'avais des gens avec qui blaguer, on me surnommerait GRAND SACHEM à cause de la largueur de mon visage".
Le véritable prénom du narrateur est Ray, (nommé une seule fois page 17, mais il a tout sauf l'apparence d'un rayon de soleil ou de lune, comme il l'avoue lui-même !).
One Eye est aussi bizarrement fichu : "Tu pourrais faire trois mètres de haut que tu ressemblerais quand même à un chat de gouttière. On voit tes côtes. Ta croupe se termine par une queue coupée aux trois quarts et ton poids te tire vers l'avant comme une brouette. Tes pattes sont tout en os, tes épaules tout en muscles. Ton cou est trop court pour ton corps, ta gueule trop grande pour ton crâne, tes oreilles justes assez longues pour se replier sur elles-mêmes. (...) Il manque un morceau de tes babines, et elles sont figées en un rictus."
Nous allons passer quatre saisons, du printemps à l'hiver, avec ce couple atypique et branquignole. Voilà l'histoire dans les grandes lignes : le narrateur ramène le chien dans la maison de son père, qui est maintenant la sienne. Tout se passe bien jusqu'au moment où les deux amis partent en promenade. One Eye est le roi des bêtises, malgré son handicap : il croque les autres chiens, qu'il voit très bien ! le début des embrouilles pour le narrateur qui est prêt à tout, sauf à se séparer de son animal. Il décide donc de tracer la route, dans sa vieille bagnole tout aussi branquignole que le reste et nous voilà partis sur les routes irlandaises, en particulier du côté de Tawny Bay (la "baie fauve"), où le varech pue tout ce qu'il peut. le roman prend une allure de road trip, de roman d'aventures...
Si on ne connaît rien du passé du chien, on va en apprendre un peu plus sur le narrateur, à travers son long monologue à son chien. C'est un être cabossé par la vie, en retrait de la société, il vivait la plupart du temps reclus chez lui. Son père est mort.... en s'étouffant avec une saucisse ! Pourtant, il ne le regrette pas car c'était un homme froid, égoïste etc.
On se prend d'affection pour le bonhomme comme pour le chien. Cependant, le gars a fait un truc qui m'a filé la chair de poule (il vous faudra lire le roman pour savoir quoi !). J'ai un peu changé d'avis sur lui en cours de route. Au début on le voit comme un pauvre bougre inoffensif. Certes, il n'est pas méchant, son père était un type moche, mais quand même il fait un truc de fou ! :)
J'ai été bluffée par l'écriture de Sara Baume, dont c'est le premier roman traduit en français : à la fois poétique, trash, avec des touches d'humour. J'ai été scotchée par la manière dont elle décrit les plantes, les oiseaux, les rochers, bref la nature. Rien n'échappe à sa plume ciselée. Et on court, on court, on court, on roule, on roule, on roule ! Une écriture dynamique !
"Dans la baie fauve" est plein d'humour, de tendresse, de poésie et empreint d'une ambiance décalée qui ne ressemble à rien d'autre.
Je ne peux que vous inviter à découvrir cette auteure dotée d'un vrai talent. de la vraie bonne littérature irlandaise dont vous vous souviendrez !
Elle a écrit un deuxième roman, qui j'espère bien arrivera jusqu'à nous.
Lien : http://milleetunelecturesdem..
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Corboland78
  20 janvier 2018
Sara Baume, née en 1984, est Irlandaise. Après avoir étudié les beaux-arts et la création littéraire elle se lance dans l'écriture. Dans la baie fauve, son premier roman (2015), vient tout juste d'être traduit, le second paru l'an dernier en Grande-Bretagne attend son tour.
Le narrateur dont on ne saura jamais le nom, cinquante-sept ans, « trop vieux pour prendre un nouveau départ, trop jeune pour baisser les bras », vit seul dans la maison léguée par son père, dans un petit village du bord de mer en Irlande. le hasard le fait adopter un chien borgne qu'il nomme fort justement, One Eye. Mais le tandem miséreux va devoir fuir le village quand la fourrière s'intéressera de trop près au chien…
Un homme et un chien, deux solitudes réunies par le hasard. L'arrivée du chien crée une source de vie dans la routine de l'homme, une compagnie qui va tourner à l'amour au point qu'il n'imagine plus vivre sans son chien. le roman est un long monologue où l'homme s'adresse à One Eye par un tutoiement plaçant parfois le lecteur dans la position du chien, ce qui a pour effet d'en faire une sorte de confession. Et au fur et à mesure qu'on progresse dans la lecture de l'ouvrage, la personnalité de l'homme se dévoile. Il n'a jamais connu sa mère, élevé par une voisine, il n'a pas été à l'école… Des troubles psychologiques le tiennent à l'écart des autres et du monde et il vit reclus dans sa bicoque. Quand les deux devront fuir le village, le bouquin devient road movie, la vieille bagnole leur servant d'habitation, l'homme dépensant ses maigres économies à leur nourriture frugale. Je n'en dis pas plus sur les évènements, d'abord parce que nous n'avons pas ici un roman du genre pétaradant, ensuite parce que la fin réserve des surprises assez surréalistes ou d'une grande inventivité.
Un premier roman éblouissant tant l'écriture de Sara Baume est superbe. Tout en finesse et délicatesse, aucune mièvrerie dans les rapports homme/chien ; on suit ces deux êtres avec une chaleureuse sympathie, porté par la narration ouatée de l'écrivain où se mêlent mélancolie et rêverie, puis intrigué et un peu effaré par ce qu'on commence à découvrir de cet homme. Sachez aussi que la faune et la flore sont à l'honneur, Sara Baume paraissant calée en ces domaines.
A me relire je sens que je n'ai pas vraiment trouvé les bons mots pour exprimer mon admiration, voire mon enthousiasme mais je ne peux pas non plus, en dire plus sur le contenu. Par contre je vous garantis que nous avons affaire à une très belle plume et qu'il faudra surveiller la sortie de son prochain roman.
Donc, une lecture que je recommande fortement.
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critiques presse (1)
LeMonde   30 mars 2018
Un marginal parle à un chien, son seul confident, au cours d’errances sans fin. « Dans la baie fauve », lyrique premier roman.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
BVIALLETBVIALLET   18 janvier 2018
 Voilà comment les gens survivent, en comblant un vide à la fois pour une infime gratification temporaire, et en recommençant jusqu’à ce que la saison se termine et qu’ils finissent par mourir, par se dessécher sur le mur ou l’allée, dans leur crevasse sombre. Voilà comment la vie est rongée de l’intérieur, épuisée par les efforts onéreux pour la vivre.
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NadaelNadael   09 février 2018
« Tout est rempli d’histoires, m’a dit un jour une voisine âgée, justement celle qui m’a appris à coudre. J’étais alors tout petit, trop petit pour comprendre que l’apparence de la plupart des choses est trompeuse, et leur signification changeante. À cause de ce qu’avait dit la voisine, j’ai ouvert avec un couteau à pain la couture dans le dos de Mister Buddy, mon ours en peluche préféré. Je cherchais des histoires, j’ordonnais aux mots de jaillir et de former des lignes horizontales comme dans mes livres de contes. Au lieu de quoi j’ai découvert que Mister Buddy était entièrement rembourré de nuages miniatures. J’ai remis les nuages à l’intérieur et je l’ai fourré sous la machine à laver (…). »
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NadaelNadael   09 février 2018
« À quoi je peux ressembler, vu de ton œilleton solitaire? Tu m’arrives tout juste au mollet et je suis massif comme un rocher. Mal fagoté, avec une barbe mitée. Les traits passés au rouleau compresseur, le poil pareil à de la limaille de fer. Quand je reste immobile, je me voûte sous le poids de mon propre bloc de peur. Quand je marche, je clopine sur mes pieds de cul-terreux et mes jambes mal proportionnées. Mes rotules calleuses sortent par les déchirures de mon jean et mes mains battent l’air maladroitement, bêtement. Elles m’ont toujours donné du fil à retordre. Je n’ai jamais trop su quoi en faire quand elles ne battent pas l’air. »
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LadyDoubleHLadyDoubleH   03 février 2018
Je me demande si certaines créatures tuées sur la route n’avaient pas envie de mourir, au fond, si elles ne se seraient pas jetées sous les roues du véhicule. Une hirondelle léthargique incapable d’affronter un retour vers l’Afrique à tire d’aile. Un hérisson insomniaque ne supportant pas l’idée de rester éveillé tout l’hiver sans personne à qui parler.
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maevedefrancemaevedefrance   16 janvier 2018
Ensemble, on roule toutes vitres ouvertes malgré le froid. Ensemble on respire ce froid à fond, on s'emplit les poumons de relents d'urine de renard et de chevrefeuille mort, de l'odeur des martres, des satyres puants, et des sept différentes sortes de résine.
On roule, on roule, on roule.
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