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EAN : 9782021413106
Éditeur : Seuil (07/03/2019)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Une enquête originale, à la fois road-trip et récit historique sensible, sur un de ces "petits massacres" oubliés du printemps 1944 et les zones grises de la résistance.

Le 3 mars 1944, les habitants d'un hameau perdu des gorges de l'Ardèche ont été fusillés à l'aube par des soldats SS, parce qu'ils avaient caché des maquisards. Dans ce village, vivaient quinze habitants, mais on y a retrouvé seize corps. Qui est ce seizième homme ? Ce livre débute co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  23 mars 2021
Le roman débute un matin froid de mars au cimetière de Labastide-de-Virac, village du sud de l'Ardèche, pour une cérémonie autour de six tombes, à la mémoire des 16 victimes fusillées le 3 mars 1944 par des soldats de la SS. Il s'agit des quinze habitants du hameau des Crottes, massacrés pour avoir caché des maquisards. Cinq tombes, donc, portant les noms des membres de cinq familles et une sixième sans plaque. Mais qui est donc ce seizième cadavre qui n'a jamais été identifié ?
L'auteur, Olivier Bertrand, journaliste et auteur de documentaires, ancien correspondant de Libération à Lyon, dont la famille est originaire de ce village décide d'enquêter pour essayer de découvrir soixante-quinze ans après, l'identité de ce mystérieux inconnu.
Il va, pour cela, tenter d'interroger les anciens pour recueillir leurs témoignages. Quelques éléments, comme des photos, certaines publiées dans le livre d'ailleurs, des carnets de notes, le détail des objets retrouvés sur le cadavre par les gendarmes, dont un mouchoir brodé des initiales "J.P." vont conduire notre enquêteur sur la trace des résistants et du fameux maquis Bir-Hakeim, créé en 1943 par Jean Capel, avec un petit noyau de jeunes gens courageux. Il cherche également la trace d'un résistant du groupe dénommé "Grand-père".
Le récit historique de ce maquis Bir-Hakeim et la description de la vie quotidienne menée par ces jeunes gens dont l'intrépidité et l'attitude désinvolte vont attirer d'autres jeunes en quête d'aventures et voulant fuir le STO sont racontés de telle façon qu'ils nous replongent soudainement dans la réalité de l'époque. Ceux-ci s'appuieront toujours sur la confiance des habitants, à la fois pour se cacher et se ravitailler.
Leur intrépidité en oubliant parfois la terrible réalité et les possibilités entre autres de dénonciations et leurs provocations à l'encontre de l'envahisseur nazi leur seront fatales.
À la fois enquête très originale et récit historique, Les imprudents se lit comme un véritable roman policier d'une grande sensibilité, dans lequel est toujours présente l'émotion de l'écrivain. La ténacité de celui-ci pour retrouver cet inconnu est vraiment exemplaire. Jamais découragé, il ira jusqu'au bout ! Et comme lui, nous pouvons nous poser les questions suivantes : "Qu'aurais-je fait ? Que ferais-je ?", et comme lui répond Chantal de Roquemaurel :" C'est bien de se poser la question, mais sans être en situation vous ne pouvez pas savoir. Il y a des lâches qui se sont révélés courageux, des braves qui se sont dégonflés."
Si l'on a tous en mémoire l'horrible massacre d'Oradour-sur-Glane, il ne faut pas pour autant reléguer dans l'ombre et le silence comme c'est le cas, les "petits massacres" oubliés de l'hiver 1943-1944, comme les appelle l'historien allemand Peter Lieb et celui de Labastide en est un.
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oran
  16 avril 2019
Il y a deux ans environ, j'ai assisté à une vidéo conférence d'Olivier Bertrand qui racontait cette histoire dramatique. Puis j'ai découvert récemment ce livre, sans faire le lien immédiatement avec ce récit terrible, un petit « Oradour-sur-Glane, comme il y en eut, hélas, d'autres à cette période de proche défaite des Nazis. Au fil des pages, j'ai redécouvert ce que l'auteur nous avait narré.
La famille paternelle d'Olivier Bertrand est originaire de Labastide-de-Virac , un petit village de l'Ardèche. C'est là qu'enfant, il passait ses vacances et depuis toujours il connaissait cet épisode tragique : près du village, les quinze habitants, adolescents, femmes et hommes du hameau des Crottes furent abattus par des éléments de la 9e Panzerdivision Hohenstaufen, pour avoir abrités des résistants, ceux du maquis Bir Hakeim. Mais un mystère entourait ce drame, un seizième corps inconnu avait été retrouvé.
L'auteur va alors se livrer à une enquête policière de longue haleine pour enfin trouver l'identité de ce clandestin.
Il découvre rapidement qui il est, mais ne peut lui donner une réelle identité, alors les investigations se poursuivent avec acharnement.
Il parviendra enfin à retrouver son nom et ses origines.
Olivier Bertrand nous livre ses longues investigations et complète sa rédaction en racontant les suites judiciaires de ces lamentables exactions. Un récit particulièrement poignant, riche en informations.


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arthur05
  31 juillet 2019
Dans le cadre de l'opération Masse Critique , j'ai pu lire le livre de Olivier Bertrand , les Imprudents .
Le 3 mars 1944 dans un hameau de l'Ardèche les occupants Allemands ont massacré les quinze habitants , un petit Oradour en quelque sorte .Sur place les gendarmes ont trouvé seize corps , une personne de plus dont on ne connaissait ni l'identité ni l'origine .
Olivier Bertrand dont la famille est originaire de là a donc décidé de mener soixante dix ans après l'enquête . C'est une enquête qui oscille entre le journalisme , l'histoire , l'histoire des gens , une enquête très viscérale finalement .
Découvrir les actions de la Résistance qui elles aussi oscillent entre l'inconscience , le banditisme , l'heroisme et la survie et qui n'étaient pas toujours compris ; la violence de cette époque aussi est bien évoquée , l'image d'Epinal d'une résistance unie et courageuse vole en éclats devant nos yeux . A l'issue de son enquête Olivier Bertrand peut enfin mettre une photo , un nom et un embryon d'histoire sur cette seizième victime .
J'ai beaucoup aimé ce récit entre roman , enquête et livre d'histoire , une écriture à hauteur d'être humain , simple et efficace .
Je pense que la recherche de la seizième victime au fil de ce récit , devient presque un sujet secondaire , décrire cette époque , rencontrer les témoins encore vivants passe à mon avis plus au premier plan , en fait le chemin et son parcours l'emporte sur le but .
Merci à Babelio ainsi qu'aux éditions du Seuil pour cette belle découverte .
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stef6534
  13 avril 2019
Le 3 mars 1944 les quinze habitants du hameau des Crottes, en Ardèche, sont fusillés par les soldats SS. Leur crime, avoir caché des maquisards.
Un seizième corps est retrouvé. Qui est-il ? L'auteur part de cet énigme pour mener son enquête et fait revivre le maquis Bir-Hakeim.
Au printemps 1944 les Allemands sont aux abois et les "petits massacres" vont se multiplier. Celui d'Oradour sur Glane par son horreur va les surpasser les reléguant dans l'ombre et le silence. Il est donc important de s'en rappeler.
Le titre choisi par l'auteur est bien choisi. Les maquisards de Bir-Hakeim cherchait le danger où il se trouvait, ne tenait pas en place, voulait en découdre avant l'heure. le jeune maquis menait sa propre guerre avec courage. Mais le sort des autres, autour, ne comptait pas.
J'ai aimé ce livre car l'auteur a fait un remarquable travail d'enquête. Il n'élude pas les zones d'ombres de la Résistance. L'auteur utilise les témoignages oraux recueillis dans la région et les documents écrits.
L'action se passe dans ma région d'origine. Je connais bien les lieux. Quelques bribes de cette période m'ont été racontées par des "anciens". J'ai grandi avec sous les yeux la plaque commémorant la pendaison par les Allemands, le 28 février 1944, de Roger Broussous, 20 ans.
Je vais laisser le côté sentimental à part. Si vous aimez les livres sur la période de la seconde guerre mondiale, je vous invite à lire ce livre. L'auteur sait bien faire revivre le maquis et les femmes et les hommes qui se sont battues contre l'envahisseur.
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LesLecturesDeRudy
  29 mai 2019
j'ai littéralement dévoré ce récit . Une victime inconnue dans un massacre oublié raconté d'une manière superbe par Olivier Bertrand qui remonte le fil de l'histoire entremêlant ses souvenirs à ceux de personnes ayant vécu ce triste moment avec des documents officiels .Nous suivons ainsi depuis la création , quelques fait d'armes et la fin du maquis Bir-Hakeim dans un périple héroïque et tragique de Toulouse à la Lozère. À travers l'enquête, se dessine une France partagée entre les résistants et les autres ceux qui collaborent et surtout la grande majorité qui plie le dos et ne veut qu'une chose : éviter les ennuis . Sans jamais juger Olivier Bertrand se pose la question essentielle : qu'aurais je fais dans cette situation ? Ce livre nous livre également une très belle galerie de portraits de tous ceux qui n'apparaissent pas dans la mémoire collective , trop souvent oubliés par le monde et souvent par les familles elles-mêmes . Ceux qui furent les petites mains des grandes figures de la Résistance. Ceux sans qui rien n'aurait été possible . Il trace en filigrane également le portrait d'une vieillesse , celle qui peut témoigner du passé mais qui n'a pas envie de réveiller les vieux fantômes. “Ces braves gens sont morts, laissons-les en paix” entendra t'il régulièrement . Ce n'est pas un manuel d'histoire et pourtant c'est un livre essentiel dans notre époque qui voit la peste brune resurgir ici et là en Europe .
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critiques presse (2)
Liberation   20 juin 2019
En retrouvant l’identité d’une victime des Allemands, le journaliste Olivier Bertrand dresse un portrait à hauteur d’homme du maquis de Bir-Hakeim.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   23 avril 2019
De fausses pistes en révélations, Olivier Bertrand nous entraîne dans une incroyable épopée romanesque, émouvante, où le collectif le dispute à l'intime.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   15 avril 2021
Avant de repartir, poursuit le secrétaire, "le docteur me fit donner ma parole que je ne préviendrais le chef commandant qu'une heure après son départ, ce que je promis mais ne tint pas car ce fut la première chose que je fis sitôt qu'ils eurent disparu." Policiers et gendarmes savaient user du passé simple à l'époque. On le remarque à longueur de procès-verbaux. Cela rend le fait divers plus romanesque.
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CancieCancie   27 mars 2021
La zone Sud a été envahie en novembre, le gouvernement a créé en janvier la Milice, force supplétive qui commence à tisser sa toile. Il faut se méfier de tout et de tout le monde. Cloisonner. Privilégier l'anonymat. Les noms de guerre.
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CancieCancie   29 mars 2021
Pour arriver là-haut, il faut d'abord longer les gorges d'Héric, calcaires, très arides en été. Ici, même les cailloux, d'un blanc de chaux, semblent crever de soif.
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stef6534stef6534   07 avril 2019
Certains n'avaient jamais quitté le village...On ne voyageait alors que pour le service militaire, ou la guerre. Les grands-parents Tourre avaient voyagé, eux, jusqu'en Saône-et-Loire, pendant la Première. L'un de leurs fils avait perdu un poumon, et l'armée leur avait offert le trajet et l'hôtel pour aller le voir au Creusot. En les installant dans leur chambre, l'hôtelier avait allumé la lumière. Lorsqu'ils s'étaient couchés, le père avait demandé à la mère d'éteindre, elle avait soufflé sur l'ampoule. Ils avaient dormi avec la lumière, raconte leur petit fils.
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GrouchoGroucho   30 juin 2019
Aujourd'hui encore, pour les habitants de Labastide, c'est une évidence : celui qui a dénoncé était du village, ou des environs. C'est l'une des raisons, à mon avis, de la profondeur du silence qui s'est abattu sur les événements.
[...]
Que chacun retrouve sa place. Que l'on parvienne à cohabiter sans s'étriper. C'est ce qui a sauvé bon nombre de collaborateurs, dans les campagnes. Jean Cassou dresse une charge violente dans son livre La Mémoire courte contre cette concorde civile, cette "réconciliation dans l'aveuglement," vécu par lui et beaucoup d'autres comme un crachat sur la mémoire de ceux qui avaient combattu.
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