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ISBN : 2203353341
Éditeur : Casterman (03/05/2006)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 262 notes)
Résumé :
Mémoire du futur. New York 2026 : Nike Hatzfeld se souvient des premiers jours de sa vie quand, rescapé de Sarajevo, il partage sa chambre d'hôpital avec deux autres orphelins, Samir et Leyla. Doué d'une prodigieuse mémoire, Nike se définit lui-même comme "un spécialiste de la mémoire qui ne s'intéresse pas au passé". Lancé à la recherche de Samir et Leyla, Hatzfeld est impliqué malgré lui dans un complot international. Dans la tourmente des événements, le passé et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  24 octobre 2012
Sur un coup de tête et sur le conseil d'un ami, me voici lancé à la découverte d'Enki Bilal, son trait si particulier et ses idées farfelues ! Et j'avoue que ce premier tome de la Tétralogie du Monstre m'a bien emballé !
Avec la Tétralogie du Monstre, Enki Bilal se plonge dans sa science-fiction favorite, celle du dur, du glauque et du visqueux. Mêlant sa propre expérience (la guerre du Kosovo évidemment plus qu'il est lui-même d'origine yougoslave) et sa vision apocalyptique toute personnelle du futur (New York 2026), l'auteur poursuit d'une certaine façon sa quête dans un futur très déplaisant après la Trilogie Nikopol. Il mélange ici une quantité incroyable de thèmes forts qu'il brasse dans un déluge de graphismes tiraillés : intégrisme, urbanité apocalyptique, Histoire, extrapolation de la technologie et traumatismes du déchirement sont habilement mêlés dans ce premier tome pour créer une atmosphère oppressante à souhait.
En effet, on est véritablement torturé de toutes parts ici et Enki Bilal manie sa plume et son crayon de main de maître pour nous confronter à l'horreur et au suspense. Les textures priment ici tant dans le scénario que dans le dessin : ce monde quasiment apocalyptique, ce futur vicié regorge de particules indéfinissables dont la némésis des trois personnages principaux elle-même ! Malgré le côté lugubre de l'ensemble de ce monde possible que dépeint Enki Bilal, on se plaît alors à se raccrocher à l'humanité qui réside dans les trois personnages principaux : Nike, Samir et Leyla. Dans ce premier tome, l'auteur nous raconte leur rencontre, mais leur destin ne se croise pas véritablement ici ; leur relation est malgré tout bien présente dans le récit de leur toute première enfance et le triple récit au présent où s'entrecroisent leurs aventures. D'ailleurs, comme l'indique, nous en sommes au Sommeil du Monstre, ce tome n'est qu'une longue introduction : le mal ne viendra véritablement que plus tard.
On peut donc reprocher, de manière très générale, beaucoup de choses à Enki Bilal sur la complexité de ses scénarios ou bien sur celle de ses dessins, mais bizarrement je n'ai eu absolument aucun mal à me plonger dans cet opus-ci ; bien au contraire, l'histoire m'a happé d'un seul coup et ne m'a relâché qu'une fois la dernière page lue et digérée. Même si la suite est moins homogène, ni aussi bien construite, je ne peux que conseiller ce premier tome de la Tétralogie du Monstre.
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LadyDoubleH
  25 mars 2015
Je suis toujours très sensible à l'univers d'Enki Bilal, tant graphique que scénaristique ; et ce Sommeil du Monstre m'a enchantée. Publié en 1998, c'est le premier tome d'une tétralogie futuriste, politique, apocalyptique, scientifique. Mais c'est surtout une oeuvre de mémoire, tant de l'humanité qu'individuelle..
L'intrigue se place en 2026. L'avenir est pris à la gorge par le fanatisme religieux, très moderne (et saisissant) dans ses outils de robotisation humaine et de manipulations scientifiques, mais toujours archaïque dans les attentats, l'aveuglement, l'ignorance forcée, les destructions et l'omnipotence. L'Obscurantis Order a été créé "par des groupes dissidents issus de courants sectaires des trois principales religions monothéistes (judaïsme, christianisme, Islam)". (mettre tous les barjots de Dieu dans le même panier et qu'ils réussissent à s'entendre, fallait oser quand même)
Mais l'histoire ici passe aussi par 1993, où un enfant naît dans les rues de Sarajevo bombardé. Quelques jours plus tard, ils sont trois sur un même lit d'hôpital, "leurs têtes encastrées les unes dans les autres et leurs corps tendus comme les branches d'une étoile" : trois nouveaux-nés orphelins, Nike, Amir et Leyla, trois voix liées par-delà le temps, trois destins que l'on découvre au long de ce Sommeil du Monstre, et qui - enfin ? A nouveau ? - s'emmêlent.
Le scénario est très travaillé, c'est un régal. L'ensemble est sombre et violent,
mais également porteur d'espoir. Bilal ne cesse jamais de croire en l'homme, capable du plus abject pire, certes, mais aussi du plus lumineux meilleur. Et l'étincelle naît du lien. Tant qu'il y aura de l'attachement, de l'amitié, de l'amour, il y aura de l'espoir. C'est ainsi que je perçois cette oeuvre. Les trois clés de l'avenir lovées en équilibre sur leur destin ; Nike, Amir et Leyla.
(En parenthèse, d'ailleurs, le trois a toujours été un symbole fort, la trinité, le triskell celte. le deux c'est Bien ou Mal, assez simpliste, sans nuances ; et le quatre c'est trop lourd, presque figé... alors que le trois, lui, ouvre toutes les possibilités, tant ésotériques que scénaristiques !)
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bdelhausse
  07 juin 2018
Nike, Leyla et Samir sont nés à Sarajevo, ils ont tous les 3 été bébés dans un hôpital bombardé, éventré. Des années plus tard, Nike Hatzfeld se souvient. La mémoire est cruciale chez lui. Il va égrener tout au long de l'album ses 18 premiers jours, dont il garde des souvenirs. Nike Hatzfeld est un être hors du commun, il constitue donc une cible pour le groupuscule religieux reprenant les fondamentalistes des trois religions monothéistes.
Nike Hatzfeld cherche à retrouver Leyla et Samir. Elle est astrophysicienne, à l'écoute des signaux venant de l'espace. Ces signaux menacent les religions monothéistes. A travers Hatzfeld, en le remplaçant par une doublure cybernétique, Warhole, le numéro 3 du groupuscule religieux, entend faire exploser le site d'écoute. D'ailleurs, science et culture sont les bêtes noires de cet ordre obscurantiste.
Et tant qu'à parler de bêtes noires... Warhole se sert de mouches. Ces mouches que Samir attrapait déjà dans son berceau.
Enki Bilal est natif de Belgrade, il y a vécu 9 ans, et ici il nous offre une Sarajevo futuriste. On sent que l'enjeu est de taille, que cela le touche. Il dessine des hommes blessés, froissés, éclatés. Des chairs à vif. Des corps meurtris. Des esprits broyés.
J'ai pensé à Dantec à de multiples reprises. Mais un Dantec intelligible, sniper, qui aurait une cible, un target à atteindre dans la Sniper Alley...
Bilal livre un scénario impeccable nourri de dessins imparables. Et vice versa.
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Jumax
  16 juillet 2012
J'aime beaucoup l'univers et les dessins inimitables de Bilal. Ses histoires ne sont jamais simples et une fois de plus j'ai mis du temps à tout comprendre, mais une fois dedans on plonge. On veut en savoir plus sur Nike et sa mémoire phénoménale, Amir et Leyla, leurs liens et leur passé commun.
Lien : http://latetedelart2.blogspo..
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Monsieur-L-
  19 février 2014
*Je n'ai pas pris la peine d'ajouter l'ensemble des Bds, mais cette critique vaut pour tous les tomes publiés.*
Autant le dire immédiatement, cette série de bandes dessinées n'a pas retenu mon attention pour le scénario. Autrement dit, le scénario est beaucoup trop chaotique et, fondamentalement, il n'a pas de sens. Au début, c'est déconcertant et, au final, je ne me suis pas habitué à autant de désordre scénaristique.
Toutefois, l'intérêt de cette série de bandes dessinées réside dans le dessin-peinture. Oui, oui, c'est une bande dessinée peinturée. Ou, du moins, le dessin ressemble à une peinture. Pour certains, la note de 4 étoiles peut paraître exagérée si elle repose uniquement sur le dessin, en faisant abstraction des dialogues et du scénario, mais le dessin est vraiment incroyable ... inédit dans l'univers de la bande dessinée.
En d'autres termes, cette série de bandes dessinées ne serait pas dans mon «top» science-fiction, mais elle serait dans mon «top» de bandes dessinées inédites.

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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   15 juillet 2012
J'ai dix-huit jours, et I remember les grosses mouches noires et l'air tiède de l'été qui s'engouffre par les trous béants de l'hôpital. À dix-huit jours, je peux reconnaître le souffle de l'air du souffle des bombes, et un tir de mortier d'un tir de T.34. À dix-huit jours, je sais que je suis orphelin et qu'on m'appelle Nike (prononcer Naïk). À ma gauche, dans le même lit, Amir, un jour de moins, dort, et à ma droite, Leyla, la cadette, dix jours à peine, braille. Eux aussi sont orphelins, mais ils ne le savent pas. Je suis l'aîné, et je jure sur les étoiles qui brillent au-dessus du plafond envolé de les protéger toujours. Je le jure.
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JumaxJumax   16 juillet 2012
" On dit que vous avez été trouvé quelques heures après votre naissance, au côté d'un combattant mort portant des chaussures de sport d'une marque du siècle dernier : "nike"... votre prénom viendrait de là..."
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JumaxJumax   16 juillet 2012
" - Vous tombez mal... Je suis en train de perdre mon père..
- Désolé... gravement malade ?
- Non, gravement heureux."
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Fab72Fab72   16 novembre 2016
Le matin, j'émerge de mes rêves, le plus heureux des anges. Je me couche le soir, un vrai salaud. Qu'ai-je donc fait entre-temps ? J'ai fréquenté les hommes et fouillé dans leur merdre. Abdulah Sidran (Sarajevo - 1993)
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shmoe72shmoe72   06 juin 2013
Restons ce que nous avons toujours été: des gens libres. c'est devenu suffisamment rare pour qu'on s'accroche ne serait-ce qu'à l'idée.
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Vidéo de Enki Bilal
"La mémoire est en danger" Enki Bilal analyse les risques de la dépendance aux nouvelles technologies dans BUG, sa nouvelle série évènement.
?http://bit.ly/BugT2
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