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EAN : 9782203353343
69 pages
Éditeur : Casterman (03/05/2006)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 306 notes)
Résumé :
Mémoire du futur. New York 2026 : Nike Hatzfeld se souvient des premiers jours de sa vie quand, rescapé de Sarajevo, il partage sa chambre d'hôpital avec deux autres orphelins, Samir et Leyla. Doué d'une prodigieuse mémoire, Nike se définit lui-même comme "un spécialiste de la mémoire qui ne s'intéresse pas au passé". Lancé à la recherche de Samir et Leyla, Hatzfeld est impliqué malgré lui dans un complot international. Dans la tourmente des événements, le passé et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  23 avril 2020
Cruellement en manque de lecture, certes mais pas désespérée au point de prendre des risques inutiles (pas encore du moins étant donné qu'il me reste encore du stock) , c'est pour une obligation professionnelle qui m'a conduite directement sur mon lieu de travail -à savoir ma chère médiathèque qui me manque tant- que j'en ai profité pour me ravitailler un peu. Et chose promise, chose faite, j'ai d'abord vérifié si je n'avais pas en stock les trois autres ouvrages de cette série (moi qui avais commencé par le deuxième tome) et joie en découvrant que j'avais le premier (c'est déjà ça) et là tout de suite, en commençant par le commencement, j'ai tout de suite mieux compris (je relirai probablement le second tome d'ailleurs).
Ici, l'on découvre nos trois protagonistes Nike, Leÿla et Amir. A travers les yeux du premier, l'aîné des trois (de quelques jours seulement), nous découvrons comment leur destin s'est scellé dès leur naissance dans un pays alors ravagé par la guerre en ex-Yougoslavie. Orphelins tous les trois (si Nike le sait déjà, et ce, dès sa naissance, les deux autres le découvriront plus tard). Oui, Nike se rappelle de tout, il a une mémoire phénoménale, ce que des esprits mal intentionnés cherchent à tout prix car il devient un esprit dangereux pour eux, tout comme ils seront à la recherche des deux autres mais pour des raisons que le lecteur ignore encore ici. Dans un pays où il ne fait pas bon de se souvenir pour un groupe de scientifiques haut placé, Nike est donc une proie potentielle pour eux, ou disons un danger. Aussi, vont-ils tenter de l'utiliser pour leur cause mais y parviendront-ils ? Tout laisse penser que la chose est possible mais Nike sait que tant qu'il n'aura pas retrouvé ses deux nourrissons qui étaient à ses côtés lors de sa naissance, une partie de lui sera toujours incomplète. Si ces deux personnages font effectivement leur apparition dans ce premier tome, leur destinée ne les a pas encore conduits à se rencontrer, trente-trois ans plus tard mais l'heure est proche. Dans un monde où science, savoir et Culture sont considérées comme dangereuses pour l'organisation qui fabrique des clones à foison, il ne fait parfois pas bon de vouloir être trop curieux...
Un ouvrage au graphisme à couper le souffle et une Histoire que l'on découvre à travers des histoires (celle de nos trois héros auxquels il faudrait peut-être rajouter ceux de Sacha et de Pamela). Un scénario rondement bien mené et si je suis contente d'avoir pu découvrir ces deux premiers volets, il me faudra attendre encore un peu (le temps que la médiathèque fasse ses acquisitions pour l'année) pour savoir le fin mot de l'histoire ! Une lecture que je vous recommande donc fortement !
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Dionysos89
  24 octobre 2012
Sur un coup de tête et sur le conseil d'un ami, me voici lancé à la découverte d'Enki Bilal, son trait si particulier et ses idées farfelues ! Et j'avoue que ce premier tome de la Tétralogie du Monstre m'a bien emballé !
Avec la Tétralogie du Monstre, Enki Bilal se plonge dans sa science-fiction favorite, celle du dur, du glauque et du visqueux. Mêlant sa propre expérience (la guerre du Kosovo évidemment plus qu'il est lui-même d'origine yougoslave) et sa vision apocalyptique toute personnelle du futur (New York 2026), l'auteur poursuit d'une certaine façon sa quête dans un futur très déplaisant après la Trilogie Nikopol. Il mélange ici une quantité incroyable de thèmes forts qu'il brasse dans un déluge de graphismes tiraillés : intégrisme, urbanité apocalyptique, Histoire, extrapolation de la technologie et traumatismes du déchirement sont habilement mêlés dans ce premier tome pour créer une atmosphère oppressante à souhait.
En effet, on est véritablement torturé de toutes parts ici et Enki Bilal manie sa plume et son crayon de main de maître pour nous confronter à l'horreur et au suspense. Les textures priment ici tant dans le scénario que dans le dessin : ce monde quasiment apocalyptique, ce futur vicié regorge de particules indéfinissables dont la némésis des trois personnages principaux elle-même ! Malgré le côté lugubre de l'ensemble de ce monde possible que dépeint Enki Bilal, on se plaît alors à se raccrocher à l'humanité qui réside dans les trois personnages principaux : Nike, Samir et Leyla. Dans ce premier tome, l'auteur nous raconte leur rencontre, mais leur destin ne se croise pas véritablement ici ; leur relation est malgré tout bien présente dans le récit de leur toute première enfance et le triple récit au présent où s'entrecroisent leurs aventures. D'ailleurs, comme l'indique, nous en sommes au Sommeil du Monstre, ce tome n'est qu'une longue introduction : le mal ne viendra véritablement que plus tard.
On peut donc reprocher, de manière très générale, beaucoup de choses à Enki Bilal sur la complexité de ses scénarios ou bien sur celle de ses dessins, mais bizarrement je n'ai eu absolument aucun mal à me plonger dans cet opus-ci ; bien au contraire, l'histoire m'a happé d'un seul coup et ne m'a relâché qu'une fois la dernière page lue et digérée. Même si la suite est moins homogène, ni aussi bien construite, je ne peux que conseiller ce premier tome de la Tétralogie du Monstre.
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LadyDoubleH
  25 mars 2015
Je suis toujours très sensible à l'univers d'Enki Bilal, tant graphique que scénaristique ; et ce Sommeil du Monstre m'a enchantée. Publié en 1998, c'est le premier tome d'une tétralogie futuriste, politique, apocalyptique, scientifique. Mais c'est surtout une oeuvre de mémoire, tant de l'humanité qu'individuelle..
L'intrigue se place en 2026. L'avenir est pris à la gorge par le fanatisme religieux, très moderne (et saisissant) dans ses outils de robotisation humaine et de manipulations scientifiques, mais toujours archaïque dans les attentats, l'aveuglement, l'ignorance forcée, les destructions et l'omnipotence. L'Obscurantis Order a été créé "par des groupes dissidents issus de courants sectaires des trois principales religions monothéistes (judaïsme, christianisme, Islam)". (mettre tous les barjots de Dieu dans le même panier et qu'ils réussissent à s'entendre, fallait oser quand même)
Mais l'histoire ici passe aussi par 1993, où un enfant naît dans les rues de Sarajevo bombardé. Quelques jours plus tard, ils sont trois sur un même lit d'hôpital, "leurs têtes encastrées les unes dans les autres et leurs corps tendus comme les branches d'une étoile" : trois nouveaux-nés orphelins, Nike, Amir et Leyla, trois voix liées par-delà le temps, trois destins que l'on découvre au long de ce Sommeil du Monstre, et qui - enfin ? A nouveau ? - s'emmêlent.
Le scénario est très travaillé, c'est un régal. L'ensemble est sombre et violent,
mais également porteur d'espoir. Bilal ne cesse jamais de croire en l'homme, capable du plus abject pire, certes, mais aussi du plus lumineux meilleur. Et l'étincelle naît du lien. Tant qu'il y aura de l'attachement, de l'amitié, de l'amour, il y aura de l'espoir. C'est ainsi que je perçois cette oeuvre. Les trois clés de l'avenir lovées en équilibre sur leur destin ; Nike, Amir et Leyla.
(En parenthèse, d'ailleurs, le trois a toujours été un symbole fort, la trinité, le triskell celte. le deux c'est Bien ou Mal, assez simpliste, sans nuances ; et le quatre c'est trop lourd, presque figé... alors que le trois, lui, ouvre toutes les possibilités, tant ésotériques que scénaristiques !)
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bdelhausse
  07 juin 2018
Nike, Leyla et Samir sont nés à Sarajevo, ils ont tous les 3 été bébés dans un hôpital bombardé, éventré. Des années plus tard, Nike Hatzfeld se souvient. La mémoire est cruciale chez lui. Il va égrener tout au long de l'album ses 18 premiers jours, dont il garde des souvenirs. Nike Hatzfeld est un être hors du commun, il constitue donc une cible pour le groupuscule religieux reprenant les fondamentalistes des trois religions monothéistes.
Nike Hatzfeld cherche à retrouver Leyla et Samir. Elle est astrophysicienne, à l'écoute des signaux venant de l'espace. Ces signaux menacent les religions monothéistes. A travers Hatzfeld, en le remplaçant par une doublure cybernétique, Warhole, le numéro 3 du groupuscule religieux, entend faire exploser le site d'écoute. D'ailleurs, science et culture sont les bêtes noires de cet ordre obscurantiste.
Et tant qu'à parler de bêtes noires... Warhole se sert de mouches. Ces mouches que Samir attrapait déjà dans son berceau.
Enki Bilal est natif de Belgrade, il y a vécu 9 ans, et ici il nous offre une Sarajevo futuriste. On sent que l'enjeu est de taille, que cela le touche. Il dessine des hommes blessés, froissés, éclatés. Des chairs à vif. Des corps meurtris. Des esprits broyés.
J'ai pensé à Dantec à de multiples reprises. Mais un Dantec intelligible, sniper, qui aurait une cible, un target à atteindre dans la Sniper Alley...
Bilal livre un scénario impeccable nourri de dessins imparables. Et vice versa.
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Yvan_T
  22 novembre 2020
Et voilà, j'ai lu mon premier Bilal. J'avais déjà souvent feuilleté cet album à cause des bonnes critiques, mais à chaque fois je l'avais redéposé car je le trouvais un peu trop chargé au niveau graphique et texte. Mais finalement, j'ai tout de même craqué.
Et c'est vrai qu'il est assez chargé cet album, au niveau graphique, mais également au niveau scénario. Les illustrations sont des peintures magnifiques où l'on prend plaisir à s'attarder. On retrouve dans le dessin un sentiment de malaise, du pessimisme et une ambiance sombre, que ce soit au niveau des visages et des expressions ou au niveau des décors qui respirent la pollution et plongent le lecteur dans un brouillard grisâtre. L'univers me fait un peu penser à celui du film ‘le 5ième élément' et je dois dire que Milla Jovovich aurait entièrement sa place dans cet album avec ses cheveux orangés et son visage triste.
Au niveau scénario, c'est également assez costaud, car Bilal va mélanger de la science-fiction pure et dure (mais intelligente) à des sujets politiques et sociaux pas toujours évidents à traiter, comme : intégrisme, terrorisme, violence, pollution, technologie, clonage, androïdes, dictature, guerre, amour, etc.
Bref, Bilal nous plonge dans un monde futuriste et apocalyptique, plutôt pessimiste, mais ou les gens continuent de (sur)vivre et d'essayer d'aimer. Un scénario complexe, construit à l'aide de flash-backs et en passant d'un personnage à l'autre (voir d'un clone à l'autre).
Un scénario qui tourne autour de trois personnages (Nike le spécialiste de la mémoire, Leyla l'astrophysicienne et Amir le mercenaire) reliés par un destin étrange et qui vont se retrouver au milieu d'un complot terroriste. Un scénario qui démarre à Sarajevo en pleine guerre et où l'on ressent une implication personnelle de cet auteur aux origines yougoslaves.
Bref, un premier tome captivant que je vais laisser reposer un petit temps avant de continuer cette trilogie, car j'ai comme besoin d'un moment de méditation après ce premier Bilal riche, cohérent et pessimiste. Insolite cet auteur !
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   15 juillet 2012
J'ai dix-huit jours, et I remember les grosses mouches noires et l'air tiède de l'été qui s'engouffre par les trous béants de l'hôpital. À dix-huit jours, je peux reconnaître le souffle de l'air du souffle des bombes, et un tir de mortier d'un tir de T.34. À dix-huit jours, je sais que je suis orphelin et qu'on m'appelle Nike (prononcer Naïk). À ma gauche, dans le même lit, Amir, un jour de moins, dort, et à ma droite, Leyla, la cadette, dix jours à peine, braille. Eux aussi sont orphelins, mais ils ne le savent pas. Je suis l'aîné, et je jure sur les étoiles qui brillent au-dessus du plafond envolé de les protéger toujours. Je le jure.
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cicou45cicou45   23 avril 2020
"_On dit que vous avez été trouvé quelques heures après votre naissance, aux côtés d'un combattant mort portant des chaussures d'une marque du siècle dernier ! "Nike", votre prénom viendrait de là...
_On dit ça, oui...
_On dit aussi que Hatzfels, votre nom, vient d'un journaliste français qui vous a découvert et déposé à l'hôpital "Kosevo" de Sarajevo...Vous porteriez le nom d'une marque de chaussures et d'un inconnu ?
_Ça me va très bien."
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JumaxJumax   16 juillet 2012
" On dit que vous avez été trouvé quelques heures après votre naissance, au côté d'un combattant mort portant des chaussures de sport d'une marque du siècle dernier : "nike"... votre prénom viendrait de là..."
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JumaxJumax   16 juillet 2012
" - Vous tombez mal... Je suis en train de perdre mon père..
- Désolé... gravement malade ?
- Non, gravement heureux."
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GregorGregor   24 juin 2013
Une mouche écrasée, c'est comme un tableau abstrait. Celle qui orne la main excitée d'Amir, fier de son trophée au point de rire aux éclats dans le grondement des armes, pourrait ressembler, au hasard : à une fleur malade, un crabe mutant, un objet céleste, un auto-portrait déformant, un sourire de purificateur ethnique (...), un décret de sécurité de l'ONU, une vue aérienne de ville blessée... Je saisis la main d'Amir, et j'en regarde la paume souillée. J'y vois Sarajevo, mourante.
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Enki Bilal vous présente son ouvrage "Nu avec Picasso" aux éditions Stock.
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