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EAN : 9782919160228
112 pages
Éditeur : Utopia Editions (01/04/2016)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
La langue n’est pas neutre. Les mots, les symboles, les règles qui régissent son usage marquent nos esprits et rejaillissent sur nos actes, sur nos manières d’être au monde et de le penser. Ce livre a pour but de faire connaitre l’histoire de la construction et les pratiques actuelles d’une langue qui, par sa structure patriarcale et par le (bien nommé) genre grammatical, se révèle bel et bien sexiste. Il propose d’aller plus loin que les timides réformes récentes e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
OumG
  30 septembre 2017
Les hommes et les femmes sont belles.
Saut que le masculin l'emporte sur le féminin, on nous l'a tous appris à l'école. Même un masculin tout seul. Même tout seul avec plein de féminins. On sait moins que, s'il l'emporte, c'est qu'il est plus noble. Ainsi l'écrivait bescherelle, vers 1830 dans son bescherelle, future bible de l'unification linguistique, de la france républicaine. Et pourquoi est-il plus noble ?
« le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » expliquait au 17e s. Nicolas Beauzée, qui fut élu, à l'Académie française. Depuis les origines, ce cénacle d'ensédimenteurs à hémorroïdes sert à asseoir le pouvoir des uns sur les autres.
Et avant ça, non, le masculin ne l'emportait pas, on utilisait la règle de proximité, comme on la trouve encore, chez Racine par exemple. Et les femmes avaient même droit à des noms de métier. Autres que sage-femme, ou couturière. Une part de la violence symbolique sexiste, de notre langue, a été introduite quand des hommes, des mecs, avec du pouvoir, ont commencé à imposer, la langue que tout le monde devait parler.
Je pense, depuis toujours, qu'une langue est faite par ses locuteurs, pour ses locuteurs, par ses locutrices, pour ses locutrices, et, puisque la moitié des hommes sont des femmes, alors je veux bien être une femme, pour ce combat.
Donc ne vous étonnez pas, che·res lecteur·ices, si dans mes commentaires et critiques futures, je m'essaie à suivre de nouvelles règles.
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Lybertaire
  30 janvier 2017
En quoi la langue française est-elle sexiste ? Comment contourner ses défauts et en faire une langue respectueuse de « toustes » ? Que reproche-t-on aux aménagements universalistes de la langue ? Davy Borde n'est pas linguiste mais s'investit en tant que citoyen engagé pour répondre à ces questions et proposer un aménagement de la langue approfondi. Un livre intelligent et accessible que j'ai dévoré.
[...] J'ai adoré lire Tirons la langue : j'ai aimé l'humilité de l'auteur qui peut tout à fait, dans une démarche citoyenne, donner son avis sans être linguiste. Au contraire, c'est même ce qui lui permet de livrer un raisonnement clair et accessible en 120 pages !
Je lui reconnais la richesse du propos, car il consacre une première partie à expliquer en quoi la langue française est sexiste, une seconde à lister les pratiques actuelles « féministes » (une langue et des mots masculinisé(e)s, masculinisé-es, masculiniséEs ou mieux encore : masculinisé•es) et les réticences qu'elles suscitent, ainsi qu'une troisième partie dans laquelle il développe sa proposition universaliste de la langue. Et quelle proposition ! J'avoue avoir été franchement déroutée, au niveau personnel mais aussi dans la pratique de mon métier d'éditrice, mais la démarche m'a séduite ! Mais si je n'utilise pas toutes ses propositions, je salue l'initiative et j'applique désormais certaines astuces proposées pour rendre la langue plus universaliste.
Je n'en dirai pas plus car Tirons la langue est un livre nécessaire, assez complet mais abordable, riche de propositions et d'exemples. Aux amoureux•ses de la langue, ce livre passionnant, publié par les éditions Utopia (que j'adore), leur est destiné.
L'article entier sur Bibliolingus :
http://www.bibliolingus.fr/tirons-la-langue-davy-borde-a128235332
Lien : http://www.bibliolingus.fr/t..
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Prudence
  24 mai 2018
Livre intéressant qui propose à la fois un historique, des réflexions, des exemples et en fin de livre des propositions, le tout pour environ 120 pages. C'est donc un livre assez dense qui va droit au but et permet d'avoir un panorama rapidement brossé du paysage de genre dans la grammaire française.
Certaines pistes proposées me paraissent difficiles à mettre en place comme le glissement à la consonne la plus proche:
conquérant + conquérante -> conquérande. Idem avec patiende, candidades. Humain + humaine -> humaime.
C'est assez déstabilisant, plus que agriculteurice que j'utilise déjà parfois, mais ces formes permettent vraiment de sortir de la binarité et donc de l'importance du genre.
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RedPanda
  05 février 2019
Un essai court mais tellement essentiel quand on s'intéresse à la linguistique et à la nécessaire évolution du langage pour plus d'inclusivité ! J'ai beaucoup aimé la façon, très pédagogique, de l'auteur pour nous présenter les divers arguments opposés à l'évolution de notre langue, et sa rhétorique pour les démonter. Les idées sont claires et bien énoncées, et même si ce livre n'a fait que confirmer un certain nombre de choses auxquelles je prêtais déjà attention, j'ai apprécié qu'il propose des pistes pour aller plus loin dans les façons d'obtenir un langage plus inclusif, tant à l'oral qu'à l'écrit. Je reviendrai à cet ouvrage dans le futur et je compte déjà le faire circuler autour de moi !
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
OumGOumG   30 septembre 2017
On a encore pu entendre tout récemment, à l’Assemblée Nationale, un député appeler la présidente de séance, contre sa volonté, « Madame le président »
(Julien Aubert le 15 janvier 2014, s’adressant à Sandrine Mazetier qui lui clouera le bec à la fin de son intervention par un délicieux : « Monsieur la députée vous étiez la dernière oratrice inscrite. La discussion générale est donc close ».)
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OumGOumG   30 septembre 2017
En 1635 est créée l’Académie française dont le but est d’encadrer la langue française. En 1647, le grammairien Claude Favre de Vaugelas écrit : « […] Le genre masculin étant le plus noble doit prédominer chaque fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble ». En 1651, Scipion Dupleix écrit à son tour : « Parce que le genre masculin est le plus noble il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins ». En 1675, l’abbé Dominique Bouhours écrit que « lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte ».

La messe est dite.
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PrudencePrudence   24 mai 2018
Les normalisateurs débattent donc. En 1635 est créée l'Académie française dont le but est d'encadrer la langue française. En 1647, le grammairien Claude Favre de Vaugelas écrit: "[...] Le genre masculin étant le plus noble doit prédominer chaque fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble." En 1651, Scipion Dupleix écrit à son tour: "Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins". En 1675, l'abbé Dominique Bouhours écrit que "lorsque les deux genre se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte".
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PrudencePrudence   24 mai 2018
Cela pose, ou devrait poser, deux questions aux locuteur.rices (humanistes) de notre langue. D'une part, que faire face à la violence qui impose à une personne intersexe (sauf à se couper du monde) de (se) parler et (donc) (se) penser dans un système binaire qui l'exclut de facto?
[...]
D'autre part, le genre grammatical binaire n'est pas problématique que pour les intersexes uniquement. Ainsi, si l'on considère que masculinité et féminité sont des concepts problématiques (parce que - plus ou moins - étanches par définition, parce que construits de manière hiérarchique) comment ne pas les renforcer, comment les combattre efficacement si dans les discours nous nous y référons, nous nous y attachons en permanence via le genre grammatical? Comment se libérer d'un carcan s'il n'y a d'autre choix que de s'y rattacher.
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OumGOumG   30 septembre 2017
Notre langue et notre société nous appartiennent à tous-tes ; réapproprions-les nous.
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