AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean-Daniel Brèque (Traducteur)
ISBN : 2226078274
Éditeur : Albin Michel (07/06/1995)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Un style hypnotique, un monde halluciné, entre démence et cauchemar : l'auteur d'Âmes perdues, la jeune romancière américaine qui révolutionne le fantastique des années 90, renouvelle ici le thème de la maison hantée si cher au Stephen King de Shining.

C'est dans cette maison que Bobby McGee, auteur de la bande dessinée Birdland, a tué sa femme et son fils cadet avant de se suicider. Elle est maintenant habitée par Trevor, le fils de Bobby, unique res... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
markko31
  23 janvier 2015
J'aime bien les excès de la Brite première manière. Sang d'encre en est la quintessence, un vin capiteux et chargé de matière.
Alors oui, il faut aimer le trash, le glauque, les serial killers, les fantômes, les maisons hantées, les mondes parallèles et la folie qui contamine tout. Et aussi ne pas être réfractaire à l'idée de lire le détail de quelques ébats strictement masculins.
Trevor est taraudé depuis 20 ans par la même question : Pourquoi a-t-il été épargné par son père, qui a assassiné sa mère et son petit frère avant de se suicider ?
Revenu après toutes ces années dans la maison du massacre, il manque d'y tuer Zach, un hacker poursuivi par le F.B.I. Ils vont s'aimer, baiser (beaucoup), fumer (encore plus), alors que les blessures du passé se font à nouveau béantes et que la maison palpite d'une vibration de plus en plus malsaine. Zach devra retenir Trevor qui glisse lentement dans la folie, au risque de sombrer lui-même.
Sang d'encre n'est pas un roman d'horreur à proprement parler, ou alors par fulgurances, et échappe aux classifications hâtives.
Pourtant, nous sommes bien dans de la littérature de genre mais Brite évite le manichéisme et les raccourcis, ainsi que les passages obligés qui vireraient aux clichés. Elle réussit à donner vie à ses deux personnages de manière complexe, grâce à sa liberté amorale et une grande sensibilité.
Sensibilité étonnante et finalement précieuse dans un tel roman. Au milieu de toute cette noirceur, l'amour de ces deux paumés sonne juste et l'auteur qui ne rechigne pas aux excès baroques et décadents fait preuve ici d'une belle humanité.
Trevor, seul rescapé du massacre originel et Zach battu par ses parents, sont deux enfants montés en graine, tordus par la vie, qui s'accrochent désespérément l'un à l'autre pour pouvoir faire face à leurs terreurs anciennes et affronter les démons qui les bouffent. Afin de peut-être devenir ce qui leur a été refusé jusque là: une famille, un refuge l'un pour l'autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Woland
  31 mai 2008
Drawing Blood
Traduction : Jean-Daniel Brèque
La romancière américaine Poppy Z. Brite se fait volontiers le chantre des amours homosexuelles et lesbiennes, ce qui, en soi, n'est pas un mal tant qu'on reste entre adultes consentants. Comme beaucoup d'écrivains obsédés par un thème bien précis et qui s'imaginent, à tort ou à raison, qu'ils ont un "message" à délivrer au reste de l'humanité, elle se sert de genres littéraires bien précis pour distiller son credo. Là encore, c'est son droit. A une condition toutefois : en parallèle de ses revendications personnelles, elle se doit de respecter les règles du genre qu'elle a choisi.
J'ignore ce qu'elle a produit lorsqu'elle s'est attaquée au thriller - et, franchement, je n'irai pas voir. Mais en ce qui concerne le récit d'épouvante, je puis vous certifier que son entreprise est un échec sur toute la ligne.
En effet, si l'on excepte le tout début du livre, où l'on voit un dessinateur de BD des années 80, William McGee, tuer sa femme et son plus jeune fils à coups de marteau dans une petite maison un peu bizarre que le couple avait louée au coeur d'un patelin de l'Amérique profonde appelé (voyez l'astuce qu peut suggérer à l'amateur l'idée d'une dimension manquante ou perdue) : "Missing mile", RIEN, absolument RIEN ne relève de l'étrange et encore moins de l'épouvante dans "Sang d'Encre."
Certes, lorsque - après bien des longueurs - les deux héros, Zach et Trevor (lequel n'est autre que le fils aîné du dessinateur, mystérieusement épargné par son père), se retrouvent dans la fameuse maison du crime, il semble bien se produire quelques phénomènes "psychiques" : matérialisation d'un marteau qui, évidemment, ne peut pas être l'arme du crime et pourtant ... ; robinet qui débite du sang, etc, etc ...
... Mais vu que les deux jeunes gens ont un faible manifeste pour la marijuana corsée et les champignons hallucinogènes, qu'ils prennent de l'Exédrine et que, pour l'un d'entre eux en tous cas, le café est une espèce de drogue, le lecteur est naturellement amené à se demander si, avec une bonne cure de désintoxication et une vie un peu mieux réglée ...
Bref, Poppy Z. Brite utilise ici le prétexte de la maison soi-disant hantée pour offrir un écrin à la révélation des beautés homosexuelles à son couple de héros. Je précise que les pages réservées à cette révélation sont sans fard et que cela peut toujours choquer les puritains.
Personnellement, ça ne m'a pas choquée. Simplement, je voulais une histoire d'horreur, j'ai attendu pendant 190 pages et n'ai rien vu venir. Consciencieuse, j'ai persévéré et, à la page 265, lassée par l'intrigue parallèle (une histoire de piratage informatique à laquelle est mêlée Zach), j'ai laissé tombé les longueurs et ai feuilleté le reste (en broché, le livre fait 395 pages).
Toujours rien. Il y a même une happy end. Dans un livre présenté comme une histoire d'horreur ! Vous imaginez un peu ? ...
Du coup, j'ai acheté "Tout est fatal" de Stephen King. Enfin, quelque chose de normal au beau pays de l'Epouvante ! ... ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Vadaeme
  08 juillet 2015
J'ai mis du temps à entrer dans l'histoire. La cause? Tout bêtement la faute à un quatrième de couverture pas vraiment en accord avec le début du livre. Un vrai travail de cochon!
Ca ne m'a pas empêché de plonger dans cette histoire prenante. Zach et Trevor sont des personnages froids, distants, solitaires mais étrangement attachants. On découvre au fil des pages, leurs histoires, leurs passés, leurs démons intérieurs ainsi que la relation passionnelle, ou plutôt foudroyante qui se dessine entre eux. L'ambiance est tendue, sur le fil du rasoir. J'ai senti la folie, les démons intérieurs guetter la moindre faille dans laquelle s'engouffrer. Un début de thriller psychologique jouant sur l'hérédité du mal et de la folie. Et puis, à la manière d'un Stephen King, le fantastique vient s'immiscer dans le récit... de manière ponctuelle, presque anecdotique pour finir par prendre le dessus. Tout ça agrémenté d'une certaine esthétique que j'ai trouvé (étrangement) très manga, servie avec de luxueuses descriptions des sens du toucher, de l'odorat et, surtout, du goûts. Bien plus que les passages gores, c'est ce dernier point qui m'aura le plus retourné l'estomac... Franchement, quel besoin l'auteure a de nous faire partager certaines saveurs à ce point-là? J'avais l'impression de relire "Le parfum" auquel on aurait ajouté une palette de saveurs pas vraiment appétissantes!
Une vraie plongée dans une folie hallucinée une quête intérieure poignante, dangereusement touchante et une histoire d'amour destructrice, malsaine. Poppy sait tout de même apporter à son histoire des moments de tendresse, de liberté, de lâcher-prises qui offrent des bulles d'oxygène à son lecteur... avant de la ramener dans la folie. le tout fleurtant avec les univers d'auteurs que j'aime (Stephen King, Serge Brussolo par exemple).
Par contre, je n'ai pas du tout aimé le prologue qui m'a semblé trop détaché de l'histoire, ainsi que la conclusion de l'auteure avec laquelle, après réflexion, je ne suis pas du tout d'accord même si je comprends son point de vue.
J'hésite, est-ce que je replonge tout de suite dans l'univers de Poppy Z. Brite avec Self made man sagement posé dans ma bibliothèque, ou vais-je m'offrir une lecture plus gaie?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Caribou
  25 juin 2012
Après la très bonne surprise d'Ames Perdues, j'étais bien décidée à continuer sur ma lancée. Et j'ai bien fait. Dans Sang d'encre, on découvre la même manière de faire que dans l'autre roman c'est à dire des routes qui, à priori, n'ont rien à faire ensemble, ou devraient du moins continuer à s'étirer de manière parallèle s'en jamais se croiser. Sauf que chez Poppy Z Brite, ces routes, ou du moins ces chemins caillouteux, eh ben elles se croisent.
J'ai encore une fois été harponnée par la plume de l'auteur. Les mots incisifs, merveilleusement bien chosis et encore mieux assemblés. Par les personnages. Trevor, seul survivant du terrible massacre commis par son père alors qu'il n'avait que cinq ans, comme hanté par le besoin de dessiner, encore et encore... Zach, gamin de dix-neuf qui a quitté ses parents lorsqu'il en avait quatorze, génie du piratage informatique, à la phyisionomie de Jack aux mains d'argent...
Ces deux là vont se rencontrer, s'aimer, se soutenir, sans doute auraient-ils continué à errer seul comme ils l'avaient toujours faits s'ils ne s'étaient pas retrouvé à Missing Miles, Trevor pour comprendre, Zach pour fuir. Missing Miles qui abrite l'If, Kinsey, Terry, et la trace qu'y laissent Ghost et Steve, partis en tournée...
Trevor et Zach vont atterir dans une univers psychidélique, inquiétant, voire effrayant (combien de fois me suis-je retournée pour vérifier que quelqu'un ne regardait pas par-dessus mon épaule ? Bon, tu vas dire, lire ce bouquin à quatre heure du mat c'est peut-être pas la meilleur idée qui soit...). Une histoire de fantômes, de causes à effets qui s'entrelacent, d'âmes esseulées sans le savoir, de fuite, d'envie.
Magnifiquement mené.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Lulu_Off_The_Bridge
  11 mars 2011
Même si je comprends la nécessité de la chose (facilité de repérage, argument vendeur, etc.), c'est énervant, cette manie éditoriale de mettre des étiquettes. Effectivement, Sang d'encre n'est pas un roman d'épouvante, même si Poppy flirte avec le splatterpunk (gentiment...).
Les Poppy Z. Brite première période (jusqu'au début des années 2000, je duirais) sont totalement colorés, jouissifs, même avec des intrigues chancelantes, des ficelles plus ou moins grosses.
Sang d'encre mélange la naissance du hacking, l'univers de la BD underground, Janis Joplin et Nine Inch Nails, les maisons hantées et les névroses internes, et tout en présentant une ribambelle de personnages assez attachants. Sous sa plume, l'été de Louisiane et de la Caroline est particulièrement étouffant, résolument vivant.
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
VadaemeVadaeme   08 juillet 2015
Trevor vit en esprit la première page du quotidien des enfers, imprimée sur amiante mais néanmoins un peu cramée sur les bords, ornée de la photo grenue d'un Bobby aux yeux exorbités et au visage hâve. Et que dirait la manchette? Encore un mec dérangé qui tue sa famille avant de se suicider. Un enfant épargné; "On s'occupera de lui plus tard", déclare le diable. Des démons de seconde catégorie qui boivent du café noir au soufre en parcourant les titres d'un oeil encore ensommeillé; la routine infernale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Erzuli_CapoteErzuli_Capote   05 avril 2012
"Un adolescent déroule une capote sur un pénis en érection, puis le tranche d'un coup de ciseaux et colle sa bouche à la plaie pour boire goulument le sang qui en jaillissait. Un homme blanc qui se masturbait au-dessus du corps prostré d'un noir, éjacula un geyser d'asticots sur le dos d'ébène luisant de sueur."
Commenter  J’apprécie          20
VadaemeVadaeme   08 juillet 2015
En fait, pour être parfaitement honnête, elle regrettait même d'avoir rencontré Zach. C'était l'ami le plus cher qu'elle ait jamais eu, il était brillant et généreux, il lui avait fait découvrir toutes sortes de choses fabuleuses dont elle ignorait jusqu'à l'existence. Mais il lui avait également fait découvrir le danger, la confusion et la frustration.
Et en plus de ça, il lui manquait tellement qu'elle se croyait sur le point d'en mourir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
CaribouCaribou   30 juin 2012
Le silence régnait dans le club plongé dans l'ombre. Lorsque Kinsey y pénétra, il aperçut à sa droite la scène qu'il avait lui-même construite. Un édifice rudimentaire mais solide. A sa gauche, le mur des artistes, une fresque de grafitis executés au crayon, à la peinture et au stylo-feutre qui s'étendait jusqu'à la cloison séparant le bar du reste du club. Le fourmillement de noms de groupe obscurs, de devises occultes, de paroles de chanson et de slogans était presque invisible dans la pénombre. Kinsey ne pouvait discerner que d'immenses lettres ondoyantes, peintes en or à mi-hauteur du mur : NOUS N'AVONS PAS PEUR.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
VadaemeVadaeme   08 juillet 2015
L'article était consacré à un citoyen de Corinth qui avait pratiqué sur sa femme un avortement au fusil à pompe, lui logeant seize projectiles dans le ventre. Même dans les entrailles de leur mère, les enfants ne sont pas à l'abri de leur père.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Poppy Z. Brite (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Poppy Z. Brite

La chronique de Gérard Collard - Poppy Z Brite
autres livres classés : undergroundVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Ce film d'horreur et d'épouvante est (aussi) un roman

Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Ce film réalisé en 1980 par Stanley Kubrick avec Jack NIcholson et Shelley Duvall est adapté d'un roman de Stephen King publié en 1977

Le silence des agneaux
Psychose
Shinning
La nuit du chasseur
Les diaboliques
Rosemary's Baby
Frankenstein
The thing
La mouche
Les Yeux sans visage

10 questions
536 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , horreur , epouvanteCréer un quiz sur ce livre