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Christiane Thiollier (Traducteur)Joan Bernard (Traducteur)
EAN : 9782266029612
385 pages
Éditeur : Pocket (01/03/1989)
3.83/5   2223 notes
Résumé :
Après la mort accidentelle de sa femme, Ben Mears, écrivain à succès, revient dans sa ville natale pour écrire son prochain roman. En passant devant une vieille maison abandonnée, Marsten House, il envisage de s'installer.

Mais le vieux manoir vient d'être vendu à un mystérieux monsieur Straker. Dans le parc, Ben rencontre une belle jeune femme, Susan Norton. Il s'installe dans une chambre en ville et se met à écrire, sans pouvoir se dégager d'un étr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (273) Voir plus Ajouter une critique
3,83

sur 2223 notes

Cette critique peut heurter la sensibilité de certains lecteurs.
Hugo
  22 juillet 2013
Je le lis... je ne lis pas... je le lis... je ne lis pas... je le lis.. je ne lis pas…
ça faisait pratiquement 20 piges que je me posais cette question pour finalement le lire, c'est bien la peine de se faire chier à se décider, hein les filles.
Adolescent je ne lisais que du "Stephen King", j'étais persuadé de lire des trucs de grands, comme certainement tous les jeunes lecteurs de ma génération et pour être tout à fait honnête, je ne comprenais pas grand chose, un peu comme chaque adolescent qui se prend pour un adulte.
Quelques années avant mon premier jet, si on peut appeler ça un jet (♫et mes mains s'en souviennent…♫) une copine plus âgée avec qui j'entretenais une relation amicale (sans jet tout est amical), me conseilla de lire "Salem" : son meilleur roman de "King".
J'ai pris note mais je ne l'ai pas écouté, tout simplement parce que King commençait à me gonfler le kiki sévère… enfin "King" ou autre chose, à cette époque tout commençait à tourner autour de ce fameux Kiki, devenu pleureuse de compétition depuis sa première larme, mais là n'est pas le sujet, kiki est pudique donc par respect pour sa vie privée nous en resterons là…
Bon et puis les années sont passées, j'ai stoppé un peu mes lectures habituelles pour me concentrer plus sérieusement sur un autre style littéraire beaucoup plus imagé (♫et les pages s'en souviennent…♫), ça a duré un moment d'ailleurs ces conneries. quelques romans par ci par là, mais soyons sérieux : Kiki avait des arguments bien plus convaincants.
Enfin bref, j'ai fini par le lire, mais trop tard. le roman a pris un coup de vieux, point de vue scénaristique, tout a déjà été dit et répété sur les vampires, donc difficile d'être surpris. par contre je l'ai trouvé foutrement bien écrit : "King" est un auteur de fantastique qui souhaitait faire de la littérature, et parfois ça se voit.
Donc peu d'action avant la page 300, pas de grand frisson non plus, en même temps je suis rodé depuis "Twilight". Je n'ai jamais vraiment été embarqué : les personnages restent pour ma part bien trop naïfs pour être crédibles : "mais pourquoi ils n'appellent pas des potes, bordel de chiottes, ou l'armée, le FBI je ne sais pas. Pourquoi sont-ils si réticents face à l'évidence : ça se pose des questions et ça "blablatte, ça blablatte" pour essayer de se convaincre, six péquins seuls contre tous :
Pour l'exemple :
Bien évidement que la petite dame tout fluette fera l'affaire, certes elle s'inquiète un peu, se pose des questions devant la fenêtre de derrière, au couché du soleil, c'est censé être la maison des vampires quand même, seulement rien ne l'arrête notre "Buffy en herbe", et puis l'ado chétif qui l'accompagne sait de quoi il parle, elle peut compter sur lui pour couvrir son derrière.
Pour conclure : ce fut une lecture très plaisante avec une histoire sans éclat, à lire avant qu'il ne soit trop tard finalement.
"King" reste un auteur de talent que j'admire.
À plus les copains
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Luniver
  15 septembre 2012
Salem est le premier livre qui a failli me faire mourir de peur, au sens propre du terme. Un soir d'insomnie, j'ai décidé de lire un peu ce roman en attendant le retour de Morphée (déjà, mauvaise idée, ça ne détend pas du tout). Juste au moment où le premier vampire gratte à la fenêtre de Mark Petrie, un abruti de piaf est venu percuter la mienne. L'ensemble de mes organes ont aussitôt décidé d'aller voir ailleurs s'il n'y avait pas un corps plus habitable dans les parages, et mon sang s'est glacé quelques secondes, histoire de ne pas attirer l'attention. En me recouchant quelques minutes plus tard, bien évidemment, ma peur s'était totalement évanouie. Mais j'ai quand même remonté les couvertures jusqu'à mon front. Parce qu'on ne sait jamais.
Jerusalem's Lot (Salem pour les intimes) est une petite bourgade du Maine. L'écrivain Ben Mears s'y rend afin d'écrire son prochain livre et d'exorciser ses vieux démons. Il a vécu à Salem étant jeune, et lors d'une cérémonie pour entrer dans une « confrérie », on lui a demandé de ramener un objet de la lugubre maison Marsten House. La vision d'un pendu qui a ouvert les yeux pour le regarder l'a marqué à vie. Ben découvre que Marsten House a été vendue à deux antiquaires, Barlow et Straker. Peu de temps après, un jeune enfant disparaît, et son frère meurt peu de temps après d'une anémie...
King s'est inspiré de Dracula pour écrire Salem, sans en faire une copie conforme. le end est un peu moins happy, et la religion a une meilleure place dans le récit et est plus travaillée (chez Stoker, elle m'avait semblé un peu naïve). le duel entre le vampire et le prêtre est d'ailleurs une de mes scènes favorites. Un bon roman d'horreur, au rythme soutenu, et qui provoque quelques frissons, même sans l'aide d'un oiseau nocturne !
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Ladybirdy
  27 mars 2020
Ayant beaucoup aimé Simetierre, j'ai voulu réitérer l'expérience du King version horreur à travers une lecture commune avec mon ado.
Alors oui, Simetierre m'avait entièrement convaincue. L'atmosphère y est parfaitement restituée. Pour Salem, je suis plus mitigée. Beaucoup de personnages ici que le King prend plaisir à introduire un à un sans lien entre eux sauf d'être habitants de Salem. On se doute vite qu'il va arriver des problèmes à ces personnages.
Alors que Simetierre se concentre sur une seule famille. Ce qui permet l'empathie et l'attachement. Dans Salem, trop de personnages sans possibilité d'attache de mon côté.
Contrairement à Simetierre, j'ai trouvé que l'action se mettait assez vite en place et que l'horreur montait crescendo. Ce qui a évidemment davantage plu à mon fils. Horreur pour certains mais pas pour moi. Ce qui me fait peur, c'est plus l'ambiance, l'atmosphère, hémoglobine, zombies et loups garous, cela me fait plus rire qu'autre chose. Pas vraiment de gros frissons ici donc.
Bémol également sur le côté obscène en première partie qui m'a un peu parasitée ma lecture.
Par contre, ce que j'ai le plus apprécié dans Salem, c'est le talent du King à se servir de la nature pour soulever quelques passages poétiques de toute beauté. Il distille des pétales de rose dans des flaques de sang, et cela m'a énormément plu.
Un thème de vampires peut-être un peu désuet mais servie d'une écriture fine même si j'étais un peu en reste des sempiternelles descriptions du King que j'avais fini par beaucoup apprécier.
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Iboo
  19 octobre 2016
Jamais, pour ce qui me concerne, lecture n'a été aussi épique que celle-là !
Il faut dire aussi que mon amie Lily m'avait bien conditionnée. Dans le cadre de notre petit Challenge Lecture, il fallait valider le poste : âmes sensibles, s'abstenir...
"Lis-ça, m'a t'elle dit en me tendant Salem, il m'a valu quelques nuits blanches !". Mais la sage Iboo est futée, on ne la lui fait pas, à elle ! J'ai donc réservé cette lecture pour les après-midi ensoleillés, quand les oiseaux chantent et que la vie bat son plein.
Résultat, le bouquin comportant pas moins de 800 pages, il m'a fallu des semaines pour en venir à bout. Et... j'ai flippé quand même !
En effet, comme je ne suis pas encore totalement amnésique, des images angoissantes me revenaient à l'esprit certaines nuits de nouvelle lune où j'avais trop usé de caféine pendant la journée. Puis, est arrivé le moment où je me suis prise à penser que cette perte de contrôle sur mes émotions n'avait pas de sens car, la journée, même si elle me passionnait, cette lecture ne me déclenchait pas le moindre frisson de trouille.
Et j'ai compris... finalement ce qui me faisait le plus peur dans ce roman, c'était la peur d'avoir peur. Parce que "je devais" avoir peur. Stephen King, lui-même, nous l'annonce sur la 4ème de couverture : "Salem est l'un de mes meilleurs romans, l'un des plus effrayants aussi."
Donc, voilà... tous mes petits délires à présent confessés, je dirais que cette première rencontre littéraire avec Stephen King m'a vraiment emballée.
J'ai tout particulièrement aimé sa manière d'installer le suspens, de planter ce décor banal qui pourrait être le nôtre, de nous faire sentir "concernés", de sonder les âmes de ces petites gens dont il fait ses personnages... Il a une analyse très fine et très juste des caractères humains. On les reconnait ces hommes, ces femmes, ces enfants... Ils sont nos voisins, nos amis, notre famille. Du moins, ils pourraient l'être. C'est sans doute pour cela qu'on les suit sans résistance.
Un véritable écrivain que ce Stephen King. Un témoin de son époque.
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bilodoh
  31 janvier 2014
L'histoire se passe Salem aux États-Unis. Il ne s'agit pas de Salem au Massachusetts, célèbre pour les procès de sorcières en 1692, mais d'une petite ville du Maine, Jerusalem's lot.

Dans ce deuxième roman, au tout début de sa carrière prolifique, Stephen King aborde le thème du travail de l'écrivain. Il met en scène un romancier qui s'installe dans la bourgade isolée pour conjurer ses démons personnels, mais aussi pour écrire enfin un livre qui deviendrait un best-seller. C'est un peu la situation de King au moment où il a composé Salem, puisqu'alors, Carrie n'avait pas encore connu un grand succès. Cela explique peut-être le choix du thème des vampires dans la ville, un classique dans le monde de l'horreur, filon qui n'avait pas été surexploité à l'époque par Anne Rice ou Stephenie Meyer.

Dans ses oeuvres subséquentes, King imaginera plutôt ses propres monstres, mais poursuivra aussi plusieurs pistes amorcées dans Salem :
- La vie d'écrivain et ses angoisses, des moments quasi autobiographiques, par exemple dans « Histoire de Lisey », « Sac d'os », « La part des ténèbres » ou encore « Misery ».

- La lutte entre le Bien et le Mal, un Mal qui peut exister en dehors des personnes et s'accumuler dans des lieux, des édifices, thème qu'il poursuivra dans « Shining » entre autres.

- Les enfants, qui voient les choses différemment, ressentent des terreurs fondamentales, mais qui possèdent aussi des ressources et des forces insoupçonnées, qu'on retrouvera dans « Shining », « Ça » et même dans le plus récent « Dôme »

- Les sentiments, l'amour et l'amitié, mais surtout la peur, la terreur sous toutes ses déclinaisons, l'angoisse irrationnelle et incontrôlable…

Un roman des années 70, à redécouvrir pour le talent de narration de King et pour une époque où les vampires n'étaient pas les vedettes de l'histoire, mais simplement l'incarnation du mal…
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Citations et extraits (193) Voir plus Ajouter une citation
BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   13 octobre 2021
10. Salem (III) 

La ville s'y connaît en ténèbres.


Les ombres nocturnes et les obscurités de l'âme n'ont pas de secrets pour elle. Les trois éléments qui la constituent,une fois réunis, forment un ensemble qui trancende ses composantes. La ville, ce sont les gens qui y vivent, ce sont les maisons qu'ils ont construites pour s'y réfugier ou y faire des affaires, et c'est la terre.

Les habitants de Salem sont en majorité d'origine anglo- saxonne ou française. Le reste ne compte pas plus qu'une pincée de poivre dans une boîte de sel. Il n'y a pratiquement pas de mélange entre les communautes. Les maisons sont presque toutes en bois, un bon bois bien solide. Celles qui ont été construites autrefois sont en général minuscules, et nombreuses sont les façades de magasin derrière lesquelles il n'y a rien, sans qu'on le sache pourquoi. Les gens savent que ce sont des fausses façades, exactement comme ils savent que Loretta Starcher se met de faux seins.

Le sol est en granit recouvert d'une fine couche de terre meuble . Etre fermier ici, c'est s'épuiser au travail pour n'obtenir que des résultats misérables. Les socs se brisent contre les pierres.

Dès le mois de mai, vous prenez votre camionnette et, avec l'aide de vos fils, vous débarrassez le terrain de ses cailloux afin de pouvoir y passer la herse. Dix fois vous chargez la camionnette et dix fois vous a déchargez sur l'énorme tas qui grossit au fil des ans, depuis qu'un jour de 1955, vous avez décidé de régler leur compte à ces satanées caillasses. Vos ongles sont irémédiablement encrassés de terre et, de vos doigts gourds, vous arrimez la herse au tracteur. Vous n'avez pas fait deux allers et retours que vous butez sur une pierre qui vous a échappé lors du nettoyage du sol. Une lame se brise. Il faut la changer. Votre fils vous tient la herse et, pendant que vous vous affairez, le premier moustique de la saison s'amène et vous vrille les oreilles de son vrombissement lancinant. Vous vous dites que c'est ce genre de bruit que les dingues doivent entendre quand ils se mettent à tuer leurs gosses, à se jeter contre mur avec leur voiture ou à tirer à la mitraillette sur les charlatans qui les soignent. Et, pour tout arranger, la main en sueur de votre fils lâche prise et vous vous retrouvez avec toute la peau du bras arrachée par une des lames de la herse. C'est le moment où tout craque, car il ne vous reste plus qu'à tout laisser tomber, à vous mettre à boire et, dans ce moment de désespoir où vous maudissez la terre à laquelle vous êtes attaché, vous vous apercevez que cette terre, vous l'adorez, et que vous l'adorez pour tout ce qu'elle connaît et pour tout ce qu elle a connu de l'obscurité du monde.

La terre vous vous tient, comme vous tient le hangar aux machines, la maison et la femme que vous avez commencé à aimé lorsque vous étiez encore au lycée.

Comme vous tiennent les enfants, ces enfants - Six, sept, dix - que vous avez conçus au plus noir de la nuit dans le lit à deux places aux ressorts grinçante et aux bois couverts d'éraflures, et comme vous tient la banque et tous ceux qui font ont fait crédit, le marchand de voitures, le marchand de meubles et le marchand de tracteurs. Mais, bien plus que tout cela, c'est la ville qui vous tient, parce que vous la connaissez comme vous connaissez la forme des seins de votre femme.

Vous savez qui va traîner toute la journée dans le magasin de Milt Crossen parce que la fabrique de chaussures lui a donné son congé, qui va avoir un problème avec sa femme avant même que ce problème ait eclaté. [...] Vous savez où mènent toutes les routes et où vous pourrez aller boire quelques bonnes bouteilles de bière le vendredi soir avec Hank et Nolly. Vous connaissez chaque pouce de terrain et vous savez comment traverser les marais c avril sans en avoir jusqu'en haut de vos bottes. Vous connaissez tout de la ville et elle connaît tout de vous.

Comment, à la fin de votre journée de travail, vous avez mal entre les jambes à cause de la selle du tracteur, comment la boule qui vous est venue sur le dos n'était qu'un kyste et pas autre chose comme le docteur l'avait craint, comment votre esprit gamberge sur les notes à régler à la fin du mois. Elle lit à travers vos mensonges, même à travers ceux que vous vous faites à vous- même : vous emmènerez votre femme et vos gosses à Disneyland l'année prochaine ou l'année d'après, vous n'aurez aucun mal à régler les traites d'une nou- velle télé couleur en faisant quelques coupes de bois à l'automne, oui, tout est en passe de bien aller. Vos relations quotidiennes avec la ville sont si charnelles, si prosaïques et si enivrantes à la fois que ce que vous faites avec votre femme dans le bon vieux lit qui grince ressemble à une poignée de main.

Quand la nuit tombe, la ville vous appartient et vous appartenez la ville. Et vous dormez ensemble comme dorment les défunts dans leurs tombes ou les pierres dans votre champ. Il n'y a pas d'autre vie ici que la mort lente des jours, si bien que, lorsque le mal descend sur la ville, c'est un peu comme un sommeil doux et délicieux.

La ville l'attend, elle sait qu'il va venir et elle sait même la forme que ce sommeil va prendre. La ville ses secrets et elle les garde bien.

Ses habitants ne les connaissent pas tous.

Ils savent que la femme du vieil Albie Crane est partie il y a des années avec un voyageur de commerce qui venait de New York- ou ils croient le savoir, car en réalité Albie a fendu la tête de sa femme après le départ du voyageur; il lui a attaché une pierre aux pieds et il l'a balancée au fond du puits désaffecté. Vingt ans plus tard, il est mort tranquillement dans son lit d'une crise cardiaque, comme son fils Joe mourra plus tard.

Et peut-être qu'un jour un gosse s'égarera du côté du vieux puits couvert de ronces, peut-être retirera-t-il les planches blanchies par les intempéries qui le recouvrent et apercevra-t-il dans les profondeurs le squelette de Mrs. Crane. Elle le regardera de ses orbites vides et il verra sur sa cage thoracique le collier, couvert de mousse, offert par le trop charmant voyageur. Les habitants de Salem savent qu'Hubie Marsten a tué sa femme, mais ils ne savent pas ce qu'il lui a fait faire avant. Ils n'ont pas senti le parfum du chèvrefeuille, ce parfum lourd qui, dans la chaleur moite e cet été-là, s'apparentait étrangement à l'odeur que pout répandre un charnier en plein vent. Ils n'ont pas vu ce qui s'est passé pour eux dans cette cuisine toute poisseuse de soleil, juste avant qu'il ne lui fasse sauter la cervelle.

Ils ne savent pas qu'elle l'a supplié de faire.

Quelques dames qui comptent parmi qui doyennes de la ville - Mabel Werts, Audrey Hersey - se souviennent que Larry McLeod a trouvé dans la cheminée du premier étage des papiers calcinés mais elles ne savent pas que ces papiers, c'était la correspondance qu'avait entretenue pendant douze ans Hubert Marsten avec un noble autrichien à l'allure étrangement désuète du nom de Breichen, que cet échange épistolaire a débuté grâce aux bons offices d'un mystérieux libraire de Boston mort dans des circonstances sinistres en 1933 et qu'Hubie, avant de se pendre, a brûlé toutes les lettres une par une, en prenant plaisir à regarder se consumer lentement l'épais papier de cou- leur crème couvert de l'écriture élégante et régulière de Breichen [...] Elles savent que Coretta Simons, la veuve du vieux Simons, meurt d'une saloperie de cancer des intes tins, mais elles ignorent qu'il y a plus de trente miie dollars cachés dans un trou derrière l'affreux papier peint du salon, versement d'une assurance-vie qu n'avait jamais utilisé et dont à présent, dans son agom elle a oublié jusqu'à l'existence.

Elles savent qu'un incendie a ravagé la moitié de la ville en septembre 1951, mais elles ignorent qu'il s'agissait d'un incendie criminel, comme elles ignorent que le pyromane, c'est ce garçon qui était sortie premier de sa classe en 1953, et qui, toujours brillant, gagnait milles dollars par semaine à Wall Street, et même si elles l'avaient su, elles n'auraient pas jamais pu savoir ce qui l'avait tacite à allumer ce feu ni comment ça lui avait rongé le cerveau pendant vingt ans, jusqu'à ce qu'une embolie cérébrale l'emporte dans la tombe à quarante-six ans.

Elles ne savent pas que le père John Groggins se téveille parfois au ceur de la nuit, la tête encore emplie d'images de cauchemars voit donner son cours de catéchisme le jeudi soir, nu dégoulinant d'excitation, devant une assemblée de llettes toutes offertes à lui.

Ni que Floyd Tibbits, la peau brûlée par la lumière du jour, à erré toute la journée du vendredi dans une sorte  de cauchemars éveillé, que sa visite à Ann Norton ne lui a laissé qu'un vague souvenir et qu'il ne s'est pas souvenu non plus d'avoir attaqué Ben Mears mais que, dès le coucher du soleil, il a eu la certitude enivrante que quelque chose de grand et de bon allait lui arriver.


Ni que Hal Griffen a six revues pornographiques cachées dans son armoire, sur lesquelles il se masturbe à la moindre occasion. Ni que George Middler a une malle emplie de petites culottes de soie, de soutiens-gorge, de porte-jarretelles et de bas, et que parfois il tire les stores de son appar- tement au-dessus de la boutique, ferme la porte, avec les deux verrous et la chaîne de sûreté, et qu'il se tient devant le miroir de l'armoire, dans sa chambre à cou- sher. haletant d'excitation jusqu'à tomber à genoux pour se masturber sauvagement.

Ni que Carl Foreman a voulu crier, mais que son cri lui est resté dans la gorge quand il a vu, sur la table de préparation de la maison funéraire, Mike Ryerson trembler de tous ses membres, puis ouvrir les yeux et s'asseoir.

Ni que le bébé Mcdougall, âgé de dix mois, ne s'est même pas débattu quand Danny Glick est entré par la fenêtre de sa chambre, l'a enlevé de son berceau et enfoncé ses dents dans sa gorge fragile bleuie par les coups que lui avait donnés sa mère.

Elles ne savent rien de tout ça.

Ce sont l
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BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   13 octobre 2021
En automne, voila comment la nuit tombe sur Salem:

Le soleil cesse brutalement de réchauffer l'atmosphère ; la fraîcheur soudaine de l'air vous rappelle que l'hiver est proche et qu'il sera long. De fins nuages apparaissent à l'horizon et les ombres s'allongent. Elles ne sont pas larges comme en été; il n'y a pas de feuilles sur les arbres ni de gros nuages dans le ciel pour leur donner de l'épaisseur. Ce sont des ombres maigres, avides, qui mordent la terre comme des dents.

Lorsque le soleil arrive au ras de l'horizon, le jaune paisible de son disque prend une tonalité plus violente jusqu'à devenir un jaune de chrome ardent. Les nuages se colorent de rouge, d'orange, de vermillon, de violet. Parfois ils se séparent, et, dans leur lente dérive, laissent passer de doux rayons d'or pâle, souvenirs nostalgique de l'été disparu.
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BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   13 octobre 2021
Je fais toujours des cauchemars, au souvenir de cette nuit dans le blizzard. Moins à cause de la femme que de la fillette; je revois son sourire quand elle a tendu les bras vers moi pour me donner un baiser. Mais je suis un vieil homme et bientôt mes nuits, enfin, seront sans rêves...

Vous aurez peut-être l'occasion de voyager dans cette partie méridionale du Maine, un de ces jours. C'est un joli coin de campagne. Vous pourrez même vous arrêter au Tookey's Bar boire un verre. Un endroit chaleureux. Ils ont gardé le nom d'origine.

Alors n'hésitez pas, commandez une bière. Et ensuite suivez mon conseil : filez au nord.

Quoi qu'il arrive, ne prenez jamais cette rue qui mène à Jerusalem's Lot. En particulier après la tombée de la nuit. attend encore d'avoir son câlin.
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BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   13 octobre 2021
La ville s'y connaît en ténèbres, Les ombres nocturnes et les obscurités de l'âme n'om pas de secrets pour elle. Les trois éléments qui la constituent, une fois réunis, forment un ensemble qui transcende ses composantes. La ville, ce sont les gens qui y vivent, ce sont les maisons qu'ils ont construites pour s'y réfugier ou y faire des affaires, et c'est la terre.
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BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   13 octobre 2021
Ce sont là les secrets de la ville. Certains seront un jour dévoilés, d'autres jamais. Mais la ville garde toujours son visage impassible. Elle ne se soucie pas plus des cœuvres du démon que de celles de Dieu ou de l'homme.

La ville s'y connaît en ténèbres et les ténèbres lui suffisent.
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