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EAN : 9782266035002
Pocket (01/05/1990)
4.05/5   22 notes
Résumé :
Mystique désabusé et flamboyant sceptique, celui qu'on appelle parfois le Shakespeare sicilien, livre ici toute la gamme de son art.
Au temps trouble du "Risorgimento", dans une île pénitentiaire de la Méditerranée, quatre condamnés à mort vivent leur dernière nuit. Le gouverneur de la prison leur propose un marché : le nom de leur chef contre leur grâce, la trahison contre la liberté...:
Dans l'antichambre de la mort, les quatre hommes se confessent. ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
5Arabella
  15 août 2019
Un auteur au parcours atypique, qui n'a commencé à publier que très tard, des livres parfois écrits longtemps avant. Et qui semble jouir d'un statut paradoxal : à la fois visiblement reconnu par des spécialistes, devenu sujet de thèse de doctorats, il est peu connu en France, peu publié, même si certains livres reparaissent, comme ces Mensonges de la nuit, qui doivent donner lieu à une nouvelle édition début septembre aux excellentes éditions Cambourakis.
Nous sommes sur un minuscule îlot, dans une forteresse-prison. Quatre hommes qui se connaissent de longue date, pour avoir participé au même groupe, doivent être exécutés le lendemain à l'aube. Ils passent donc la dernière nuit enfermés ensemble à parler, à évoquer des souvenirs, à se questionner sur le sens de leur vie et de leur mort, d'autant plus que le directeur de la prison, à la dernière minute, leur a laissé une porte de sortie, mais à condition de trahir ce pourquoi ils ont été prêts à mourir. Un subtile jeu s'instaure, entre vérités, mensonges, masques et identités.
Il vaut mieux ne pas trop entrer dans le détail de ce qui se passe et se joue dans cette cellule, cette nuit-là, pour laisser au lecteur qui aurait envie de tenter l'aventure le plaisir de le découvrir par lui-même. D'autant plus que l'auteur n'est pas explicite, il suggère, laisse penser, confie à son lecteur le travail d'interprétation, lui permet de mettre le sens qui lui correspond le mieux. Toute explicitation est donc personnelle et caractérise celui qui la fait, plus qu'elle ne donne la clé du livre.
Dans un style particulier, par moments très simple, parfois un peu précieux, d'un autre temps pourrait-on dire, peut-être du temps où se passe le récit. Sauf qu'il n'est pas exactement daté, quelques indices sont semés ici et là, mais sans rien de complètement défini et incontestable. Comme d'ailleurs le lieu n'est pas vraiment fixé non plus, on pense à une île de la Méditerranée, mais laquelle, et n'est-ce pas un faux indice encore ? Ces hommes ne sont pas d'un seul lieu ni d'une seule époque, leurs expériences et leurs doutes sont éternels et inéluctables.
Un livre désarçonnant, déroutant, troublant. Une très belle découverte.
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Blandine2
  14 octobre 2020
Un livre superbement bien écrit.
Une merveille.
L'intrigue est bien particulière : 4 condamnés à mort se retrouvent dans le même cachot pour leur dernière nuit avant l'exécution fatale .
Ils seront exécutés le lendemain...... sauf si l'un d'eux révèle le nom de leur chef , en en écrivant le nom sur un bout de papier à glisser dans une urne.
Personne ne saura qui a dénoncé et les 4 seront libres.
La nuit est longue et propices aux confidences....ou plutôt aux récits.
Je serais metteur en scène j'en ferais une pièce de théâtre, car tout les ingrédients y sont : unicité du lieu, du temps, 4 personnages qui alternativement racontent leur histoire à leur façon, et un dénouement bien étrange...le tout servi par une très beau texte, un peu difficile parfois, mais extrêmement bien écrit.
Bref un superbe ouvrage que je recommande même si sur Babelio il ne semble pas très " dans le vent"
Un merci particulier à Rosulien, Babeliotte devant l'éternel, car c'est son billet qui m'avait donné envie de lire ce livre original et peu connu...
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rosulien
  09 mai 2020
Incompréhensible.Très peu de lecteurs pour ce livre remarquable
Comment la communauté Babelio a pu totalement passer à côté ?
Mystère mais je vous conseille vivement de réparer cet oubli
Sur une île pénitentiaire, 4 condamnés à mort passent leur dernière nuit
Le directeur de la prison sadique et pervers leur propose un marché.Qu'un seul d'entre eux livre le nom de leur chef et ils seront tous graciés
Chacun va raconter son histoire ou plutôt une histoire
Ce livre subtil et troublant sait maintenir un suspens machiavélique
Impossible d' en dire sans diminuer le plaisir de la lecture qui va crescendo jusqu'au dénouement final
Roman policier métaphysique, thriller politique et une écriture très travaillée , pleine de surprises et de trouvailles qui nécessiteraient une relecture
Un très grand livre
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OSOLEMIO
  20 juin 2021
Dans une île pénitentiaire de la Méditerranée, au moment du Risorgimento: 4 condamnés à mort vivent leur dernière nuit dans la même cellule . le gouverneur Consalvo de Ritis leur a proposé un marché : s'ils donnent le lendemain matin le nom du Père Eternel , celui qui aurait tué le frère du Roi : ils seront libres !
Quatre hommes différents par l'âge, le statut social, le passé tumultueux vont se confesser :
Le baron Conrad Ingafû : lieutenant du chef, malfaiteur qui a une peur panique des orages.
Saglimbeni : dit le poète, séditieux mais très distingué.
Agesilas des Incertains: soldat, bâtard né du viol de sa mère et, qui était destiné à la prêtrise.
Narcisse Lucifora : étudiant, doté d'une grande force physique.
Mais, dans la cellule, ils trouvent le frère Cyrille : un bigot sanguinaire .
Un huis clos à la manière du Decameron de Boccace, ou ces hommes vont livrer leurs vérités mais aussi leurs mensonges !
C'est un chef d'oeuvre qui tient à la fois du drame policier, de la fable, de la fantaisie mystique avec des artifices du cinéma, du théâtre !
Le frère Cyrille parvient finalement à savoir par Narcisse qui est le Père Eternel et, .Il va lire les feuillets déposés dans l'urne et découvrir qu'il n'y a aucun nom mentionné ! Il réalise qu'il a été dupé par les quatre condamnés, il pense avoir trahi son Roi en lui ayant révélé une fausse information et
Gesualdo Bufalino est un écrivain des années trente qui a eu le prix Strega pour ce roman, il est comparé à Shakespeare !
L.C thématique de Juin 2021 : livres ayant mois de 100 lecteurs sur babelio.
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Geronim0
  26 novembre 2018
Quelle misère !
Aucune critique babelio sur le chef d'oeuvre de Bufalino, rien, niflette...
Imaginez 4 condamnés à mort attendant leur dernière heure dans l'Alcatraz local d'un royaume pourri de l'Italie du XIXème. Les conjurés ont le choix de trahir le chef de la rébellion ou mourir.
Pour tuer le temps ils vont tour à tour raconter leur histoire, sordide ou héroïque, tragique ou pittoresque, 4 destins qui s'entrecroisent et où la vérité n'est pas là où l'on croit, mais qui convergent tous vers le chef suprême, le fameux "père éternel" dont le gouverneur du penitentier veut leur faire avouer le nom...
Dans un style flamboyant qui nous plonge au coeur de l'Italie du XIXème, Bufalino assemble avec brio les pièces d'un puzzle dont l'image finale n'apparaît qu'au dernier chapitre, lorsqu'il insére la toute dernière pièce...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   13 août 2019
De la mer ils entendent, les jours de mauvais temps, le grondement contre les fondations de l'île ; du ciel aussi ils aperçoivent dans le soupirail en gueule de loup des lambeaux croisés aux couleurs changeantes, chair, gris perle, selon l'alternance des heures et des saisons. Ils suivent les étoiles et leur chemin, la présence d'un nuage qui, des mois durant, image d'espérance tenace, apparaît ponctuellement chaque midi, puis se défait brusquement comme un noeud dans les cheveux d'une enfant qui court ; nuage finalement disparu à jamais.
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5Arabella5Arabella   14 août 2019
Car l'amour est, comme je le crois, non pas un feu que la main tire du caillou à l'aide d'un briquer, mais une combustion spontanée de l'âme qui seulement lorsqu'elle s'embrase et flambe cherche au-dehors d'elle-même l'être auquel s'accrocher. Sentiment évasif doté de traits tellement opposés les uns aux autres qu'il ressemble à ces maux qu'un unique nom désigne mais dont les symptômes et les effets varient à l'infini. A quelle extrémité ce sentiment m'a poussé, chacun peut aujourd'hui le constater : à ma perdition.
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silouannesilouanne   13 janvier 2014

Auparavant la mort faisait à leurs yeux figure de brève péripétie pour acteurs, étant entendu qu'une fois terminées les ovations et les salutations, chacun retrouverait sa place derrière les décors et redeviendrait soi-même. Tandis
qu'ils découvrent maintenant, de but en blanc, qu'ils ne seront plus jamais eux-mêmes, qu'ils ne seront plus rien, et ils palpent dans leur esprit
l'épaisseur d'obscurité qui, peu à peu, avance...
Mais que dis-je obscurité ? L'obscurité est une cécité où l'on peut de ses doigts aveugles serrer d'autres doigts tout aussi aveugles, et néanmoins
cheminer côte à côte, solidaires dans le souvenir et le regret de la lumière... Alors que la mort n'est ni obscurité ni lumière, mais seulement mémoire abolie, césure, absence totale, incinération sans déchets, où tout ce qui a été, non seulement n'est et ne sera plus, mais est comme s'il n'avait
jamais été...
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5Arabella5Arabella   15 août 2019
Intérieurement bouleversé, presque corrompu par le commerce de ces hommes, je me demande alors qui je suis ? Nous autres, homme, qui sommes-nous ? Sommes-nous vrais, sommes-nous faux ? Figures de papier, simulacres incréés, ombres inexistantes sur la scène d'une pantomime de cendres, bulles soufflées par la paille d'un prestidigitateur ennemi ?
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Video de Gesualdo Bufalino (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gesualdo Bufalino
Robert de Niro, Al Pacino et Joe Pesci dirigés par Martin Scorsese : pas étonnant que The Irishman, le nouveau film du réalisateur des Affranchis et de Casino soit l?un des plus attendus de l?année. On espérait qu?il soit présenté au dernier Festival de Cannes, mais le travail sur les effets spéciaux, et notamment sur le visage des acteurs pour qu?ils apparaissent plus jeunes puisque l?histoire se passe sur trois décennies, a apparemment pris plus de temps que prévu, et le film fera finalement l'ouverture du 57e Festival du film de New York, le 27 septembre prochain.
Joe Pesci y joue un boss de la mafia de Pennsylvanie, Russell Bufalino, al Pacino le faleux président du syndicat des doncuteurs routiers (les teamsters) Jimmy Hoffa, et Robert de Niro le bras droit de celui-ci, Frank Sheeran, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale devenu tueur à gages.
Le film sera disponible sur Netflix directement à l'automne. #BandeAnnonce
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