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ISBN : 2264071028
Éditeur : 10-18 (18/01/2018)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Retour aux sources pour cette expédition de trappeurs, dans la tradition des grands romans d'aventure à l'américaine.En 1820, aux Amériques, le commerce des fourrures est un moyen périlleux de faire fortune. À peine le jeune William Wyeth s'est-il engagé auprès de la compagnie de trappeurs la plus téméraire de l'État qu'il manque de se faire tuer. Il découvre alors la force des liens entre les hommes, dont la survie ne dépend que de leur solidarité. Chasse au bison,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  03 juin 2019
A vivre cette grande épopée de l'ouest sauvage. Chevauchant des collines de poussières et d'herbes folles, entraîné par la folie des hommes et la promesse de richesse symbolisée par fourrures et peaux, sauvé sa peau d'une horde de sauvages, des indiens et des blancs, une vie sans loi. 1820, quittant le Missouri de St-Louis, une nouvelle compagnie de chasse et de trappes. Juste deux trois années, le temps d'accumuler des peaux et un pécule pour fonder sa famille avec cette sublime brune au regard de braise. Mais la vie de trappeur n'est pas aussi idyllique que cela peut paraître, dormir à la belle étoile, s'enfiler quelques godets de whisky de contrebande, bouffé un steak d'ours... Bref, j'en ai rêvé, comme ces rêves de gosses, j'en suis revenu, la tête KO par ces bisons morts, et l'odeur de cette viande en putréfaction.
Shannon Burke, premier métier ambulancier à Harlem, avant d'être attrapé par la fièvre, non pas de l'or mais de l'écriture, signe ici un formidable roman d'aventures, aux confins de l'ouest sauvage. de la sauvagerie des hommes à chaque page, du massacre de bisons toutes les deux pages, une descente de whisky une page sur trois. La nature, ses collines verdoyantes avant de virer au rouge écarlate, puis au rouge sombre, noir. Les vautours virevoltent au-dessus d'un amas de tripailles. L'odeur est tenace, que la pluie et la nuit ne sauraient effacer de ma mémoire. Alliance et désalliance, l'homme est un loup, encore plus sauvage que l'animal qui sommeille en chaque être, prêt à retourner sa veste de bison pour quelques pièces d'or, ou en l'occurrence gagner quelques chargements supplémentaires de peaux fraîches.
Selle mon vieux cheval, chevauche les prairies cheveux au vent, sors la winchester, tire, des cris d'indiens au loin. Épuisé le dos fourbu, les santiags poussiéreuses, je rentre dans ce comptoir aux abords de la sauvagerie. Des regards pas tendres, quelques putes pour l'ambiance, on me sert un de ces tords-boyaux qui font soit devenir un homme, soit devenir aveugle. Une chance sur deux, le choix du trappeur. Je survis à cette première épreuve. Je me remets en route, en piste devrais-je dire, la route de l'ouest n'est pas encore tracée, se méfier des canadiens, se méfier des espagnols, se méfier des peaux rouges, bref, je suis seul à travers la nature – encore, pour quelques mois seulement – luxuriante. de magnifiques paysages aussi sublimes qu'un poème récité par une de ces poupées dénudées. Je croise quelques cadavres, qu'il faut enterrés, je ramasse quelques peaux, qu'il faut cachées. Nuit à la belle étoile, des flocons de neige qui scintillent autant que les poussières du ciel. La lune me toise de sa hauteur et de sa splendeur, trop belle pour moi, blue moon. L'amas de poussière et la mort du bison.
Merci.
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cardabelle
  29 avril 2018
Au début du 19ème siècle , le jeune William Wyeth de Saint-Louis ( Missouri ) décide de rejoindre une compagnie de trappeurs pour satisfaire son goût de l'aventure mais surtout pour faire fortune et conquérir sa belle.
Et, c'est parti pour une aventure qui se veut rocambolesque .
Au menu : longues chevauchées , bivouacs improbables , rencontres dangereuses , coups de feu, coups de gueule, coups fourrés , amitié , bagarres , batailles ou alliances : tous les ingrédients du western donc !
C'est aussi l'occasion pour l'auteur de proposer une petite fresque historique relatant par bribes l'avancée de la colonisation de l'Ouest américain par un panel impressionnant d'aventuriers de toutes nationalités ou de militaires se disputant les territoires en utilisant les indiens qu'ils ne déciment pas.
Mais, c'est aussi bien sûr, la traque sans états d'âme de tout ce qui porte fourrure .
Le récit met en exergue le début du saccage des rivières dues à la surexploitation des compagnies de trappeurs de plus en plus nombreuses et de plus en plus avides .
" Peu d'hommes se souviendraient de ce pays tel qu'il avait été dans sa glorieuse pureté originelle . "
C'est donc un roman d'aventure , porteur de messages mais même si j'ai apprécié cette lecture, je n'y ai trouvé vraiment d'intérêt qu'en seconde partie , quand on arrive dans les Rocky Mountains au milieu des tribus Blackfeet et Craw .
Il faut dire que certains noms évoquent à eux-seuls luxuriance, et beauté , comme auréolés de magie , d'éternité : Yellowstone River , Bear Lake , Big Horn ...enfin !
Et, dans ces écrins , ( enfin aussi ! ) le coeur de l'action .
Des difficultés au démarrage donc !
Un avis en demi-teinte dû aussi au style narratif . C'est un récit à la première personne parfois anachronique me semble-t-il : j'ai trouvé la syntaxe peu adaptée à la personnalité et à l'origine du héros .
Et puis , surtout j'ai vraiment cru reconnaître à un moment une inspiration très marquée de scènes de Lonesome Dove ( quand les espagnols contrôlent les routes du Nouveau -Mexique ) . Il n'en fallait pas plus pour que j'imagine cette histoire contée par un Larry McMurtry !
C'est mal , je sais !
Les comparaisons génèrent souvent la déception .
Vu le thème et le cadre , j'en attendais sans doute le meilleur .
Alors , en résumé , une lecture divertissante mais qui pour moi n'atteint pas les sommets du genre .
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Jeanfrancoislemoine
  13 février 2018
Voilà, c'est fini.Il est des jours où l'on se plaît à voir tomber la neige et à passer sa journée sur son canapé, un superbe bouquin entre les mains.Oui,j'ai trouvé ce roman simplement magique.Un style coulant,des dialogues à la hauteur,des descriptions de paysages à couper le souffle et me voici parmi les trappeurs dans une nature hostile,croisant des gens pas toujours bien intentionnés, me jetant parfois dans la gueule du loup comme si les difficultés ne suffisaient pas,le loup pouvant être aussi un ours ou un bison.
Heureusement,il y a une brigade extraordinaire,des personnages hauts en couleurs,éclectiques, moqueurs,chambreurs mais généreux et solidaires.Une belle leçon de vie pour William Wyeth ,Henry Layton ou encore Ferris,sans compter leurs amis.Un apprentissage de la vie porté au plus haut degré .De l'aventure,des rebondissements,du suspense,un vrai beau roman d'aventures avec,en arrière plan,la jolie histoire d'un amour et d'un retour vers l'adolescence ,un beau cheminement vers la vie d'homme.Pas de mélo toutefois,non,mais la construction de soi grâce au courage,aux épreuves, à l'amitié, au respect.Tres belle réussite,à mon avis.Je suis fan.....
Et puis n'oublions pas aussi,hélas,cette fameuse conquête de l'Ouest avec ses enjeux,ses drames,sa sauvagerie,ce désir d'hégémonie des états les uns envers les autres,les exterminations,les indiens...Et oui,il y a cela aussi,une vraie mine d'or,je vous dis.
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SZRAMOWO
  15 décembre 2018
La recette de «Dernière saison dans les Rocheuses» est très simple. Imaginez la conquête de l'Ouest dans ce pays qui n'est pas encore les USA, la lutte pour la terre et le bétail entre indiens et migrants mais aussi entre Américains, Espagnols, Anglais et Français...
Prenez un héros «normal» William Wyeth qui a des comptes à régler avec son père :
«Toute mon enfance, mon père m'a répété que j'étais et que je resterais toujours un bon à rien. Je veux démontrer le contraire.»
Qui a des scrupules vis à vis de la belle Alène Bayley une Canadienne veuve de Horace Bayley, dont il est éperdument amoureux :
«Cette femme qui m'avait offert son coeur, je l'abandonnais sans défense au milieu de nulle part.»
Prenez «Un fils de famille gâté et cupide ! Un prédateur qui a le don d'embrigader les gens. (...) capable des pires manoeuvres quand il s'agissait d'argent (...)», j'ai nommé Henry Layton.
Ajoutez, Grignon, «Un triste individu (...) Recherché à Saint Louis pour divers délits, contrefaçon et tentative de viol».
Complétez avec des trappeurs, des vrais «bushways», « Jedediah Smith, bien sûr. Glass. Bridger. Moses Branch et Pegleg.» des gars qui ont le coeur sur la main et le fusil sur l'encolure du cheval.
Layton a réussi à convaincre cet assemblage hétéroclite de se lancer dans l'aventure de la Compagnie des Fourrures de Market Street qu'il vient de créer en s'endettant.
Il «offre l'opportunité de devenir riche en six mois.»
Ajoutez une pincée de «(...) whisky, des armes de la poudre. Douze moules, du plomb. Et quelques babioles, des miroirs, du vermillon.»
Le roman est construit comme une parabole, Walter Ferris et William Wyeth sont les jeunots. Ils découvrent le sens de la vie en même temps qu'ils découvrent le pays, sous l'oeil amusé mais plein d'empathie des anciens toujours prêts à reconnaitre le courage et à épauler les trappeurs en devenir attirés par «L'amour de la nature sauvage, le mépris du danger, la volonté de se battre le cas échéant, et par dessus tout, (leur) passion pour la vie de trappeurs (qui) procure la certitude de faire exactement ce dont on a envie.»
L'écriture de Shannon Burke sert le récit avec fièvre et précision, les scènes les plus folles se succèdent, la course pour gagner le cheval andalou noir que Red Elk le chef Blackfoot prétend qu'on lui a volé, la chasse au bison sur l'étang gelé, le combat contre l'ours et le taureau, la poursuite finale digne d'un grand western y compris l'arrivée de la cavalerie.
Bref, on ne s'ennuie pas dans ce roman épique de Burke. Avec humilité, il cite ses sources, nous invitant à les lire si l'on est passionné de cette époque de l'histoire des USA.
William Wyeth, contrairement aux autres, sait pourtant que tout cela aura une fin, un jour...
«Quel gâchis ! le saccage des rivières par des brigades de plus en plus nombreuses transformerait cette nature riche et indomptée en désert cartographié, surexploité et hostile.»
Un auteur et un roman à découvrir
Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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lcath
  07 avril 2018
Un jeune homme, William Wyeh, décide de suivre les compagnies de trappeurs . Il y voit la possibilité de grandes aventures et c'est effectivement le cas. Tout début de l'histoire des USA, ces trappeurs qui ne sont pas encore des cow-boys et avant les chasseurs d'or, vivent à la dure,entre hommes, partant pour de longs mois dans une nature très belle mais hostile l'hiver. Au plus proche des montagnes, des saisons et des animaux, ils trappent, essentiellement les castors. Ils croisent régulièrement des Indiens étant sur leur territoires.
On suit tout particulièrement William le narrateur, Ferris l'artiste et Layton le dandy au mauvais caractère.Tant que ces hommes chassent , les jours se déroulent à peu près bien, mais le retour des peaux représentant un beau butin, est beaucoup plus difficile. Les différentes compagnies n'hésitent pas à utiliser les Indiens et leurs guerres fratricides pour piller les autres. Il faut être malin et héroïque pour survivre à ce monde...
Dans ce roman,d'aventure, on voit se dessiner le futur de ces régions, les animaux chassés à outrance, les guerres entre indiens entretenues par les blancs, ces mêmes indiens déjà décimés par la maladie et qui ne font que découvrir que la parole de l'homme blanc ne vaut pas grand-chose, la guerre entre Anglais et Américains, tout est là . Mais il y a aussi une certaine forme d'innocence chez ces hommes qui ne ménagent pas leur peine pour faire fortune. Ils ont une énergie gigantesque pour repousser les limites de la nature, l'honneur et la camaraderie sont des valeurs fortes et ils ont en même temps la naïveté de petits garçons.
C'est un roman agréable, peut-être pas un grand roman mais j'ai parcouru les Rocheuses avec entrain, tournant les pages pour connaître les aventures de ces conquérants. Je vois d'un beau film avec les paysages des Rocheuses et ces hommes, rudes,sales, vêtus de leur hardes crevant l'écran...
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   03 juin 2019
Arrivés sur la crête, nous découvrîmes, au nord, une immense prairie, aussi différente des terres que nous venions de traverser que la verte Irlande peut l'être du Sahara. Couchés dans les hautes herbes grasses, plus de cinq cents bisons ruminaient paisiblement. Ils ne prirent conscience de notre présence que lorsque les hordes de cavaliers se précipitèrent sur eux du haut de tous les sommets environnants.
A la vue du troupeau, les Indiens s'étaient mis à pousser des hululements stridents. Des coups de feu claquèrent. Aussitôt les bisons se relevèrent et s'enfuirent dans un tonnerre assourdissant qui fit trembler le sol.
Au fond de la vallée paissait une seconde harde, aussi important que celle que nous chassions, piégée elle aussi à l'intérieur des collines. Nous l'apercevions de loin qui cheminait dans notre direction, taches mouvantes piquetant la verdure.
Les deux troupeaux se dirigeaient l'un vers l'autre. Ils n'étaient maintenant séparés que d'une centaine de yards, puis cinquante, puis trente... Ils se percutèrent dans un fracas de sabots, de sourds mugissements, de beuglement aigus, s'éparpillant tous azimuts, tournoyant sur eux-mêmes, soulevant des trombes de poussière.
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le_Bisonle_Bison   31 mai 2019
Une pluie de flèches s'abattit sur le troupeau, accompagnée de violentes détonations. Je levai mon fusil et entrai à mon tour dans ce chaos poussiéreux. J'entendais les chasseurs s’interpeller, hurler, jurer en diverses langues. Les bêtes tourbillonnaient autour des cavaliers qui s'acharnaient sur elles à coups de fusils, de lances, de haches de couteaux. 
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missmolko1missmolko1   22 janvier 2018
La veille de mon départ, j'entrepris d’écrire à mon père une lettre d'excuses, cherchant à justifier mes erreurs passées. J'avais quitté la ferme familiale deux ans plus tot, à la suite d'une violente dispute à propos d'un bout de terrain. Je ne pouvais lui en vouloir de me refuser cette parcelle, car je n'avais pas fait grand-chose pour la mériter, mais il avait donné leur part d'héritage à mes frères le jour de leur dix-huitième anniversaire. Je lui avais reproché sa pingrerie et nous nous étions quittés en nous maudissant mutuellement. Depuis lors, je ne l'avais pas revu.
Je tenais donc à me rabibocher avec lui avant de partir. Le destin en décida autrement. Alors que je tentais, à contrecœur, de faire amende honorable, je reçus une lettre de ma sœur, expédiée des mois auparavant, m'informant de son décès. Je le savais en mauvaise sante, se soignant à grand renfort de whisky, sans imaginer que sa maladie le tuerait. Je e croyais immortel et j’étais persuadé qu'il serait présent à mon enterrement, toujours a me dénigrer. Eh bien, non. C’était écrit noir sur blanc : mort et inhumé dans ses terre. J'ai senti mes tripes se serrer. Nous avions eu de sérieuses empoignades, personne ne pouvait le nier, mais j’étais convaincu que nos differences finiraient par s'aplanir. J'avoue avoir pleuré comme un gosse en lisant la lettre.
L'orage d'un chagrin dévastateur passé, la triste nouvelle de sa disparition ne me donna pas l'envie de crier victoire ni de danser sur sa tombe, plutôt le sentiment d’être enfin libéré d'un passé qui souillait mon esprit et ma conscience. Pour le meilleur ou pour le pire, j’étais seul, libre de mes mouvements, prêt à mettre mon courage a l'épreuve.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   13 décembre 2018
Je m’affalai dans la neige et le regardai s’éloigner dans le crépuscule. Très vite, mes paupières se fermèrent. L’engourdissement me gagnait quand, soudain, mon oreille discerna un lointain raclement métallique. C’était peut-être Smitts qui dégageait la neige de la rambarde de l’auberge à l’aide d’un fer à cheval. Ou un éperon heurtant le gratte-pied de l’entrée. Je ne l’entendis qu’une fois, faiblement mais distinctement, venant de la direction empruntée par Ferris. Je parcourus quelques yards à quatre pattes puis me relevai en chancelant. Cinq minutes plus tard, je distinguai deux pâles lueurs vacillant dans la pénombre, celles d’une torche et d’une lampe à huile. Des portes s’ouvraient. Des gens s’interpellaient. Je devinai un toit pointu.
— Je suis là ! croassai-je. Juste là !
Je perçus des voix. Je vis des silhouettes. Plochman et Smitts me saisirent chacun par un bras et me traînèrent vers l’auberge. Alene accourait, tête nue. Son châle de laine était tombé dans la neige, piétiné par Smitts, mais elle n’en avait cure. J’offrais un piteux spectacle, visage gelé, tunique rougie de sang. Je voulus lui dire que ce sang n’était pas le mien, hélas ! ma langue refusait de m’obéir, aussi me contentai-je de lever la main en guise de salut. Je fus conduit dans la chaleur de la salle et couché sur le plancher, devant la cheminée. Alene s’agenouilla, me frotta les joues, puis ouvrit ma veste, dénoua les lanières de mes jambières et ôta les peaux qui enveloppaient mes pieds. Elle retint sa respiration en les découvrant. D’instinct, je tendis les bras vers elle. Elle prit mes doigts glacés entre les siens et souffla dessus, tentant de les réchauffer.
— Si c’est ce qu’il fallait endurer pour mériter de tenir ta main, ça valait la peine, chuchotai-je.
— Chut, William. Ne parle pas.
Ferris, mon sauveur, était également allongé auprès du feu, raide comme une bûche. La glace qui fondait scintillait sur sa barbe. Le matin, Meeks me donna du laudanum et incisa mes plantes de pied pour en extraire les épines. Je dormis toute la journée et le soir, en ouvrant les yeux, j’entendis au-dehors quelqu’un beugler :
— Cette croupière me rentre dans le cul !
Je reconnus la voix de Pegleg. Encore groggy, je compris que Jed Smith, Moses Branch et les autres étaient arrivés au fort, avec quelques jours de retard sur Ferris. Je me rendormis, le sourire aux lèvres.Le lendemain, des bruits de pas derrière la porte m’éveillèrent en sursaut. Elle s’entrebâilla sur Pegleg, Branch, Bridger, Glass et le capitaine Smith.
Ferris les suivait en clopinant. Ses joues et ses doigts étaient tavelés de taches grises, mais il semblait bien remis, contrairement à moi. Je n’étais pas, comme lui, endurci par une année entière dans les Rocheuses. Il me faudrait des semaines avant de pouvoir recouvrer l’usage de mes jambes. Je me redressai contre les oreillers et leur serrai la main à tous.
— Comment tu te sens, vieille branche ? brailla Pegleg.— Frais comme un gardon !
— Un vrai montagnard solitaire et blessé. Et à moitié gelé. Il te reste plus qu’à te trouver une squaw, et t’auras tout bon.— Il y travaille, il y travaille, plaisanta Ferris.
— Voyez-vous ça, dit Pegleg.
Il prit une bouteille de whisky des mains de Moses Branch et me la tendit.
— Allez, lâche-toi !
Et si t’as besoin de conseils pour apprendre à conter fleurette, te gêne pas, je suis là. Je m’escrimai sur le bouchon.
— Si tu mets autant de temps à tirer qu’à boire un coup, je m’étonne que tu sois encore en vie, blagua Branch. Tiens, donne-moi cette bouteille, bon à rien. Mais commence par nous raconter tes exploits. La bataille d’abord, la bouteille après.
— Il n’y a pas grand-chose à raconter. On a abattu un bison, à l’ouest du grand méandre. Son poids a fait casser la glace et…
— Vous auriez dû attendre qu’il quitte la rivière, remarqua Pegleg.
— Oui, mais Ferris s’impatientait.
— C’est bien connu, dit Branch. Ferris est un gars pressé.
Ils rigolèrent tous. Ferris avait la réputation d’être le plus paisible et le plus réfléchi d’entre nous. Branch me passa la bouteille et j’avalai une gorgée.
— T’appelles ça boire ? ricana-t-il. Rends-la-moi et continue.— J’ai ôté mes bottes, je suis entré dans l’eau. J’étais en train d’éviscérer le bison quand des Sioux nous ont volé nos chevaux.
— Et ses brodequins, précisa Ferris.Pegleg souleva mes couvertures.
— Voyons voir ces sabots.
Il approcha son couteau de mes pieds bandés et, de la pointe, piqua les pansements. Ferris, debout dans un coin de la pièce, retint bruyamment sa respiration. Pegleg se retourna.
— T’as quelque chose à dire, blanc-bec ?
— Si c’était le cas, je l’aurais dit.
Wyeth, à ta place, je boirais un bon gorgeon. Avec Pegleg, on ne sait jamais…
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le_Bisonle_Bison   09 mai 2019
Ferris s'interrompit brusquement.
- Regarde...
Au loin, un gros bison mâle débouchait d'une forêt de pins, s'enfonçant dans la neige jusqu'au ventre. Soudain, il s'immobilisa et émit un grondement sourd. Il nous avait sentis. Lentement, Ferris tendit la main vers son fusil, mais le geste fit craqueter le givre qui s'était formé sur le manteau. Alerté par le bruit, l'animal fit volte-face et s'éloigna. Nous sautâmes en selle et poussâmes nos chevaux à travers l'épaisse couche de neige molle. Au bout de deux milles, nous débouchâmes sur un bras de rivière gelé, balayé par le vent.
Nous vîmes l'énorme bête déraper sur la surface verglacée, tomber, se relever, glisser à nouveau, se redresser et retomber. Nous sautâmes à terre. Il ne nous semblait pas régulier de tirer sur du gibier sans défense. Nous l'observâmes pendant une minute. Il grognait, battait l'air de ses pattes, incapable de se remettre debout. Alors, d'un même mouvement, nous levâmes nos fusils et fîmes feu. Il fit un bond désespéré en avant, chancela et s'immobilisa. Ferris rechargea son arme et tira une seconde fois. Les deux coups avaient atteint leur cible quasi au même endroit, juste au-dessus de l'épaule. Le bison, foudroyé, s'affaissa sur le flanc.
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