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ISBN : 2918265136
Éditeur : Sombres Rets (15/02/2013)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Le monde de la nuit, ses codes, ses mystères, ses secrets nous sont révélés par vingt-trois auteurs…

… Qu’est-ce qui hante les nuitées d’un village des Cévennes ?
… Que cache la nuit de Samain ?
… Qui s’en vient des profondeurs ?
… Quelle est l’autre rive du rêve ?
… Vengeance, kidnappings, soirées qui tournent au cauchemar, poursuites meurtrières, exploration fatale, mythologie infernale, voyages dans l’obscur, légendes ur... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Oliv
  09 avril 2013
En général, dans ce type d'anthologies thématiques sont réunies une dizaine de nouvelles; ici la sélection se monte à vingt-trois textes. le risque avec une moisson aussi large est de laisser passer des nouvelles hautement dispensables, mais l'avantage est qu'aucune facette de la Nuit ne devrait être oubliée... Pari tenu? Petit tour d'horizon des vingt-deux nouvelles - j'ai la décence de ne pas donner mon avis sur la mienne - le tout en mode subjectif.
J'ai beaucoup aimé:
*Une gare, c'est propre la nuit: Au terme de ma lecture je ne vois toujours pas bien où l'auteur a voulu en venir, mais quelle importance? de l'imagination à revendre, de belles images, une plume adroite... On sent d'emblée que l'auteur n'est pas le premier venu, il est clairement un ou plusieurs crans au-dessus de ses petits camarades de l'anthologie.
*Meccano de nuit: Ce n'est pas trop mon type d'histoires à la base, pourtant j'ai tout de suite accroché, peut-être grâce aux personnages bien campés, ou au décor rural rendu de manière efficace. L'arrière-goût de "je ne suis pas certain d'avoir bien tout compris" ne gâche rien, au contraire: on reste dans le mystère et l'obscurité.
*Amy, né de l'homme et de la femme: Efficace, rondement mené, ce texte ni trop long ni trop court remplit son office avec juste ce qu'il faut d'effroi, et fait finalement oublier que son sujet n'a rien de très original.
*Des profondeurs: Happé dans l'obscurité de cette nouvelle oppressante, je craignais la chute et l'inévitable artifice du rêve. Pour avoir rendu celui-ci acceptable, l'auteure mérite des félicitations.
*Celles qui ont renié le jour: Une très bonne surprise de la part d'une jeune auteure inconnue. Certes cette nouvelle ne révolutionnera pas la fantasy, mais cette belle histoire d'apprentissage et de vengeance est très bien menée, avec une jolie plume.
J'ai apprécié:
*Heureux les imbéciles: Les dialogues m'ont agacé, comme c'est très souvent le cas avec les tentatives de reproduire les parlers paysans dans une oeuvre écrite. Pour le reste, c'est une jolie histoire sans prétention, simple, comme son personnage principal.
*Marlène: L'histoire en elle-même ne m'a pas transcendé, en revanche l'atmosphère crasseuse, poisseuse, est très bien rendue et cela m'a suffi.
*Transport nocturne: L'ambiance de ce bus de nuit, son sympathique chauffeur et son étrange passager m'ont bien plu. Difficile de dire pourquoi au final je n'adhère pas totalement, peut-être cette impression que l'auteur avait ses personnages, sa situation de départ, mais pas grand-chose à raconter autour d'eux. Un bon moment de lecture néanmoins.
*Marie dans la nuit: Au moment de faire le bilan d'une anthologie il y a toujours une nouvelle dont on a du mal à se souvenir, et donc difficile à commenter; là, ce sera celle-ci. Sur le moment il me semble avoir plutôt apprécié cette histoire d'amour, de vengeance et de sorcellerie, toutefois elle souffre un peu de la comparaison avec "Celles qui ont renié le jour", qui explore plus ou moins les mêmes thèmes en étant plus réussie.
*De rêve et de feu: le début m'a bien accroché, mais plus l'histoire avançait, plus mon intérêt faiblissait. Cette nouvelle s'est conclue pour moi dans une relative indifférence, mais j'ai au moins aimé la première moitié, c'est-à-dire la rencontre des deux protagonistes.
*Au fond: L'atmosphère oppressante des profondeurs inexplorées a plutôt bien fonctionné sur moi. La mise en abîme finale me laisse plus perplexe: l'auteure se paye-t-elle notre tête en biaisant effrontément, ou manoeuvre-t-elle avec brio dans des eaux dangereuses? Peut-être un peu des deux.
Je n'ai pas aimé:
*L'éveil à la nuit: Clans de lycéens / loups-garous et compagnie, ce n'est définitivement plus de mon âge.
*Le Dullahan: En règle générale, j'apprécie ce type de textes mêlant le réel et les mythes, mais pour le coup cela n'a pas fonctionné sur moi, je ne saurais trop dire pourquoi.
*La chaise: Dommage, la nouvelle s'arrête brutalement au moment où l'histoire allait commencer pour de bon. C'est toujours frustrant, ces textes qui semblent inachevés, pareils à une copie impitoyablement relevée par l'examinateur une seconde après la sonnerie fatale.
*Le chêne: Trop onirique, trop abstrait pour moi, sans doute. Au final je n'ai pas compris ce que l'auteure avait voulu nous raconter.
*Les funérailles du jour: Je n'ai pas eu l'impression de lire une nouvelle mais un reportage de type journalistique sur la vie malheureuse d'un enfant malade. C'est certes très instructif, mais ce n'est pas ce que je recherche quand je lis de la littérature.
*Voyage au bout de la nuit: Un vampire chauffeur routier, pourquoi pas, cela aurait pu donner quelque chose d'intéressant. Au bout du compte, les longs dialogues où les deux protagonistes expliquent au lecteur pourquoi et comment ils sont devenus vampires gâchent tout le potentiel du texte.
*Nocturnales: Un petit exercice de style sans véritable intérêt, sinon celui de clore l'anthologie. C''est ce qu'il fait. Point.
J'ai détesté :
*Gardien de Nuit: L'unique idée qui nourrit cette nouvelle est mal traitée, on voit venir la chute de très loin. Et si le fond est médiocre, la forme est tout bonnement catastrophique. J'ai rarement autant soupiré de dépit en lisant une nouvelle, sans doute parce que c'est la première fois que je viens à bout d'une nouvelle aussi mauvaise. On ne le répètera jamais assez: l'usage non maîtrisé des synonymes Word est très dangereux.
*La comptine celte: Que de maladresse, c'en est presque touchant! Je ne vois rien à sauver de cette nouvelle où tout sonne faux. Apprendre que l'auteure est une débutante en la matière rassure un peu: on peut au moins imaginer qu'elle progressera à l'avenir.
*Nocturnes du sableur: L'auteur se dit poète, et cela se sent. Cette nouvelle n'est peut-être pas mauvaise, je suis simplement allergique à ce genre de style qui, à moi béotien, parait uniquement vide et prétentieux.
*La nuit de claires ténèbres: Il est rare que je lise une nouvelle en diagonale, option qui m'est apparue indispensable dès le premier quart de celle-ci. L'auteur aime se regarder écrire, et plus encore il adore les longues, très longues descriptions. Ce texte est l'équivalent littéraire d'un film qui ferait défiler des paysages durant une demi-heure entre deux mouvements du personnage principal. Imbuvable, et contre-productif: à vouloir bombarder le lecteur d'images, on fait juste en sorte qu'il ne visualise plus rien.
Dans la préface, l'anthologiste regrette que les auteurs se soient attachés aux côtés inquiétants et effrayants de la nuit, et beaucoup moins à son versant joyeux, festif, créatif. Je rejoins cette opinion, tout en regrettant davantage la chose suivante: alors que cette grande moisson de textes aurait pu déboucher sur des visions très différentes de la Nuit, nous nous retrouvons finalement avec des ingrédients communs à de nombreux textes, notamment une vision urbaine, très ancrée dans notre quotidien. J'aurais voulu voir des nuits dans les déserts d'Afrique ou les montagnes de Chine, des nuits préhistoriques ou dans les tranchées de 14-18... Au lieu de cela, on rencontre principalement des autobus et des hôpitaux, des bars et des écoles, des Paul, des Julie, des Marc, des Vincent, exactement comme dans notre vie de tous les jours. Dommage.
Au final, une moitié de textes aimés, une autre moitié peu ou pas du tout aimés: le ratio est celui de la plupart des anthologies, celle-ci s'en sort donc, de mon point de vue, tout à fait honorablement.
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