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EAN : SIE258098_319
inconnu (30/11/-1)
3.97/5   19 notes
Résumé :
Quatrième de couverture - En ce jour du 24 avril 1854, Élisabeth de Wittelsbach épouse François-Joseph de Habsbourg. Elle n'a que dix-sept ans et la voici impératrice !
Hier encore, en Bavière, elle était « Sissi », une enfant romantique indisciplinée, aimant la nature, les chevaux, les chiens. Aujourd'hui, elle découvre l'amour d'un mari fervent mais aussi l'étiquette tyrannique de la cour de Vienne, la dure hostilité d'une belle-mère.
Ainsi ce jour d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sarindar
  31 août 2014
Une femme fascinante, attirante mais aussi inquiétante. Était-elle neurasthénique, fuyait-elle le monde de l'aristocratie pour mieux vivre ses passions dans des cadres enchanteurs, avec en plus une certaine bougeotte, car elle aimait beaucoup changer de lieu de séjour et finissait, semble-t-il, par s'ennuyer là où elle se trouvait ? Ayant le culte du corps pour lui-même et pour satisfaire son ego plus que par souci de la représentation au bras d'un époux auprès duquel elle n'était pas toujours ?
On a vénéré Elisabeth d'Autriche sous les traits un peu mièvres de la Sissi des contes de fée. Puis l'on a découvert la femme, avec ses qualités et défauts, sa personnalité, les répercussions des drames sur sa propre existence (folie de Louis II de Bavière, pour qui elle éprouvait de l'affection, car elle l'admirait ; drame de Mayerling où périt son fils Rodolphe de Habsbourg) ; intérêt qu'elle montra pour les destinées de la Hongrie dont elle contribua à faire un royaume associé à l'Empire d'Autriche, et dont les monarques furent son époux François-Joseph et elle-même ; ce que cette attention accordée de manière privilégiée à la Hongrie coûta aux autres peuples gouvernés depuis Vienne : tchèques, slovaques, yougoslaves, etc. plus ou moins ignorés ; et puis cette mort tragique en Suisse, à Genève, en 1898, sous les coups de poinçon d'un anarchiste excité.
Jean des Cars est un fervent admirateur de cette femme - et on le comprend - et il a su nous conter sa vie en nous faisant partager les coups de coeur qu'elle put avoir pour les êtres et les lieux qu'elle avait élus (passant sous silence toutefois les élans qu'elle eut pour d'autres femmes en qui elle cherchait peut-être un miroir où refléter sa propre image) et cette sorte de fatalité qui semblait la poursuivre et marquer sa destinée du sceau de la tragédie. Un très beau portrait, dont chaque page est belle. Un style limpide pour nous rendre sensible à l'histoire d'une femme qui eut à lutter pour se conquérir des espaces de liberté, pour se tenir loin d'une vie de cour qui l'ennuyait profondément. Elle préférait les relations interpersonnelles aux relations sociales imposées par les devoirs d'épouse d'un souverain, bien qu'elle s'y pliât parfois admirablement.
On est charmé et l'on compatit aux souffrances éprouvées par cette femme qui n'avait pas toujours les moyens d'affronter le malheur quand il se produisait dans sa vie. Ce livre est une réussite.
Francois Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)
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simoncailloux
  03 juin 2021
Vers l'âge de 10 à 15 ans, j'étais en pension et certains jeudi après-midi nous sortions de l'enceinte de l'école, du pensionnat et allions au cinéma. J'ai le souvenir d'avoir vu à cette époque un des films du réalisateur Marischka où Romy Scheider tenait le rôle de Sissi. J'ai le souvenir d'une belle romance, les montagnes et la nature autrichienne, les beaux salons, les belles robes, mais de la vie à proprement parler de Sissi, ces épreuves, l'histoire de l'Autriche, rien. Je pense que ce n'est pas ces choses qu'on retient à cet âge.
Elisabeth est issue d'une famille bavaroise. Elle a cinq frères et deux soeurs. Elle est proche de son père qui comme elle ne s'attache pas aux conventions, à l'étiquette. Comme lui, elle aime la nature et l'équitation.
La Prusse se moque de vivre en harmonie avec l'Autriche. Pour des raisons stratégiques une alliance entre la famille de Witterbach de Bavière et les Habsbourg Lorraine d'Autriche consoliderait leur opposition à la Prusse. C'est ce que s'entendent à réaliser les mamans d'Elisabeth et de François-Joseph. Lors du mariage Elisabeth à quinze ans et demi. On attend d'elle de donner un fils à la couronne. Elle est enceinte à trois reprises sur les quatre premières années de son mariage pour donner naissance à trois filles. Elle est séparée de ses trois enfants par sa belle-mère l'Archiduchesse Sophie, qui a décidé de s'occuper de l'éducation de ses enfants sans tenir compte des souhaits de la mère.
Elisabeth ne sais pas se faire aux conventions de la famille impériale. Ne pas boire de bière, ne pas fumer, manger avec des gants, changer de chaussures après les avoir mi une fois, … .
Epoux et épouse s'apprécient mais François-Joseph se langui d'une épouse qui est régulièrement en voyage. Elle s'en va pour échapper à sa belle-mère qui s'occupe de tout et lui fait la leçon pour tout, ce qui lui rend la vie insupportable.
Elle voyage en Hongrie, en Angleterre, en France, en Suisse, en Grèce et bien entendu en Allemagne, plus particulièrement en Bavière d'où elle provient. Elle a pour dame de compagnie une comtesse hongroise qui lui apprend le hongrois. Elle a le souhait de se rendre sur les traces des récits d'Homère. Elle se fait construire un palais à Corfou qu'elle vendra plus tard. Elle apprend le grec ancien et moderne et arrive à le parler couramment.
Elle est très préoccupée par son poids qui ne peut dépasser cinquante kilo alors qu'elle mesure 1,72 mètre. Pour y arriver, la plupart du temps, elle se limite à consommer du lait, du jus de viande, et des jus de fruits. Elle est narcissique. Son image corporelle compte beaucoup. Elle a installé chez elle des agrès de gymnastique et pratique régulièrement du sport : chasse à courre, l'équitation, marche rapide.
Elisabeth prend le parti des minorités nationalistes tchèques, slovaques, croate en perpétuelle ébullition et le nationalisme magyar est le plus revendicatif. Face à la défaite de Sadowa face à la Prusse l'Autriche a besoin d'alliés ; les Hongrois sont incontournables et Sissi force l'empereur a écouter leurs revendications. Un an plus tard Sissi et l'empereur son couronné roi et reine de Hongrie et l'empire Autriche Hongrie naît. C'est une victoire politique pour Sissi. Sissi est fort aimée du peuple Hongrois.
Elle perd sa fille Sophie qui n'avait que deux ans. Elle perd son cousin Louis de Bavière qui lui était très cher. Son fils Rodolphe seul successeur du couple s'est suicidé suivant les premières informations de l'époque.
Jean des Cars est allé en Autriche pour lire des archives concernant l'impératrice Sissi et interroger des descendants de la famille. de ces recherches, qui ont duré cinq ans, et de ce qu'il a entendu recoupant les dires, il affirme que ce qui a été dit à la mort de Rodolphe est inexact. Il livre treize situations, longuement développées qui étayent une contre raison de la mort de Rodolphe.
Je n'en dirai pas plus pour ceux qui souhaitent lire le livre.
Sissi voulait prendre le bateau pour Montreux et a été tué sur l'embarcadère de Genève par un anarchiste qui lui a transpercé le coeur avec une lime tranchante, qui a pénétré le corps de 8 cm. L'assassin a cru tuer un personnage satisfait de son rôle officiel, friand des avantages de la vie publique, abusant d'un pouvoir capricieux et promenant une souveraineté insolente devant les plus défavorisés. Il était à 100% dans l'erreur, Sissi n'avait pas ce profil-là.
Récemment, j'ai fait la connaissance virtuelle de Arielle Dombasle. Eh oui, tout le monde n'est pas expert en cinéma ! Elle a été actrice dans un film télé sur Sissi. Elle a une taille de guêpe, est souple et monte à cheval. Bien que par habitue on ne voit que Romy Schneider dans ce rôle, Arielle Dombasle tenait bien le rôle du personnage.
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Hindy
  16 décembre 2010
Il faut effacé de son esprit les films mièvres sur Sissi et se laisser porter par ce récit. Portrait d'une femme libre, moderne et brimée.
Fine politologue, anti raciste avant l'heure, un portrait d'une impératrice que l'on connaît mal.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   22 décembre 2017
S’il est fréquent qu’une jeune fille de seize ans rêve d’un amour pur, s’enthousiasme pour des riens et se fâche pour tout, l’obstination de Sissi à célébrer la mort est inquiétante. On songe, évidemment, au caractère déséquilibré de la famille Wittelsbach qui traverse l’histoire européenne avec une réputation morbide et exaltée mais aussi un raffinement, un esthétisme remarquables et des dons, en particulier ceux des langues, une ironie glacée et une fantaisie séduisante.
Il faut encore rappeler que les nombreux mariages consanguins, les cousinages répétés n’ont guère apuré un sang riche véhiculant plusieurs hérédités.
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rkhettaouirkhettaoui   22 décembre 2017
L’amour a transformé le garçon qui fête ses vingt-trois ans dans vingt-quatre heures. La première conséquence de l’entrée de Sissi dans sa vie est un acte de désobéissance à sa mère. Celle-ci ne l’oubliera pas. François-Joseph lui doit ce trône, il ne veut plus lui devoir son épouse.
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rkhettaouirkhettaoui   22 décembre 2017
Pendant une trentaine d’années, l’Autriche avait connu la stabilité. Paix et développement économique pour les uns, immobilisme et étouffement des nationalités pour les autres. L’émancipation était refusée aux Hongrois, aux peuples de Bohême et d’Italie car l’émancipation eût signifié la dislocation. Et l’Autriche préservait cet équilibre car il symbolisait sa revanche. Avec Metternich, la légitimité l’emportait sur les nationalités mais l’Autriche, de nouveau, existait.
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rkhettaouirkhettaoui   22 décembre 2017
Sissi est élevée dans l’ignorance des contraintes. Elle guette l’arrivée de son père et envahit son cabinet de travail où il tente, d’une plume appliquée, de réveiller une inspiration lasse. La poésie est le péché mignon des Wittelsbach.
Sa mère essaie de gommer les excentricités de son époux et s’efforce de remettre un peu d’ordre dans cette vie qui en est totalement dépourvue. Les poètes n’ont pas d’ordre, les mères de famille conservent le sens des réalités.
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simoncaillouxsimoncailloux   03 juin 2021
En observant la statue de l’Impératrice, la comtesse Fürstenberg, ancienne dame d’honneur, raconte : « Ce qu’elle fut en réalité, la grâce si prenante qui émanait de sa personne, aucun ciseau, aucun pinceau ne saurait en donner une idée : son charme si personnel était inexprimable. Elle continuera de vivre non pas dans l’histoire mais dans la légende … . »
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