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ISBN : 2917817283
Éditeur : Editions La Contre Allée (23/04/2014)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Tu arrives et tu ne pense qu'à travailler, à te tuer au travail n'importe où parce que sinon, à quoi bon avoir quitté le village. Je pense à la photo du journal. Cet enfant c'est moi lorsque j'avais neuf ans. Peu importe la couleur de la peau, au bout du compte nous étions tous noirs quand nous sommes arrivés en France.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Herve-Lionel
  18 septembre 2014
N°803 – Septembre 2014.
TANT DE LARMES ONT COULE DEPUIS – Alfons Cervera- La contre allée.
Traduit de l'espagnol par Georges Tyras.
Nous sommes à Los Yesares le jours de l'enterrement de Teresa dont il est question dans « Ces vies-là »(La Feuille Volante n°566). le narrateur, installé en France, à Orange, avec ses parents depuis de nombreuses années, revient pour assister à cette cérémonie. Comme à chaque fois, dans ce genre de rencontre autour d'un mort, on retrouve famille et amis et c'est l'occasion d'égrener des souvenirs. Les histoires d'amour s'y mêlent à celles des disparus, on évoque la guerre civile, l'exil, la détresse et la survie dans un autre pays que le sien. C'est que ce village a été, comme les autres, marqué par la guerre civile, le franquisme, la crise économique, le déracinement, les vagues successives d'émigration...
Le narrateur alterne son témoignage et les souvenirs d'autres personnages pour réveiller la mémoire. On a parlé « d'écriture chorale » à son propos. Cette histoire s'écrit à travers les vivants et les morts mais en tout cas dans ces « vies insignifiantes » qui se sont déroulées dans le silence, le bruit, les corps et les images qui reviennent au hasard des souvenirs de chacun. C'est une sorte de labyrinthe ou l'oubli parfois cohabite avec le mensonge parce qu'on fait prévaloir le masque rassurant des apparences. Certains sont revenus définitivement, d'autres n'y font que des visites ponctuelles comme le narrateur, mais tous ont en commun une mémoire qui les relie entre eux. Ils ont tous connu, en France où ils sont venus travailler, le rejet, le mépris, le racisme...Tous ces témoignages nécessairement fragmentaires sont comme les morceaux d'un puzzle, ils en ont le mystère et l'hésitation, l'approximation parfois. Ils sont pleins de colère, de douleurs, d'espoirs déçus. Petit à petit cela forme une sorte de tableau, à la fois impressionniste et réaliste, comme si l'écriture faisait échec à l'oubli et peut-être invitait le lecteur à faire sien le sentiment de révolte, de crainte et de douleurs de tous les exilés de tous les temps et de tous les pays. Ils seront toujours les boucs de la population et la cible des extrémistes.
Le style est simple, dépouillé, poétique souvent. Les chapitres sont brefs et des analepses qui mélangent présent et passé laissent une impression de permanence.
Le narrateur nous parle aussi de lui et sème dans son texte des références de ses lectures personnelles où René Char voisine avec Antonio Marchado, Jorge Luis Borges avec William Faulkner.
Alfons Cervera (né en 1947) fait partie de ces écrivains qui se sont appropriés cette période de l'histoire espagnole qui va de la seconde république à la démocratie retrouvée et qui ont voulu, par l'écriture, faire échec à l'oubli qui caractérise tant l'inconscient collectif de nos sociétés humaines. Comme tout écrivain, il a commencé par raconter une histoire familiale, forcément pudique et silencieuse en y mêlant souvenirs et imaginaire mais il s'est aperçu assez vite qu'il y avait « des territoires de la mémoire à explorer » avec ces zones d'ombre et de lumière. Il en a fait un thème de réflexion et de création en y incluant la mémoire collective, en se faisant le porte-parole des vaincus, prenant en compte leur témoignage, leur exemple et leur rendant ainsi leur dignité.
Il devient ainsi non seulement un écrivain classique avec son bagage de rêve et de dépaysement mais aussi le « témoin » d'un monde qu'il n'a peut-être pas connu directement mais qu'il fait revivre en l'évoquant par la mémoire et en nous invitant à y réfléchir.
©Hervé GAUTIER – Septembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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nena
  13 octobre 2014
Plusieurs personnages se retrouvent pour l'enterrement de Teresa à Los Yesares, village d'Espagne. Nous les retrouvons au cours de leur vie en Espagne ou à Orange en France. Ce sont des exilés politiques qui ont fuis l'Espagne de Franco. Les souvenirs se font présents au fil des pages, la peur de l'exil, le rejet en tant qu'étrangers, d'autres retourneront en Espagne et se sentent dans leur pays aussi comme des étrangers. Ils sont apatrides, ont le sentiment d'être de nulle part, sans passé…Le racisme aussi est présent « il y avait quelque chose qui nous unissait et c'était que nous étions tous une saloperie de merde. Des Espagnols de merde, des négros de merde… » p 53. Une lecture difficile, non pas à cause du thème, mais il m'a été compliqué de me repérer, les personnages reprennent les événements et les relatent chacun à leur façon. Ce roman fait suite à « Ces vies là » qui raconte la vie de la mère de l'auteur, peut-être aurait-il fallu commencer par celui-ci pour bien s'intégrer dans le suivant.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel   15 septembre 2014
Les livres qui ne se terminent jamais, qui commencent quand vous les refermez et que vous restez à regarder on ne sait où, comme le boxeur de la photographie, qui regarde comme si l'adversaire le guettait au-delà du ring et non dans le coin opposé, un point presque invisible dans la foule qui emplit les gradins du stade, ce mot juste, juste ce mot et aucun autre, jamais, qui recèle les clés pour mieux comprendre, mais jamais complètement, la détresse.
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Herve-LionelHerve-Lionel   17 septembre 2014
Moi je suis resté vivre à Orange. Je ne sais pas pourquoi. Parfois je pense que ce sont les lieux qui choisissent les gens et pas l'inverse. S'il nous arrive de rentrer, c'est par un acte de volonté qui m'est étranger. Quelqu'un qui nous attend. Une lettre qui évoque la mort. Cette répugnante nostalgie qui transforme toutes choses en un inutile ravaudage du passé.
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Video de Alfons Cervera (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alfons Cervera
Dans le cadre des Bruits d'Espagne 2019, rencontre avec l'écrivain espagnol (valencien) Alfons Cervera qui revient sur l'état de la démocratie aujourd'hui en Espagne. Animation et traduction Domenge Blanc
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