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Sébastien Roy (Traducteur)
EAN : 9782742761180
382 pages
Actes Sud (28/04/2006)
3.86/5   7 notes
Résumé :
Négligée par son époux, Rami soupçonne l'infidélité. Quand elle pensait trouver maîtresse, elle découvre quatre familles, peu ou prou comme la sienne. Il est polygame. Cette femme, qui a jadis allumé des passions incendiaires, vient à la quarantaine grossir l'armée en déroute (les fidèles compagnes qui n'ont jamais fait que donner : leur jeunesse, du l'amour, des enfants, (les attentions dévorantes. Rami se lie à chacune de ses rivales et, en qualité de première ép... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
AmyFarrah
  27 août 2020
C'est un roman très riche que "Le Parlement conjugal" et encore ne suis-je pas en possession de toutes les clés pour l'apprécier à sa juste valeur. Si le style m'a déconcertée au début par son lyrisme véhément le charme a cependant opéré bien vite et l'histoire de Rami - son propos, ses révélations sur le système polygame, son introspection poétique - m'a captivée. Bien sûr, on a quelque idée de la polygamie, que ce soit le système établi depuis longtemps, ou ses accommodements modernes, mais le roman de Paulina Chiziane va plus loin et décortique le système, et sur sa lancée elle met à nu les rouages les plus sordides de la société mozambicaine. Elle met à mal la superbe des hommes-rois, mais lance aussi des piques aux femmes-complices, qui de génération en génération cajolent l'ordre établi et imposent le privilège masculin à leur descendance, selon le principe bien connu de "j'ai morflé, y a pas de raison qu'elles ne morflent pas". On connait bien cette mentalité, elle bat son plein dans l'univers que nous décrit l'autrice féministe. Quand je dis féministe, ne vous y trompez pas, vous n'entrerez pas dans le livre de Paulina Chiziane avec le féminisme clés en mains à l'occidentale, le combat diffère et les règles aussi. La langue de l'autrice se fait de plus en plus incisive quand on avance dans l'histoire, elle utilise des mots comme "nuit" pour parler de l'obscurantisme, elle n'hésite pas à traiter de "tarés" les membres de la famille qui font valoir leurs droits iniques sur les veuves, les laissant nues, rasées, dans des maisons pillées. La société mozambicaine, celle du Sud en tous cas, est implacable, et la romancière lui règle son compte par la bouche de sa narratrice, Rami, la première épouse de ce polygone de femmes. On apprend des trucs à vous faire dresser les cheveux sur la tète, et même si l'écriture prend des détours poétiques et imagés pour éviter certains détails de la chirurgie sexuelle artisanale, ça fait peur. Tout y passe ou presque : l'argent, le sexe, la politique - avec pléthore de ministres, comme c'est l'habitude en Afrique - la sorcellerie, la religion..... Pas un mot cependant de la corruption qui découle automatiquement de la polygamie, car un fonctionnaire aussi bien payé soit-il ne peut faire construire autant de maisons, les meubler, les peupler ; le sujet est évité mais il y a tellement d'autres choses dans le livre de Paulina Chiziane. J'aurais du mal à en faire le tour, mais si vous vous intéressez au sujet de la polygamie ou à la condition féminine un peu partout dans le monde, ce livre est pour vous. J'avais bien aimé "Une si longue lettre" de Mariama Bâ, ici on va plus loin et la narratrice épanche davantage son coeur, tout en parlant de ce pays qu'elle connaît bien et sur lequel elle a réfléchi, et ce peuple dont elle connaît la psyché avec ses variantes Nord-Sud, très intéressantes et qui rappellent que le colonialisme a tracé des frontières au cordeau sans tenir compte des peuples. L'autrice parle avec feu et de tout son coeur, par la bouche de Rami, pour démonter un système barbare et absurde dans lequel une femme peut mourir dévorée par les animaux sauvage pour avoir osé manger un gésier de poulet, dans lequel une femme peut accoucher quatre fois de quatre viols perpétrés par les colonisateurs, puis les libérateurs, puis d'autres opposants.... pour finir par se déclarer elle-même "spécialiste en agressions sexuelles" avec cet humour noir qui jette un froid terrible quand on réalise que cela se passe vraiment quelque part dans ce monde. Quelques anecdotes, quelques portraits, et toute la trame du récit en fait, donnent à ce roman une valeur de témoignage.Bon, j'arrête là... car ce roman est très riche, même si parfois le style semble partir en folie verbale, cela sert le propos de l'autrice qui est au fond de décortiquer la souffrance des femmes mozambicaines et l'emprise qu'elles subissent.
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Cath36
  12 janvier 2011
Une femme africaine, Rami, découvre que son mari a quatre maîtresses dont il a des enfants. Blessée et humiliée, elle va le combattre avec ses propres armes, ces cinq femmes dont elle va faire des amies, , instaurant une sorte de polygamie légale dont elle va établir les règles, avec des réunions régulières des épouses, ce parlement conjugal dont le mari ne sort pas forcément grandi.
De combats en humiliations, de révoltes en acceptations, Rami apprend que six femmes peuvent venir à bout d' un homme... Mais suffit-il d' être six pour venir à bout d' un système et redonner à la femme la place à laquelle elle a droit ?
Ce magnifique roman, à l'écriture acérée et profonde, incantatoire comme un tambour et acérée comme un épée, exprime à la fois un bel hommage aux traditions africaines et un cri de révolte contre la condition inférieure à laquelle la femme est soumise.
Âmes anti-féministes s'abstenir...
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JeanPierreV
  05 août 2015
Un homme, sa femme trompée, ses maitresses.... Que de romans, que de navets littéraires ou théâtraux sur ces trios (voire plus) amoureux...
Le Parlement conjugal de Paulina Chiziane, auteure mozambicaine de langue portugaise est tout autre chose...Une découverte d'une culture qui m'était inconnue, la polygamie, la découverte d'une auteure africaine
Une femme, Rami, découvre qu'elle est trompée par son mari, elle va tout faire pour découvrir les unes après les autres les maîtresses de son mari, commandant de police...maîtresses qui se croyaient elles aussi, unique amie de cet homme. Des rencontres pas toujours faciles, allant jusqu'aux "crêpages de chignons" entre ces femmes qui se jalousent. Elles découvrent que leur homme passait une semaine par mois avec chacune d'elles. Passé maître en turpitudes et en mensonges, il les a toutes flouées, ce qui les unit.
Elles décident alors de s'organiser en polygamie....pour mieux contrôler le mari.... qui va très vite déchanter....Jusqu'au jour où ......
Une belle étude de cette culture et de ces traditions africaines. Les femmes en sortent grandies, les machos, quant à eux y sont ridiculisés et n'y trouveront vraisemblablement aucun plaisir sauf s'ils sont un peu "maso"
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sylvie2
  10 décembre 2016
Au Mozambique, Rami, mariée selon la religion Catholique sous le régime monogamique, se rend compte que son mari entretient plusieurs maîtresses... le coeur brisé, elle part à la recherche d'une astuce pour garder son mari. Coutumes locales, Polygamie, Remise en question d'elle même... elle essaye tout ce qu'elle peu...
Ce roman analyse le statut de la femme à la fois au sein de la tradition africaine, mais également par le biais de l'adaptation de notre culture occidentale à la culture mozambicaine. Nous sommes en face d'une histoire surprenante, intéressante, mais qui, à la fin, traîne tout de même en longueur.
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AyabaGis
  31 mai 2017
Omniprésence et omnipotence de l'idéal polygamique caractérisent la société mozambicaine décrite par Paulina Chiziane dans le parlement conjugal. Une histoire de polygamie. Trompée et abandonnée par son mari, Rami la narratrice, raconte son expérience de la vie polygamique en tant que première et unique épouse légitime de polygame dans une société ultra masculinisée et paradoxale où la polygamie a pris des couleurs de normalisation, de banalisation, d'assujettissement et même de violence. Son mari l'a trompée avec une première, une deuxième, une troisième, puis une quatrième femmes. En effet si dans l'histoire des polygamies, c'est la femme cocue, la jalouse qui endure ; la « cocufieuse », la deuxième, celle qui pointe les défauts de la légitime, finit par devenir cocufiée à son tour.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
AmyFarrahAmyFarrah   24 août 2020
Depuis qu'on l'a promu au poste de commandant de la police, et que l'argent est venu remplir ses poches, le malheur est entré dans cette maison. Ses anciennes amourettes étaient comme une pluie fine tombant sur des parapluies, elles ne m'atteignaient pas. Maintenant, je danse en solitaire sur une scène déserte. Je suis en train de le perdre. Il passe sa vie en compagnie des plus belles femmes de la ville de Maputo, qui pleuvent à ses pieds comme des diamants.
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JeanPierreVJeanPierreV   05 août 2015
La femme idéale est une comète, tous les hommes soupirent après elle sans jamais l'atteindre, rien n'est plus difficile que de trouver la femme idéale (P. 358)
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sylvie2sylvie2   10 décembre 2016
Dans les rites d'initiation, on t'enseigne à vivre et à sourire. Tu apprends à connaître l'anatomie et tous les astres qui gravitent en toi. Tu apprends les rythmes des cœurs qui palpitent en toi.
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AmyFarrahAmyFarrah   24 août 2020
Elle ressemblait plus à une prisonnière qu'à une première dame. Son mari la respectait beaucoup. Aujourd'hui, je pense que sa tristesse profonde lui venait du manque d'amour. Il est douloureux de dormir seule, tout en sachant que son mari se promène à droite et à gauche.
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