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Roger Hibon (Traducteur)
ISBN : 2070380904
Éditeur : Gallimard (04/01/1990)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Le Ferndale est bien le navire le plus inquiétant qui soit, dans le sens où notre planète est inquiétante, avec son atmosphère trouble de passions, de jalousie, d'amour, de haines, avec la calamité des bonnes volontés transcendantes. Et il a fallu que le hasard choisisse le Ferndale, entre tous les navires alors dans le port de Londres, pour assurer au jeune Powell son premier pas dans la vie. Le voilà désormais sous le coup du funeste enchantement qu'exercent sur l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
MarcelP
  12 juillet 2019
Le grand Conrad nous y a habitués : la plupart de ses romans est constituée de témoignages, de propos rapportés (et déformés ?) ou de confessions recueillies fervemment.
Avec Fortune qui nous narre les déboires familiaux et sentimentaux de la fière Flora de Barral, l'écrivain base la totalité de son récit sur le discours indirect, voire sinueux ou tortueux... La jeune Flora, abandonnée par les siens lorsque son père, le financier de Barral, ténébreux affairiste, est envoyé au bagne, trouve un havre de salut dans le mariage que lui propose le noble Capitaine Anthony. le lendemain de cette union de raison, le couple recueille l'aigrefin à sa sortie de prison. le trio embarque pour plusieurs mois de traversée sur le Ferndale. Un lieutenant candide, le jeune Charles Powell sera le témoin discret d'un voyage où les passions s'exacerbent. Marlow, le porte-paroles de Conrad, reconstitue à un narrateur tapi dans l'ombre cette douloureuse histoire d'amour, d'argent et de haine.
Pour cela Marlow convoque ses souvenirs de conversations lointaines, âpres discussions ou babillages innocents, qui ne sont pas toutes de première main : il lui arrive ainsi de se remémorer un dialogue que lui a révélé un comparse à qui le conciliabule avait été relaté par l'un des protagonistes de l'entrevue passée (un téléphone arabe à 5 degrés) . Ce qui multiplie de façon gaguesque tirets, guillemets français et anglais -doubles ou simples- et complexifie un tant soit peu la lecture de l'ouvrage.
Si j'ajoute que Marlow, cynique et égotiste, pontifie de façon exaspérante et que l'action du récit est souvent hypertrophiée à l'extrême, on en déduira que je sors déçu de ce périple. A tort.
Conrad sait naviguer comme personne dans les canaux étroits de l'âme humaine ou dans les océans des passions les plus folles. Son art du récit est même à son zénith dans certains chapitres comme celui, plan-séquence de génie, intitulé "La Gouvernante" : succession d'accélérations brutales puis de contractions soudaines, la parole échappe alors à son locuteur pour devenir action pure, saccades violentes et introspections flash. Un tour de force. Multipliant les chausse-trapes, le romancier éblouit le lecteur, interdit par son brio à déjouer les attentes, raviver le suspense ou rebattre les cartes.
Il est piquant de constater que cette histoire, forgée entièrement de dialogues, repose sur des non-dits, des aveux avortés et des sentiments réprimés. La "fortune" est aveugle.
Un grand roman malade.
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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stcyr04
  17 août 2012
Une jeune femme traumatisée par le procès suite à la banqueroute honteuse commis par son père, ressentie comme une humiliation et brisée par les discours de personnes “charitables” concernant le déshonneur de celui-ci, se marrie dans la précipitation avec le capitaine du navire le Ferndale. On sent que se mariage est un peu une fuite de la part de cette demoiselle complètement détruite dans son amour propre, que l'amour est loin d'être le motif principal de l'union, mais qu'elle est plutôt poussée par la volonté farouche de quitter le monde mesquin et malfaisant des “terriens”, de soustraire son père au sortir de la prison du regard des humains et de vivre de manière fusionnelle avec lui. Mais voilà le père ne pardonne pas ce mariage advenu la veille de son élargissement avec un obscur marin et le vit comme une trahison, lui qui se considère comme victime d'une cabbale et qui aspirait à un mariage digne d'une fille de grand financier qu'il se croit être. le capitaine, quant à lui, est le type même des héros de Conrad, mu par une très haute idée, quasi aristocratique, de l'honneur et du devoir.
Ainsi Conrad hisse la vie romanesque au niveau du tragique; les hommes sont les jouets de leurs passions aveugles, souvent déjouées par le hasard, le destin ou la providence, appelez cela comme vous voudrez. L'auteur comme à plaisir et avec une grande maitrise technique, triture le temps du récit et jongle avec les points de vue narratif, apportant une grande profondeur à son récit qui, n'est pas dénué d'une ironie mordante. Néanmoins le roman met beaucoup de temps à se mettre en place et je n'est pas ressentit le plaisir poétique de Lord Jim ou la complexité passionnante de Nostromo.
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TristanPichard
  06 novembre 2017
Je reprends l'exploration de l'Oeuvre de Conrad... Ce roman est de loin le plus complexe en terme de construction, les récits s'enchâssent les uns dans les autres avec virtuosité sans jamais perdre le lecteur. Mais le propos est long, parfois laborieux, les péripéties souvent inutiles. Quel dommage ! Reste une plume qui plus d'une fois touche au superbe.
Lien : https://www.tristan-pichard...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   14 août 2012
“Je dis qu’une femme est sincère”, reprit Marlow après m’avoir donné un cigare et en avoir allumé un lui-même, “je dis qu’une femme est sincère quand elle énonce spontanément une assertion dont la forme ressemble de loin à ce qu’elle aimerait vraiment dire, à ce qu’elle pense vraiment qu’on devrait dire, s’il ne fallait pas ménager la susceptibilité stupide des hommes. Le jugement des femmes, plus fruste, plus simple, plus droit, embrasse toute la vérité, que leur tact, leur méfiance de l’idéalisme masculin, les empêche toujours d’exprimer complètement. Et leur tact est infaillible. Nous ne pourrions souffrir que les femmes disent la vérité. Nous ne pourrions le supporter. Cela causerait ne souffrance infinie, amènerait les plus effroyables bouleversements dans ce paradis illusoire assez médiocre, mais cependant idéaliste, dans lequel chacun d’entre nous vit sa propre petite vie, simple unité dans la vaste somme de l’existence. Et elles le savent. Elles ont pitié.
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stcyr04stcyr04   13 août 2012
Je me flatte de comprendre toutes sortes de curiosités. La curiosité pour les faits, les choses, les hommes ordinaires. C’est la faculté la plus respectable de l’esprit humain – et même, je ne puis concevoir à quoi servirait un esprit dépourvu de curiosité. Ce serait comme une chambre perpétuellement fermée à clé.
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OmbelOmbel   13 janvier 2016
Je crois que tout comprendre n'est pas bon pour l'intelligence. Un cerveau bien garni freine l'élan de l'action; un cerveau trop encombré mène doucement à l’imbécillité.
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stcyr04stcyr04   14 août 2012
Les femmes ne comprennent pas la force d’un tempérament contemplatif. Il ne fait que les choquer. Elles sentent instinctivement que c’est celui qui échappe le mieux à la domination des influences féminines.
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stcyr04stcyr04   13 août 2012
Toutes les vertus ne leur suffisent pas; il leur faut aussi tous les crimes. Et pourquoi? Parce qu’en cette plénitude réside le pouvoir – genre d’ivresse qu’elles chérissent par-dessus tout...
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Videos de Joseph Conrad (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Conrad
Les aventures de Jim et sa rencontre avec Marlow forment un des romans les plus profonds de la littérature. Ce roman d’aventure est surtout un roman psychologique qui nous donne l’occasion de réfléchir sur l’existence, le courage, la lâcheté et sur la difficulté de rester lucide. Conrad, le pessimiste, nous montre, à travers le personnage de Jim, toute la difficulté d’être un idéaliste.
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