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G. Jean-Aubry (Traducteur)Claude-Noël Thomas (Éditeur scientifique)Sylvère Monod (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070425822
88 pages
Éditeur : Gallimard (02/10/2002)
3.8/5   117 notes
Résumé :
Un rafiot, presque une épave, un jeune marin inexpérimenté, un vieux loup de mer, une mutinerie, une traversée à hauts risques, des tempêtes, des catastrophes, une mer déchaînée, l'exotisme d'un. Orient mystérieux... De Londres à Bangkok, l'odyssée de la Judée est un voyage initiatique, de l'adolescence vers l'âge adulte.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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CasusBelli
  31 mars 2021
Trois hommes sont attablés autour d'une bouteille, l'un d'eux, Marlow, se souvient...
Il va raconter son premier engagement en temps que second dans la marine marchande à bord de "La Judée", il a tout juste vingt ans et convoyer du charbon de Londres à Bangkok est pour lui le summum de l'aventure, il est jeune, plein de vie et d'envies, il se sent invincible.
C'est un court récit qui va se révéler passionnant à suivre, car il va se passer pas mal de choses, même les haltes forcées vont être intéressantes car la narration est simplement brillante, l'auteur devait être fasciné par la mer.
Si l'on considère que cette nouvelle a été écrite en 1898, soit il y a plus de 120 ans, on ne peut qu'être étonné par le style qui se révèle très actuel voire moderne.
J'ai découvert Joseph Conrad grâce à mes pérégrinations sur Babélio et je voulais initialement lire "Au coeur des ténèbres", "Jeunesse" étant en première partie dans mon édition constitue donc une lecture "accidentelle" que je ne regrette absolument pas, j'ai simplement adoré, le hasard fait souvent bien les choses.
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Gwen21
  19 avril 2017
A celles et ceux qui souffrent du mal de mer, je conseille de ne pas embarquer avec le jeune Marlow, vingt ans, toutes ses dents, aspirant au commandement et soupirant après l'aventure maritime.
Son rêve est celui de tous les marins (par conséquent de tous les Anglais à l'en croire) : naviguer, de préférence vers l'Orient. Et ce rêve n'a jamais été aussi près d'être exaucé puisqu'embarqué sur La Judée, placée sous la férule du capitaine Beard dont c'est le premier commandement, Marlow se voit confier la lieutenance. Mission : amener à bon port - Bangkok ! - une cargaison de charbon. La feuille de route semble simple à suivre et notre fougueux marin se sent déjà pousser des ailes sauf que La Judée est un rafiot qui prend l'eau de partout et dont le temps sur mer semble révolu...
A travers ce récit qui se déroule exclusivement sur les flots, Conrad rend un hommage à la jeunesse (et comment ne pas deviner qu'il parle de la sienne ?), à la passion et l'audace qui l'animent et à ce goût de l'aventure qui caractérise les jeunes matelots. A travers une succession très rythmée d'aléas, de la tempête à l'incendie, La Judée trimbale sa vieille coque sur l'Océan Indien qui lui réserve une place d'honneur dans le cimetière des naufragés, entre l'Australie et l'Indonésie.
Le style de Conrad est toujours aussi plaisant et bien moins anxiogène que dans son terrible "Au coeur des ténèbres". Attention, jargon de navigation à l'horizon, cela ne convient pas toujours aux marins d'eau douce !

Challenge XIXème siècle 2017
Challenge MULTI-DÉFIS 2017
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BazaR
  28 mai 2016
Je profite une nouvelle fois de la collection Folio 2€ pour découvrir un auteur. C'est donc Joseph Conrad avec sa nouvelle « Jeunesse » écrite en 1902.
Je me suis laissé guider par la 4ème de couverture qui m'annonçait « des tempêtes, des catastrophes, une mer déchaînée, l'exotisme d'un Orient mystérieux… ». Mon cerveau s'est focalisé sur le mot « exotisme » et je m'attendais donc à visiter des endroits… exotiques donc. Pour le coup j'ai été déçu.
Tout le reste est véridique par ailleurs, mais l'exotisme reste confiné dans l'esprit du jeune officier Marlow, second du navire « La Judée » qui part à destination de Bangkok. Toute la nouvelle ou presque se passe à bord de ce qu'il faut bien appeler une coquille de noix, tellement elle subit d'avaries, de défaillances, de gros accidents, et est de plus malmenée par Poséidon.
C'est un Marlow plus âgé qui raconte l'aventure à ses amis, autour d'une bonne bouteille sur laquelle il prélève allègrement sa dîme. le message qu'il veut faire passer, c'est que ce n'est pas la série de drames qui a laissé un souvenir prégnant dans sa mémoire, mais bien l'allégresse, la vitalité, l'imprudence et la naïveté avec laquelle sa jeunesse a abordé les évènements. Qu'importe la dureté des mésaventures, il était jeune, diable ! La nostalgie amère de son « soi » plus jeune qui jamais ne reviendra transpire à travers l'encre d'imprimerie. Il la transforme en morale universelle.
Mais le héros est la jeunesse chargée de rêves, et donc le récit n'est pas raconté de manière triste. Les notes d'humour sont présentes, ne serait-ce que dans la description physique des personnages, comme son capitaine à la figure « en casse-noisettes, le menton et le nez tentant de se rejoindre par-dessus une bouche enfoncée ». On reconnaît aussi le passé de navigateur de Conrad, tellement le style est chargé de termes maritimes qui m'échappent (mais qui sont tous définis dans les notes de bas de page). Conrad sait écrire, pour sûr.
Tout compte fait, ce récit me laisse un arrière-goût de frustration et ne me donne pas vraiment envie de continuer avec Conrad. Mais vous pouvez toujours essayer de me faire changer d'avis ;-)
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Levant
  23 janvier 2019
Jeunesse. Avec cette courte et ardente nouvelle, je fais la connaissance de Joseph Conrad. Une nouvelle écrite en glorification d'une époque de la vie où le corps a sa souplesse, le coeur ses espoirs et l'esprit ses intransigeances.
Nous embarquant dans ce qu'on appellerait aujourd'hui une galère, au propre comme au figuré, Joseph Conrad nous clame haut et fort que ce qui fait la beauté de la jeunesse ce ne sont pas les événements qu'on y vit et qui seraient, avec un regard rétrospectif, plus idylliques que ce que l'on vit aujourd'hui. Ce qui fait la beauté de la jeunesse, n'est autre que sa promesse d'avenir.
Avec cette courte nouvelle, accrochez vous au bastingage. Tangage et roulis sont au programme. Pour les supporter, il faut être jeune. Pour les lire, il n'y a d'âge que celui d'apprécier un style au demeurant fort agréable. Un style qui me donne goût à faire un bout de chemin avec cet auteur.
Quelle folie que la jeunesse. Quelle folie d'imaginer que demain sera mieux qu'aujourd'hui. Quelle folie de courir après demain pour y constater au final qu'on n'a pas savouré cet aujourd'hui déjà devenu hier.
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moravia
  21 décembre 2014
J'ai souvenir d'annotations écarlates, comme au fer rouge, sur mes cahiers de collégien, qui me disaient : trop de répétitions !
Ce livre c'est ma vengeance, ma réhabilitation, car Joseph Conrad en use, en abuse à dessein, sans jamais paraître indigeste.
Mieux, c'est d'une efficacité redoutable au point de vue sonore (bravo pour la traduction).
Petit livre dans son format, mais grand roman sur la jeunesse écrit par un auteur plein de nostalgie de ses exploits maritimes, comme un vieux chêne que les haches menacent. Les haches du temps.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   18 décembre 2014
Le train s'ébranla soudain. Je saluai la vieille femme : je ne l'ai plus jamais revue....Passez moi la bouteille
. [............................................]

J'y pense avec plaisir, avec affection, avec regret - comme on pense à un cher disparu. Je ne l'oublierai jamais....Passez moi la bouteille.
[.....................................]

Chez le coiffeur ou le buraliste, on nous demandait familièrement : "Pensez vous que vous arriverez jamais à Bangkok ?"
Pendant ce temps, l'armateur, les assureurs et les affréteurs se chamaillaient à Londres, et notre solde tombait toujours....Passez moi la bouteille.
[.......................................]

Mais en général nous étions taciturnes et graves - et assoiffés. Ah ! quelle soif ! Et il nous fallait faire attention à l'eau. Chacun avait juste sa ration.
Le navire fumait, le soleil flamboyait...Passez moi la bouteille.
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moraviamoravia   21 décembre 2014
Nos visages marqués par le labeur, par les déceptions, par le succès, par l'amour; nos yeux las cherchant encore, cherchant toujours, cherchant ardemment à extraire de la vie ce quelque chose qui, tandis qu'on l'attend encore, a déjà disparu - a passé sans qu'on le voie, en un soupir, en un éclair - en même temps que la jeunesse, que la force, que le romanesque des illusions.
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Gwen21Gwen21   19 avril 2017
[...] je me rappelle ma jeunesse, ce sentiment qui ne reviendra plus, – le sentiment que je pouvais durer éternellement, survivre à la mer, au ciel, à tous les hommes : ce sentiment dont l’attrait décevant nous porte vers des joies, vers des dangers, vers l’amour, vers l’effort illusoire, – vers la mort : conviction triomphante de notre force, ardeur de vie brûlant dans une poignée de poussière, flamme au cœur, qui chaque année s’affaiblit, se refroidit, décroît et s’éteint, – et s’éteint trop tôt, trop tôt, – avant la vie elle-même.
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BazaRBazaR   24 mai 2016
Les voiles explosèrent, et le navire se tenait de travers au vent et à la lame sous un cagnard de toile, l'océan se déversait sur lui, et on s'en fichait. Nous tournions ces manivelles de pompe, l'oeil hébété. Dès que nous étions parvenus à quatre pattes sur le pont, je passais un tour de filin autour des hommes, des pompes et du grand mât, et nous tournions nos manivelles, nous tournions sans cesse, avec de l'eau jusqu'à la taille, jusqu'au cou, jusque par-dessus la tête. Cela n'y changeait rien. on avait oublié l'impression que ça faisait d'être sec.
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BMRBMR   07 juin 2010
[...] - Oui, j'ai bourlingué pas mal dans les mers d'Extrême-Orient : mais le souvenir le plus clair que j'en ai conservé, c'est celui de mon premier voyage. Il y a de ces voyages, vous le savez vous autres, qu'on dirait faits pour illustrer la vie même, et qui peuvent servir de symbole à l'existence. On se démène, on trime, on sue sang et eau, on se tue presque, on se tue même vraiment parfois à essayer d'accomplir quelque chose, - et on n'y parvient pas. Ce n'est pas de votre faute. On ne peut tout simplement rien faire, rien de grand ni de petit, - rien au monde, - pas même épouser une vieille fille, ni conduire à son port de destination une malheureuse cargaison de six cent tonnes de charbon.
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Videos de Joseph Conrad (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Conrad
Rencontre animée par Alain Nicolas
De Buenos Aires à Madrid, en passant par Paris et le Kent, ce roman nous entraîne au coeur des questionnements sur l'identité, la transmission, l'exil et l'écriture. Fils d'un immigré roumain installé à Buenos Aires, le narrateur, écrivain, décide de partir vivre à Paris. Dans un café, il prend l'habitude de lire les lettres que son père lui envoie et se remémore alors l'histoire de sa famille. Quand il apprend que son père est lui aussi en train d'écrire un livre, il se sent dérouté. Et voilà que vient s'intercaler une autre histoire, celle de Józef et de son épouse, Jessie, tous deux installés en Angleterre. Józef est écrivain lui aussi, d'origine polonaise, exilé en Angleterre : l'immense écrivain Joseph Conrad pourrait bien devenir le personnage du prochain roman de notre narrateur argentin.
À lire – Eduardo Berti, Un père étranger, trad. de l'espagnol par Jean-Marie Saint-Lu, éd. La Contre Allée, 2021.
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