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Nathalie Carre (II) (Traducteur)Karine Guerre (Traducteur)
EAN : 9782207163887
Denoël (23/08/2023)
3.89/5   42 notes
Résumé :
1979, banlieue industrielle de Londres. La jeune Yamaye vit seule avec son père dans une cité-dortoir et travaille de nuit à l’usine. Le week-end, direction la Crypte, le club underground où elle oublie son quotidien morose. Musique dub et reggae dancehall galvanisent les corps. Là, au cœur du temple de la diaspora jamaïcaine et dans les effluves de ganja, on y parle politique et abus policiers.
Un soir, elle danse avec Moose et s’engage dans une histoire d’a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Noorwood, banlieue industrielle de Londres, 1979. Trois filles, la narratrice - Yamaye - antillaise comme son amie Asase et une irlandaise - Rumer - oublient la cité-cimetière et ses tours lugubres, le travail à l'usine, le temps du week-end pour se rendre le samedi soir à "La Crypte", un club underground où la musique pulse à fond.

C'est là que la diaspora jamaicaine afflue, on danse, les corps se frôlent, on parle politique et des abus policiers.

Yamaye vit avec son père, Irving, un homme violent qui répare des voitures, sa mère MUMA serait rentrée au pays lorsqu'elle avait 4 ans, elle est présumée morte et Yamaye communique avec son esprit. Ce récit parle des croyances surnaturelles du peuple antillais, ce que l'on nomme l'"obeah".

Yamaye va rencontre l'amour avec Moose, un ébéniste jamaicain, un migrant qui a quitté sa région inhospitalière "Cockpit Country". Tout se présente pour le mieux jusqu'à sa mort arbitraire par la police.

La violence fait rage, des flics en civil suivent Yamaye.

Elle va penser trouver refuge auprès de Monassa mais c'est en enfer qu'elle descend peu à peu.... Son protecteur se révèlera être son tortionnaire et abuseur.

On voyage de gang en rave, d'amours en débâcles, dans la cité cimetière à Bristol et en Jamaïque à la recherche des origines et de liberté.

J'ai dû m'accrocher au départ, sortir de ma zone de confort, un glossaire m'a aider à décrypter le vocabulaire particulier. C'est une langue chamarrée, combative mais une fois bien ancrée dans le récit, j'ai fait un voyage coloré, édifiant, bouleversant à la découverte des traditions et croyances antillaises. Un récit intéressant, électrisant.

Ma note : 7/10
Lien : https://nathavh49.blogspot.c..
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Amay et ses deux copines vont danser le samedi soir .Danser jusqu'au bout de la nuit , pour oublier le boulot , le quotidien morose de la banlieue londonienne , le racisme , la répression policière contre la communauté jamaïcaine dans ces années 80. Dans l'ivresse de la musique, les fumées de ganja, la chaleur de l'amitié ,la violence aussi . Vient le temps de l'amour et trop vite celui du deuil (un jeune homme qui meurt sous les coups dans un commissariat ,étonnant non ?) . Yamaye de déprime en révolte , passe du temps des amies à celui des camarades , de la délinquance puis à une fébrile recherche de ses racines , de sa liberté, de son chant propre jusqu'à l'île de ses ancêtres. Un premier roman très fort porté par un style incandescent . Un regret tout de même : mon manque de connaissances sur cette culture musicale spécifique m'a rendu impénétrable une bonne partie du texte .
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Banlieue de Londres, fin des années 70, Yamaye et Asase deux jeunes antillaises, et Rumer une jeune Irlandaise passent leurs week-end dans une boîte underground, la Crypte, lieu de danse où le dub côtoie le reggae, mais aussi lieu de rencontre de la diaspora jamaïcaine.
Yamaye croise Moss, une belle histoire d'amour en découle, mais un drame va profondément changer la vie de la jeune fille.
Livre protéiforme, Fire Rush nous parle de politique en dénonçant le racisme endémique au royaume uni envers la communauté noire sous Tatcher.
De musique, de danse avec une immersion dans les boites londoniennes ou jamaïcaines.
De mysticisme où les esprits parlent aux vivants, où les plus anciens soignent avec des plantes, du rhum et un peu de magie.
De quête des origines, de ces populations déracinées par un esclavage ou les hommes et femmes noires n'étaient qu'une marchandise.
Ce sublime roman met en éveil tout les sens, le son d'une ligne de basse, le goût du rhum, l'odeur de la ganja, la sueur sur les corps, la beauté des paysages de la Jamaïque.
On en sort avec le riddim plein les oreilles, l'envie de danser, le feu dans le corps.
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Derrière cette couverture solaire sa cache pourtant une grande part d'ombre.
Dans la banlieue de Londres les personnes noires, comme Yamaye, doivent se cacher dans des usines abandonnées ou dans la Crypte. (C'est un club de nuit caché sous une église, un lieu sombre et chaud où les corps se mélangent et s'étouffent.) C'est un des rares lieu où les personnes noires peuvent exister librement car l'espace publique est dangereux pour eux, en atteste les violences policières et le racisme ambiant. le pouvoir est corrompu. Et c'est encore plus difficile lorsqu'on est une jeune femme comme Yamaye, avec une mère décédée, un père qui ne s'occupe pas d'elle et des hommes malaisants qui lui tournent autour... au fil des pages elle ne cessera de perdre tous ses repères, son univers s'effondre mais ce sera pour mieux se réinventer.
Ainsi ce roman est avant tout une quête d'origines pour Yamaye, menée par la voix de sa mère qu'elle porte en elle et la poésie du dub qui la conduira jusqu'en Jamaïque.

L'autrice, elle-même anglaise d'origine Jamaïcaine, a réussi à construire une véritable atmosphère en invoquant tout un vocabulaire propre à la musique Jamaïcaine. On lit au rythme du riddim de la musique dub et du reggae, porté par la voix d'Yamaye et c'est très agréable ! On ressent cette atmosphère étouffante et ce sentiment d'injustice qui au fil des pages se dissipe pour une paix sous le soleil jamaïquain.
J'ai adoré l'intrigue et le travail de l'écrivaine jusqu'au dénouement final, en plus du fond historique. Je le recommande !
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Yamaye vit dans la pauvreté, travaille à l'usine et loge dans une cité dortoir avec son père. Un quotidien morose en somme mais son temps libre lui permet l'évasion dans un club underground où la musique et la politique se mêlent au cannabis. C'est là qu' elle rencontre Moose avec qui elle se permet de rêver d'un avenir meilleure. Mais la vie en a décidé autrement et le drame qui va chambouler son existence la mène dans une quête intérieure à la recherche de ses origines.
Sur fond de racisme et de répressions policières on part à la rencontre de la culture jamaïcaine des années 80 mais surtout de Yamaye, jeune londonienne qui vit entre le chagrin qu'invite le deuil et la colère que fait naître l'injustice.

Ce livre est un gros coup de coeur. L'écriture est rythmée par la musique de Jamaïque, l'histoire est forte et portée par une protagoniste tangible et attachante. Je recommande cette lecture sans restriction
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critiques presse (3)
Culturebox
10 novembre 2023
Dans son premier roman, l'autrice Jacqueline Crooks, née en Jamaïque et ayant grandi à Londres, nous immerge au cœur du dub, du dance-hall et de la culture jamaïcaine. Rédigé dans une prose inventive où la musique est reine, "Fire Rush" est aussi un puissant récit d'émancipation féminine.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde
12 octobre 2023
Seul roman sur le milieu reggae londonien des années 1970-1980 écrit du point de vue d’une femme, "Fire Rush" saisit de bout en bout.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte
17 août 2023
Ce premier roman rend un hommage vibrant à la musique dub et aux femmes immigrées qui se battent pour leur intégrité et le respect de leur héritage culturel. […] "Fire Rush" est un ouvrage aussi éprouvant que libérateur.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Les politiques disent que le pays est submergé par les migrants. Là où habite Moose , un homme du Bangladesh est assassiné à cause de sa couleur de peau .
Guerre à Babylone!
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Parce qu'aucun endroit n'est sûr - pas les rues, où les flics-veinens-barbelés font la loi ; pas chez soi, où les hommes règnent à la force de leurs poings, aussi déformés que leurs propres blessures. Le seul endroit où vivre et se déchaîner, c'est dans nos coeurs.
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Je me dirige vers ma tour, où les rideaux gris-blanc tourbillonnent comme des esprits contre des vitres obscures, où l'ascenseur métallique est un cercueil suspendu entre enfer et paradis.
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Je comprends maintenant qu'Asase était mon amie parce que je ne voulais pas d'elle comme ennemie. Je m'étais enfermée dans une prison que j'avais bâtie moi-même.
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Il me faut toujours du temps pour comprendre que quelqu’un me fait du mal. Une bonne minute, un jour, un an. Vingt quatre ans. Quatre cents ans.
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