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Yvonne Davet (Traducteur)
EAN : 9782070770854
252 pages
Éditeur : Gallimard (02/09/2004)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 85 notes)
Résumé :
La créole Antoinette Cosway raconte son enfance au domaine Coulibri, à la Jamaïque. Entre l'indifférence de sa mère et les révoltes des esclaves, son destin bascule: elle est envoyée dans un couvent qu'elle quittera à l'âge de dix-sept ans pour se voir épouser un Anglais, distant, égoïste et arrogant. Poussée par la haine qu'il lui porte, elle sombrera dans l'alcoolisme et la folie meurtrière. Il fallut neuf ans à Jean Rhys pour écrire La prisonnière des Sargasses q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  08 janvier 2019
La prisonnière des Sargasses est un roman de Jean Rhys publié en 1966 à 76 ans. Récompensé par la Royal Society Littérature Award ce roman mit en lumière une auteure restée dans l'ombre. Jean Rhys s'est surement inspirée de sa vie pour créer le personnage d'Antoinette. Comme elle elle est la fille d'un anglais marié à une créole blanche. Bercée dans la culture de la communauté noire de la Jamaïque, Antoinette suite à la maladie de sa mère est mise en pension chez des religieuses. Elle ne sort du pensionnat que pour être "vendue" à un gentleman anglais. Elle en tombe amoureuse mais lui , satisfait d'avoir fait une bonne opération financière en l'épousant , va vite la prendre en grippe. Les rumeurs courent ici et là , folie , comme sa mère, prête à s'abandonner dans les bras du premier venu.La cohabitation devient vite insupportable , l'alcool coule à flots, la tension dans le couple vire à l'affrontement et ils quittent la Jamaïque direction l'Angleterre.
Ce roman est féroce, l'atmosphère étouffante je dirais même suffocante. Malgré ou à cause de la magnificence des paysages, de la beauté des îles l'exacerbation des uns vis ) vis des autres arrive bien vite à un paroxysme délétère. Les représentants blancs du colonialisme anglais méprisent ces créoles blancs . Quelle différence peut il y avoir à leurs yeux entre les nègres blancs et les nègres noirs....Jean Rhys raconte ...
Et bien sur ce roman a une autre facette. J'avoue humblement que si je n'étais pas allée fureter ici ou là je serai passée à côté . Et si Antoinette était la femme cachée de Rochester? et si La prisonnière des Sargasses était le prologue de Jane Eyre de Charlotte Bronte? Ce roman est présent dans la "sélection des 1001 livres à avoir lus avant de mourir" j'avoue ma perplexité de non-britannique.
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sarahdu91
  01 février 2019
Une belle descente aux enfers pour une histoire qui se déroule en Jamaïque. Mais entendons nous bien, la descente aux enfers est toujours perpétrée par de fausses rumeurs, des conspirations et autres qui font que nos personnages sont victimes de Folie et catalogués de cette façon aux yeux des autres.
J'ai trouvé que le fond de ce roman était bien intéressant mais trop de longueurs au départ de l'intrigue et un style trop décousu à mon goût. On se demandait vraiment qui parlait dans les dialogues, qui relatait et si notre narratrice n'était pas une autre personne du roman.
Bref, peut-être que le style a été fait de telle façon à nous embrouiller, pour ma part cela n'a pas eu l'effet produit à mes yeux.
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Charybde2
  17 mars 2013
Impressionnant faux roman victorien, invention d'un prélude à "Jane Eyre" aux Antilles.
Publié en 1966, le livre le plus connu de l' Anglo-Dominicaine Jean Rhys étonne. Conçu ouvertement comme un prélude au "Jane Eyre" de Charlotte Brontë, il retrace le destin d'Antoinette / Bertha, l'épouse réputée malade / folle de Rochester, avant sa rencontre avec Jane Eyre.
Antoinette raconte son enfance à la Jamaïque à partir de 1833 et de la libération des esclaves qui y prend place. Sa mère, veuve ruinée d'un gros planteur esclavagiste, glisse lentement dans la folie lorsqu'elle réalise que, faute de fortune et de situation, la bonne société bourgeoise blanche post-esclavagiste la rejette, tandis que le profond et brutal ressentiment des ex-esclaves rôde comme une sourde menace autour de la famille... Après l'incendie criminel de leur manoir déliquescent dans une flambée de violence, et la mort du jeune frère simple d'esprit, la mère d'Antoinette parvient de justesse à les hisser hors de l'abîme social et financier en se remariant à un riche Anglais sans préjugés.
A la mort de celui-ci, sa mère devenue authentiquement folle, Antoinette entre dans un mariage arrangé par son beau-frère, et épouse le jeune Rochester (le futur protagoniste de "Jane Eyre", donc), en échange d'une confortable dot qui remet celui-ci "à flot" financièrement. Les jeunes époux quittent la Jamaïque chargée de souvenirs risqués pour s'installer à la Dominique, dans une vieille propriété de famille juste remise en état. Alors que le mariage aurait - peut-être - pu évoluer favorablement, une succession d'insidieux coups du sort et de remontées du passé, malgré les efforts protecteurs de la vieille gouvernante martiniquaise d'Antoinette, quimboiseuse à ses heures, va le diriger vers l'échec, la folie et le semi-internement en Angleterre que l'on connaît à travers le roman de Charlotte Brontë.
Roman captivant, dans son ambiguïté de faux récit victorien et de vraie narration hallucinée, à plusieurs voix subtilement agencées, sur le poids du passé, l'impossibilité de l'intégration sociale, le pouvoir des préjugés, dans cette Angleterre coloniale du XIXème siècle qui se découvre, très péniblement, comme multi-raciale, et qui ne sait trop que penser de son comportement des siècles précédents...
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AmyFarrah
  12 décembre 2020
Avis sur « la prisonnière des Sargasses » de Jean Rhys
On sait que ce roman est un préquel écrit par Jean Rhys pour le « Jane Eyre » de Charlotte Brontë. Il raconte l'histoire de l'épouse folle de Monsieur Rochester. Mais l'intérêt du roman de Jean Rhys ne réside pas tout à fait dans sa parenté avec « Jane Eyre ». Son écriture magnifique, très personnelle et aboutie, le contexte des Antilles anglaises dans les années suivant l'abolition de l'esclavage et surtout le choc culturel et ethnique entre l'insularité britannique et l'insularité antillaise, aussi égocentriques l'une que l'autre, voilà ce qui en fait tout le charme.
L'écriture est donc superbe, les mots sont choisis avec soin pour peindre le décor et la tension psychologique qui monte en puissance. La construction du roman nous apporte, bribe par bribe, les éléments nécessaires à la compréhension – si on peut dire – du personnage d'Antoinette, de son mari anglais, et de l'ambiance particulière de l'époque. Et tout se fond admirablement dans un style fluide et immersif.
Le contexte parle d'abolition de l'esclavage et des suites, désastreuses pour ceux qui vivaient de ce système économique odieux, et insatisfaisantes pour ceux qui ont obtenu la liberté mais en ont toujours gros sur le coeur. Abolition incomplète car elle n'est pas accompagnée d'une ouverture de droit à la parole pour mettre des mots sur les injustices, les deuils et toutes les souffrances subies. Manque terrible de réparation et de consolation pour les nouveaux affranchis, car les anciens maîtres ont lâché l'affaire avec beaucoup de réticence et aucun remords. Tout cela est parfaitement dit au travers des petites chansons moqueuses et des attitudes parfois menaçantes des anciens esclaves, qui restent par ailleurs dans une situation de serviteurs peu ou pas rémunérés.
Cet antagonisme Noir/Blanc, n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Il y a une promiscuité, une familiarité et même une affection ambiguë entre les planteurs et leurs anciens esclaves, bien loin des rapports maîtres-valets auxquels le visiteur anglais est habitué. Des liens de parenté également, en raison de s viols perpétrés par les anciens maitres… C'est donc un choc culturel pour l'époux anglais d'Antoinette. Un choc d'autant plus violent que le décor, le climat et jusqu'au physique des gens, sont radicalement différents de ceux qu'il a connus depuis toujours. On est loin de l'Angleterre où tout le monde est blanc, où tout le monde;, dans les classes supérieures, apprend dès l'enfance à cacher ses sentiments. Les Antilles sont multiraciales, métissées, et les tempéraments sont plus chauds, les sentiments se lisent sur les visages, on exprime ses désirs, on plaide sa cause, on fait des commérages, on sort régulièrement les squelettes du placard, histoire de les aérer sans doute. Les squelettes étant donc sortis du placard par quelqu'un de bien intentionné, l'intrigue pourra se mettre en place et tout partira en cacahuète.
Je n'ai rien dit du propos féministe de l'autrice. On pourra noter quelques phrases bien senties à l'encontre du système anglais qui donne tous les droits à un mari sur les biens de son épouse ; celle-ci étant mineure en matière de Droit.
Avec tout ça, le roman est court. C'est dire la prouesse d'écriture de Jean Rhys pour faire passer son message, monter son intrigue, donner du corps à ses personnages et envouter ses lecteurs avec une plume qui fait surgir sous nos yeux, comme au cinéma, le paysage luxuriant de la Jamaïque. j'ai beaucoup aimé ce roman.
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mayim
  03 mars 2020
Ce roman est véritablement surprenant. Je ne m'attendais pas à être tellement emportée par ce récit et à le lire quasiment d'une traite. J'ai eu un peu de mal avec les premières pages mais très vite, je me suis retrouvée aux côtés d'Antoinette pour suivre sa triste vie. C'est une vraie tragédie et on comprend dès les premières pages que ceci ne peut pas bien finir. D'autant plus quand on sait que ce livre veut offrir au lecteur un autre point de vue sur la première femme de Rochester dans Jane Eyre, dont on sait qu'elle vit enfermée car devenue folle.
Le lecteur suit donc la vie tragique d'Antoinette, créole blanche descendante de propriétaires d'esclaves qui grandit à la Jamaïque. C'est une jeune personne qui n'a pas été préparée à la dureté du monde et qui n'a jamais su trouver sa place dans la société. Rejetée et méprisée de partout, elle n'est ni vraiment de la Jamaïque, ni vraiment Anglaise. Grandissant dans l'insécurité et un état de quasi abandon, elle n'a pas pu surmonter les traumatismes de l'enfance : un père alcoolique décédé rapidement, une mère devenue folle suite à l'incendie de leur domaine lors de la révolte des esclaves et qui a entraîné la mort de son petit frère.
Devenue un poids dont on cherche à se débarrasser, elle est mariée à dix-sept ans avec un Anglais venu spécialement aux Antilles pour ce mariage. Antoinette croit trouver un temps le bonheur dans cette union mais celle-ci va très vite tourner au cauchemar et précipiter sa descente en enfer. Car cet homme se révèle froid, vaniteux, égoïste et il a juste réalisé une affaire financière avec ce mariage dont la dot était généreuse. Mais on lui a caché le passé et les scandales de la famille d'Antoinette et il ne supporte pas de faire pitié à des gens qu'il méprise, lui qui considère les Noirs comme les Blancs des Antilles comme inférieurs. Se sentant trahi et bloqué dans cette union, il retourne sa colère contre sa femme.
C'est cette haine qui est au coeur du roman. L'auteure maîtrise parfaitement la narration à deux voix qui alterne celle d'Antoinette et celle de son mari et qui permet de comprendre comment leur haine mutuelle grandit à chaque jour. C'est une incroyable montée en puissance de ce sentiment qui se voit nourri par les commérages, les rumeurs, les vieilles rancoeurs, et est encore renforcé par le poids des convenances et des apparences à sauvegarder. Un gouffre s'installe entre eux et c'est à qui haïra le mieux mais pour Antoinette, plus fragile et torturée, ce sera le point de non-retour. Tout ça est vécu dans une ambiance pesante où la nature omniprésente et luxuriante peut aussi se faire étouffante. Cela donne l'impression d'un monde en vase clos où des gens qui se détestent continuent de vivre côte à côte et se vengent par la société en utilisant les ragots. Sans oublier la sorcellerie, les superstitions et les peurs qui y sont liées qui ajoutent au sentiment de suffocation. L'auteure connait les Antilles de cette époque pour y avoir aussi vécu et est influencée par la langue et la culture de ces îles dont elle sait montrer la beauté et la tragédie. Elle a créé avec une grande justesse des personnages complexes et ambigus. Son écriture est à la fois puissante et subtile. Au final, c'est un roman envoutant, violent, cruel à la construction splendide qu'elle nous offre sur la destinée de cette femme qui n'aura jamais eu les commandes de sa vie.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
LalobleueLalobleue   17 janvier 2021
Puis j'écoutais la pluie, chanson somnolente qui semblait ne devoir jamais finir... La pluie, la pluie à jamais. Noie-moi dans le sommeil. Et vite.

Le lendemain matin, il ne restait que très peu de signes de ces averses. Si certaines fleurs étaient meurtries, les autres avaient un odeur plus suave, l'air était plus bleu et d'une scintillante pureté.
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Alice_Alice_   10 novembre 2013
Je la regardais d'un œil scrutateur. Elle portait un tricorne qui lui allait bien. En tout cas, il faisait de l'ombre sur ses yeux qui sont trop grands et parfois déconcertants. Je crois bien qu'elle ne bat jamais des paupières. Des yeux en amande, tristes, sombres, étrangers.
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MercurialSpriteMercurialSprite   01 avril 2012
La maison brûlait, le ciel jaune-rouge était comme un coucher de soleil et je compris que je ne reverrais jamais Coulibri. Il ne resterait rien de tout cela : les fougères dorées et les fougères argentées, les orchidées, les lys roux et les roses, les fauteuils à bascule et le sofa bleu, le jasmin et le chèvrefeuille, et le tableau de la Fille du Meunier.
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Alice_Alice_   11 novembre 2013
- Alors je ferai venir la police, je vous avertis. Un tant soit peu de loi et d'ordre doit exister, même dans cette île abandonnée de Dieu!
- Pas de police ici, dit-elle. Pas de cadène, pas de moulin de discipline, pas de sombre cachot non plus. C'est un pays libre et je suis une femme libre.
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JaneEyreJaneEyre   09 septembre 2017
Quand surviennent les ennuis, il faut serrer les rangs, dit-on, et c'est ce que font les Blancs. Mais nous n'étions pas dans leurs rangs. Ma mère n'avait jamais plu aux dames de la Jamaïque.
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