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EAN : 9791096906031
Éditeur : Goutte Dor (15/06/2017)
4.03/5   74 notes
Résumé :
"Presque toutes les femmes se sentent physiquement oppressées. Je parle du surpoids parce que je suis grosse, mais le poids n'est que le prolongement des pressions permanentes que nous subissons. Je ne connais aucune femme qui ne se soit jamais demandé si son cul ou ses seins étaient de la bonne forme, de la bonne taille. J'ai même des copines qui complexent à cause de la couleur de leurs mamelons? Je suis capable d'entendre qu'il y ait une norme médicale, mais je t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Bazart
  09 octobre 2020
Violence c'est le mot qui s'impose, qui hurle presque entre les lignes en lisant le livre de Gabrielle Deydier.
La violence des réactions des autres, des médecins en particulier mais aussi des proches face au poids.
La violence des opérations chirurgicales qu'on propose aujourd'hui aux personnes qui ont beaucoup de poids à perdre. J'ai connu quelqu'un qui s'est fait poser un anneau, qui a failli s'étouffer plusieurs fois, qui a du être hospitalisée une dizaine de fois, c'est tout sauf anodin.
La violence de l'image que la société vous renvoie. "Je ne suis pas malheureuse parce je suis grosse. Je suis grosse parce que je suis malheureuse."
Et c'est peut être ce qui explique aussi en partie pourquoi les régimes ne marchent pas, parce que derrière les histoires de poids, il y a une enfance, une jeunesse, un milieu social, un rapport à la nourriture construit au fil des ans.
Gabrielle Deydié le montre très bien dans sa double investigation revenant sur l'origine de son obésité mais étudiant aussi le rapport qu'entretient la société avec les femmes grosses.
Il y a autant d'obèses hommes que d'obèses femmes mais 80% de ceux qui subissent une ablation de l'estomac sont des femmes. Si cela n'est pas le signe de la pression des femmes vis à vis de leur corps , qu'est ce que c'est ?
Je ne sais pas s'il est encore disponible en replay mais cet essai m'a remis en mémoire le documentaire d'@artefr , " On achève bien les gros" que je n'ai pas encore vu.
Je vous conseille aussi d'écouter l'épisode du podcast Travail en cours de @louiemedia intitulé "Comment nos préjugés empoisonnent-ils la carrière des grosses ?"
On ne naît pas grosse, c'est bien plus qu'un simple témoignage.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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sguessous
  23 juin 2017
Il y a douze ans, un « accident de la vie » m'a fait prendre entre quinze et vingt kilos en très peu de temps. Mon envie de manger était inextinguible, effrayante. Elle ne s'éteignait jamais. C'était comme un immense brasier qui me ravageait de l'intérieur.
Cet incendie, que j'ai fini par maîtriser, m'a laissée en friche pendant très longtemps.
Une souffrance dérisoire, comparée à ce qu'a vécu Gabrielle Deydier. Dans On ne naît pas grosse, la journaliste raconte l'enfer de l'obésité dans lequel elle a glissé dès l'âge de huit ans.
Un enfer aux multiples facettes : peser 150 kilos pour 1,53m, c'est déjà très difficile à vivre en soi. Mais au-delà du mal-être physique, au-delà de l'impuissance que l'on éprouve face à une prise de poids incontrôlable, ce qui tue, ce sont les mots.
Les regards. Les brimades. le mépris. La culpabilisation. L'indifférence. La cruauté.
Si vous pensez que j'exagère, je vous invite à lire le témoignage de Gabrielle Deydier, qui commence de la sorte : « Tu me dégoûtes, sale grosse. J'ai envie de vomir quand je te vois, biggie ! » Ça, c'est une Américaine hystérique qui agresse l'autrice dans une auberge de jeunesse.
Hélas, la violence n'est pas l'apanage des décérébrés. Au collège, l'infirmière assène à Gabrielle : « Certains de tes camarades ont signalé à ton professeur principal que tu sentais très mauvais (…) Est-ce que tu nettoies tes bourrelets correctement ? Ils cachent peut-être des mycoses odorantes… »
Dans les cabinets médicaux, ce n'est pas mieux : « Je me souviens aussi de ce gynécologue qui m'a demandé ce qu'il pourrait bien voir au milieu de tout ce gras ; de cet échographe qui m'a dit que je lui faisais perdre du temps tout en creusant le trou de la Sécurité sociale », témoigne l'autrice.
Dans « On ne naît pas grosse », Gabrielle Deydier règle ses comptes avec tous ceux qui lui ont fait du mal, en la blessant, en lui diagnostiquant des maladies dont elle ne souffrait pas, en lui prescrivant des traitements et des régimes qui ont aggravé son obésité, ou en lui promettant des miracles grâce à la chirurgie bariatrique, un éventail d'interventions très lourdes et aux bénéfices pour le moins incertains.
Mais cet ouvrage n'est pas qu'un réquisitoire contre un monde qui déshumanise et stigmatise les gros. C'est aussi un salutaire travail d'introspection, qui remonte aux origines de l'obésité dont souffre la journaliste, et un manifeste pour la réconciliation avec nos corps féminins, avec notre image constamment distordue, malmenée par des injonctions toxiques et pernicieuses.
Distillée dans les magazines féminins, la haine de soi peut aussi être inoculée par une mère qui se trouve laide, s'affame en permanence, se nourrissant « à travers les autres », comme celle de Gabrielle Deydier. Une mère qui transmet à sa progéniture « la détestation d'être une femme. Après chaque grossesse, elle a pleuré d'avoir enfanté des filles : elle-même déteste en être une. Elle rechignait à nous pomponner ou nous faire des coiffures. Pour elle, la féminité n'était qu'un lot de mauvaises nouvelles. »
On ne naît pas grosse. On ne naît pas avec une estime de soi ravagée. On ne naît pas amoindrie. On le devient, à cause d'une éducation misogyne qu'il faut combattre férocement.

Lien : https://sanaguessous.com/201..
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delivredelivres
  16 octobre 2020
Un livre phénoménal à mettre entre toutes les mains !
Oui, parfaitement ! Et je m'explique…
Je suis depuis déjà un moment les illustratrices Mademoiselle Caroline et Mathou, que j'adore. Elles
me font rire, dédramatise les affres du quotidien, les petites coquilles hebdomadaires ; ce pourrait
être votre vie ou la mienne. Et à l'occasion de la sortie de leur bébé commun, « À Volonté Tu t'es vu
quand tu manges ? », ayant trait à la grossophobie, j'ai découvert leur complice sur le sujet, Gabrielle
Deydier.
De passage sur Rennes au festival des Dangereuses Lectrices, il était hors de question pour moi d'y
aller sans me renseigner un peu. J'ai été sur les différents comptes insta et je suis tombée sur un
reportage diffusé sur Arte « On achève bien les gros » que je me suis empressée de regarder.
Quel choc ! Même pour moi qui suis de nature tolérante et ouverte à tout, même les sujets tabous ;
encore plus, devrais-je dire, ayant moi-même parfois du mal à me dévoiler sur un sujet justement
tabou. Alors je me suis promis d'acheter son livre. C'est ce que j'ai fait dès le lendemain,
rencontre/dédicace ; j'aurais aimé échanger plus encore avec elle, mais que d'émotions. À peine
rentrée, j'ai ouvert son livre et je ne l'ai plus lâché. Je l'ai quasiment lu d'une traite. Et malgré tout ce
que je pense, mes principes de vie que j'essaie de respecter, je me suis pris une claque. J'ai ressenti
les douleurs, la souffrance, l'isolement. J'ai détesté le milieu médical dans lequel j'exerce d'infliger
des humiliations : de quel droit ? Sont-ils mieux et meilleurs parce que mince ou dans leur pseudo
normalité. J'ai eu honte pour ce corps médical et paramédical auxquels j'appartiens.
Mais j'ai aussi ressenti de l'admiration pour son courage, sa volonté de nous faire parvenir un
ouvrage qui se veut détailler et explicatif, pour nous permettre de sortir de nos croyances limitantes
et stigmatisantes, et également pour nous faire oublier ces stupides clichés sur les gros. Et, ô
combien y a-t-il du travail à faire à ce niveau, n'est-ce pas ?
Voilà pourquoi je revendique le fait qu'il soit mis entre toutes les mains et lu par le plus grand
nombre.
Merci de m'avoir lu. N'hésitez pas à me laisser votre avis.
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croquemiette
  29 décembre 2018
Un témoignage très intéressant à plusieurs égards. L'auteure est obèse et est victime de "grossophobie", une discrimination tristement "ordinaire", que beaucoup pratiquent sans même s'en rendre compte. Elle revient sur de nombreuses idées reçues sur les obèses en mettant l'accent sur le fait que les femmes sont davantage discriminées du fait de leur surpoids/obésité. La pression sociale et culturelle, la dictature des régimes et des apparences peuvent pousser à des comportements alimentaires dangereux et une femme grosse sera perçue comme plus "repoussante" qu'un homme gros, qui peut passer pour sympa et bon vivant. de nombreuses femmes dans "la norme" se trouvent trop grosses ou pas encore assez minces.
Elle nous rappelle que les raisons de l'obésité sont multiples : psychologiques, hormonales, génétiques... Et que, non, les gros ne sont pas fainéants et ne se laissent pas aller. Elle raconte la galère pour trouver un emploi. Curieusement, le fait d'être en surpoids rendrait idiot et justifierait d'être moins bien payé.
Elle nous parle aussi du traitement inhumain qu'elle subit de la part du corps médical, qui la traite avec condescendance et font systématiquement référence à son poids...
Une lecture éclairante sur cette discrimination qu'il est tant de dénoncer !

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Cathy_lit
  06 mars 2020
Bonsoir,
Je vous parle ce soir d'un livre dans le cadre du challenge Instagram "Varions les éditions". J'ai lu aux Éditions de la Goutte d'Or "On ne nait pas grosse de @Gabrielle Deydier. Vous avez certainement déjà entendu ce titre puisqu'il y a eu un téléfilm, un peu tiré du livre, qui a été diffusé il y a un an environ. Et le téléfilm n'est pas le livre. Ce livre est à la fois une enquête, un essai et une biographie. L'auteure est grosse et essaye de se réapproprier son corps, elle se sert d'elle pour mener une enquête sur les différentes opérations chirurgicales qui existent pour "aider" les gens à maigrir, elle enquête sur les problèmes auxquels sont confrontés les gros. Elle parle de sa vie mais aussi des manquements de la société. Elle parle de tous les aspects (sexualité, fétichisme mais aussi harcèlement, timidité, mal être...) Elle parle du suivi médical, de la culpabilité que l'on fait porter aux gros ( tu manges trop, tu ne fais pas attention à toi, c'est une question de volonté...). Bref elle dresse un tableau sans complaisance ( le film était beaucoup plus édulcoré). J'ai appris plein de choses en lisant cet ouvrage, qui se lit très bien et vite ( il n'est pas gros lui !)
quatrième de couv."Presque toutes les femmes se sentent physiquement oppressées. Je parle du surpoids parce que je suis grosse, mais le poids n'est que le prolongement des pressions permanentes que nous subissons. Je ne connais aucune femme qui ne se soit jamais demandé si son cul ou ses seins étaient de la bonne forme, de la bonne taille. J'ai même des copines qui complexent à cause de la couleur de leurs mamelons… Je suis capable d'entendre qu'il y ait une norme médicale, mais je trouve insensé qu'on fasse converger les courbes de l'IMC avec les critères de beauté. D'où vient cette idée débile ?"
Dans On ne naît pas grosse, Gabrielle Deydier se réapproprie son corps en menant une double investigation. D'un côté, elle retrace son histoire personnelle et révèle ses propres tabous. D'un autre, elle enquête sur le traitement que le chirurgien, l'employeur et l'internaute lambda réservent aujourd'hui aux personnes obèses. Fondatrice du webzine culturel Ginette le Mag, elle signe ici son premier livre.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
RootRoot   04 juin 2017
L'obésité, ce n'est pas seulement le petit gros assis au fond la classe, au collège, c'est aussi celui que vous ne verrez pas dans l'amphi à l'université, celle que vous ne croiserez pas dans les cabines d'essayage d'H&M.
Depuis l'enfance, l'adolescence surtout, l'obèse apprend à se taire. Il est, à l'image de ses kilos, toujours en trop. Pointé du doigt comme un individu dépourvu de volonté, alors qu'il est souvent en proie à une lutte pour sa survie.
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RootRoot   07 juin 2017
Je ne comprends pas qui j'ai en face de moi quand je me place devant une glace. Je vois mon reflet comme totalement étranger à ma personne. Ce reflet n'apparait jamais dans mes rêves. Je me sens difforme. J'ai la même impression en me voyant sur les photographies. Pourquoi le monstre du miroir vient-il aussi sur mes clichés?
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HorsNormeHorsNorme   21 avril 2020
Si on savait… Si on savait combien ils souffrent! Quand ils pointent le nez dehors, ils souffrent jusqu'à la démesure. Pour eux, la rue est un enfer. L'attaque arrive à coup sûr. Insupportable, inhumaine. Ils n'ont droit qu'à des regards moqueurs, des quolibets, des sarcasmes, du rejet. Anéantis, humiliés, ils se sentent coupables de tout, d'êtres nés, d'exister. Aussi leur cœur se glace. Les gros rasent les murs.
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gluquegluque   15 août 2019
Après quelques semaines, et alors que j'ai déjà commencé à grossir, je me mets à vider les placards la nuit.Le jour, je joue ma "régimeuse"devant mes proches.Passé minuit, j'aspire le contenu de la cuisine: restes de repas, croissants, pain, desserts...Évidemment, cela se voit assez vite.D'autant que je prive mes soeurs de leur goûter.Ma culpabilité grimpe, mes mensonges aussi.
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RootRoot   07 juin 2017
Nos vies solitaires de gros me font penser à cette scène du film "Requiem for a dream" où Sarah, la maman de Harry, se lance dans un long monologue. Sarah est veuve, son fils est toxicomane. Sa seule compagnie: la télé et les gâteaux.
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Videos de Gabrielle Deydier (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gabrielle Deydier
Quand les corps gros sont-ils devenus un problème pour la société? On en parle avec Gabrielle Deydier, co-auteure et co-réalisatrice du documentaire "On achève bien les gros", et Solenne Carof, sociologue et auteure de "Grossophobie" (Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 10 juin 2021).
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