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ISBN : 9791096906031
Éditeur : Goutte Dor (15/06/2017)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 23 notes)
Résumé :
"Presque toutes les femmes se sentent physiquement oppressées. Je parle du surpoids parce que je suis grosse, mais le poids n'est que le prolongement des pressions permanentes que nous subissons. Je ne connais aucune femme qui ne se soit jamais demandé si son cul ou ses seins étaient de la bonne forme, de la bonne taille. J'ai même des copines qui complexent à cause de la couleur de leurs mamelons? Je suis capable d'entendre qu'il y ait une norme médicale, mais je t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
sguessous
  23 juin 2017
Il y a douze ans, un « accident de la vie » m'a fait prendre entre quinze et vingt kilos en très peu de temps. Mon envie de manger était inextinguible, effrayante. Elle ne s'éteignait jamais. C'était comme un immense brasier qui me ravageait de l'intérieur.
Cet incendie, que j'ai fini par maîtriser, m'a laissée en friche pendant très longtemps.
Une souffrance dérisoire, comparée à ce qu'a vécu Gabrielle Deydier. Dans On ne naît pas grosse, la journaliste raconte l'enfer de l'obésité dans lequel elle a glissé dès l'âge de huit ans.
Un enfer aux multiples facettes : peser 150 kilos pour 1,53m, c'est déjà très difficile à vivre en soi. Mais au-delà du mal-être physique, au-delà de l'impuissance que l'on éprouve face à une prise de poids incontrôlable, ce qui tue, ce sont les mots.
Les regards. Les brimades. le mépris. La culpabilisation. L'indifférence. La cruauté.
Si vous pensez que j'exagère, je vous invite à lire le témoignage de Gabrielle Deydier, qui commence de la sorte : « Tu me dégoûtes, sale grosse. J'ai envie de vomir quand je te vois, biggie ! » Ça, c'est une Américaine hystérique qui agresse l'autrice dans une auberge de jeunesse.
Hélas, la violence n'est pas l'apanage des décérébrés. Au collège, l'infirmière assène à Gabrielle : « Certains de tes camarades ont signalé à ton professeur principal que tu sentais très mauvais (…) Est-ce que tu nettoies tes bourrelets correctement ? Ils cachent peut-être des mycoses odorantes… »
Dans les cabinets médicaux, ce n'est pas mieux : « Je me souviens aussi de ce gynécologue qui m'a demandé ce qu'il pourrait bien voir au milieu de tout ce gras ; de cet échographe qui m'a dit que je lui faisais perdre du temps tout en creusant le trou de la Sécurité sociale », témoigne l'autrice.
Dans « On ne naît pas grosse », Gabrielle Deydier règle ses comptes avec tous ceux qui lui ont fait du mal, en la blessant, en lui diagnostiquant des maladies dont elle ne souffrait pas, en lui prescrivant des traitements et des régimes qui ont aggravé son obésité, ou en lui promettant des miracles grâce à la chirurgie bariatrique, un éventail d'interventions très lourdes et aux bénéfices pour le moins incertains.
Mais cet ouvrage n'est pas qu'un réquisitoire contre un monde qui déshumanise et stigmatise les gros. C'est aussi un salutaire travail d'introspection, qui remonte aux origines de l'obésité dont souffre la journaliste, et un manifeste pour la réconciliation avec nos corps féminins, avec notre image constamment distordue, malmenée par des injonctions toxiques et pernicieuses.
Distillée dans les magazines féminins, la haine de soi peut aussi être inoculée par une mère qui se trouve laide, s'affame en permanence, se nourrissant « à travers les autres », comme celle de Gabrielle Deydier. Une mère qui transmet à sa progéniture « la détestation d'être une femme. Après chaque grossesse, elle a pleuré d'avoir enfanté des filles : elle-même déteste en être une. Elle rechignait à nous pomponner ou nous faire des coiffures. Pour elle, la féminité n'était qu'un lot de mauvaises nouvelles. »
On ne naît pas grosse. On ne naît pas avec une estime de soi ravagée. On ne naît pas amoindrie. On le devient, à cause d'une éducation misogyne qu'il faut combattre férocement.

Lien : https://sanaguessous.com/201..
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croquemiette
  29 décembre 2018
Un témoignage très intéressant à plusieurs égards. L'auteure est obèse et est victime de "grossophobie", une discrimination tristement "ordinaire", que beaucoup pratiquent sans même s'en rendre compte. Elle revient sur de nombreuses idées reçues sur les obèses en mettant l'accent sur le fait que les femmes sont davantage discriminées du fait de leur surpoids/obésité. La pression sociale et culturelle, la dictature des régimes et des apparences peuvent pousser à des comportements alimentaires dangereux et une femme grosse sera perçue comme plus "repoussante" qu'un homme gros, qui peut passer pour sympa et bon vivant. de nombreuses femmes dans "la norme" se trouvent trop grosses ou pas encore assez minces.
Elle nous rappelle que les raisons de l'obésité sont multiples : psychologiques, hormonales, génétiques... Et que, non, les gros ne sont pas fainéants et ne se laissent pas aller. Elle raconte la galère pour trouver un emploi. Curieusement, le fait d'être en surpoids rendrait idiot et justifierait d'être moins bien payé.
Elle nous parle aussi du traitement inhumain qu'elle subit de la part du corps médical, qui la traite avec condescendance et font systématiquement référence à son poids...
Une lecture éclairante sur cette discrimination qu'il est tant de dénoncer !

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cassincdi64
  08 mars 2019
Ce livre est une autobiographie dénonçant le mal-être d'une personne en surpoids lié aux regards, insultes et gestes méprisants des gens à son égard. L'auteure Gabrielle Deydier, est en surpoids depuis l'âge de 18 ans. Cette prise de poids est liée à un accident de la vie amenant à une violente envie de se jeter sur la nourriture. Pour dénoncer ce profond mal-être, elle utilise un grand nombre de phrases chocs dès la première page du récit. Gabrielle Deydier nous raconte aussi des faits marquants de sa vie de parisienne témoignant de la brutalité des regards extérieurs.
J'ai relativement apprécié la lecture de ce roman bien que je l'ai trouvé long et un peu soporifique sur certains points.
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emmakarena
  31 mars 2018
J'ai eu envie de lire ce livre suite à une interview de l'auteure lu sur le net.
Elle y parle beaucoup de son enquête sur les opérations type Sleeve, By-Pass mais au final, je trouve qu'elle ne parle pas trop d'elle et de son ressenti par rapport à tout cela.
D'ailleurs dans les résumés qu'on trouve sur le net, il est dit: « Dans « On ne naît pas grosse », Gabrielle Deydier se réapproprie son corps… » … Bah, je n'ai pas trop trouvé personnellement et du coup, cela m'a donné l'impression qu'il manquait quelque chose, peut-être une petite conclusion à ses investigations.
Cependant ce livre n'en ai pas moins intéressant.
Je suis une grosse et j'ai souvent été victime de grossophobie aussi.
Je ne suis retrouvée dans certains de ses passages sur sa vie personnelle.
Notamment dans l'indélicatesse du corps médical.
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agnesrobert
  16 octobre 2018
Un témoignage qui ne peut laisser indifférent, et qui a le grand mérite de rappeler que l'obésité peut avoir de multiples causes, médicales, sociales, psychologiques.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
RootRoot   04 juin 2017
L'obésité, ce n'est pas seulement le petit gros assis au fond la classe, au collège, c'est aussi celui que vous ne verrez pas dans l'amphi à l'université, celle que vous ne croiserez pas dans les cabines d'essayage d'H&M.
Depuis l'enfance, l'adolescence surtout, l'obèse apprend à se taire. Il est, à l'image de ses kilos, toujours en trop. Pointé du doigt comme un individu dépourvu de volonté, alors qu'il est souvent en proie à une lutte pour sa survie.
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RootRoot   07 juin 2017
Je ne comprends pas qui j'ai en face de moi quand je me place devant une glace. Je vois mon reflet comme totalement étranger à ma personne. Ce reflet n'apparait jamais dans mes rêves. Je me sens difforme. J'ai la même impression en me voyant sur les photographies. Pourquoi le monstre du miroir vient-il aussi sur mes clichés?
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RootRoot   07 juin 2017
Nos vies solitaires de gros me font penser à cette scène du film "Requiem for a dream" où Sarah, la maman de Harry, se lance dans un long monologue. Sarah est veuve, son fils est toxicomane. Sa seule compagnie: la télé et les gâteaux.
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RootRoot   04 juin 2017
Un réflexe m'a poussée à écrire les mots que ma bouche n'avait jamais su cracher.
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jeanmichellechorizodu93jeanmichellechorizodu93   11 janvier 2019
"Je ne suis pas malheureuse parce que je suis grosse: je suis grosse parce que je suis malheureuse."
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