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EAN : 9782757877999
312 pages
Éditeur : Points (09/01/2020)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Si vous êtes une femme et que vous vivez aux États-Unis ou dans un pays occidental ; si vous êtes obsédée par l’idée de manger trop ou de ne pas manger assez (c’est plus rare) ; si vous utilisez des mots comme 'craquer' et 'péché mignon' – ces mots qui nous inspirent un sentiment de honte et destinés à mettre nos corps au pas, il est fort probable, et ce quelle que soit votre silhouette, que vous entretenez un rapport à la nourriture frisant le fétichisme. À celles ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
prune42
  25 février 2020
A 12 ans, Roxane est violée par un camarade de classe et ses amis. Honteuse, elle décide de n'en parler à personne, surtout que désormais elle est traitée comme une fille facile par ses agresseurs et est la cible d'insultes. Pour se protéger désormais des hommes, elle prend du poids, beaucoup de poids, allant jusqu'à 260 kilos. Sa famille essaie de la convaincre de maigrir mais se sentant trop fragile plus mince, elle a besoin de cette carapace pour se protéger. La jeune fille se découvre alors une passion pour la littérature et le théâtre alors que ses parents la poussent vers des études de médecine. Vulnérable, Roxane est à la recherche de relations amoureuses, parfois violentes, qui ne la respectent pas forcément. Elle nous raconte le regard des autres sur son corps, les difficultés à s'habiller quand on a un physique hors normes, celles à voyager, notamment en avion, à fréquenter les lieux publics, les rendez-vous médicaux où elle est jugée d'abord sur ses kilos en trop et sa propre haine de son corps.
Je remercie tout d'abord Babelio à travers l'opération Masse Critique et les Editions Points de m'avoir fait découvrir ce témoignage si touchant. Au début de ma lecture, je n'avais pas réalisé qu'il s'agissait d'une histoire vraie, je pensais que c'était une fiction et quand j'ai compris que l'auteur racontait sa propre vie, cela m'a laissée sans voix. de plus, voir l'auteur en photo m'a permis de me représenter son physique différent et de mieux ressentir sa souffrance.
Dans ce livre, j'ai retrouvé beaucoup de remarques très justes sur les kilos en trop, la façon dont les gens en général jugent les personnes en surpoids, le fait que la minceur soit associée au bonheur et donc le surpoids à l'échec, les regards blessants sur soi quand on est différent. On sent la souffrance de l'auteur dans ces pages, cela m'a beaucoup touchée.
On associe très souvent obésité à mauvaise alimentation, laisser-aller de la personne, négligence, ici des raisons psychologiques font que l'auteur a grossi plus ou moins volontairement. Il serait intéressant de faire connaître ce témoignage pour changer un peu les mentalités qui sont souvent dans le jugement et la critique. En effet, je pense que bien souvent des raisons psychologiques font que si on est en surpoids, ce n'est pas pour rien et que ces kilos auraient quelque chose à dire sur nous.
L'écriture de Roxane Gay est agréable à lire, découpée en chapitres souvent très courts ; ce témoignage se lit rapidement.
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PrettyYoungCat
  10 juin 2020
J'ai été très touchée par le témoignage de cette personne attachante, sensible et intelligente qu'est Roxane Gay. Elle nous livre sa vulnérabilité en pâture, elle qui pourtant a si peur qu'on la brise à nouveau.
A 12 ans, Roxane, bonne petite fille qui a toujours voulu ne pas décevoir ses parents s'enferme dans le silence. Un douloureux silence qui est celui d'un viol collectif. Elle trouve refuge dans la nourriture, surtout parce que celle-ci la réconforte et lui donne un sentiment de sécurité. Mais cette armure devient une cage de souffrances.
Elle nous parle de ce traumatisme, tout en pudeur, mais nous voyons combien cela l'a détruite.
Roxane parle aussi à chacun(e) de nous. A nous et à notre rapport complexe à notre corps.
Elle évoque aussi tout ce que la société attend de vous et de corps.
Combien vous vous identifiez à ce corps comme s'il résumait ce que vous étiez. Elle qui voudrait tant se rendre invisible, mesure 1m91 et pèse 261 kg. Alors elle nous raconte aussi ce que les autres vous renvoient sans cesse à la figure et à quelle point elle est une petite fille qui tremble à l'intérieur de se soumettre au regard des autres.
Mais c'est aussi une femme forte. Une femme qui malgré tous les doutes qu'elle avait de mériter d'être respectée et d'être aimée a réussi. Elle est devenue écrivain, essayiste reconnue en tant que féministe, a obtenu des diplômes brillants, est entourée d'amis et de proches qui l'aiment.
Roxane n'est pas guérie. Elle restera toujours avec une fêlure qu'aucune colle ne pourra réparer. Mais Roxane tend à se libérer.
C'est un témoignage je le disais qui m'a émue, qui est entré en résonance avec moi, bien que mon histoire n'ait rien à voir avec la sienne. Mais j'ai aimé sa sincérité, sa vulnérabilité, sa profondeur.
Et j'ai faim de la lire encore (bad feminist)
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verobleue
  17 avril 2020
Dans une précédente liste de livres de Masse Critique, j'avais noté ce livre « Hunger » de Roxane Gay, interpellée par son sujet. L'auteur, féministe américaine, explique son traumatisme d'avoir une obésité massive dans un monde conçu pour les minces. Elle y décrit sa relation avec son corps, avec la nourriture ainsi que son vécu de victime de violences sexuelles. Presque tout le monde se débat avec son poids à un moment donné ce qui signifie qu'il y aura quelque chose dans ce livre qui vous sera familier. Je n'ai pas eu ce livre à la sélection alors je l'ai acheté.
Roxane Gay a pris du poids à la suite de son traumatisme, un viol collectif à l'adolescence, à la fois pour ressentir du réconfort et pour se protéger. Elle explique que le fait de prendre du poids lui permettait d'être physiquement imposante mais aussi repoussante pour les hommes. En évitant le regard masculin, Roxanne Gay a cherché à se sécuriser contre d'autres agressions sexuelles.
L'auteur parle des relations avec sa famille, les amis, la nourriture, les gymnases, la sueur, les voyages et son propre ressenti par rapport à la taille de son corps. Elle critique le marché des vêtements féminins, l'industrie du régime et sa publicité, les personnalités publiques, les transports publics. Roxane Gay rapporte les multiples remarques, souvent verbalement émises et grossières en réaction à la vue de son corps qui manque de conformité par rapport aux normes de beauté actuelle.
Roxane Gay, de façon réaliste, ne nous épargne pas son propre dégoût d'elle-même, même si elle insiste sur son droit à être traitée avec dignité car l'obésité a affecté la façon dont les gens la perçoivent et la traitent dans la vie de tous les jours. Elle sait que le fait de ne pas avoir réussi à maigrir durablement nuit à son identité et à son estime d'elle-même. Ses réactions et ses problèmes de poids sont plus extrêmes que la plupart des gens mais sa manière honnête de les exprimer fait qu'on n'a pas envie de juger ses choix.
C'est une lecture difficile et inconfortable, oui, le sujet mérite d'etre raconté mais j'ai été rebutée par la liste des frustrations et des accusations. J'ai abandonné ce livre sans le finir…
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Melieetleslivres
  17 avril 2019

" Si vous êtes une femme et que vous vivez aux États-Unis ou dans un pays occidental ; si vous êtes obsédée par l'idée de manger trop ou de ne pas manger assez (c'est plus rare) ; si vous utilisez des mots comme «craquer» et «péché mignon» – ces mots qui nous inspirent un sentiment de honte et destinés à mettre nos corps au pas, il est fort probable, et ce quelle que soit votre silhouette, que vous entretenez un rapport à la nourriture frisant le fétichisme.
À celles qui rentrent dans ce modèle de plus en plus étriqué, félicitations! Les vêtements sont coupés pour vous, les producteurs de chou kale vous adorent et l'opinion publique avec eux. Les autres risquent de rester dans l'ombre, à l'endroit précis où l'auteur de ce livre voulait se trouver."

Le corps de Roxane Gay est imposant. Elle mesure 1m91, et surtout elle est grosse. Grosse, obèse, ce sont les termes utilisés. Elle préfère le mot grosse. Elle ne dit pas combien elle pèse, mais elle laisse quelques indices, elle pèse plus de 175 kilos. Parce qu'elle mange. Elle mange pour se sentir bien, pour se sentir forte, pour avoir une armure. Elle mange énormément, depuis ses 12 ans, lorsqu'elle a été vicitme d'un viol collectif organisé par son amoureux. Elle n'a rien dit à sa famille jusqu'à ses 40 ans. Mais elle vit en mangeant énormément, pour se protéger, protéger son corps.

Roxane Gay est née au Nebraska en 1971. Elle est auteure, professeure d'université et éditrice. Fille d''immigrés haïtiens installés aux États-Unis, après avoir complété son baccalauréat au Nebraska, elle obtient une maîtrise en écriture créative de l'Université du Nebraska-Lincoln. En 2010, Roxane Gay décroche un doctorat en rhétorique et communication technique de l'Université technologique du Michigan. Une fois l'obtention de son doctorat, elle commence sa carrière dans l'enseignement à Eastern Illinois University à , où elle devient professeure adjointe d'anglais. En parallèle de ses tâches professorales, elle officie comme éditrice et contributrice pour le magazine Bluestem. Auteure, elle contribue régulièrement au New York Times, en rédigeant des billets d'humeur. Elle est notamment connue pour l'essai "Bad Feminist" publié en 2014. Un critique du magazine Time qualifie le recueil de "manuel sur la façon d'être humain". En 2017, Roxane Gay publie le recueil "Difficult Women". L'ouvrage comprend une collection de récits fictifs et relate l'histoire de femmes dont les vies diffèrent du spectre de la société et de sa normalité. Elle publie Hunger en 2017 aux Usa.
Ce livre est composé de courts chapitres, parfois des fragments, dont certains ont été publiés préalablement dans le New York Times. Son style est parfaitement maîtrisé, les mots sont au plus juste de ce qu'elle recherche dans ses émotions, dans son histoire, dans ses douleurs, ses ressentis. (Un immense bravo au traducteur, Santiago Artozqui.).
Hunger est une confession." Il dévoiles mes facettes les plus laides, les plus faibles, les plus à vif. C'est ma vérité" Dès le début, l'auteur signale que ce n'est pas une histoire de régime réussi, un histoire de perte de poids, ce n'est pas un triomphe. Il n'y a pas de happy end. Elle commence son livre par l'histoire de ses consultations pour une opération chirurgicale pour arrêter de manger : le by-pass. Elle a alors la trentaine, elle pèse 261 kilos ( son poids le plus haut), c'est son père qui l'a amenée dans cette clinique.
Elle raconte, par fragments, par bribes, l'horreur de ce qu'elle a vécu, sa honte, sa sempiternelle, éternelle honte. Honte d'être salie, honte d'être grosse, honte de prendre trop de place, honte de devoir calculer d'avance si dans tel couloir elle va devoir marcher "de profil", pour passer les portes aussi. Honte d'être regardée, de savoir ce que les gens pensent (et parfois ils ne se gènent pas pour le lui dire), honte d'être si visible alors qu'elle essaie de se faire invisible, elle a son "uniforme" jean et chemise, et c'est tout. La honte lui enlève jusqu'au plaisir de s'habiller, se maquiller, d'essayer d'être jolie.
Extrait : "
"Je me déteste. Ou la société m'incite à me détester, et j'imagine que ça, au moins, je le fais bien.
Je devrais plutôt dire que je déteste mon corps. Je déteste ma faiblesse, mon incapacité à le contrôler. Je déteste comment je m'y sens. Je déteste comment les gens me voient, comment ils le fixent des yeux, comment ils le traitent, comment ils en parlent. Je déteste corréler ma valeur personnelle à l'état de mon corps, même s'il est difficile d'évacuer cette corrélation. Je déteste la difficulté que j'ai à accepter mes faiblesses humaines. Je déteste la déception que je cause à tant de femmes en n'acceptant pas mon corps, quelle que soit sa corpulence. [..]"
Elle essaie tous les régimes existant au monde. Elle VEUT être mieux, prendre soin d'elle, perdre du poids, parfois ça arrive, elle perd vingts kilos et soudain tout craque, et elle en a honte. Elle se remet à manger, elle ne nous détaille pas, mais on peut deviner la junk food, les repas livrés à domicile. Elle a honte, mais se tient à ce qu'elle a décidé : raconter son corps, et pourquoi, comment il se fait qu'elle mange pour se sentir mieux. Elle détaille sa honte de ne rien trouver à sa taille pour s'habiller. La honte de ne pas pouvoir aller chez le dentiste : s'installer dans le fauteuil spécial, elle n'y arrive pas. Aller au restaurant, au théâtre, au cinéma. Faire des conférences alors que les organisateurs ont mis une trop'haute estrade pour qu'elle puisse la franchir seule, et c'est poussée-tirée qu'elle y montera.
Tous ces petits chapitres, non dénués d'humour, ce qui est une force, mais sutout pas d'autodérision. Elle épluche son corps, raconte les failles, les peurs, les appréhentions, les douleurs de femme forte, obèse, dans la vie de tous les jours. Elle a des diplômes, est enseignante, journaliste mais elle sait que dès que les gens découvrent son corps par les photos, vidéos, reportages, elle sera vue d'abord comme une "erreur visuelle" : son corps ne correspond pas à la personnalité. Ils doivent souvent faire un double-take, y regarder à deux fois. Oui cette femme noire et obèse est bien celle qui a écrit ce livre, ces articles.
Cette femme mets ses tripes sur la table. Met son corps obèse sur la table. Elle se met à nu tout en gardant une grande pudeur. Elle est joyeuse malgré tout. Ce livre est nourri d'une grande force. D'une grande puissance. Ce n'est pas violent, mais c'est un réquisitoire pour la société, et le regard des gens sur les gens différents, les gens qui sont obèses qui doivent vivre malgré et avec ça, un appel à la bienveillance.
C'est juste magnifique et puissant. Lisez-le.
Hunger (une histoire de mon corps) - Roxane Gay, ed Denoël, fevrier 2019, 320 pages, 20,90€
Lien : https://melieetleslivres.wor..
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Olivia-A
  10 janvier 2019
Nous pensons tous connaître le « pourquoi » du corps des autres, nous jugeons les autres selon la forme, la taille, la largeur de leur corps, sans jamais nous interroger sur la justesse de notre analyse. le monde occidental est ainsi fait qu'il idolâtre les corps minces et dénigre les corps obèses, par principe, sans chercher d'explications. Roxane Gay, dans ce nouvel essai, nous confronte à ces explications que personne ne cherche jamais vraiment, elle nous explique le « pourquoi » de son corps, elle nous explique la persévérance avec laquelle elle a cherché à grossir et la difficulté de vivre aujourd'hui avec son obésité sans vouloir vraiment s'en défaire. Elle raconte son expérience, ce viol terrible à douze ans qui l'a conduite à vouloir transformer son corps en forteresse, en objet de répulsion, afin que jamais plus des hommes ne puissent se l'approprier de cette manière. Elle raconte son errance, ses doutes, ses fuites en avant, ce traumatisme psychologique qu'elle a vécu en gardant pour elle son viol, malgré l'affection inquiète de ses parents.
Hunger n'est pas vraiment un livre à propos de l'obésité – oui, c'est le thème principal, et oui, il nous apprend à appréhender différemment les gens obèses, en nous renseignant sur leur propre réalité. Mais c'est aussi et surtout un livre sur les limites que nous impose notre corps, qu'il soit mince ou gros, pour réaliser nos rêves et nos projets. Et c'est un livre sur la nécessité de dépasser ces limites inhérentes à notre condition d'être humain pour aller de l'avant et s'appliquer à être ce que nous sommes, au fond de nous. C'est un livre sur l'acceptation de soi, malgré tout ce que nous avons vécu et malgré la réalité de nos corps et malgré le regard de la société sur ce que nous paraissons être.
Témoignage unique et courageux, Hunger bouscule et questionne, tout en transmettant un message fort d'estime de soi et de bienveillance.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
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critiques presse (3)
LeMonde   25 mars 2019
L’universitaire afro-américaine, déjà auteure de Bad Feminist, raconte ici sa vie de femme obèse et déconstruit ainsi le regard social sur le corps féminin.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   18 mars 2019
L'auteure féministe ne cherche ni la pitié ni les conseils, mais entreprend dans ce livre courageux d'accepter son corps - et de se pardonner [...] Un récit poignant qui respire la force.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte   27 février 2019
Ce qui passionne dans l’écriture de Roxane Gay, c’est ce sentiment de franchise presque absolu que l’on partage : dans l’intime, le plus vulnérable, elle nous expose les tourments, sans aucun pathos [...] Si elle incarne aujourd’hui un idéal pour les femmes gay et noires, c’est précisément pour la justesse et la compassion de son témoignage.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
clairesalanderclairesalander   26 août 2020
Depuis, j'ai eu bien d'autres relations, dont aucune n'a été aussi mauvaise, mais le mal était fait. Le cap était fixé. Et ce qui est dommage, c'est que j'ai choisi comme critère le "pas si mal" plutôt que le "bien". Quand je considère mes pires relations, je me dis : "Au moins, ils ne me battaient pas". Je place la barre de ma gratitude au plus bas. Depuis cette première relation, je n'ai jamais eu à cacher des bleus non consentis, je n'ai jamais eu peur pour ma vie, je n'ai jamais été retenue contre mon gré. Cela fait-il de moi une fille qui a de la chance ? Etant donné les histoires que d'autres femmes rapportent, oui, cela fait de moi une femme qui a de la chance.
Mais ce n'est pas à cette aune que nous devrions mesurer la chance.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   08 juin 2020
C'est ce que l'on apprend à la plupart des filles - qu'elles doivent être fines et menues. Nous ne devons pas prendre de place. On doit nous voir, mais pas nous entendre, et lorsque l'on nous voit, nous devons plaire aux hommes et être acceptables pour la société. La plupart des femmes le savent, elles savent que nous sommes censées disparaitre, mais c'est une chose qui doit être répétée haut et fort, encore et encore, afin que nous puissions résister à la soumission que l'on attend de nous.
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Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   19 février 2019
Quand vous êtes en surpoids, à bien des égards, votre corps entre dans le domaine public. Il est constamment à l'affiche. Les gens projettent dessus des histoires qu'ils s'inventent, mais la vérité de votre corps ne les intéresse pas du tout, quelle qu'elle soit.
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clairesalanderclairesalander   21 août 2020
J'avalais mes secrets et je faisais croître mon corps, je le faisais exploser. J'avais trouvé le moyen de me cacher au vu de tous, le moyen d'alimenter une faim que je ne pourrais satisfaire : la faim de ne plus souffrir. Je me suis rendue plus grosse. Je me suis mise plus en sécurité. J'ai crée une frontière visible entre moi et quiconque oserait m'approcher. J'ai crée une frontière entre moi et ma famille. J'étais l'un d'eux, mais sans l'être.
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MelieetleslivresMelieetleslivres   15 avril 2019
Je me déteste. Ou la société m'incite à me détester, et j'imagine que ça, au moins, je le fais bien.
Je devrais plutôt dire que je déteste mon corps. Je déteste ma faiblesse, mon incapacité à le contrôler. Je déteste comment je m'y sens. Je déteste comment les gens me voient, comment ils le fixent des yeux, comment ils le traitent, comment ils en parlent. Je déteste corréler ma valeur personnelle à l'état de mon corps, même s'il est difficile d'évacuer cette corrélation. Je déteste la difficulté que j'ai à accepter mes faiblesses humaines. Je déteste la déception que je cause à tant de femmes en n'acceptant pas mon corps, quelle que soit sa corpulence. [...]
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