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EAN : 9782246800682
336 pages
Éditeur : Grasset (12/03/2014)

Note moyenne : 2.82/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Joan Didion n'a pas trente ans lorsque paraît, en 1963, son premier roman -- premier jalon d'une oeuvre immense dont il annonce les thèmes de prédilection et le style si singulier. Une saison de nuits, c'est l'anatomie d'un couple, celui que forment Lily Knight et Everett McClellan, héritiers d'une longue lignée de pionniers californiens qui, par un été torride à l'aube des tumultueuses années 1960, voient s'écrouler leur empire sous le poids accumulés des faux-semb... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  09 février 2019
D'abord chroniqueuse de l'Amérique des années 1960 et 1970, Joan Didion (née en 1934) fut redécouverte en 2007 grâce à « L'Année de la pensée magique » (livre pour lequel elle a reçu le Prix Médicis de l'essai).
Son premier roman traduit en français a été « Une saison de nuits » (« Run river » titre que je préfère).
Tout commence par un coup de feu et finit par un coup de feu. C'est l'histoire d'un couple, dans les années 1960 : Everett McClellan et Lilly Knight (appelée parfois « Lily-of-the-valley »). Un drame conjugal comme il en existe de nombreux : le mari tue l'amant de sa femme.
L'auteure remonte le temps et nous raconte leur vie à partir des années 1930. Avec ce drame en fil rouge, on assiste à toute l'Histoire de l'Amérique en ce temps-là.
Nous sommes dans une Californie riche, avec des exploitants agricoles qui sont les derniers représentants des pionniers de l'Ouest américain. le couple a une vie insouciante, agréable, des enfants naissent (Julie et Knight). Lilly se laisse mener par la douceur de vivre. Mais c'est sans succès qu'elle tente de se créer une vie sociale : ses invitations ne lui apportent pas ce qu'elle désire – l'ennui la guette…
Everett, lui, s'occupe de sa culture de houblon qui n'a plus le grand engouement des premiers temps. La guerre lui offre un prétexte pour s'éloigner du foyer familial et Lily le trompe.
En parallèle, on lit l'histoire de Martha, la soeur d'Everett, une Martha névrosée mais envers qui Lily a bien des attentions.
On assiste ainsi à un long flash back sur cette analyse d'un couple à la dérive mais jamais Everett ne pense au divorce malgré l'adultère de Lily. Il va réagir autrement.
Dans « Une saison de nuits » Joan Didion est arrivée à décrire cette Amérique avec une atmosphère bien particulière – on voit le contraste entre gravité et nonchalance, la pesanteur et la légèreté. Avec l'évolution du monde, le couple se montre perdu et maladroit. Les rêves de l'Amérique s'essoufflent, la société est aussi désemparée avec les forces et les faiblesses des personnages.
Pour décrire les faux-semblants du couple, Joan Didion utilise une plume acérée pour en arriver aux dernières années du fameux « Rêve américain. »
Concernant ma conclusion, je vais retranscrire deux critiques appropriées : « Une tragédie américaine étouffante. » (Élisabeth Philippe, Les Inrockuptibles) et : « Une fresque balzacienne qui, aux confidences d'une femme mystifiée, ajoute l'anatomie d'un couple naufragé. » (André Clavel, le Temps).
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Annette55
  24 juin 2014
Nous sommes en Californie, en "1959",dans une propriété familiale où l'on cultive le houblon, chez les arrière -petits enfants des pionniers de " la ruée vers l'or"et de l'eldorado, qui y ont construit des ranchs.....
Mais tout se délite et il s'agit plutôt du début d'une nouvelle ére,l'effondrement d'une époque, des rêves des premiers pionniers, il s'agit plutôt dans ces années de vendre des propriétés.....
Lily et Everett Mccllelan se sont mariés mais ils sont incapables de se dire leurs sentiments et leurs frustrations, ( les toilettes et les soirées mondaines sur la propriété n'y changeront rien).
De 1938 à 1959 ,leur union donnera deux enfants : Julie et Knigt, surtout beaucoup d'incompréhension, de non- dits,de faux semblants....Everett quitte
le foyer pour la guerre, Lily le trompe, s'ennuie,avorte,dépérit doucement,partage sa solitude avec sa belle- soeur, Martha, autour rôde, Ryder Channing dont Martha et Lily sont plus ou moins éprises surtout Martha....
On boit beaucoup dans leur entourage, énormément, pour oublier qu'on n'est que des enfants terriblement démunis de créer une famille dans un vide social.
La construction de cet ouvrage est particulière, il débute par un coup de feu, la mort de Ryder Channing , tué par Everett, suit un long retour en arrière et le livre se conclut par un second coup de feu.
La première ligne de ce récit est prémonitoire. Lily entendit le coup de feu à une heure moins dix sept minutes, elle a regardé l'heure sur la montre en diamants que son mari lui a offerte pour leur ....dix septième anniversaire de mariage...et c'est comme une mécanique horlogère de leur couple, jusqu'à cette nuit d'été, que le récit va démonter, une chronologie à rebours, de souvenirs, d'incidents,de la rencontre de Lily et d'Everett à ces coups de feu sur l'amant de Lily, en passant
par la naissance de leurs deux enfants, une vie de famille qui bascule dans le fait divers, un acte insensé, qui signe la fin de beaucoup d'illusions,sur l'Amérique des années 60, "le Gâchis partout,-"
" le gâchis et l'érosion"
Lily entend toujours les coups de feu" craquer en échos à travers les années passées"
Lily se parfume avec Joy proclamé le parfum le plus cher du monde, un signe d'appartenance sociale, son nom:le symbole de tout ce que Lily a perdu, bien avant les coups de pistolet:sa joie de vivre, son couple, sa croyance en une vie heureuse possible.
Elle a en vain cherché le frisson avec ses amants successifs, elle maintenait la façade idéale avec peine.
" le ciel était couvert de cette brume jaune particulière qu'Edith Knigt, la mére de Lily, appelait un temps de tremblement de terre"
La Californie était baignée d'une" clarté distordue" comme un crépuscule sous la lumière et la chaleur écrasantes."
L'auteur , dont c'est le premier roman. Publié en 1963,porte, comme dans ses autres ouvrages, une grande attention aux variations de la météo.
Les efforts désespérés d'une femme pour rendre tout le monde heureux, " architecture de faux semblants, château de cartes qui soudain s'écroule, et "pourtant Lily avait toujours été bonne pour ramasser les morceaux, toujours,particulièrement aux urgences".
C'est une histoire sentimentale qui se mue en une anatomie d'un couple et une autopsie de la Californie,de son âge d'or à un envers du rêve Américain.....
Désillusion, fragilité, noyade, suicide, meurtre, violence des sentiments, décadence lente,insensible,inéluctable du mythe américain au delà du délitement d'un couple, incompréhensions, aigreurs, haine de soi et de l'autre....
Des familles désorientées par le monde nouveau......
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Herve-Lionel
  21 août 2019
La Feuille Volante n° 1373 – Août 2019.
Une saison de nuitsJoan Didion - Grasset.
Traduit de l'anglais par Philippe Garnier.
C'est le premier roman paru en 1963 de cette auteure américaine née en 1934.
Nous sommes dans les années 1960, une banale histoire sentimentale, un trio presque ordinaire doublé, il est vrai d'un meurtre, ce qui l'est moins. Everett Mac Clellan, le mari, tue l'amant de sa femme Lilly
L'auteure remonte le temps pour nous présenter l'histoire de chacun de ces deux époux avant leur rencontre. Pour Lilly, c'était la Californie avec ses parents qui vivaient d'une grande exploitation agricole dans l'esprit des pionniers américains, la douceur de vivre mais aussi pour elle, l'ennui. Pour Everett, c'est la culture du houblon qui monopolise son attention. C'est un peu de l'histoire de l'Amérique qui est évoquée ici, avec les fantasmes qu'elle suscite, la fièvre de la "ruée vers l'or," l'illusion de l' "el dorado", mais la réalité a changé, des mutations s'opèrent dans la société et face à cela ce couple tente d' exister maladroitement dans ce "rêve américain".
Entre 1938 et 1959 deux enfants naissent, Julie et Knight mais ce n'est pas cela qui ressoude les deux époux dont les relations sont empreintes de non-dits et d'incompréhensions, si bien qu'Everett part pour la guerre qui fait rage en Europe. C'est une sorte de fuite avec au bout peut-être la mort, une manière d'échapper à cette cohabitation devenue un peu trop lourde malgré les apparences. En son absence Lilly le trompe, avorte, s'enfonce doucement dans la dépression et la solitude qu'elle partage d'ailleurs avec sa belle-soeur Martha et ce malgré la présence de Ryder Channing qui rôde autour des deux femmes. Cet homme deviendra l'amant de Lilly et Everett, de retour de la guerre, malgré son couple à la dérive, refuse le divorce et trouvera une autre solution plus radicale. C'est effectivement un coup de feu qui débute ce roman, suivi d'un long analepse, puis un autre qui le conclut, comme la seule solution à cette union manquée que l'adultère de Lilly n'a fait que compliquer. Malgré les années passées Lilly entend toujours ces deux coups de feu qui obsèdent sa mémoire et qui sonnent le glas de tout ce qu'elle a perdu par sa faute, même si cet échec était inscrit en creux dans sa vie bien avant eux La douceur de la Californie n'y fait rien pas plus d'ailleurs que la vaine recherche de la jouissance avec des amants de passage.
Il y a certes le contexte américain qui donne à ce roman un décor tout à la fois grandiose et utopique mais je retiens surtout l'histoire de ce couple qui ressemble à un château de cartes édifié dans un courant d'air, de cet homme attaché à sa famille mais à qui tout échappe sans qu'il y puisse rien et de cette femme qui ne l'aime pas et qui finalement se croit autorisée à tout détruire autour d'elle. Ils se sont unis en faisant semblant de croire qu'ils étaient faits l'un pour l'autre et que c'est un hasard bienveillant qui les a fait se rencontrer parce qu'il ne pouvait pas en être autrement. Comme dans bien des ménages la réalité s'impose qui est bien différente, avec l'usure du temps et l'espoir que chacun peut inverser le cours des choses, un gâchis presque ordinaire dans un rêve social devenu cauchemar, la dramatique histoire d'un homme et d'une femme qui n'auraient sans doute jamais dû se rencontrer, se marier et fonder une famille. Si Everett aimait sa femme, cet amour n'était pas partagé et Lilly n'avait aucun état d'âme à rechercher ailleurs ce qu'elle avait chez elle et ruiner ainsi les espoirs d'un homme qui ne méritait pas cette trahison.
Je ne suis rentré que très tardivement dans ce roman et malgré cette histoire bien écrite et malheureusement bien proche de la réalité quotidienne, à l'exception peut-être des deux coups de feu, je garde de cette lecture une impression mitigée.
©Hervé Gautier.http:// hervegautier.e-monsite.com
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Nadael
  31 mars 2014
Nous sommes en 1959, dans l'ouest américain, sur l'exploitation familiale de houblon des McClellan. Everett, qui s'occupe aujourd'hui du Ranch est le descendant d'une dynastie de pionniers californiens. La Californie, Eldorado des américains depuis la ruée vers l'or. le lieu de tous les rêves, de toutes les possibilités. Mais les années soixante se profilent et le visage de l'Amérique change, une mutation s'opère. S'amorce une nouvelle ère. Se dessine un nouveau monde.
Un coup de feu dans la nuit, déchirant et violent ouvre ce premier roman de Joan Didion (paru en 1963, traduit en France pour la première fois). Une détonation qui signe justement le déclin. L'effondrement d'une époque et celui d'un couple. Un parallèle intéressant entre l'intime et la société. Et au milieu coule une rivière... (le titre original est Run River).
Une femme – Lily – court jusqu'à la rivière. Ses talons claquent sur le ponton. Au bout de sa course, un homme ; son mari Everett est là, un calibre 38 dans la main. Sur le sol, un homme est allongé, sans vie. Drame passionnel, drame personnel.
Pour comprendre l'origine de ce meurtre et du mal-être de McClellan, Joan Didion nous fait remonter le temps. Nous voilà en 1938, Lily et Everett se rencontrent, s'aiment, se marient, ont des enfants, lui part à la guerre, elle reste, s'ennuie... Lily est une femme mélancolique, elle ne semble pas trouver sa place dans cette famille auprès d'un beau-père nostalgique et d'une belle-soeur naïve. Quand Everett rentre, quelque chose s'est cassée entre eux. Hypocrisie, mensonges, désillusions, mort, tromperies, l'incendie du four à houblons, la perte...
Le roman se clôt par un second coup de feu.
Un livre étonnant dans sa construction, avec un long flashback encadré par le présent. Un présent lourd marqué par la violence des sentiments et la colère d'assister à la destruction d'un empire. Et cette rivière tellement symbolique qui traverse de part en part le roman, insidieuse héroïne : nécessaire à la culture du houblon, berceau des amours de Lily et Everett, lieu mortel (noyade, suicide, meurtre). La rivière, celle par qui tout commence et tout finit.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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nanoucz
  14 novembre 2017
Un coup de feu retentit dans la nuit. Lily sait immédiatement que son mari, Everett McClellan, a tué Ryder Channing, son amant qu'elle devait retrouver sur le ponton, au bord de la rivière.
En quelques heures, jusqu'à la fin de la nuit, Joan Didion raconte l'histoire du mariage de Lily et d'Everett, tantôt du point de vue de l'une, tantôt de celui de l'autre. Comment s'est bâtie leur union, ce qu'elle symbolise, eux qui sont tous les deux des descendants des pionniers, qui profitent des fruits du travail acharné de leurs ancêtres qui ont lutté pour s'implanter dans la région de Sacramento, en Californie.
Ce qui ressort de cette union, c'est l'impossible communication entre Lily et Everett, même si pour Lily, il était impensable de se marier avec quelqu'un d'autre qu'Everett, qu'elle connait depuis l'enfance, le frère de son amie Martha. C'est aussi l'ennui qui marque les journées de Lily, dans la chaleur étouffante de l'Ouest californien, et les soirées entre voisins où l'on boit trop, où on ne sait plus ce qu'on fait ni ce qu'on dit. Ce sont les nuits qu'elle termine en compagnie du premier venu, parce qu'il s'est montré un peu attentionné, que son intérêt l'a distraite quelques heures de la routine sans surprise. Et puis, à côté de ces infidélités sans conséquence, ce sont les vraies trahisons qui marquent un couple, le temps où Everett est enrôlé dans la réserve pendant la seconde guerre mondiale et où il reste éloigné de sa famille malgré les multiples sollicitations de sa femme et de sa soeur. C'est aussi l'avortement que subit Lily, qu'elle décide seule après avoir avoué à Everett qu'elle est enceinte d'un autre. Ce sont des moments où ils se sont manqués l'un l'autre alors qu'ils sont si indispensables l'un à l'autre. La fin de la nuit va marquer définitivement la fin de leur mariage, laissant au lecteur une impression d'amertume et de gâchis assez dérangeant.
Avec ce livre de Joan Didion, qui est le premier qu'elle a publié en 1963, j'ai retrouvé la même impression qu'avec Maria, avec ou sans rien, qui a été ma première rencontre de l'auteur. Dans les deux cas, ce sont des oeuvres de fiction et il en ressort une impression de mal-être, de vacuité de l'existence, dans une ambiance plombée par la chaleur accablante.
Je m'interrogeais sur le titre français de ce livre, complètement différent du titre de la publication originale, Run River, qu'a priori, je comprenais davantage car la rivière est souvent évoquée dans le livre et il s'y passe des évènements clés de l'histoire. Et puis, à la lecture de cette interview de Joan Didion, je m'aperçois que le titre français est en fait très proche de celui qu'elle avait choisi pendant son écriture, In the night season et qui n'a pas été accepté par son éditeur. Finalement, je comprends son choix de la nuit. C'est là que Lily arrive à s'exprimer, dans les mots et dans les actes, lorsqu'elle est débarrassée de la chaleur diurne qui écrase toute énergie et du regard des autres qui la bloque dans l'inaction.
Si vous lisez l'anglais et si vous vous intéressez à Joan Didion, je vous conseille d'ailleurs cette interview (http://www.theparisreview.org/interviews/3439/the-art-of-fiction-no-71-joan-didion) qui a été publiée dans The Paris Review, dans la série The Art of Fiction.
Avec Joan Didion, j'éprouve exactement la même impression à la lecture de ses livres que celle que je ressens lorsque je lis Paula Fox. Je suis admirative de leur art d'écrire sur des personnages peu sympathiques, tout en donnant malgré tout au lecteur l'envie d'en savoir plus, le goût de tourner les pages, alors qu'il serait si facile de refermer le livre et de le poser là. C'est cela le talent de l'écrivain, sans doute.
Lien : https://ruedesiam.blogspot.c..
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   25 mars 2014
Joan Didion raconte, à travers ce couple raté et ces familles désorientées par le monde nouveau, l’histoire de la Californie et l’effondrement de rêves des premiers pionniers, sous le poids des faux-semblants et des pitoyables stratégies de survie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   26 janvier 2019
Toute la nuit j'ai tenu ta main,
comme si tu avais
pour la quatrième fois affronté le royaume des fous
- sa parole éculée, son œil assassin -
et m'avais ramené en vie à la maison.
Robert Lowell

Le véritable El Dorado se trouve toujours plus avant.
Peck's 1837 New Guide to the West
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NadaelNadael   31 mars 2014
« Ce qui était loin d'être la première fois, par contre, c'était cette scène, et même si elle ne se rappelait plus ni quand ni comment elle avait commencé, il semblait à présent qu'ils étaient condamnés à la jouer ensemble tous les jours de leur vie, devant se creuser la mémoire pour trouver des griefs inédits, chérissant les plus familiers, nourrissant à l'alcool les pousses déjà indestructibles de leur ressentiment, et aussi à l'inépuisable adrénaline générée par ce qu'elle supposait être (faute d'autre mot à sa portée) l'amour. Apparemment cela n'avait plus d'importance de savoir qui avait commencé à en vouloir à l'autre, ni pourquoi : cela pouvait partir de n'importe quoi. Cela pouvait partir quand ils essayaient de toutes leurs forces de l'empêcher d'arriver, cela pouvait déchirer toutes leurs promesses tacites, pouvait envahir jusqu'à l'astucieux anonymat que constituaient les chambres de motel avec leurs moquettes en tweed, les chambres dans lesquelles ils s'étaient imaginés pouvoir tout recommencer ; des chambres dans lesquelles elle sentait, dès les premières vapeurs du premier verre, qu'Everett était quelqu'un qu'elle ne connaissait pas du tout, quelqu'un pour qui elle pouvait peut-être paraître la femme douée de grâce et de charme qu'elle avait voulu être. »
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Annette55Annette55   24 juin 2014
Lily, encore si jeune, commençait à perdre le contrôle, à franchir la frontiére invisible d'une terreur intime que personne n'avait jamais cartographiée.
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