AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782843046780
220 pages
Éditeur : Zulma (16/01/2014)
4.3/5   124 notes
Résumé :

Construit comme une enquête et un réquisitoire, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l'ultime génocide du XXe siècle mieux que tous les essais et témoignages.

Avec une sobriété d'un classicisme exemplaire, l'auteur expose les faits, ses rouages et ses ressorts cachés : quelques personnages en situation, avant, pendant et après le génocide, se racontent et se croisent, s'aiment et se confessent.>Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
4,3

sur 124 notes
5
13 avis
4
7 avis
3
2 avis
2
0 avis
1
0 avis

afriqueah
  13 août 2021

Murambi , le livre des ossementsBoubacar Boris Diop
« Comment peut-on se dire intellectuel capable, pour parler comme Cheikh Hamidou Kane, de « brûler au coeur des choses » si on ne sait même pas se demander pour quelle raison et par qui tant de corps mutilés de Tutsi ont été du jour au lendemain lâchés sur le Nyabarongo ou jetés aux chiens ? Pourquoi n'avais-je pas été capable de voir un seul de ces centaines de milliers de morts ? En m'incitant à me poser de telles questions, les témoignages des rescapés et mes lectures me tendaient sans pitié le miroir où je voyais défiler mes graves déficiences. »
Boubacar Boris Diop, Dans sa postface de « Murami, le livre des ossements » écrite 11 ans après son roman /reportage sur le génocide du Rwanda, Boubacar Boris Diop réfléchit sur cette inconscience, ou ce déni, ainsi que sur les responsabilités de la françafrique, qui a envoyé des troupes et des armes pour soutenir les Hutus, qui a construit un stade de volley- ball au dessus des charniers de Murambi, puis qui as aidé les assassins à fuir au Congo.
Les Hutus regroupés dans l'Interahamwe ont assassiné dix mille Tutsi par jour, pendant cent jours.
Un million de morts.
De la manière la plus barbare, inimaginable.
Boubacar Boris Diop, 4 ans après la fin du génocide de 1994, est invité au Rwanda, pour un atelier collectif d'écriture.
Son premier personnage voit bien que se prépare une tuerie : la radio des Mille Collines tenue par les Hutus au pouvoir lancent depuis plusieurs mois des « appels au meurtre totalement insensés » : de plus, ils ont un prétexte en or: la mort du Président Habyarimana dans un accident d'avion resté mystérieux.
Trois parcours dans cette enquête : Jessica, la survivante, la combattante, celle qui a toujours gardé le cap et jamais renié ses convictions. Pardonner, dit elle ?
Stanley, dont on n'entendra pas beaucoup parler.
Et Cornelius, fils d'un Hutu marié à une Tutsi, qui a fui le pays dès les premiers symptômes de meurtres. Il redécouvre son pays, ses blessures et son passé qui lui saute à la gorge. Il revient dans un chez lui qui n'est plus le sien, sauf son oncle, un homme lumineux, qui lui parle :
Bien sûr, dit il, les étrangers avaient mis les Tutsi sur un piédestal, et leur avait dit « vous n'êtes pas des noirs, vous n ‘êtes pas des sauvages. ». Mais de quoi se plaindre le plus ? de l'audace de ces conquérants belges puis français, ou de l'incroyable stupidité des chefs tutsi de cette époque ? L'allégresse de tuer des Hutus a t elle été insufflée par les colonisateurs ou est elle le fait de la vengeance et de la soif de pouvoir de certains chefs ( qui après avoir incité au meurtre les pauvres paysans, les renverront à leur pauvreté initiale)?
Nous ne pouvons en vouloir à personne de notre manque de fierté, conclut l'oncle Siméon. Nous nous comportons comme des esclaves, ce qui s'est passé en 1994 porte un seul nom : la défaite.
Boubacar Boris Diop s'appuie sur l'histoire, les préliminaires au génocide, sa préparation depuis 1959, les premiers meurtres, pour décrire la haine sans raison entre habitants parfois de maison qu'ils partagent, l'extermination, prenant le « solution finale » nazie comme exemple, et éclatant au grand jour en 1994.
Livre fort, donnant la parole aux uns comme aux autres, les chefs hutus incitant au viol, au découpage à la machette, au carnage, l'excitation de massacrer faisant perdre le goût du repos. Jour et nuit, la boucherie, partout, y compris dans sa propre famille.
Réflexion aussi : à commencer : connaître l'histoire, la voir comme elle a été, au risque de se voir opposer le refus d'en voir la spécificité : les massacres ont toujours eu lieu, disent certains des amis de Cornelius, suivi des discours de politiques français, de Jean D'Ormesson et d'autres, puis complètement rendus obsolètes et faux par les études de Patrick de Saint Exupéry entres autres et du livre de Jacques Morel, où la France a été « au coeur du génocide des Tutsi » .
Et écriture somptueuse, les citations essayant de rendre le phrasé spécial de cet auteur sénégalais.
Boubacar Boris Diop n'affirme rien quant à la raison de la démence des Cent. Jours, comme son héros Cornelius, il est déchiré. Il nous éclaire, en faisant parler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          379
Annette55
  24 mars 2018
Que d'émotions et d'effarement à la lecture de cet ouvrage, que j'ai longtemps hésité à lire.!..
Après la lecture d'un premier ouvrage en 2015, "Souveraine magnifique " d'Eugene Ébodé , à propos des vastes massacres qui se sont abattus sur le Rwanda, au printemps 1994: le pays des mille collines .
Boubacar Boris Diop revient lui aussi, sur le génocide des Tutsis par les Hutus .
Pourquoi Murambi ? C'est ce lieu sinistre transformé aujourd'hui en Mémorial où le 21 avril , 45000 Tutsis furent terrorisés puis massacrés à la machette par les milices interhamwe qui ont pillé et incendié les maisons des Tutsis , volé leur bétail ....... La mort rôde partout ......
Dans ce récit extraordinairement lucide , sobre et mené comme une enquête, écrit par devoir de mémoire : l'auteur donne à voir une série de regards qui éclaire le lecteur sur l'ultime génocide du XX° siécle .
Nous replongeons dans l'atmosphère qui précéda les évènements .
Avant , pendant et aprés, les personnages sont tous bouleversants : le colonel Perrin , officier de l'armée française, Jessica miraculée et résistante , Faustin Gasana , membre des milices du Hutu Power, enfin le lumineux Siméon et son frére, Cornelius , de retour au Rwanda, après l'exil.
Effarement , découverte d'une horreur qui défie l'imagination......
Comment s'exprimer après un génocide ? Ce crime absolu ?
Comment raconter ce qui ne se raconte pas ?
Comment mesurer une telle tragédie ?
Sobre et nuancé, explicatif , l'auteur tente de réhabiliter les morts ........
La postface nous renseigne sur beaucoup de choses, notamment l'auteur y met en exergue le rôle trouble qu'aurait joué la France ? ?
Le devoir de mémoire est une des façons d'opposer un projet de vie au projet d'anéantissement des génocidaires .
Il est très difficile de commenter un tel ouvrage on se sent humble et petit ! Il Nous permet tout de même , de faire pénétrer dans nos consciences l'esprit et les visages des victimes de cette sanglante tragédie , de mesurer la responsabilité , parfois occultée des puissances occidentales dans les grandes tragédies africaines .
Un roman puissant , terrible , magnifiquement écrit !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          362
nanek
  06 mai 2019
Ce roman est le résultat d'un travail d'écriture demandé à plusieurs auteurs africains quatre ans après le dernier génocide du XX siècle.
C'est saisissant.
J'ai été happé dès le début par la force des mots racontant les hommes et femmes du Rwanda ayant dû affronter ou perpétrer cette folie collective d'un génocide. Celui-ci planifié en amont de ce mois d'avril 94, débuté aux prémices de la décolonisation dès 1959.
Derrière les personnages romancés, se devinent des liens avec des histoires individuelles, entendues par l'auteur lors de son séjour au Rwanda en 1998.
Le personnage mis en avant, Cornelius revenant d'exil de Djibouti entreprit avant le génocide, refait connaissance avec ses amis d'enfance, ses voisins ou proches. du moins ceux qui sont encore présents.
Il y a Jessica, espionne du FPR à Kigali pendant les massacres. Stanley lui, était chargé par le même FPR de plaider la cause des suppliciés auprès de la communauté internationale.
Mais les yeux et oreilles du mondes se sont fermés et les rescapés en gardent une visible mais insondable souffrance.
Souffrance et résilience de ces hommes se mélangent. C'est la sagesse de Siméon contre la colère de Gérard
La France quant à elle, au travers du colonel Etienne Perrin est invariablement pointée du doigt, car coupable de son inaction. Coupable de sa condescendance lorsque ses soldats jouent au volley à Murambi, sur l'emplacement des charniers de cette école où des dizaines de milliers de corps sont ensevelis. La genèse de la perte d'influence du Mwami, le roi Tutsi démontre l'influence de l'histoire coloniale dans ce pogrom systématisé.
La voix des bourreaux est pénétrante d'horreur et incarne l'inhumanité à son paroxysme. Notamment par le biais du docteur Joseph Karekesi feintant la possibilité d'un refuge au sein de l'école technique de Murambi afin de mieux exterminer tous les suppliciés avec l'aide de l'armée gouvernementale.
Face à cet indicible, l'écriture tente en toute humilité de trouver du sens pour continuer. Afin que la vie triomphe dans ses braises, que l'individu se reconstruise, que les rescapés ne soient pas uniquement des fantômes du passés.
Dur mais essentiel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          154
le-mange-livres
  14 janvier 2012
"Si jamais le Rwanda avait été ce lieu paisible et lumineux où le dieu Imana venait se reposer après chaque coucher de soleil, il avait cessé de l'être depuis longtemps en 1998 : la mort continuait à rôder partout, l'odeur des corps en décomposition prenait toujours à la gorge, et les survivants n'avaient pas encore émergé de leur longue sidération".
Dans une prose claire et précise, Boubacar Boris Diop revient sur le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda au printemps 1994. Pendant cent jours, les interminables massacres, encouragés par la propagande haineuse et incendiaire de radio Mille Collines, près d'un million de Tutsis trouveront la mort."Après une histoire pareille, tout le monde est, de toute façon, un peu mort".
Murambi, c'est ce lieu sinistre (aujourd'hui transformé en mémorial) où, le 21 avril, après avoir trouvé refuge dans une école technique en construction, 45 000 Tutsis sont massacrés par les milices Interahamwe.
Un livre "avant-après" comme je les appelle, bouleversant, et qui questionne le lecteur dans son humanité même. Dans un style très différent des enquêtes philosophico-journalistes de l'excellent Jean Hatzfeld (Une saison de machettes, La stratégie des antilopes). Avec une étonnante économie de mots, Boubacar Boris Diop construit le récit nécessairement éclaté des voix multiples du génocide, et parvient à en soulever brillamment tous les enjeux moraux.
Comment comprendre l'irréductible spécificité du génocide rwandais ? Quel rôle douteux ont joué les troupes françaises de l'opération Turquoise ? Comment pardonner aux bourreaux et vivre à leurs côtés ? Comment vivre après le génocide rwandais ? "Il voulait dire à la jeune femme en noir - comme plus tard aux enfants de Zakya, que les morts de Murambi font des rêves, eux aussi, et que leur plus ardent désir est la résurrection des vivants". Pourquoi l"indifférence occidentale ? ("Ne t'en fais pas Sera. Ils savent que le monde entier les observe, ils ne pourront rien faire").
Dans une passionnante postface enfin, Boubacar Boris Diop évoque les circonstances de l'écriture de Murambi, et s'interroge sur ce que signifier écrire un roman sur le génocide rwandais. C'est une expérience qui découle d'une résidence d'auteurs au Rwanda en 1998, "Rwanda : écrire par devoir de mémoire", rassemblant pendant trois mois plusieurs écrivains africains dans un hôtel de Kigali. Loin de "jouer les pleureuses de la vingt-cinquième heure", chacun en retire une expérience singulière, débouchant sur la production de plusieurs romans (La Phalène des collines de Koulsy Lamko, Le Cavalier et son ombre de B.B. Diop, Murekatete de Monique Ilboudo), parmi lesquels Murambi. Dans cette postface, l'auteur donne sens à son oeuvre, autour d'une réflexion fondamentale sur l'écriture et l'engagement.
"Encore une preuve, s'il en était besoin, de la quasi-impossibilité de sortir indemne de l'expérience rwandaise".
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
litolff
  25 juin 2014
Rwanda, Ecrire par devoir de mémoire : c'est sur ce thème que l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop s'est attaché à écrire un roman sur le génocide tutsi au Rwanda.
Comment parler d'un génocide ? Comment raconter l'indicible ?
Cornelius, exilé depuis de nombreuses années à Djibouti rentre au Rwanda, 4 ans après le génocide. A Murambi, plus exactement, où, dans l'enceinte d'une école, son père, le Dr Karekesi a fait regrouper tous les Tutsis des collines environnantes sous prétexte de les protéger : environ 50000 personnes qu'il a fait massacrer, y compris sa femme et ses 2 enfants.
Cornelius, avec l'aide du vieux sage Simon Habineza, tente de comprendre cet effroyable massacre.
Dans un récit extrêmement sobre et nuancé, l'auteur nous fait découvrir les tenants et aboutissants du génocide et réussit à saisir l'indicible, réhabilite la mémoire des morts, espérant poser les bases d'un possible futur pour ce pays exsangue.
J'ai été encore plus passionnée par l'excellente postface de l'auteur qui met en lumière le rôle trouble qu'a joué la France.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170


critiques presse (1)
LaPresse   24 avril 2014
Tuer son voisin à la machette. Après l'horreur qui nous prend à la gorge, il ne reste qu'en bouche l'incrédulité, le mystère. Une impression d'autant plus forte 20 ans après le génocide du Rwanda.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   27 décembre 2016
Il était stupéfiant pour Cornélius de constater que les événements de 1994 n'avaient laissé nulle part de traces visibles. Où avait-on installé, sur cette avenue, la fameuse barrière de Nyamirambo ? Est-ce que là, juste à l'entrée du Café des Grands Lacs, il y avait des cadavres que venaient dévorer les chiens et les charognards ? Seule la ville elle-même aurait pu répondre à ces questions qu'il ne pouvait encore poser à personne. Mais la ville refusait d'exhiber ses blessures. Elle n'en avait pas beaucoup, d'ailleurs. Kigali ne sortait pas d'une guerre, il n'y avait pas eu de tirs d'obus, des bombardements aériens et des fusillades de part et d'autre de quelque ruelle étroite. Les Interahamwe, qui voulaient de la viande vivante, avaient laissé les arbres tranquilles. Le long des avenues, rescapés et bourreaux se croisaient. Ils se regardaient un instant puis chacun s'en allait de son côté, pensant à Dieu sait quoi.
Cornélius ne se souvenait même pas d'avoir aperçu au cours de ses promenades des éclopés ou des malades mentaux. Le pays était au contraire intact et chacun juste occupé à vivre sa vie. Des rendez-vous amoureux. Un tour chez le coiffeur. La routine des jours ordinaires. Franky et les jeunes employés du Café des Grands Lacs faisaient leur travail comme les serveurs du monde entier. Ils prenaient les commandes, disparaissaient derrière le comptoir ou dans la cuisine, puis se faufilaient de nouveau entre les tables, le sourire aux lèvres. Ce mépris du tragique lui paraissait presque suspect. Était-ce par dignité ou par habitude du malheur ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
afriqueahafriqueah   13 août 2021
Le quatrième génocide du siècle restait une énigme et peut être fallait il en chercher la clé dans la tête d’un fou ou dans les mystérieux mouvements des planètes. Cette orgie de haine allait très loin au-delà de la lutte pour le pouvoir dans un petit pays. Il songea à un Dieu soudain pris de démence, écartant les nuages et les étoiles à grands gestes rageurs pour descendre sur la terre du Rwanda.
Commenter  J’apprécie          120
naneknanek   02 mai 2019
Notre existence est brève, elle est un chapelet d'illusions qui crèvent comme des petites bulles dans nos entrailles. Nous ne savons même pas à quel jeu elle joue avec nous, la vie, mais nous n'avons rien d'autre. C'est la seule chose à peu près certaine sur cette terre.
Commenter  J’apprécie          180
art-bsurdeart-bsurde   02 décembre 2016
Cornélius commença à trier et classer ses papiers : des documents et des livres sur l'histoire du Rwanda. Il en avait beaucoup lu au cours des années précédentes, moins pour connaitre le passé lointain de son pays que pour comprendre le génocide. Il avait l'impression que tout le ramenait aux tueries de 1994. Même les savantes spéculations sur la formation des couches géologiques au Rwanda l'y conduisaient, par des sentiers secrets et tortueux. C'était comme si le génocide irradiait tout de sa sombre lumière, aspirait vers lui les faits les plus anciens et les plus anodins pour leur donner une dimension tragique, un sens différent de celui qu'ils auraient eu ailleurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
litolfflitolff   24 juin 2014
Je vais vous dire ceci : vous avez souffert mais cela ne vous rend pas meilleurs que ceux qui vous ont fait souffrir. Ce sont des gens comme vous et moi. Le mal est en chacun de nous.
Commenter  J’apprécie          170

Videos de Boubacar Boris Diop (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Boubacar Boris Diop
L’écrivain et journaliste sénégalais Boubacar Boris Diop nous introduit au monde des lettres africaines, nous parle de son origine, ses mythes et ses réalités, et nous recommande certains de ses écrivains actuels préférés.
autres livres classés : rwandaVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère





.. ..