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ISBN : 2842711424
Éditeur : La Musardine (07/06/2000)

Note moyenne : 2.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dormienne Louise – Les Caprices du Sexe (Renée Dunan ?) : Louise, fille du marquis de Bescé, découvre la sexualité, par un soir d’été, en surprenant un couple de paysans, puis son frère et sa maîtresse. Fuyant une expérience décevante avec son fiancé, elle s’enfuit à Paris. Mais s’ensuit alors une succession de petits boulots mal payés et le tribut en pratiques sexuelles exigé d’une jeune femme pour conserver son emploi. Alors autant se vendre, décide-t-elle ! Et êt... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
genou
  26 mars 2016
Association Bourlapapey
http://www.ebooks-bnr.com/dormienne-louise-les-caprices-du-sexe/
Humour, irrévérences, critiques de la morale bourgeoise à l'égard des femmes : certains trouveront ce roman plutôt cru. Mais c'est bien écrit et bien plus qu'une simple juxtaposition de scènes érotiques !
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Beatson
  05 avril 2016
Après la critique de Genou, j'ai été voir qui était l'auteur : "Renée Dunan (Avignon, 1892-1936) est une écrivain, critique et poétesse française, anarchiste et féministe". Voilà qui pouvait m'intéresser. de plus ce livre est relativement court et disponible gratuitement (libre de droits en numérique).
L'histoire relate l'évolution d'une adolescente de la bourgeoisie provinciale qui va rompre avec son milieu familial et s'installer à Paris tout en faisant son éducation sexuelle sans trop d'a priori et de retenues.
Le style est assez littéraire et j'ai vraiment par moment cru relire du Zola avec un regard acerbe sur la société bourgeoise parisienne du début du XXème siècle. Mais la petite est un peu au dessus de tout ça.
Contrairement à genou je n'ai pas trouvé ce roman très cru et j'ai même trouvé certaines des expressions utilisées un peu "vieille France" (je présume que si on ne taille plus des plumes c'est depuis l'invention des stylos bille). Une lecture très agréable et un point de vue intéressant sur la vie parisienne de l'époque même si le dénouement est un peu à l'eau de rose.
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   26 mars 2016
..., un vieil homme commença de rôder autour d’elle. Il était digne et correct. Sous des sourcils lourds et gris, son oeil avait une inquiétante fixité. Il finit par suivre Louise de près, puis brutalement vint à sa hauteur et lui dit :
— Venez-vous ?
Elle regarda ce « client », et d’un geste de la tête fit oui. En même temps une rougeur, dont, après sept mois de cette vie parisienne, elle se croyait bien devenue incapable, colora son visage. Il se mit à marcher à son côté, la dévisageant âprement, puis reprit :
— Prenons par ici. Mon appartement est au second, dans la rue, là-bas.
Une rue, puis une autre, et Louise, par un couloir somptueux, entra dans un ascenseur, poussée par son guide, et, cinq minutes plus tard, se trouva dans un vaste salon, encombré de tableaux. L’homme dit :
— Déshabille-toi.
Durement, elle répliqua :
— Donne-moi mon cadeau.
Il eut un sursaut à ce mot, puis tira son portefeuille.
— Tiens, voilà cent francs. Tu en auras autant après.
Louise haussa les épaules, plaça le billet dans son bas et commença à se dévêtir. L’homme la regardait avec curiosité. Sans dire un mot, quand elle eut fini, elle se tourna vers le vieil-lard. Nue, sauf ses bas, très droite, les talons joints, la débutante fit alors un signe qui pouvait vouloir dire : à vos ordres. L’homme affirma narquoisement :
— Tu as des façons militaires.
Elle ricana :
— Je croyais avoir au contraire des façons très civiles.
Il vint regarder le joli corps nu.
— Tu ne fais pas cela depuis longtemps ?
— C’est le premier jour. Tu es mon premier client.
— Pourquoi ?
— Qui me fera manger ?
— Mais…
— Tais-toi, dit-elle. Je ne suis pas venue chercher de la morale. En ce cas, ce serait toi le fournisseur et j’aurais à te payer ; je suis venue te faire jouir. Comment le veux-tu?
Il demanda :
— Combien de fois as-tu été déjà aimée ?
— Dix.
— C’est tout ?
— C’est peut-être neuf fois de trop.
— As-tu un amant de cœur ?
— Ni de cœur, ni d’ailleurs.
— C’est bien. Tiens !
Il tendit un autre billet de cent francs.
— Habille-toi et va-t’en. Tu me glaces. Tu ne réussiras pas dans ce métier. Il faut de la douceur et du mensonge, des caresses et des mamours…
Elle reprit son linge, puis sa robe, et répondit enfin :
— Quand j’ai voulu travailler, on ne m’a pas demandé si je pouvais le faire bien, mais seulement si je voulais ouvrir les cuisses. J’ai donc décidé de vivre de mes cuisses ouvertes.
— Va-t’en, reprit l’homme. J’aime les femmes, mais si je te vois encore dix minutes, je deviendrai chaste. Tiens, prends encore !
Et il lui tendit un autre billet.
Louise partit. Un orgueil la possédait. Ainsi, depuis six mois elle cherchait inutilement du travail. Or, l’argent venait à elle aujourd’hui, après tant de vains efforts, de ce seul chef qu’elle renonçait enfin à tout labeur, à toute vergogne et à toute pudeur. Quelle leçon ! Ses pas méditatifs la conduisirent vers la place Clichy. Un jeune homme très élégant l’accosta soudain :
— Mademoiselle, voulez-vous que je vous accompagne ?
Louise répondit froidement, se sentant assurée du lendemain :
— C’est cent francs !
Il les tira de sa poche avec un air amusé.
— Voilà ! Mais je vous garde jusqu’à six heures ce soir.
— Oui, si c’est pour me promener, mais pour l’intimité ce sera deux cents de plus.
— Ça va ! Toutefois à ce prix je fais de vous ce que je veux?
— Non, c’est l’intimité. Je me déshabille et vous me regardez comme la Vénus de Milo.
— Mais alors, pour toucher ?
— Dix louis de plus.
— Et si je veux que vous me le rendiez ?
— Dix louis encore.
— On peut prendre un abonnement pour la semaine ?
— Bien entendu, mais payable d’avance. C’est quinze cents francs.
— Je m’abonne. Vous êtes une femme comme je n’en ai jamais rencontré. Vous m’avez épaté, et je vous prie de croire que je n’ai pas l’épatement facile.
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genougenou   26 mars 2016
— Quel est ce birbe ? demanda la jeune fille.
— Lui, c’est Altmyz, ministre des Arts et Manufactures et vice-président de la Banque du Centre.
Louise de Bescé eut un geste brusque, et son œil jeta une lueur. Son compagnon la questionna en riant :
— Vous le connaissez ?
— Il vient de me faire des propositions, mais nous en sommes restés là.
— Ah ! Je suis son cousin ; vous me connaissez peut-être aussi : Léon de Silhaque ?
— L’aviateur ?
— Lui-même.
— Alors, dit tranquillement Louise, ce sera plus cher : l’abonnement est porté à deux mille.
Il répondit, la regardant fixement, car il ne pouvait croire qu’elle soit sérieuse :
— Vous savez que j’ai des passions ?
— Je les prends aux conditions dites.
— Vous ne désirez pas savoir lesquelles ?
— Aucune ne me fera reculer.
— Vous me taillez une plume, trois fois par jour, dans l’endroit que je choisis : par exemple dans une cabine téléphonique, au bain, en fiacre.
Elle dit tranquillement :
— Dans la rue…
— Non, mais enfin dans le lieu qui est le plus commode au moment où l’envie m’en prend.
Elle calcula doucement :
— Cela fait vingt et une plumes à tailler et les met à cinquante francs pièce, plus une gratuite. C’est avantageux pour vous.
Ahuri, il la dévisagea, ne sachant s’il devait rire ou se fâcher. Elle continua :
— Vous devez être juif. Vous avez l’habitude de ces marchés malins. Vous deviendrez très riche…
Il éclata.
— Non, mais vous avez fini de vous payer ma tête ?
— Je suis parfaitement sérieuse. De notre temps, avec le prix de la vie, et la hausse de toutes les denrées, cinquante francs la taille de plume, c’est pour rien. Et je vous avertis que ce sera la première fois que je le ferai. Des prémisses… Un honnête homme annulerait le contrat pour ne pas sembler voler le vendeur. Mais vous êtes inexorable.
Il dit :
— Attendez, ma petite. Je vais vous prendre au mot. Voilà un instant que je vous ai accostée et que vous me charriez. Eh bien ! je vais vous mettre devant vos acceptations. C’est entendu, n’est-ce pas ? Vous me taillez une plume tout de suite ?
Elle approuva froidement.
— Je taille !
— Bon ! Si vous vous en acquittez comme dit, vous palperez les deux mille de l’abonnement, sitôt l’affaire faite. Sinon…
Il fit signe à un taxi fermé.
— Montez ! C’est toujours dit ?
— Ah ! vous devenez barbe, dit impatiemment Louise de Bescé. Quand j’ai dit « oui » c’est toujours « oui ».
Ils montèrent dans la voiture et l’homme, amusé, ordonna : « Au Bois ! » Ensuite, sitôt installé dans le capitonnage, il reprit :
— Je vous attends !
Elle s’agenouilla devant lui, puis sèchement :
— Les deux mille francs sur la banquette, derrière moi, que je puisse les prendre quand vous m’aurez expédié votre offrande.
Il posa l’argent à côté. Il restait éberlué et doutait que cette femme étonnante fît vraiment ce dont elle parlait avec tant d’ironie hautaine. Louise murmura cependant :
— Maintenant, sortez vous-même votre objet. Je n’aime pas et ne sais guère mettre ça en vedette. Je ne suis pas comme une amie qui fait jouir son amant sans sortir la chose du pantalon.
Il dit :
— La princesse de Spligarsy agit ainsi avec son amant, Zani de Bescé, le financier.
Elle oublia où elle était :
— Tiens, vous le savez ?
Il la regarda avec stupeur.
— Quoi ? quoi ? Vous connaissez ces gens-là. Mais qui êtes-vous ?
Louise haussa les épaules :
— Je suis une femme qui gagne deux mille francs. Mettez votre bibelot dehors. J’aurais peur de le casser en le retirant moi-même.
Il voulut l’arrêter et la relever :
— Allons, cessons ce jeu, vous êtes une…
— Je ne suis rien. Ah ! puisque vous ne voulez pas ériger cela, je me risque.
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genougenou   26 mars 2016
Écho du Figaro :
« Le docteur de Laize et sa charmante femme, née Timo de Bescé d’Yr, ont fêté hier dans leur hôtel de l’avenue du Bois-de-Boulogne, la naissance de mademoiselle Louise-Antoinette-Marie-Zanette Timo de Laize de Bescé, leur fille. »
Autre écho du Gaulois :
« La Ligue pour la chasteté avant le mariage est depuis hier définitivement constituée, sous la présidence d’honneur du président du Conseil, et la présidence effective de madame de Laize de Bescé, l’heureuse épouse du plus célèbre médecin européen d’aujourd’hui… »
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genougenou   26 mars 2016
Elle décida cela un matin. La veille avait été un jour exécrable. On était en automne, une mélancolie pesait sur Paris et des cohortes d’étrangers arrêtaient toutes les femmes dans les rues, pour leur proposer généralement des pratiques contre nature. Louise avait toujours refusé, mais la faim décide à bien des actes, et elle avait faim. Retourner à Bescé était devenu impossible : autant réveiller un mort. Elle ne reverrait le château de Bescé que si la richesse lui revenait un jour.
Hélas ! quel moyen de supposer que fortune et puissance pussent jamais venir à cette jeune fille triste et malheureuse ? Depuis des jours elle mangeait mal, dormait mal, et la résistance aux passions dont le feu l’entourait sans cesse avait fini par l’épuiser. Un matin la décision fut prise : Je vais me vendre.

Louise habitait alors un hôtel borgne, avenue de Clichy. Elle avait vendu presque tous les objets acquis jadis, lorsqu’elle croyait ses dix mille francs inépuisables. Mais il lui restait une valise de cuir qui la faisait encore respecter, et deux toilettes élégantes, avec les éléments d’une tenue propre à tenter les hommes. Elle s’habilla donc au mieux et sortit. Depuis cinq jours elle n’avait fait que trois repas. Depuis dix jours, elle n’avait pas trouvé même une heure de travail, pour le plus minime salaire.
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genougenou   26 mars 2016
Louise de Bescé rêvait. Elle se complut à placer, devant le spectacle qui, en ce moment, emplissait ses rétines, des personnages de romans favoris. Julien Sorel, raide et hautain, passa devant ses yeux. Puis Mathilde de la Mole, emplie d’un rêve orgueilleux et romantique devant le cadavre décapité de son amant. Elle se crut ensuite Aimée de Coigny, à la prison Saint-Lazare, regardant, le 6 Thermidor, André Chénier partir pour la guillotine. Elle fut encore Madame de Cerizy, accourant pour sauver Lucien de Rubempré emprisonné… et qui venait de se pendre…
Ah ! donner sa vie, sa beauté et son amour à un homme supérieur et vaincu… On sait bien que la vie est courte. Mourir aujourd’hui ou dans quelques années, peu vous chaut ! Mais emplir sa jeunesse d’un délire dont, après vous, les hommes de-meurent émerveillés !… Tracer, au-dessus des existences médiocres du vulgaire, un trait de feu qui longtemps éblouisse !…
Mais surtout… surtout, ne point vivre uniquement en fille du marquis de Bescé, soumise par les devoirs du nom à des disciplines puériles et pourtant accablantes. Vivre en femme libre… vivre son propre destin… Un frisson agita la frêle adolescente emplie d’imaginations ardentes et frénétiques.
Elle eut tout voulu faire, et le pire surtout… Elle n’était d’ailleurs pas certaine de savoir exactement ce qu’est l’amour.
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