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Anne-Carole Grillot (Traducteur)
EAN : 9782357206571
Editions Hervé Chopin (06/01/2022)
2.81/5   8 notes
Résumé :
"La voix de celle qui est devenue apôtre des apôtres."

En 2016, le pape François décide d'élever Marie-Madeleine au rang d'apôtre des apôtres, brisant ainsi l'image de prostituée véhiculée depuis des siècles par l'Église. Mais qui est Marie de Magdala dont l'évangile apocryphe a toujours été discrédité ?

Marie-Madeleine est la plus proche compagne de Jésus, elle est également le témoin oculaire et privilégié des nombreux miracles qu'il ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Il est parfois complexe de savoir à quelle sainte se vouer quant on évoque Marie-Madeleine.

Dans les quatre évangiles, trois femmes sont mentionnées dans des circonstances différentes :

- La pècheresse pardonnée, dont parle saint Luc dans le chapitre 7,

- Marie de Béthanie, soeur de Marthe et de Lazare,

- Marie de Magdala

La tradition orientale a toujours maintenu la distinction des trois, mais la tradition occidentale à partir de Grégoire le Grand (VIème siècle) a reconnu une seule femme dans ces trois figures, Marie-Madeleine. (http://www.saintebaume.org)

L'Église catholique a respecté cette tradition durant des siècles (lire le remarquable « Marie Madeleine » publié en 1952 par le Père Brukberger) et dès le XIII siècle, Saint Thomas d'Aquin proclamait Marie-Madeleine « apostolorum apostola » (apôtre des apôtres).

En 1969, le Pape Paul VI a décidé de distinguer Marie-Madeleine (Marie de Magdala, fêtée le 22 juillet) et Marie de Béthanie (fêtée le 29 juillet avec Marthe et Lazare). le texte liturgique pour la fête de Marie-Madeleine n'est plus la pécheresse pardonnée mais l'apparition du Ressuscité à Marie de Magdala.

Depuis le 3 juin 2016, selon le désir du Pape François, la célébration de Sainte Marie Madeleine est élevée dans le Calendrier Romain Général au rang de fête.

Marie de Béthanie, Marthe et Lazare ont évangélisé la Provence dès le premier siècle comme le rappelle Olivier Joachim dans son très synthétique « Marthe de Béthanie : le pouvoir de l'amour ».

Marie de Magdala, courageuse et fidèle était au pied de la croix et fut la première à voir le Ressuscité le jour de Pâques.

J'ai toujours été séduit par Marie-Madeleine et depuis cinquante ans j'ai beaucoup lu à son sujet, y compris le sulfureux mais addictif Da Vinci Code et je me suis donc précipité sur l'ouvrage de Christina Fallaras affiché comme « travail de recherche remarquable ».

Le roman débute à Ephèse, où Marie Madeleine achève ses jours et ses mémoires la décrivant comme une femme d'affaires prospère gérant un groupe alimentaire hérité de son père, assassiné par les zélotes, et finançant un dispensaire où un groupe de médecins (femmes) soigne gratuitement la population nécessiteuse de la région Capharnaüm-Magdala-Tibériade, sur les berges du lac de Génézareth.

Au fil des pages le lecteur découvre Hérode Antipas, Hérodiade, Jean le Baptiste puis les premiers apôtres (anciens employés de l'entreprise) et notamment les descendants de Marie Jacobé, cousins de Jésus, le « nazaréen ».

Progressivement la romancière dévoile ses batteries et gomme les miracles en imaginant que la multiplication des pains résulte de la générosité de Marie-Madeleine livrant gratuitement les milliers de pèlerins suivant le nazaréen. Puis elle efface les guérisons en les attribuant simplement au dévouement et au talent de l'équipe médicale dont elle est la mécène en Galilée.

Ignorant que l'araméen, l'hébreu et le grec ont plusieurs mots pour désigner le mot amour, l'auteur confond éros, philae et agapé (amour sexuel, amour domestique et amour charitable) et imagine une relation amoureuse entre Marie Madeleine et le nazaréen.

L'intrigue se poursuit en Judée, à Jérusalem et dans sa banlieue, Béthanie, où est localisée la seconde résidence de Marie Madeleine, dans laquelle se déroule la Cène, avant la crucifixion au Golgotha.

Niant la mort et la résurrection du nazaréen, ce roman provocateur, prêche le contraire des évangiles canoniques et ôte tout intérêt, si je puis dire, à la religion chrétienne. Il rappelle le « Marie » de Marek Halter qui imagine un évangile de Marie tout aussi improbable.

Par ailleurs Marie Madeleine tient des propos féroces sur les apôtres qualifiés de lâches, ignorants, nuisibles, etc. et méprise le vulgaire peuple avec une tonalité hautaine qui la rend rapidement antipathique… Peut-on être féministe et misanthrope ?

En conclusion, un roman décevant, invraisemblable, une traduction bâclée qui par moment fait craindre une traduction automatique, et surtout où sont les fruits du travail de recherche ? Où sont les notes ? Où est la bibliographie ?

Reposant sur le vide, ce pamphlet anti chrétien est à oublier et incite à relire l'étude du dominicain Bruckberger qui ajoute plus de soixante quinze pages de notes à une étude de cent quatre vingt pages et rappelle l'espérance chrétienne « Je vous le dis en vérité, les publicains et les courtisanes vous devanceront dans le royaume de Dieu. » (Matthieu 21:31)

PS : mon regard sur Marthe de Béthanie : le pouvoir de l'amour

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Un récit édifiant qui, s'il n'avait pas été considéré comme fiction aurait pu rétablir une vérité historique, d'autant plus qu'il est inspiré du codex de Berlin dont quelques pages offrent le témoignage lacunaire de Marie de Magdala, encore nommée la Magdaléenne, plus connue sous le nom de Marie-Madeleine, considérée d'abord comme une prostituée, pour être ensuite réhabilitée et mise au rang des apôtres par le pape François en 2016.

L'auteure nous transmet dans ce roman, le témoignage d'une femme responsable de la conserverie locale qui faisait conditionner les poissons fournis par la pêche locale, notamment par Zébédée et ses fils, Jean et Jacques futurs apôtre, une femme révoltée, remplie de haine à l'égard des Zélotes, violents contestataires qui décapitèrent son père. Féministe avant l'heure, s'insurgeant contre le statut donné à la femme, à l'époque, livrée en mariage dès le début de la puberté, vierge, destinée à engendrer.

Amante du christ qu'elle nomme tout au long de son témoignage « le Nazaréen », elle sera la première des apôtres, et celle qui exprimera ses doutes et sa colère face à cet être qui annonce la bonne nouvelle, Jésus, dépeint ici comme un homme capable de rassembler, capable de tolérance extrême, et dont le comportement n'était pas celui qui est généralement admis. Ici le prophète semble bien aimer partager, rire, mais également se montrer capable de manifester brutalement des émotions contraires.

La Magdaléenne ne sera pas qu'une apôtre, elle se fera la commentatrice des actions et des paroles du nazaréen, soulignera sa folie lorsque, parvenu à Jérusalem, il « s'immolera », elle se révoltera des traitements subis par celui qui s'emportait en s'entendant nommer « le fils de Dieu », rétablira quelques vérités liées à la rumeur populaire qui attribue de bien beaux miracles au crucifié et offrira une autre version de sa résurrection aux lecteurs.

J'ai lu ce livre en imaginant bien la portée de ce roman et l'accueil qui lui sera fait, particulièrement en Espagne, Terre d'origine de la romancière. Un roman toutefois documenté, intelligent qui offre une version plausible des événements survenus au début de ce premier millénaire.

A lire, avec si possible, un minimum de connaissance des évangiles, sinon, pas de soucis, les principaux événements décris font partie du savoir populaire.

Je remercie Babélio et les éditions Hervé Chopin pour ce partenariat.

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Cette histoire est celle de Marie Madeleine qui a longtemps été considérée comme une catin et qui, par conséquent, a longtemps été dénigrée. Dans ce livre nous voyons que son statut est bien loin de tout ça, c'est une femme riche très bien éduquée, très intelligente et je dirais même qui avait une ouverture d'esprit et un caractère fort marqué pour l'époque. Elle n'avait pas peur de s'imposer telle qu'elle était et n'était pas une femme soumise.

Elle nous raconte l'histoire de sa vie et notamment ce qu'elle a vécu avec le nazaréen jusqu'à la mort de celui-ci. Elle a bien conscience que ce sont les hommes, « ces sombres idiots » qui ont le pouvoir. Elle n'était pas dupe de toutes ces questions de politique, de pouvoir.

Si j'ai pu avoir quelques difficultés au début pour accrocher avec l'histoire, notamment à cause de certains noms assez difficiles, j'avoue qu'au fur et à mesure je me suis prise au jeu. Marie-Madeleine fait preuve de beaucoup de lucidité dans ses écrits concernant le nazaréen mais aussi Marie et tous ces hommes de pouvoir qui en veulent encore et encore et encore et qui n'hésitent pas à tuer, même s'il s'agit d'enfants, pour arriver à leur fin. Elle fait apparaître ses écrits comme plus plausibles et plus réels que ceux rapportés par les autres apôtres au motif justement que ces derniers n'étaient pas présent à chaque fois aux côtés du nazaréen mais aussi qu'ils cherchaient à tirer la couverture à eux en rapportant la parole divine.

J'ai envie de dire que ses écrits, qui peuvent être assimilés comme ses mémoires, remettent en cause la majeure partie des évangiles jusqu' alors perpétués dans L Histoire. J'ai le sentiment qu'ils ont pour but de rétablir une vérité cachée jusqu'ici. Je ne sais pas qu'elle est la part de faux et de vrai dans tout cela toutefois, l'auteure à faire un gros travail de recherche pour écrire ce livre. Alors le doute est permis.

Au final c'est une histoire intéressante pour laquelle il est utile de préciser qu'elle pourra apporter quelques difficultés de compréhension pour un lecteur novice dans le domaine abordé.

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Cristina Fallaràs est une journaliste et autrice espagnole qui a reçu plusieurs prix pour son travail journalistique. Elle est par ailleurs reconnue pour sa défense des droits des femmes.

Dans ce roman, qui a fait polémique en Espagne, elle donne la parole à « celle qui est devenue apôtre des apôtres ».

Elle se réfère pour cela à la décision en 2016 du Pape François de reconnaître une place importante à Marie-Madeleine en l'élevant au rang d'apôtre des apôtres, ainsi qu'au travail de recherche qu'elle a effectué.

Finie donc l'image de la prostituée et réhabilitation de celle qui fut une femme sachant très bien gérer ses biens, notamment son entreprise de conserverie de pêche.

Une femme indépendante ne souhaitant nullement lier sa vie à un homme mais qui va suivre Jésus, l'homme dont elle se sent proche, et qui, pour elle, n'a été qualifié de « Fils de Dieu » que par les idiots n'ayant rien compris à son message.

Ce roman peut secouer très puissamment les lecteurs fortement attachés à leurs croyances.

A titre personnel, ayant reçu une éducation catholique, je trouve que le point de vue de Cristina Fallaràs est très intéressant.

» Après avoir vécu tout ce qui s'est passé depuis, je dois admettre aujourd'hui que le récit ultérieur de ce supplice a atteint son objectif dans sa restitution par les idiots. Ceux-ci ont fondé les enseignements du Nazaréen sur la torture et la mort. C'est effroyable ! Voilà, oui, voilà précisément la raison pour laquelle je raconte ce que moi, Marie la Magdaléenne, j'ai été la seule à voir depuis le début et jusqu'au dernier instant. C'est contre eux que j'écris, contre ceux qui ont besoin de la chair à vif, du sacrifice, de la mort et de la croix pour construire l'idée d'une existence meilleure, plus digne. Quelle horreur ! »

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Si le titre vous fait penser à la bible, vous allez être surpris ! Ce livre n'est point religieux. Certes il parle en majorité du Nazaréen connu sous le nom de Jesus. Mais c'est avant tout un récit féministe, fort et beau qui met en avant les femmes, la connaissance, la science et qui désacralise le mythe du Christ. 

Marie de Magdala prend la parole pour réveiller les consciences et nous montre que ces hommes, ces disciples et admirateurs qui suivaient le Nazaréen partout, espérant miracle après miracle n'étaient en réalité que de sombres idiots. 

Nous passons une belle partie du début aux côtés de Marie bien avant que son chemin ne croise celui du Nazaréen. Nous apprendrons qu'elle est loin d'être une catin comme certains textes le laisse supposer. Elle a vécu avec son père dans un pavillon où les blessés, perdus, nécessiteux étaient pris en charge et soignés. Surtout des femmes laissées a l'abandon dans leur malheur. La science, les soins, l'aide. Voilà des choses en lesquelles Marie croit. 

C'est un texte qui nous plonge dans une atmosphère étrange. Pas tout à fait un roman ni un essai, nous sommes entre les deux. Une évangile comme le titre l'indique mais surtout une oeuvre qui veut apporter un peu de bon sens, qui met les femmes qui n'ont pas peur de se retrousser les manches et qui ont une opinion au devant de la scène.

La mémoire historique est également citée en 4e de couverture et je trouve ce terme parfait pour caractériser ce livre. L'autrice cherche à donner un éclairage neuf sur cet homme qui a déchaîné les foules et qui a donné sa vie pour ses croyances. Les deux protagonistes partagent le même combat et c'est d'ailleurs pour cela qu'ils ont partagé un bout de chemin ensemble : en finir avec le pouvoir, les lois, le temps, l'obéissance, la tyrannie du châtiment et de la violence. 

Une lecture éclairante bien que le récit ne m'ait pas passionné plus que de raison. En tant que lecture féministe, j'aime beaucoup la voix de Marie. Mais le style et l'atmosphère m'ont un peu laissée sur ma fin. A découvrir si vous souhaitez redécouvrir le parcours du Christ d'après les yeux d'une femme en avance sur son époque ! 

Un grand merci à la masse critique Babelio et aux éditions Hervé Chopin pour cette jolie découverte de la rentrée littéraire de janvier ! 


Lien : https://atouchofbluemarine.c..
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critiques presse (1)
LaPresse
02 mai 2022
Les miracles de Jésus ont plutôt été accomplis par des femmes. Au premier rang, Marie-Madeleine, une femme d'affaires cultivée qui a aidé le « Nazaréen » à se réfugier en Nubie après sa crucifixion. Telle est la thèse du roman L'Évangile selon Marie-Madeleine, de l'écrivaine espagnole Cristina Fallarás.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (1) Ajouter une citation

Un homme armé affronte un homme nu et sans défense. Il entreprend de le frapper, de le fouetter, de le lacérer et regarde la douleur qu'il provoque briser non seulement le corps de sa victime, mais son être sur cette terre en le transformant en un cri, une supplique, un simple organisme qui ne contrôle plus ses excréments. Puis il reprend ses coups de fouet, cette fois sur le sang et la chair à vif, dans l'exercice d’humiliation le plus barbare. Qu'éprouve ce bourreau juste avant l'instant où, il le sait, l'inconscience va succéder à l'insupportable ? Qu'est ce qui le pousse à faire cela ? Qu'est ce qui l'empêche d'arrêter ? Qu'est ce qui l'incite à continuer ? J'irai même plus loin : pour quelle raison l'autre, la victime qui cesse peu à peu d'être un homme, considère-t-il que s'abandonner au mal extrême peut rapporter, à lui ou à qui que ce soit ,un quelconque bénéfice ?

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